28/12/2013

« Assez d'actes, des mots ! »



Une révolution politique, soit un renversement populaire de l’État capitaliste et une expropriation des possédants, est très improbable (même à long terme) dans un pays comme la Suisse, fort peu touché par la crise économique de 2007-2008 et par ses répercussions, et dont les structures économiques sont différentes du reste de l'Europe. Même une révolution dans certains pays du sud de l'Europe (par exemple en Grèce), si la crise persistait, ne changerait pas fondamentalement la donne en Suisse je suppose (quoique cela donnerait un sacré coup de fouet à nos mouvements évidemment). Dans la même optique, les prémisses à une révolution politique, comme une grève générale adjointe d'occupations, ne semblent pas non plus à l'ordre du jour (y compris à long terme), tout comme il semble illusoire d'envisager une victoire de la gauche par les urnes.
Le travail politique des militants socialistes réside donc d'abord dans un travail défensif en appui au mouvement syndical par l'usage des outils de la démocratie semi-directe et par la mobilisation militante dans la rue, couplé à un travail politique offensif visant à conscientiser la population sur les enjeux de nos luttes.

« Les paroles sont des actes sociaux. »

Kevin Mulligan 


Mais la véritable offensive est ailleurs.
La véritable offensive que nous devons mener se situe sur le terrain culturel, idéologique, et axiologique.
Car si la révolution politique semble utopique, une transformation culturelle, dans la poursuite et dans le même ligne que les années 68, me paraît par contre tout à fait envisageable. Une telle transformation culturelle pourrait impliquer un accroissement de la participation des individus à la bonne marche de la société, et ce, à tous les niveaux, y compris sur le lieu de travail. 
 

« Dans les amphithéâtres, les mots ont pris le pouvoir et siègent sans discontinuer. Tout le monde parle de tout, partout et à tout le monde, au pied de grandes fresques sombres et muettes. La révolution occupe les esprits et les discours, mais aussi la société, la politique, l'amour, la guerre, la mort, et la sexualité. Intellectuels, employés, ouvriers, clochards et militants se mêlent dans un chaos rhétorique inextricable. On parle pour agir, on parle pour comprendre, on parle pour se libérer, on parle pur parler. Cette éloquence torrentielle et confuse vaut par elle-même. Comme si un peuple lassé d'écouter le Maître se rattrapait en trente jours de décennies de silence. » 

Laurent Joffrin



Notre offensive culturelle se heurtera logiquement au centre conservateur qui gouverne ce pays, sous couvert de consensus et de paix du travail, mais qui est en fait en proie au copinage, à la corruption, au carriérisme, et au corporatisme.
Le mouvement socialiste ne peut malheureusement pas remporter cette lutte contre le système seul, car le peuple de gauche est historiquement minoritaire dans ce pays. C'est pourquoi je pense que nous aurons besoin du mouvement (anarchiste) libéral pour briser le règne des puissants. Je reviendrai là-dessus dans mon prochain billet.


« Et si c'était vrai ? Et si la France bazardait dans la magie de la révolte les appareils vermoulus pour inventer la vraie politique, celle du cœur et de l'imagination, celle de la démocratie réelle ? »

Laurent Joffrin

18:45 Publié dans Transformation culturelle | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg