25/09/2016

Brèves de Toronto

 

 

Chers lecteurs,

 

Je vis depuis bientôt un mois dans une ville incroyable : la grande cité de Toronto, dans la province anglophone d'Ontario. Si j'ai quitté le Vieux Continent pour le Nouveau, c'est pour effectuer ce qu'on appelle un échange académique durant un semestre à l'Université de Toronto. Autrement dit, tout en restant rattaché à mon université, je peux suivre des cours dans une autre université.

Toronto est si grande (2,6 millions d'habitants, 6,2 pour l'agglomération !) qu'on a tendance à se mouvoir uniquement en son centre, traversant un mélange bigarré de puissants gratte-ciels multicolores, de pittoresques maisons victoriennes et de buildings résidentiels. Un certain nombre de zones culturelles (China Town, Little Italy, Little India, etc.) découpent la jungle urbaine, aspirant le promeneur insouciant dans une psycho-géographie sans cesse renouvelée (les situationnistes n'auraient pas renié une telle œuvre).

 

Je fais ici l'expérience exquise et trépidante d'un campus universitaire et je peux vous dire qu'on y prend vite goût ! Imaginez des milliers et des milliers d'étudiants quadrillant l'espace sur des centaines de mètres à la ronde, le monde tournant autour d'eux en ce système ; voilà une expérience des plus appréciables ! En comparaison Genève relègue sa jeunesse estudiantine à quelques maigres oasis où elle se retrouve compressée, écrasée et étouffée par son propre poids, ou par celui que les voisins, les politiciens et les bureaucrates lui infligent. Le Vieux Continent est, de ce point de vue là, véritablement vieux.

Sur ce campus torontain, au patronyme glorieux de Saint-George, se dresse, fièrement, et dans une architecture toute gothamienne, le temple du savoir : Robarts Library. Les portes du temple ne sont aux fidèles jamais fermées et les disciples ont la possibilité de venir y aérer leur cerveau chaque heure de la journée ou de la nuit. L'esprit qui travaille ne connaît en effet pas d'horaire, le savoir n'étant pas le produit d'une routine, mais l'émulsion constante et prolongée de la pensée s'affûtant sur la meule livresque.

Voici quelques premières esquisses pour planter le décor de ma trame. Nous reprendrons demain car la vie tourne ici à pleine vitesse, l'âme étant sans cesse en pleine course, chevauchant connaissance et plaisir dans un confus mais fructueux mélange.  

Salutations du Nouveau Monde,

Adrien Faure

 

 

 

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13/02/2016

Les piliers de l'Occident

 

 

 Au-delà de l'océan et des plaines glacées du Québec, par-delà la mer de nuages, se dresse, altière et fière, la cité de Toronto.


Incarnation vivante et trépidante du plus poussé des cosmopolitismes, croisement de toutes les cultures et de toutes les saveurs, elle se pare, la nuit venue, de milliers de feux. Ce sont les phares de Toronto.


Colosses multicolores, montagnes de verre pointant le firmament, amoncellements dantesques de métal et de bronze, empilements fantastiques de vies humaines entre-serrés entre les murs de ces gigantesques parallélépipèdes, ce sont les matadors de l'architecture, exhalant leur toute puissance à la face du monde.

 

Seigneurs des cités aux armures rutilantes, ils arborent fièrement bannières irisées et parures rayonnantes, élevant leur front hautain et hyperbolique au devant du simple piéton, réduit à sa mortelle petitesse.


Sublimation randienne du génie créateur ou Tours de Babel filles de l'hybris pécheur, face à elles l'Europe semble provinciale et la Suisse quasi-rurale.

 

Car c'est ici que se dressent les piliers de l'Occident.

 

 

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