03/04/2012

Autogestion dans l'organisation du travail

Autogestion dans l'organisation du travail

Dernière proposition d'initiative fédérale pour la JSS avant le vote de la JSG.

Le cœur du socialisme consiste en la libération réelle de l'individu de toute exploitation ou de toute domination socio-économique.
Cette libération passe par la socialisation des moyens de production et la transformation de l'organisation du travail.

Cette socialisation peut certes être réalisé via la propriété collective étatique.
Néanmoins, l'étatisme primaire n'est pas souhaitable, car l’État n'est pas bénéfique en soi, mais bien lorsqu'il ne sert pas les intérêts des classes dominantes, mais les intérêts de tous.

C'est dans cette optique, conscient du rapport de force politique et économique actuel, que je soutiens une socialisation des moyens de production par la transformation de l'organisation du travail via l'instauration d'une nouvelle forme de propriété des moyens de production : la propriété collective des travailleurs.
Cette propriété collective des travailleurs correspond à la généralisation du modèle de coopératives autogérées et à l'abolition su salariat.

« Le régime des coopératives civilisées, quand les moyens de production appartiennent à la société et que le prolétariat a triomphé de la bourgeoisie comme classe, c'est le régime socialiste. » Lénine

Par coopérative autogérée, j'entends deux critères essentiels :

- Une prise de décision collective des travailleurs dans la gestion et la coordination de la coopérative.

- Un tournus dans les fonctions coordinatrices de l'entreprise.


L'autogestion dans l'organisation du travail est un grand pas ambitieux sur la voie du socialisme et du dépassement du capitalisme, et sur le chemin de la libération de l'individu de la domination capitaliste.

17/11/2011

Crise économique et austérité

Crise économique et austérité

Selon l'économiste Julien Bonnet :

« La vraie cause du chômage, ce sont les gains de productivité colossaux enregistrés depuis les années 1970. La productivité a été multipliée « seulement » par 2 entre 1820 et 1960, puis par 5 depuis 1960 grâce à la multiplication des robots et des ordinateurs. »

L'économiste Denis Baba revient, quant à lui, sur cette notion d'augmentation de la productivité du travail dans un de ses derniers articles :

« A compter de la fin des années 1960, la productivité du travail est tellement importante que le nombre d'heures travaillées collectivement devient insuffisant pour valoriser le capital accumulé par les entreprises. Sur notre planète économique, il n'y a plus assez de travail pour rentabiliser le capital. »

Car « pour fonctionner correctement une économie de marché doit mobiliser toujours plus de travail productif, c'est à dire du travail mis en œuvre pour rentabiliser le capital des entreprises (...) afin de garantir les taux de profit. »

Quand la productivité du travail est trop élevée (phénomène renforcé par la révolution numérique et technologique), les entreprises qui le peuvent vont chercher le travail là où il coûte le moins cher (en Chine, au Brésil, ou en Inde). Mais même ainsi, nous dit Denis Baba, il est impossible de restaurer les taux de profit.

Alors les entreprises se tournent vers la spéculation.

« En 2006, officiellement la moitié des bénéfices des entreprises multinationales américaines était de nature spéculative. »

« Les titres financiers ne valent rien d'autre que la confiance qu'ont les autres acteurs du marché dans la poursuite de la hausse des prix. Et seule celle-ci permet de rembourser les emprunts. A partir de 2007, en Occident, les défauts de paiement sur le marché des crédits hypothécaires aux États-Unis provoquent l'explosion de la bulle : les dettes ne peuvent plus être remboursées à cause de la baisse des prix des titres financiers. »

« Il est maintenant évident que l'argent créé par la bulle financière ne vaut rien car il ne correspond à aucune valeur économique, à aucun travail. Il n'a certes jamais rien valu mais maintenant plus personne ne peut faire semblant du contraire. Une crise financière c'est la chute vertigineuse des valeurs spéculatives des titres financiers et donc de l'économie marchande qu'elle soutenaient.
Mais la crise économique n'a pas son origine dans la finance ou dans les banques. Pas du tout. La folie de la finance n'est que la conséquence de la crise de l'économie : l'impossibilité de continuer à faire des profits et de la croissance sans le soutien de la bulle spéculative. »

Cette crise économique découle donc des logiques propres au système capitaliste et à ses propres limites internes ou fonctionnelles (systémiques).

Le système économique capitaliste étant en danger, les gouvernements européens, soumis aux classes dominantes (ou aliénés par l'idéologie libérale dominante), sont intervenus pour le sauver.
Pour cela, ils ont dû s'endetter, et à présent ils sont incapables de maintenir, dans le cadre des limites du capitalisme, un Etat-social correct.

Au contraire, ils se retrouvent à appliquer avec violence des politiques d'austérité et de réduction de l'Etat-social !

La conclusion logique de tout ceci, comme je l'ai démontré dans mes notes précédentes, consiste en un renversement des classes dominantes par les classes moyennes et précarisées.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/07/lutte-d...

Toutefois, le capitalisme pourrait fort bien se maintenir en mutant en une forme davantage dictatoriale et autoritaire où toute contestation se verrait réprimée. L'élitisme contenu dans le libéralisme offre d'ailleurs une base théorique à ce type de transformation répressive.

C'est pourquoi les forces de gauche doivent impérativement accéder au pouvoir et sortir du capitalisme par une transition vers une économie (néo)socialiste !


"L'Histoire ne fait rien, c'est l'homme, réel et vivant, qui fait tout." K. Marx



28/09/2011

L'allocation universelle

L'allocation universelle

Je pensais écrire sur le processus de transition amenant la société du capitalisme mortifère jusqu'au socialisme abouti, mais ayant été invité par Léman Bleu pour parler succinctement de l'allocation universelle, je ne peux pas m'empêcher d'écrire un petit billet sur cette allocation universelle qui mérite qu'on s'étende sur elle.

L'allocation universelle, aussi appelée revenu d'existence, revenu de base ou dotation inconditionnelle d'autonomie, est intéressante car elle permet véritablement d'améliorer la vie des gens concrètement et très vite. Toutefois, elle n'est bien entendue qu'une mesure, et en ce sens insuffisante par elle-même à provoquer le changement de société global que j'appelle de mes vœux.

L'allocation universelle c'est la garantie d'une existence décente et digne.

Cela consiste à verser mensuellement un revenu ou une allocation, à chaque individu, qu'il soit riche, ou qu'il soit pauvre, qu'il travaille ou ne travaille pas. Cette allocation devrait assurer les besoins fondamentaux de chaque individu (notamment se nourrir, se vêtir, se soigner, se loger ou accéder à un minimum de culture). On parle donc bien ici de besoins, et non d'envie, la différence est essentielle.
L'allocation universelle permet de libérer l'individu de l'obligation du travail non enrichissant ou non satisfaisant sur un plan existentiel. A ce sujet, je me permets de citer Marx :
‎ « Le domaine de la liberté commence là où cesse le travail. »
En plus, cela permet de donner leur indépendance concrètement aux jeunes et ainsi de créer une société plus mature.

La question que l'on se pose ensuite est la suivante : est-ce que tout le monde va arrêter de travailler si on donne à tout le monde cette sympathique allocation universelle ?
Et bien selon une étude allemande, 70% des Allemands disent qu'ils continueraient de travailler si on leur donnait une allocation universelle, 20% qu'ils continueraient mais réduiraient leur temps de travail, et 10% qu'ils feraient autre chose dans leur vie comme « travail ».
Toutefois, ces mêmes Allemands pensent à 80% que si on donnait une allocation universelle aux autres Allemands, alors ces derniers ne travailleraient plus... On notera donc ici que une des raisons pour lesquelles l'allocation universelle n'est pas encore en place en Suisse ou en Allemagne consiste simplement en un manque de confiance envers ses concitoyens.


Il est important de bien se dire qu'il faut repenser le travail sous une nouvelle forme.
Après tout, nombre d'activités humaines importantes qui enrichissent la société ne sont pas rémunérées (ou pas assez), voire ne sont même pas prises en compte !
C'est le cas du travail des femmes ou hommes au foyer, de nombre d'artistes qui refusent de se vendre aux normes commerciales capitalistes, de la plupart des poètes, des bénévoles, ou encore des militants politiques.

Autre question : qui s'occuperait des tâches les plus pénibles ou les moins gratifiantes ?
A cela on peut proposer deux solutions : un tournus (par tirage au sort) ou bien (plus pragmatique) une valorisation de ces métiers pénibles ou moins gratifiants afin de les rendre plus attractifs.

Est-ce utopique ? Je pense que l'on parle d'une utopie un peu trop concrète à mon goût, car celle-ci est d'ores et déjà en application dans un tas de pays !
Citons : le Brésil, l'Inde, le Koweit, l'Alaska, Singapour et la Namibie.

En Namibie, on a observé les conséquences suivantes suite à l'instauration de l'allocation universelle : augmentation du niveau d'éducation, baisse de la criminalité, augmentation du niveau de sécurité alimentaire, étoffement du tissu économique par la création de micro-entreprises, et hausse d'emplois. Bref, rien que des conséquences fort positives !

Bon, combien cela coûterait-t-il en Suisse ?
Selon une étude réalisée par le docteur en sciences économiques Samuel Bendahan, verser 2000 francs à chaque Suisse (bébés et mineurs y compris) reviendrait à 170 milliards de francs (c'est à dire 1/3 de notre PIB).
Mais ce qu'il faut prendre en compte c'est que l'allocation universelle remplacerait la majeure partie de notre sécurité sociale (en tout cas l'AVS, l'AI, les allocations familiales, et les prestations complémentaires), ce qui représente 135 milliards.
Donc, au final, il manque 35 milliards à trouver.
Toutefois, si on donne une allocation universelle seulement aux individus majeurs, on réduit d'autant les dépenses.
En outre, la disparition des structures étatiques (préc-citées) de la sécurité sociale signifiera une baisse des coûts étatiques (il ne s'agit toutefois pas d'exclure aucunement une intervention étatique visant à davantage de redistribution des richesses).
Mais bon, de toute façon 2000 francs ce n'est pas assez, je penche plutôt pour 2500 francs, il faudra de toute façon trouver alors des sources alternatives de financement comme par exemple un impôt davantage progressif et déplafonné, et/ou un revenu maximal.
Voilà, je crois avoir présenté les éléments qui me paraissent essentiels.

Ceci étant dit, qu'est ce qui empêche la création de l'allocation universelle ?
Comme toujours, la volonté politique.

22:30 Publié dans Allocation universelle | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : allocation universelle, revenu d'existence, vie, existence, liberté, droits, besoins, travail | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg