La prise en charge des personnes en situation de précarité à Genève de nos jours (18/05/2020)


Pour conclure mon histoire de la prise en charge de la pauvreté à Genève, je termine à présent avec un petit aperçu de la situation actuelle.

En 2019, l’Hospice Général est venu en aide à 28'000 personnes, dont 6000 requérants d’asile[1], qui représentent 21% du total des bénéficiaires. Sur une population cantonale genevoise de 492'933 résidents[2], le nombre de personnes assistées par l’Hospice représente 5,7% de la population. L’assistance aux plus précaires en tant que telle entre dans la catégorie administrative « Insertion sociale et professionnelle », avec comme objectif proclamée de faire en sorte que chaque citoyen genevois en difficulté « puisse vivre dignement[3] ». On retrouve donc les notions d’insertion sociale et professionnelle et de dignité discutées précédemment. Pour une mise en perspective, en Suisse, 250'000 personnes font appel à l’aide sociale, soit 2,93% de la population fédérale.

L’Hospice Général est conçu comme pouvant fournir une assistance financière de dernier recours. En effet, c’est seulement après avoir épuisé toutes les autres possibilités, privées ou publiques, pour obtenir un revenu qu’un résident genevois peut obtenir le droit à une telle assistance financière. Par ailleurs, pour avoir droit à l’assistance de l’Hospice, le recourant doit disposer de moins de 4000 francs de fortune[4]. L’Hospice Général prend en charge les dépenses suivantes : le loyer et les charges attenantes à la location, les primes d’assurance maladie et d’accident de base, l’alimentation, l’habillement, le téléphone, l’électricité, les transports publics et les loisirs[5].

La prestation mensuelle monétaire de base, appelée frais d’entretien, s’élève à 977 francs[6]. Malgré un coût de la vie supérieure à Genève, le montant du forfait d’entretien y est donc un peu inférieur à la moyenne suisse, puisque ce dernier s’élève à 986 francs par mois. Il est important de noter que l’Hospice Général ne prend en charge qu’un loyer modéré, par exemple de maximum 1100 francs pour une personne seule, ce qui correspond peu ou prou au prix d’un studio sur le marché immobilier genevois actuel[7]. Si le travail forcé n'existe plus en tant que tel pour les pauvres à Genève, des stages ou des expériences professionnelles peuvent leur être imposées[8].

 

Adrien Faure



[1] Notre histoire, site de l’Hospice Générale, [https://hospicegeneral.ch/fr/notre-histoire], consulté le 16 janvier 2019.

[2] Bulletin statistique mensuelle de l’Office cantonale de la population, [https://www.ge.ch/statistique/tel/publications/2018/donnees_generales/bulletin_stat/dg-bs-12-2018.pdf], décembre 2018.

[3] Mieux vivre ensemble à Genève, site de l’Hospice Générale, [https://hospicegeneral.ch/sites/default/files/content/files/hg_en_bref_2017.pdf], consulté le 16 janvier 2019.

[4] Règlement d’exécution de la loi sur l’insertion et l’aide sociale individuelle, Conseil d’Etat de la République et canton de Genève, 25 juillet 2007.

[5] Aide financière, site de l’Hospice Générale, [https://www.hospicegeneral.ch/fr/aide_financiere?fbclid=IwAR1HsvcnoDSWuKO7x2fdtm1UGS4ugt0MjYQ3CsapiWDZLi3ICXVEeHJhqZo], consulté le 16 janvier 2019.

[6] Règlement d’exécution de la loi sur l’insertion et l’aide sociale individuelle, Conseil d’Etat de la République et canton de Genève, 25 juillet 2007.

[7] Les prestations financières de l’Hospice Général, Guide des droits et devoirs du chômeur, [https://www.guidechomage.ch/articles/view/aide-sociale-ge/les-prestations-financieres-de-l-hospice-general-liasi], 2019.

[8] « Chapitre III Insertion professionnelle » in Loi sur l’insertion et l’aide sociale individuelle (LIASI), Législation genevoise, 19 juin 2007.

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