23/02/2012

Nouvelle théorie néo-socialiste de la démocratie

Nouvelle théorie néo-socialiste de la démocratie


Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.

I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale

Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.

La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.

 

II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire

Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire au niveau des plus petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple (c'est à dire à tous les habitants du pays) la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.


III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne

Dans le cas (logique et inévitable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La démocratie représentative semi-directe(système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.


IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique

La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, les moyens de productions privées sont socialisés et le salariat aboli. Toute entité économique productrice devient une coopérative autogérée. Une planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel et planifie l'activité du secteur des coopératives productrices étatiques. Le secteur des coopératives productrices privées reste soumis au lois du marché. Toutefois, cette production privée reste néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités qui filtre les activités économiques contraires à l'intérêt social. L'héritage et le crédit (les banques) sont socialisés, et un contrôle étatique des licenciements est institué. La publicité consumériste est interdite. Une transparence économique totale est instaurée aussi bien dans le secteur privé que étatique. 
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage social des bénéfices du travail.


V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale

Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. 
La démocratie sociale est un garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (égalité sociale).


VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique

Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère. Par une planification démocratique on s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.

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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.

 

NéoSocialisme III.png


 

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21/02/2012

Étude des modes d'organisation socio-économique : dépassement

 

Étude des modes d'organisation socio-économique : dépassement

Je suis heureux d'arriver à un point dans mes recherches où je peux remettre en question ce que j'avais précédemment écrit.
En effet, l'étude des principaux modes d'organisation socio-économique m'amène à déclarer que : non, l'économie de marché ce n'est pas forcément le capitalisme, et non, l'économie planifiée ce n'est pas forcément le socialisme.

La question de la nature d'un mode d'organisation socio-économique réside dans le modèle de propriété réel de ce mode organisationnel et dans le caractère de l'organisation et de la division du travail.

Ainsi, l'on peut dire que le socialisme se caractérise par l'abolition du salariat et la socialisation des moyens de production. Ce qui signifie au final que le socialisme abolit tout rapport de domination ou d'exploitation de classe ou d'individu. La forme de propriété dans le socialisme, pour être réellement sociale, passe donc par la coopérative autogérée dans un système de marché, ou par l'entité étatique démocratique dans un système planifié.

Le capitalisme au contraire se caractérise par la domination d'une minorité sur une majorité. Cette minorité peut posséder les moyens de production soit par la propriété privée (comme aujourd'hui en Suisse), soit par la propriété étatique (comme en URSS où les moyens de production n'appartenaient que formellement à la population), il s'agit dans ce second cas de capitalisme d’État.

Quant à l''utilisation du marché ou de la planification, elle peut être le fait d'une organisation socio-économique socialiste ou capitaliste.

Enfin, il faut adjoindre à cette analyse un dernier élément essentiel : le caractère communautaire ou individualiste (moderne) de la société.

Afin de représenter mon analyse j'ai établi le tableau suivant :

Modèles économiques.png

 

 

 

 

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05/01/2012

Les Indigné-e-s : une tentative de réenchanter le monde

Les Indigné-e-s : une tentative de réenchanter le monde

La révolution industrielle, la révolution bourgeoise, et la révolution culturelle individualiste ont forgé la société contemporaine telle qu'elle est aujourd'hui en Occident.
Automatisation du travail, machinisme dans la production et la distribution, extension des technologies dans nos rapports entre humains, gadgétisation de nos loisirs, dogmatisation de la propriété privée, sont caractéristiques de cette société moderne où l'individu se doit d'être rationnel, calculateur, et logique, dans ses rapports avec ses pairs.
Le sociologue Tönnies parle de passage d'une société communautaire (Gemeinschaft), à une société moderne (Gesellschaft) marquée par l'individualisme. Dans cette société, seule l’État (bureaucratie wéberiennement rationnelle) peut garantir la cohésion de la société et évité l'anomie du lien social.

Alors dans la froideur de ce monde moderne en décomposition morale et idéologique, des groupes d'êtres humains s'élèvent contre l'ordre imposé de cette morne société capitaliste. Ces individus sont le fruit de la modernité, ils n'échappent pas à une certaine intériorisation des normes dominantes. Néanmoins, ils tentent de résister à la déliquescence sociale en cours et occupent l'espace public laissé jusqu'à présent aux derniers rassemblements rituels (et ritualisés) qui incarnent l'ultime lien entre les membres de notre modernité.
Les Indigné-e-s ne sont pas qu'un mouvement politique à la ligne idéologique fluctuante, ils sont aussi une réaction à ce délitement du lien social, une tentative (plutôt réussie selon moi) de recréer cette société communautaire pré-moderne. On retrouve en effet chez les Indigné-e-s certains aspects de ces sociétés communautaires pré-modernes, notamment la recherche du consensus, la valorisation du groupe et de l'action de groupe, et la mise en avant de valeurs communes fondamentales.
Mais les Indigné-e-s dépassent les faiblesses des sociétés communautaires, par exemple en étant ouvert sur le reste de la société, non seulement fonctionnellement parce qu'ils désirent la changer en mieux, mais aussi par la volonté affirmée d'intégrer les 99% de la population à leur reconstitution d'une société au lien social développé.

Cette tentative de dépassement de l'anomie capitaliste représente un bon exemple pour les partis et mouvements de gauche. Il n'est plus suffisant de mobiliser des militants, il faut à présent tenter de les intégrer à un mouvement populaire que nous formons inconsciemment d'ores et déjà. Ce mouvement en soi, doit devenir un mouvement pour soi.
Alors notre force politique sera en adéquation avec notre projet de société et avec nos valeurs, ce qui ouvrira ainsi la voie à l'instauration d'une société post-moderne et post-capitaliste : la société socialiste !

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09/12/2011

Théorie néo-socialiste de la démocratie

 

Théorie néo-socialiste de la démocratie

Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.

I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale

Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.
La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.

II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire

Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la
démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique. A ce niveau d'échelle, un fonctionnement de prise de décision par consensus est envisageable.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.

III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne

Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La
démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.

IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique

La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée (socialisée). Seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé. La
planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel. Toutefois la planification démocratique de la production des grandes structures étatiques se fait à partir de la libre production privée des petites entités. La production des petites entités privées restent néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités. C'est le principe d'une économie planifiée mixte : au lieu d'avoir une production privée et publique dans un système d'économie de marché, on instaure une production privée et publique dans un système d'économie planifiée.
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux, et fortune) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son
droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage des bénéfices du travail.

V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale

Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de
l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. Bien entendu, cette mesure protège évidemment en premier lieu les travailleurs des petites entités privées.
La démocratie sociale est une sorte de garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (
égalité sociale).

VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique

Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les
capacités régénératives de la biosphère. La planification démocratique s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.

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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont l
a démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.

Equilibre pluri-démocratique néo-socialiste II.png

 

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06/12/2011

Petit glossaire des idéologies politiques - version IV

Petit glossaire des idéologies politiques - version IV

Établir une nouvelle version de mon petit glossaire des idéologies politiques s'est révélé impossible en utilisant le format simplifié que j'employais jusqu'à maintenant.
Ce nouveau format se veut donc bien plus ouvert, et axé sur un mode moins affirmatif.


Le Nationalisme

Contrairement à la doxa contemporaine qui veut que tout nationalisme soit d'extrême droite, le nationalisme peut aussi bien être de gauche que de droite. Un nationaliste adule sa nation (communauté culturelle), se montre le plus souvent conservateur sur les questions de mœurs, et adhère au conservatisme (patriotisme) économique (protectionnisme, autosuffisance, etc.)
C'est l'adulation de la nation et de ses origines culturelles qui va pousser le nationaliste à rejeter et à stigmatiser l'étranger (et l'Autre en général). La différence culturelle étant perçue comme remettant en question la stabilité (donc la pérennité) et la cohésion (voire la pureté) de la communauté culturelle nationale originelle (native).
Un nationalisme de droite se positionne en faveur du capitalisme et d'un État minimal (peu interventionniste sur le plan des droits sociaux). Le nationalisme de droite trouve son parfait exemple en l'Union Démocratique du Centre (UDC) ou en le Front National (FN).
Un nationalisme de gauche se positionne en faveur d'une économie planifiée ou en tout cas d'un État fort (très interventionniste sur le plan des droits sociaux) dans le cadre de l'économie de marché. Le nationalisme de gauche peut être illustré par le nazisme, ou bien par le groupuscule Genève Non Conforme, ou encore par les idées de Alain Soral.
Le nationalisme anti-productiviste existe aussi.

L'Extrême droite

La doxa voudrait me faire placer dans la case extrême droite le nationalisme. Extrême droite signifie pourtant simplement « à la droite de la droite ». Alors strictement idéologiquement parlant, l'extrême droite n'est constituée de rien d'autre que les courants libéraux extrémistes (ou radicaux).
La plus extrême de ces formes est l'anarcho-capitalisme, c'est à dire l'anarchisme de droite, qui se rapproche très fortement du libertarisme, assez bien représenté aux USA (notamment par certains membres du Parti Républicain et du Tea Party). Cet anarchisme de droite prône la suppression de l’État-providence, et donc l'abandon du respect des droits sociaux (pourtant intégrés aux droits fondamentaux des Constitutions contemporaines). Il s'agit donc de privatiser les services publics en charge de ces droits sociaux et de donner ainsi davantage d'importance à l'économie de marché et à ses logiques. Notons toutefois que certains libertariens imaginent souvent des mécanismes de solidarité ou de charité pour permettre la survie des plus pauvres.
Le projet libertarien consiste à revenir au libéralisme classique, c'est à dire aux mécanismes organisationnels collectifs du XIXème siècle, et donc à préserver uniquement les fonctions régaliennes de l’État (justice, police, armée), lui permettant de préserver seulement les droits civiques et politiques. Les conséquences d'un tel mode d'organisation sont la constitution d'une société extrêmement inégalitaire que certains qualifient même de néo-féodalisme où une oligarchie (ploutocratie) domine sans partage. Les anarchistes de droite vont parfois plus loin que les libertariens en imaginant une privatisation totale de l’État, comprenant ses fonctions régaliennes. Quelque uns vont donc jusqu'à imaginer que la classe ultra-dominante économiquement s’appuierait logiquement dans ce cas sur des milices privées pour assurer sa domination totale.

Il existe par ailleurs d'autres formes libérales extrêmes, mais néanmoins moins extrêmes que celles précédemment étudiées . L'ultra-libéralisme en est une dénomination idéologique possible qui définit une privatisation partielle de l’État-providence que l'on tente de restreindre le plus possible, en limitant au maximum les impôts, les taxes, la redistribution des richesses, ou toute intervention de l’État visant à assurer le respect des droits sociaux. On vise ici un État minimal, comme la doctrine ancienne du libérisme qui se développa en Italie il y a un certain temps, où le capitalisme peut au maximum organiser la société. Cela crée évidemment des sociétés ultra-inégalitaires.
Le néo-libéralisme est une autre dénomination possible de ce courant contemporain d'un libéralisme radicale. Par l'emploi de ce terme on marque parfois l'importance d'un État répressif accru (par un processus de pénalisation de la pauvreté et de l'exclusion) pour accompagner la privatisation de l’État-providence, et donc l’accroissement des inégalités et de la précarité. On peut aisément qualifier les partis de droite suisses de néo-libéraux au vu de leur politique actuel. Ainsi le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC), le Parti Bourgeois Démocrate (PBD) et les Verts Libéraux (V-Lib) adhèrent clairement aujourd'hui à un libéralisme radical du type néo-libéral.

La Droite

La droite se caractérise par son adhésion au capitalisme. Néanmoins elle est en faveur d' un Etat-providence minimal qui intervienne un minimum pour assurer un tant soit peu le respect des droits sociaux des individus. Ce compromis s'appelle le social-libéralisme, ou nouveau libéralisme.
Cette faible intervention étatique dans le cadre du capitalisme permet d'éviter des taux d'inégalités trop explosifs et de limiter la précarité ou l'exclusion.
Une certaine proportion des membres des partis suisses de droite (principalement au PDC, au PBD et chez les V-Lib) sont encore social-libéraux, mais ils sont présentement plutôt minorisés par les membres (majoritaires) les plus extrêmes.

Le Centre Droit

Le centre droit est conscient de la nécessité d'assurer les droits sociaux des individus, et donc de l'importance de l’État-providence. C'est pourquoi il est en faveur d'une intervention moyenne de l’État dans le cadre du capitalisme, afin de limiter inégalités, précarité, et exclusion. Ce social-libéralisme renforcé représente une gradation dans les modèles possibles d’État providence.
A nouveau, certains membres des partis suisses de droite pré-cités se retrouvent dans cette case idéologique.

Le Centre

Le centre n'existe que de manière abstraite. Il n'y a en effet pas d'équilibre pur et parfait entre intervention de l’État et liberté de l'économie de marché, pas de modèle définissable de l’État providence centriste. En théorie le centriste pur se trouve entre le social-libéralisme renforcé du centre droit et la social-démocratie de centre gauche.


Le Centre Gauche


Le centre gauche est en faveur d'une intervention forte de l’État dans le cadre d'une économie capitaliste. Rompant avec la solidarité, il en appelle à la justice sociale, qui se concrétise en un modèle d’État providence fort et très interventionniste, à même d'assurer les droits sociaux des individus dans une large mesure. Cette doctrine est celle qu'on appelle de nos jours la social-démocratie. L’État social-démocrate assure un taux assez bas d'inégalités sociales, limite la précarité, et réduit l'exclusion, en mettant en place des services publics étendus et de qualité, en levant des impôts progressifs assez élevés, en créant un cadre juridique protecteur pour les plus faibles, et en taxant les secteurs à fortes externalités négatives.
Pour améliorer son efficacité et ses capacités, la social-démocratie peut se faire étatiste et étatiser des secteurs économiques pour s'assurer des recettes supplémentaires.
Le centre gauche peut fort bien se montrer conservateur sur le plan économique.
En Suisse, une majorité du Parti Socialiste (PS) correspond à ce centre gauche.

La Gauche

A la gauche du centre gauche, on trouve les idéologies socialistes.
Le
socialisme contemporain correspond idéologiquement au marxisme réformiste. Ce courant prône l'instauration démocratiquement décidée d'une économie étatisée et planifiée (les moyens de production sont la propriété commune de la société). En tendant vers l'égalité des ressources par une distribution égalitaire des revenus, les inégalités, l'exclusion, et la précarité, sont réduits quasiment au néant. C'est ce courant qui est qualifié, comme la social-démocratie, de réformiste, puisqu'il n'est pas révolutionnaire. Le socialisme contemporain peut fort bien être conservateur sur le plan économique.
Le
socialisme anti-productiviste, correspond à l'articulation politique (collective) du socialisme utopiste (communautaire). Il s'agit toujours d'une économie étatisée et planifiée, mais en plus de cela s'ajoute une décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes.
L'écologie politique est assez proche du socialisme anti-productiviste, sans en reprendre tous les aspects.
Elle prône une économie privée de petites entités (coopératives, associations autogérées, indépendants, paysans, artisan, etc.) et se passe donc d'économie étatisée et planifiée.
Décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes, restent des éléments constitutifs de son projet de société.
Enfin, le
néo-socialisme fait la jonction entre socialisme contemporain, socialisme anti-productiviste et social-démocratie. Il représente un projet plus modéré que le socialisme, mais plus à gauche que la social-démocratie. Il s'agit d'étatiser et de planifier les grandes structures économiques, tout en maintenant une économie de marché sous tutelle pour les petites structures économiques. La tutelle signifie que les petites entités économiques sont soumises à un droit de regard total de l'État sur leurs activités. Ce sont là les principes fondant une économie planifiée mixte. Dans le néo-socialisme, l’égalité des ressources est relative, et l'organisation du travail est autogéré. Par ailleurs, décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes, viennent s'ajouter à ce projet de société. Et pour conclure, au sujet de l'organisation collective et politique, on applique le principe de la démocratie directe par assemblée populaire à la plus basse échelle spatiale, et de la démocratie athénienne (par tirage au sort 50%) et représentative (par élection 50%) à l'échelle supérieure.

L’Extrême gauche

A la gauche de la gauche, l'extrême gauche rassemble plusieurs courants idéologiques.
Le
communisme contemporain correspond au marxisme classique (et à ses dérivés). Il préconise une économie étatisée, centralisée, et planifiée instaurée par la lutte révolutionnaire (donc la lutte armée). La dictature de classe permet d'atteindre l'égalité des ressources quasiment totale, et donc la disparition des classes sociales. La centralisation politique et économique est sensée disparaître avec le dépérissement attendu de l’État dans la société sans classe. Le marxisme-léninisme imagine une organisation démocratique par assemblées populaires (démocratie directe) dans le cadre de cette société sans classe.
Le
communisme libertaire, c'est à dire l'anarchisme de gauche, prône l'abolition de l’État, mais uniquement après avoir atteint une société sans classes (et donc une égalité des ressources ce qui signifie l'abolition de la propriété privée des moyens de production précédemment). L’organisation de la société se fait par libre association d'individus par affinités qui forment des communautés politiques décentralisées (aussi sur le plan économique) et autogérées. La démocratie directe ou le consensus permettent ensuite d'organiser la prise de décision collective.
L'anarchisme de gauche anti-productiviste existe aussi.
La forme la plus extrême de l'anarchisme est celle du
weganarchisme qui prône la non exploitation des animaux, ces derniers étant libérés de l'exploitation après la libération des êtres humains (qui sont à leur yeux aussi des animaux).
L'anarcho-individualisme est une forme incompréhensible sur le plan collectif et politique de l'organisation de la société.

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Glossaire version III :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/07/petit-g...ideologies-politiques-traditionnelles-ve.html


Glossaire version II :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/petit-g...


Glossaire version I :
http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443



23/11/2011

Clément Wittmann, candidat de la décroissance à l'élection présidentielle française, vient en Suisse !

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Clément Wittmann, candidat de la décroissance à l'élection présidentielle française, vient en Suisse !


Le Réseau Objecteur de Croissance genevois invite Clément Wittmann, candidat du Parti des Objecteurs de Croissance (POC) français à l'élection présidentielle française de 2012, à donner une conférence lors de son Café-Décroissance bimestriel.

Clément Wittmann a 50 ans, trois enfants, et exerce la profession de charpentier.
Il est un militant de longue date de la cause écologiste et pacifiste.

Depuis plusieurs mois, il récolte à vélo, les 500 signatures de maires qui lui permettront ensuite de participer à la campagne présidentielle.

Sa venue en Suisse représente un apport bienvenu dans les débats qui traversent la société contemporaine.

D'une part, elle permet d'interpeller le camp politique écologique à la sortie des dernières élections qui ont vu un affaiblissement de l'écologie politique au profit de l'écologie McDo.
Les Verts, et la gauche dans son ensemble, ont tout intérêt (stratégiquement, logiquement, axiologiquement, et idéologiquement) à embrasser l'écologie politique originelle (l'anti-productivisme) plutôt que de frayer avec l'écologie capitaliste (mensongère, même oxymorique, et inefficace comme je l'ai déjà démontré dans mes publications précédentes).

D'autre part, elle rouvre le débat entre objecteurs de croissance sur la participation éventuelle de la décroissance à la vie politique en tant qu'idéologie politique (et plus uniquement en tant que projet de société).


*


Clément Wittmann donnera des conférences aux lieux et dates suivant-e-s :


- Mercredi 30 à Genève, 18h30 Maison des Associations, salle Gandhi

- Jeudi 1 décembre à Neuchâtel, à 19h à la salle UNIA , avenue de la gare 3 à Neuchâtel

- Vendredi 2 décembre à Bâle, 19h30, Veranstaltungsraum Klybeckstrasse 247 (Hinterhaus), 4057 Basel

- Lundi 5 à Lausanne, 19h30, Pôle Sud, avenue Jean-Jacques Mercier 3, 1003 Lausanne-Flon

- Mardi 6 à Berne


*


Plus d'informations sur le site de Clément Wittmann, avec notamment son programme politique :

http://clementwittmann2012.fr

 

20/11/2011

Économie néo-socialiste

Économie néo-socialiste

Document appelé à évoluer

Il n'y a pas de dépassement du capitalisme possible, pas de solutions aux crises que traversent l'Europe, pas de solution à la crise écologique, sans une économie planifiée.

Comme il existe un grand nombre de modèles de capitalisme (du capitalisme social-démocratie au capitalisme ultra-libéral), il existe de même de nombreux modèles d'économie planifié.

Deux critiques faites à l'encontre de l'économie planifiée ne manquent pas de justesse et c'est pourquoi elles appellent des réponses :

- A la critique de Hayek sur l'incapacité des structures étatiques à accéder à l'information à temps, on répondra par une nécessaire décentralisation spatiales et économiques (logistiques).

- A la critique général sur le caractère contraignant de l'économie planifiée, on répondra par une économie mixte et démocratique.

Le modèle d'économie planifiée que je soutiens s'inscrit donc (et c'est essentiel) dans mes 6 principes fondamentaux du néo-socialisme :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/princip...

Le néo-socialisme doit rompre avec le socialisme scientifique (le marxisme classique et ses dérivées léninistes, trotskistes, maoïstes, cubains et même néo-marxistes), aussi bien que du socialisme utopiste trop communautariste.
Le dépassement de la social-démocratie est induite par la logique du dépassement du capitalisme.

Le modèle d'économie planifiée néo-socialiste est un modèle mixte :
Les grandes structures économiques (nécessaires à la bonne marche de l'économie, puisque les autres grandes structures sont décentralisées) sont sous contrôle étatique/collectif, mais les petites entités (paysans, artisans, indépendants, petits producteurs, etc.) restent sous contrôle privé.

La liberté d'entreprendre subsiste donc. Toutefois, le principe d'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif s'entend) assure un fonctionnement démocratique dans ces petites structures privées. De plus, l'intervention étatique/collective tend à contrôler l'activité économique privée pour éviter tout abus.

La planification (décentralisée) doit prendre d'abord en considération la production (libre) des petites entités privées, et ensuite, définir la production des grandes structures économiques collectives.

Le crédit n'est accessible que par les banques (décentralisées), soumises au contrôle collectif (démocratique) évidemment.

L'économie sert essentiellement à combler les besoins des individus, ou leurs envies immatérielles. Les envies matérielles sont soumises au principe d'auto-limitation (démocratie écologique), ce qui ne veut pas dire qu'elles soient in-envisageables dans l'absolu, mais qu'elles doivent être écologiquement réfléchies (principe utilitariste à mon sens).

Les prix sont fixés en fonction de la quantité de travail (présente et passée) contenu dans chaque production.

L'économie est centré sur son développement interne (intérieur) : elle tend vers une autosuffisance de la production fondamentale. L'auto-production individuelle est donc encouragée (nouvelle division du travail). Le protectionnisme peut aussi être souhaitable selon les cas.

*

Comme on peut le voir, une économie néo-socialiste est un équilibre qui respecte l'individu sans toutefois permettre à certains de péjorer la collectivité.
Avec ses 6 principes démocratiques, elle résistera à toute tentation autoritaire ou élitiste.

Il est temps d'être un peu ambitieux si l'on veut en finir avec notre capitalisme archaïque, incapable d'assurer l'avènement d'une véritable société du bonheur ! 

14/11/2011

La lutte des classes au XXIème siècle (complément)

La lutte des classes au XXIème siècle (complément)

Je publie cette note complémentaire simplement pour apporter quelques éléments tirés d'auteurs quasi contemporains en faveur de la théorie de la lutte des classes.
Ceci afin de renforcer la pertinence de ma dernière publication.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/07/lutte-d...

Par ailleurs, j'aimerais ajouter que je considère que la situation tragique actuelle en Grèce (voire même ultérieurement en Espagne) peut servir (à court, et long terme surtout) de vérification empirique de l'hypothèse du lien déterminant entre crise économique et/ou crise de l'endettement étatique, politique d'austérité et de réduction de l'Etat-social, polarisation sociétale, et logique renversement social/renversement systémique.

Extrait des travaux des sociologues Christian Baudelot et Roger Establet

« Il est possible de calculer, sur la base des résultats antérieurs, la quantité de travailleurs mobilisés au service de chacune des catégories sociales. (...)
Chaque membre d'une famille d'industriels dispose en permanence du travail annuel de 1,75 personne : Madame, Monsieur, l'aîné, et la cadette ont, chacun à leur service, un travailleur à temps plein pendant 9 mois. (...)
Chaque membre d'une famille d'ouvrier spécialisé doit se contenter d'un travailleur à temps plein pendant 4 mois. Ce sont ceux qui travaillent le plus dur qui sont les moins biens servis.
Qui disait que la théorie de Marx était dépassée ? Les nouveaux philosophes cadre supérieurs pour la plupart, dont chacun, dans la famille, dispose d'un travailleur à temps plein toute l'année et d'un autre plus de 4 mois.
(...)
[En France] 31% des travailleurs, ayant contribué à produire des biens et des services nouveaux (les autres servant à reproduire la force de travail global), ont travaillé pour les inactifs pauvres, les ouvriers, les salariés agricoles, les paysans, et les employés ; alors que 69% ont travaillé pour les cadres (moyens et supérieurs), les inactifs riches, les professions libérales et les industriels.
Traduction. Près de 70% des richesses (...) ont été accaparées par quatre catégories sociales qui ne représentent que 30% de la population des ménages. Les autres (70% de la population) n'héritent que des 30% restants.
Ce n'est pas de partage [des richesses] qu'il convient de parler, mais de pillage. »

Extrait des travaux du sociologue Louis Chauvel

« En supposant que, entre la base et la médiane, l'écart est de 1 mètre, le décile supérieur du revenu est à 2 mètres, alors que celui du patrimoine est à 4 mètres. Côté revenu, à gauche, Lindsay Owen-Jones (le PDG de L'Oréal), qui a la réputation d'être le salarié au revenu le plus important en France, se trouve à une altitude de 300 mètres. Liliane Bettencourt, héritière de la société L'Oréal, de par son patrimoine, se retrouverait côté droit à 32 000 mètres (...) Par conséquent, le patrimoine médian n'a à peu près aucun sens sociologique véritable en termes de ressources susceptibles de définir des groupes sociaux : il n'existe pas de classe de patrimoine médian, dans la mesure où ce n'est pas là un niveau de patrimoine où la population tend à venir s'agréger, alors qu'il existe une classe médiane pour les revenus, repérables à la boursouflure du strobiloïde du revenu.
Ici, non seulement l'espace entre les ouvriers et les cadres est béant, mais l'écart entre les cadres susceptibles d'espérer une ascension patrimoniale (cadre dirigeant dans une entreprises de grande dimension dans un secteur en restructuration, ou dont la maturité espérée n'est pas atteinte) et les autres est immenses. »

D'autres auteurs ont aussi développé la théorie des classes sociales, tels que Thorstein Veblen, Jean Baudrillard, Edmond Goblot, ou Maurice Halbwachs.

13:30 Publié dans Lutte des classes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lutte des classes, classes sociales, sociologie, société | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

07/11/2011

La lutte des classes au XXIème siècle

La lutte des classes au XXIème siècle


Aujourd'hui, on peut proposer un découpage en classes sociales en fonction du mode de vie et du mode de consommation, découlant du niveau de fortune et de revenu, eux-mêmes conséquences du mode de production et de la place dans le mode de production.

Hypothèse pour Genève (mais on devrait obtenir plus ou moins les mêmes résultats pour la Suisse)

Classes dominantes – 10% de la population genevoise
[Nombre de millionnaires à Genève, ils détiennent plus de 85% de la fortune totale du canton.]

Classes moyennes supérieure – 20 à 30 %
- classe moyenne supérieure très aisée
- classe moyenne supérieure aisée

Classe moyenne inférieure – 40 à 50 %
- classe moyenne inférieure peu aisée
- classe moyenne inférieure précarisée

Classes précarisées – 15 à 20% de la population genevoise
[moyenne suisse officielle + moyenne genevoise basée sur étude de la précarité des HUG]

NB : Les pourcentages en ce qui concerne les classes moyennes sont une hypothèse basée sur les travaux de l'économiste Alain Lipietz.


La lutte des classes n'est fortement visible et ressentie par les individus que lorsqu'une polarisation sociale élevée est en place. Cette polarisation sociale était clairement présente jusqu'à l'instauration et le développement de l'Etat-social en Europe. La lutte des classes, dans une société fortement polarisée, amène forcément à un renversement des classes dominantes par les classes dominées.


3 facteurs amenant progressivement, de nos jours, à une polarisation sociale importante


1. L'idéologie néo-libérale

Expression idéologique des désirs et des fantasmes des classes dominantes, l'idéologie néo-libérale précarise les classes moyennes en abattant pallier par pallier l'Etat-social. En agissant ainsi, la classe dominante œuvre à sa propre destruction puisqu'elle renforce la polarisation sociale qui finira par l'abattre en provoquant un soulèvement (réformiste ou révolutionnaire).

2. Les limites de la social-démocratie

Dans le cas où l'Etat-social a dû s'endetter passablement pour mener à bien ses politiques sociales et qu'il atteint ses limites de financement, il se retrouve contraint (dans le cadre des logiques capitalistes) d'appliquer une politique d'austérité renforçant les inégalités et par conséquent la polarisation sociale.

3. Les limites naturelles

La croissance économique, nécessaire au bon fonctionnement du capitalisme, dépend de l'accès aux ressources, notamment des ressources énergétiques. 85% de l'énergie consommée provient du pétrole, du gaz, et du charbon. Avec la raréfaction prochaine de ces ressources, les gouvernements pro-capitalistes devront forcément restreindre leurs dépenses, réduire l'Etat-social, et polariser la société.


L'Histoire est encore en marche.
La lutte des classes est notre réalité.
Le renversement du capitalisme et des classes dominantes est inévitable.
Reste à œuvrer pour que le bon système le remplace!

01/11/2011

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné (suite)

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné (suite)

Réflexion sur le devenir du mouvement et ses moyens d'action.

Quelles sont les options qui s'offrent au mouvement des Indigné-e-s ?
Que va-t-il devenir ? Comment peut-t-il avoir une quelconque influence ?

Plusieurs possibilités s'offrent au mouvement :

- Fonder un parti politique et tenter de prendre le pouvoir par la démocratie représentative et le jeu électoral.

Évidemment, cette idée est en totale contradiction avec les fondements mêmes du mouvement qui rejette majoritairement la démocratie représentative et le système des partis. Une telle contradiction tuerait symboliquement la crédibilité du mouvement.
De plus, il semble difficilement envisageable de réussir à établir de manière consensuelle une ligne idéologique commune.

- Se radicaliser et passer à la lutte armée.

Concrètement, la majeure partie du mouvement étant pacifiste cela me semble difficilement imaginable. En outre, cela soulèverait des questions morales importantes.
Par ailleurs, je ne pense personnellement pas que la situation actuelle en Suisse nécessite d'arriver à de telles solutions extrêmes.

- Développer une société alternative jusqu'à absorber la société externe.

Ce qui se fait au campement des Indigné-e-s jette les bases d'un autre mode de fonctionnement collectif, d'une organisation sociétale différente.
Concrètement, si une société interne à une autre grandissait suffisamment jusqu'à devenir majoritaire, on pourrait alors légitimement remettre en question l'existence de la société l'entourant.
Sur le plan symbolique, l'existence d'un autre mode d'organisation sociale peut donner, par l'exemple, des pistes à la société externe, et ainsi l'influencer.

- Servir de lobby citoyen

Par des mobilisations collectives, par des actions médiatiques ou populaires, par des grèves, par des occupations, par l'usage de la désobéissance civile, par le lancement d'initiatives, de référendums, de pétitions, par des campagnes lors des votations, bref par la participation à la vie collective et politique de manière a-partisane, mais en se fondant sur des valeurs et des idéaux, le mouvement des Indigné-e-s peut être réellement efficace.
En agissant sur des thèmes précis, comme le manque de logement ou les difficultés d'accès aux soins de la santé, le mouvement des Indigné-e-s peut réellement influer sur la situation actuelle.

C'est la voie que je soutiens, car c'est celle qui me semble la plus logique et la plus adéquate à la dynamique et à la composition du mouvement.

Ceci étant dit, le mouvement aura dans tous les cas permis de mettre en évidence l'existence de pans entiers de la société largement insatisfaits avec le système en place.
Et cette insatisfaction n'est pas près de faiblir !

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30/10/2011

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné

Petit retour sur un mouvement que je fréquente depuis sa création en juin dernier.

Le mouvement des Indigné-e-s est a-partisan, c'est à dire qu'il n'est pas affilié à un quelconque parti politique (ce qui ne veut pas dire forcément que ses membres ne le soient pas).
Par contre, le mouvement n'est pas apolitique, puisque par essence il s'est fondé sur des revendications politiques. Le fait qu'il critique la démocratie représentative ne veut d'ailleurs pas dire qu'il ne soit pas politique.

Si le mouvement est politique, il est avant tout un mouvement social formé d'individus d'origine fort diverse et de sensibilités politiques variées. Ces individus, bien qu'ils ne soient pas d'accord sur tout, mènent des actions politiques sur des sujets spécifiques (on l'a vu par exemple avec le vote blanc).

La décision de fonctionner par consensus empêche le mouvement d'avoir une ligne idéologique clairement définie. Toutefois, cela permet de faire que personne ne se retrouve rebuter par un point quelconque et que chacun puisse amener ses idées. Finalement, c'est un élément rassembleur qui permet d'unir plutôt que de diviser.

Si des actions politiques spécifiques sont un apport intéressant à la dynamique du mouvement, ce dernier garde un avantage général très important, du fait que sa simple existence est un symbole de résistance et de contestation au système en place.

Par l'occupation libre et ouverte d'une portion d'un espace public, le mouvement invite la population à la mobilisation et à la politisation, c'est à dire à une réappropriation symbolique de la politique et de la démocratie. Cette réappropriation est un apport bienvenu à un système démocratique qui peine à rassembler et à intéresser.
En soi donc, le mouvement des Indigné-e-s œuvre au bien commun en tentant d'amener la population à prendre son destin en mains.

Enfin, il faut noter que le mouvement forme une société à l'intérieur d'une société plus grande, et qu'il tente d'organiser cette société (dans les limites qui sont les siennes bien entendu) comme une société tendant vers l'idéal recherché par la globalité du mouvement.
Ainsi, il défie ouvertement l'organisation sociétale actuelle, et permet de proposer (de manière partielle évidemment pour le moment) concrètement et quotidiennement, une expérimentation de ce que pourrait être une alternative à la réalité en place.

En conclusion, j'invite les citoyen-ne-s indigné-e-s, ou simplement curieux/curieuses, à se rendre au campement (au parc des Bastions) des Indigné-e-s, pour participer au mouvement, et amener leur pierre à la construction d'une utopie concrète, qui diffère de celles vécues jusqu'à aujourd'hui.

« CREER C'EST RESISTER.
RESISTER C'EST CREER. »

Appel du Conseil National de la Résistance, relayé dans le livre de Stéphane Hessel "Indignez-vous!"

 

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07/10/2011

Petit glossaire des idéologies politiques traditionnelles version III

Petit glossaire des idéologies politiques traditionnelles version III


Nationalisme de gauche
: Adulation de la Nation, conservatisme des mœurs et conservatisme économique, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), anti-capitalisme, ou anti-libéralisme.
(On citera en exemple
Genève Non Conforme, Alain Soral ou encore le nazisme.)

Extrême gauche

Communisme libertaire ou anarchisme de gauche : Abolition de l'État et de la propriété privée, au profit de l'autogestion par libre association d'individus. Décentralisation économique et politique. Démocratie directe et participative.

Marxisme ou communisme productiviste : Économie majoritairement étatisée et planifiée, centralisation politique et économique, répartition égalitaire des revenus, et dictature de classe (afin d'abolir les classes). Système mis en place par la révolution. Aboutit finalement au capitalisme d’État. (URSS)

 

Gauche

 

Socialisme : Économie majoritairement étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus. Système mis en place par la démocratie.

Socialisme anti-productiviste : Économie majoritairement étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus. Décentralisation économique et politique. Conservatisme économique. Système mis en place par la démocratie. On tend à une démocratie directe et participative.

Centre Gauche

 

Sociale-démocratie : Économie de marché (capitalisme), mais interventionnisme étatique, pour limiter les inégalités par les lois, les impôts, les taxes, etc.
Le Parti Socialiste (PS) et les Verts sont majoritairement sociaux-démocrates.

Centre

Mélange entre le social-libéralisme et la social-démocratie.

Centre Droit

 

Social-libéralisme  : Mélange entre le libéralisme économique et la sociale-démocratie.

Droite

 

Libéralisme économique : Économie de marché (capitalisme), pas d'intervention étatique. Très fortes inégalités. Mais pas de privatisation de l'État!

Extrême droite

 

Ultra-libéralisme : Économie de marché (capitalisme), privatisation partielle de l'État. Crée une société ultra-inégalitaire.

Néo-libéralisme : Ultra-libéralisme auquel on adjoint un État répressif (pénalisation de la société). La justice, la police et l'armée restent donc sous le contrôle de l’État (selon le Consensus de Washington), permettant ainsi de privatiser l'État-social et dans le même temps de réprimer la population précarisée par la disparition de la redistribution étatique.
Le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC) et les Verts Libéraux sont néo-libéraux.

Anarchisme de droite (aussi appelé anarchisme de droite, ou anarcho-capitalisme, libertarisme, ou libérisme, ou encore néo-féodalisme, ou tout simplement ploutocratie) :
Économie de marché (capitalisme), privatisation totale (abolition) de l'État. Crée à la longue une société ultra-inégalitaire dominée par une oligarchie (une caste de riches).
Le Tea-Party est majoritairement anarchiste de droite.

Nationalisme de droite : Adulation de la Nation, conservatisme des mœurs et conservatisme économique, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), économie de marché (capitalisme) et libéralisme (ou une forme plus extrême du libéralisme).
L'Union démocratique du Centre (UDC) ou le Front National (FN) sont nationalistes de droite.
________________________________________________________________________________

Glossaire version II :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/petit-g...

Glossaire version I : http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443



17:43 Publié dans Idéologies politiques & projets de société | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : idéologies, politique, société | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

05/10/2011

Sex, drugs and rock'n roll

Sex, drugs and rock'n roll

On a vu récemment que certains, parmi les jeunes droitistes, se sont positionnés en faveur d'une certaine forme de libéralisme des mœurs.
Bien entendue, à gauche, on a fort justement crié à la poudre aux yeux électoraliste. Cette analyse n'est pas dénuée de vraisemblance.
Toutefois, je tiens à saluer le fait que de jeunes droitistes aient décidé de rompre avec le consensus conservateur de leurs pairs (et ceci quel que soit leur degré de bonne foi). Je regrette en effet que la droite ne fasse que marteler le refrain du libéralisme économique, mais ait abandonné la défense du libéralisme des mœurs à la gauche.

Les questions de mœurs sont-elles plus ou moins importantes que les questions socio-économiques ? Lesquelles influent le plus sur les autres ?
Ce sont des questions que l'on peut se poser, mais auxquelles je n'ai pas de réponse (d'autant plus que si l'une est normative, l'autre est positive).

Le point qui m'intéresse dans le présent écrit est celui de la légalisation, ou pas, des drogues.
Traiter uniquement la question du cannabis (comme souvent en France), au motif que cela serait la drogue la plus consommée et la moins nocive, me semble un faux débat.
Si il nous faut traiter de la drogue, alors parlons de toutes les drogues.

Premièrement, je tiens à dire que je parle ici uniquement des drogues officielles, c'est à dire à celles considérées par la loi comme telles. Car on entend parfois dire que l'alcool et la cigarette sont des drogues, voire que tout produit addictif peut être considéré comme une drogue.
C'est peut-être, voire sûrement, vrai, mais c'est à nouveau une question trop multiple pour que je puisse trancher ou traiter ici de la question.

Donc, comment faut-il gérer la question de la drogue, l'approche répressive étant inefficace (d'après un consensus d'experts médiatisés) ?

Ce que je propose n'est pas forcément novateur. Il s'agit de prendre comme modèle le Portugal qui a légalisé les drogues ET qui a médicalisé le problème de sa consommation (avec comme conséquence que à présent il a un des plus bas taux de consommateurs de drogue d'UE!)
Ce qu'il faudrait faire, c'est permettre à la population majeure (évidemment) de consommer des drogues, mais d'obliger les consommateurs à suivre un suivi médical et psychologique. Il s'agit de comprendre pourquoi il y a consommation de drogue (l'usage festif non abusif étant bénin), afin de traiter non les symptômes, mais la source du problème.
Quand à la production, elle doit être contrôlée, encadrée et taxée par l’État. Les individus s'approvisionnant au dehors du marché étatique, pourraient toujours être repérés par la police qui procéderait à des injonctions à se rendre à un centre médical et à s'inscrire dans un suivi. Les coûts du ce surplus de travail médical serait assuré par la taxation des drogues. Bien entendue, l’État encadrant la production, le transit, la vente et la distribution, il serait impossible qu'un marché noir concurrentiel se crée.
L'avantage de ce système consiste dans l'élimination des coûts actuels de la répression du marché des drogues, le démantèlement des réseaux de trafics, la pacification de l'espace public, le gain sanitaire des usagers pouvant être aidés, et le temps gagné pour les forces de police ou judiciaire.

Bref, voilà une façon de traiter le problème des drogues en respectant le libre arbitre de l'individu et en se refusant à tout jugement moral.
Le conservatisme étant décidément bel et bien dépassé !

18:57 Publié dans Légalisation de la drogue | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : drogue, légalisation, médicalisation, société, moeurs | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

02/10/2011

FREE in Socialism

 

FREE in Socialism

Ce texte se base sur ma critique du capitalisme et du productivisme.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/30/lost-in...

Il reprend la théorie sur le socialisme que j'ai développé auparavant.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/27/le-soci...

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Comment dépasser le capitalisme : processus de transition vers un projet de société alternatif.

I) Première étape pour commencer un douceur : un capitalisme social-démocrate. C'est à dire un fort interventionnisme étatique (lois, règles, taxes, impôts, services publics étendus et forts, etc.) dans un cadre capitaliste. On s'opposera alors à tout libéralisme économique. Les logiques socialistes de la social-démocratie (redistribution des richesses, justice sociale, égalité) permettent déjà d'appréciables améliorations, même si à la longue la social-démocratie se heurte à ses limites (qui sont les limites de sa dépendance au bon fonctionnement du capitalisme alors qu'elle le péjore par son interventionnisme étatique).

II) Dans un second temps, on passera à une social-démocratie étatiste, c'est à dire qui étend les secteurs de l'économie privée sous contrôle de l’État. Attention, il ne s'agit pas simplement d'avoir des services publics développés, mais d'étatiser des entreprises rentables pour en étatiser les bénéfices. Ces bénéfices permettent ensuite de financer de nouvelles logiques socialistes. Bien entendue, le contrôle de plus grandes parts de l'économie privée permet d’améliorer les conditions de travail des travailleuses et travailleurs. Dans les secteurs étatisés on instaurera l'autogestion (démocratie directe économique).

III) A présent, il s'agit d'étendre le contrôle étatique à toutes les grandes structures de l'économie privée. Toutefois, ce n'est nullement un dogme, nombre de structures économiques de petite taille peuvent fort bien rester privées (par exemple la paysannerie, les artisans, les indépendants, etc.)
A ce stade, le peuple est normalement libéré de la domination d'une minorité possédante. Maître de ses choix, il peut agir sur la société dans le cadre démocratique sans subir la domination d'une dictature des plus riches qui détruisent la démocratie. L'économie étatisée dans un cadre démocratique permet donc de libérer l'individu.

IV) Le contrôle de l'économie par la volonté populaire permet de planifier l'organisation économique. La planification (qui prend comme valeur des choses le travail) offre la possibilité de définir démocratiquement quel type de production et de consommation sont nécessaires pour combler les besoins (et non les envies) de chacun. Il s'agit de planifier la production en prenant en compte les limites des ressources naturelles et le respect de la biosphère.

V) Dans ce cinquième temps, on aura à cœur de donner davantage de liberté aux individus en décentralisant les activités humaines. La décentralisation économique (comprenant une planification décentralisée) et politique (le pouvoir au quartier, puis à la commune, puis au canton, puis à la confédération), donne toute son autonomie à l'individu. La démocratie directe pure (sans représentation) au niveau du quartier, voire de la commune, est souhaitable. La décentralisation permet de construire une société indépendante, auto-suffisante au maximum, avec de grandes capacités auto-productrices. Construire une société à taille humaine, c'est autonomiser l'être humain.

VI) Et nous y voilà ! Transition terminée.
Dans ce système socialiste abouti, l'individu est véritablement libre et autonome.
A partir de ce système, toutes les conditions seront réunies pour créer la société idéale.

Bon, j'ai beaucoup parlé de projet de société, parce que plus grand monde n'en parle aujourd'hui. Mais pour le moment je pense avoir fait un premier tour de la question. Je reviendrai donc prochainement avec une proposition de programme politique pour un autre monde, car il y a les rêves et les utopies, mais il y a aussi la politique concrètement et les mesures qu'il faut soutenir dans l'immédiat pour entamer une transition vers une société alternative.

« Il n'y a qu'une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d'impôts. »

« La propriété privée nous a rendu si stupides et si bornés qu'un objet n'est nôtre que lorsque nous le possédons. »

« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, il s'agit maintenant de le transformer. »

Karl Marx

 

18:26 Publié dans Socialisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : socialisme, société, liberté, politique, économie, transition | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

30/09/2011

LOST in Capitalism

LOST in Capitalism

Pourquoi désirer dépasser le capitalisme ?
Est-ce une lubie idéaliste de jeune gauchiste? Une élucubration passéiste soixante-huitarde ? Une finasserie intellectuelle sans lendemain?

Nos adversaires droitistes nous répondrons certainement un peu de tout cela, car de manière évidente leur horizon se borne au capitalisme, puisque ce dernier fait le profit des classes dominantes qu'ils représentent.

Pourtant, il est de bonnes raisons de se battre pour en finir avec le capitalisme !
Allons-y pour un petit tour de salle.

Crise sociale

‎« La masse des pauvres, dans les pays riches, se débat dans la gêne d'un quotidien fait de pâtes à l'eau, de conserves à bas prix et de factures impayées. Tapie dans cette médiocrité lancinante gît la menace de glisser vers la déchéance de la rue, de l'alcoolisme et de la mort anonyme du petit matin » Hervé Kempf

En Suisse, on compte, selon une récente étude de Caritas, 1 million de pauvres.
Pourtant, on trouve 10% de la population mondiale de milliardaires chez nous.
En outre, on peut noter la présence de 283 000 millionnaires (sans prendre en compte le capital immobilier), et dans le même temps de 400'000 working poor (personnes travaillant à 100%, mais incapables de vivre avec le revenu qu'ils touchent).
Par ailleurs,
10 000 millionnaires possèdent plus de 10 millions de francs, alors que 56 % des contribuables possèdent entre 0 et 50'000 francs.
La moyenne suisse des écarts salariaux s'élève d'un facteur 73 (écart moyen entre le plus bas et le plus haut salaire), dans certaines grosses entreprises cet écart se chiffre parfois en plusieurs centaines de fois. A Genève, 18% des Genevois n'ont pas accès aux soins dont ils auraient besoin par manque d'argent (étude HUG),
alors que 9% des Genevois est millionnaire et possède 85% de la fortune totale du canton.
Au niveau mondial, 3 milliards d'êtres humains vivent avec moins de 3 dollars par jour, alors que 1011 milliardaires se partagent 3600 milliards de dollars (classement Forbes).
La classe mondiale des millionnaires représentent 0,2% de la population mondiale, toutefois elle possède 38% des richesses.
Enfin, je citerais Paul Ariès :
« Les 3 personnes les plus riches au monde ont un revenu annuel équivalent à celui des 150 millions les plus pauvres!
2 % des humains détiennent la moitié de la richesse mondiale!
50 % des humains n'en détiennent que 1 % »
et Jean Ziegler : « 35 millions de personnes meurent chaque année de la faim. Toutes les 5 secondes, un enfant âgé de moins de 10 ans meurt de faim. Près d'un milliard de personnes sont en permanence sous-alimentés. »


Crise écologique

Le capitalisme et son rouage central, le productivisme, a amené l'humanité devant le gouffre de l'auto-destruction en nous poussant à consumer toujours plus notre biosphère. Nous devons faire face à la raréfaction des ressources naturelles, à la chute drastique de la biodiversité, à l’acidification des océans, à l'épuisement des sols, au réchauffement climatique, pour ne citer que les principaux problèmes.
Capitalisme et écologie sont INCOMPATIBLES! Toute amélioration technique (de l'efficience en terme de consommation énergétique par exemple) est immédiatement annulé par une augmentation de la consommation du bien lui-même : (on réduit de 5% la consommation en essence d'une voiture, mais dans le même temps on augmente ses ventes de 15%), c'est ce qu'on appelle l'effet rebond.
La crise écologique, produite par le capitalisme, menace d'engloutir l'humanité !

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

Crise politique

Le capitalisme tue le citoyen qui est en nous et dépolitise notre société par le biais de son industrie du divertissement visant à droguer le citoyen à la sur-consommation débilitante.

http://www.facebook.com/note.php?note_id=185170798174118


Crise psychique

Le capitalisme, construction du libéralisme économique (l'idéologie des riches), provoque chez ceux qui le subissent une mutation des valeurs en prônant la compétition et non la coopération, l'avidité et non le partage, la consommation et non le bon usage, l'exploitation et non l'entente, la guerre économique et non la coopération économique, l'individualisme et non la démocratie collective, l'hégémonie du privé et non l'association publique. Ces nouvelles valeurs ont comme conséquences de changer nos modes de vie et nos modes de comportement, avec comme conséquence un déséquilibre profond dans notre nature humaine. Le lien social, la vie en collectivité, l'espace public se retrouvent tour à tour affaibli. Le capitalisme pousse l'individu à travailler sans cesse davantage pour gagner davantage, afin de consommer davantage : l'individu perd ainsi sa vie à la gagner.
Enfin, on notera que globalement la joie de vivre se perd, vu les ventes croissantes d'anti-dépresseurs en Occident.

Ce petit tour de salle des conséquences du capitalisme est largement suffisant pour motiver la proposition d'un modèle alternatif, tel que je tente de le développer régulièrement dans mes écrits. Je reviendrai prochainement sur une transition vers un modèle de socialisme utopique abouti.
Mais il appartient à chacune et à chacun de s'engager dans la lutte politique pour un monde meilleur, aujourd'hui plus que jamais, la nécessité d'un changement appelle à la mobilisation!

10:44 Publié dans Capitalisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : capitalisme, économie, politique, société, écologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

25/09/2011

La fin de la démocratie – la mort des idéologies

La fin de la démocratie – la mort des idéologies

Où sont passés les citoyens ? Pourquoi la politique n'est-elle pas davantage au cœur de leur vie?
L'année passée, j'avais analysé la dépolitisation en mettant en cause la société de consommation et le consumérisme matérialiste :

http://www.facebook.com/note.php?note_id=185170798174118

J'énonçais donc que c'était le capitalisme productiviste qui dépolitisait en transformant le citoyen en consommateur individualiste incapable de s'engager dans un processus collectif politique.

Mais aujourd'hui, je propose un autre axe de lecture : la mort des idéologies.

En effet, si les citoyens se détournent du jeu politique démocratique, c'est parce qu'ils ne trouvent pas leur place dans les partis politiques.
Pendant la majeure part du XIXème siècle et du XXème siècle, les partis ont représenté des idéologies. Les idéologies articulaient un ensemble d'idées basées sur des valeurs et une vision du monde, et le tout formait de véritables projets de société.
Globalement on trouvait les trois grands courants suivants : libéralisme, conservatisme et socialisme.


Aujourd'hui, l'idéologie libérale a accomplis son rêve : nous vivons tous dans le joyeux monde du capitalisme mondialisé !
Cette idéologie ne peut plus que proposer un hyper-capitalisme (version néo-libéral) ou revenir à une version plus soft. Toutefois, son horizon reste borné par le capitalisme.
Le conservatisme, ne proposant plus de modèle de société, s'est dissout dans les questions de mœurs.
Enfin, le socialisme ayant été mis en application sous sa forme productiviste marxiste (capitalisme d’État), et ayant fait naufrage sous cette forme, les anciens socialistes ont adhéré à la social-démocratie qui entérine le capitalisme comme modèle dominant.

Si tous les partis ne proposent que des nuances (nuances qui ont leur importance je ne le nie nullement) de capitalisme, alors on peut considérer que les idéologies sont mortes et que la diversité des offres politiques est faible.
On comprend alors pourquoi la majorité des gens se désintéressent de la politique et préfèrent s'investir autrement...
La démocratie est-t-elle condamnée ?

Non !

Car la renaissance s'en vient !
A gauche, écologie politique anti-productiviste et l'altermondialisme ont été les terreaux favorable à l'épanouissement d'une nouvelle idéologie, d'un nouveau socialisme du XXIème siècle !
Ce néo-socialisme devrait permettre de régénérer les mouvements sociaux et de mobiliser des foules pour la construction d'un nouveau modèle de société par delà le capitalisme mortifère !!

NB : Dans ma prochaine note, je synthétiserai quelques éléments fondateurs d'une refondation d'un socialisme, sur la base de mon précédent article : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un...

22:58 Publié dans Idéologies politiques & projets de société | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags : démocratie, idéologie, société, socialisme, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg