24/01/2012

Historique de la formation de l'esprit du productivisme

Historique de la formation de l'esprit du productivisme

A l'origine, on trouve des êtres humains qui vivent en harmonie avec leur environnement naturel. Ces premières sociétés communautaires anti-productivistes s'organisent soit par le troc, soit par le don (et le contre-don), soit par la propriété commune, ou soit par un mélange de tout cela.
L'environnement naturel de l'être humain est alors vu comme faisant partie d'un équilibre sociale dont il est partie intégrante.

Mais avec l'invention de la propriété privée, par l'appropriation (de gré ou de force) par certains des ressources et des terres, naît une autre construction sociale de l'environnement naturel. Car toute privatisation de la nature induit une marchandisation. Toute marchandisation signifie une exploitation de la nature. Les premiers propriétaires privés créent donc un rapport de domination de la nature. Ils construisent la nature et le vivant comme une altérité, au service du développement de l'être humain.
Ce premier pas franchi, il est ensuite facile de passer de la domination de la nature à celle des autres humains, construits comme faisant partie de cette nature sauvage à dominer et à exploiter.
Mais l'ignorance de l'être humain l'empêche de comprendre le fonctionnement de la nature. En conséquence de quoi, il ne peut complètement la dominer et va construire des représentations divines de cette nature (on en a un aperçu à travers les grandes mythologies).
Le catholicisme ne rompt pas avec le caractère divin de la nature, création sacrée de Dieu, dans laquelle les ermites et les sages recherchent la parole du Seigneur.

Alors arrive le protestantisme.
L'éthique du protestantisme, comme Weber l'a très bien démontré, pousse le croyant au travail acharné, à l'acceptation de l'ordre établi et de sa place dans la société, à la réalisation de soi par le travail uniquement, à l'ascèse pour permettre l'épargne et donc l'investissement, et au puritanisme pour maximiser le profit.
Cet éthique protestante forme l'individu travailleur, prêt à exploiter et à être exploité sans limite.
Sa maxime : travailler plus pour gagner plus !
C'est le second rouage du productivisme qui se met ainsi en place.

Mais le développement du mode de production capitaliste amène la jeunesse occidentale à une position où elle n'accepte plus de devoir trouver sa réalisation existentielle par le travail (cf. Bell).
C'est la révolte contre le productivisme !
C'est mai 68.
« On arrête tout, on réfléchit, et c'est pas triste !» nous dit L'An 01.

Alors les idéologues capitalistes répliquent (car le productivisme est partie intégrante du capitalisme, pas de capitalisme sans productivisme, pas de productivisme sans capitalisme).
Après le bonheur par le travail, voilà venu le temps du bonheur par la consommation !
La propagande du régime se met en place via la publicité de masse qui abrutit tout esprit de révolte et tue la critique, ainsi qu'à travers la production télévisuelle qui vise à divertir sans cesse l'individu pour mieux l'endormir.
La société de consommation se met en place.
La révolte s'est tue.

En joignant injonction au travail et injonction à la consommation, en poussant les individus à trouver le bonheur par la consommation, une nouvelle maxime est forgée : Travailler plus pour consommer plus. (cf. Boltanski)
La pulsion consumériste et matérialiste est le troisième et dernier rouage du productivisme.

Le productivisme a provoqué la crise écologique en poussant l'être humain à la surexploitation de son environnement. Le productivisme a fragilisé les régimes de nos démocraties libérales en transformant le citoyen en consommateur. Le productivisme a infecté nos corps en nous poussant à tous les excès (parce que PLUS c'est mieux...). Le productivisme a créé la crise financière en faisant perdre tout sens des limites aux dirigeants des grandes banques.

Le productivisme nuit sérieusement aux chances de survie de l'humanité...




16:10 Publié dans Productivisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : productivisme, anti-productivisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

19/10/2011

Comment le capitalisme détruit la liberté et l'autonomie de l'individu – 2ème partie

Comment le capitalisme détruit la liberté et l'autonomie de l'individu – 2ème partie

1ère partie : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/16/comment...

Quelle alternative à la centralisation capitaliste ?
En toute et bonne logique : la décentralisation socialiste !

L'échec du socialisme productiviste (qualifiable aussi de marxisme ou de socialisme scientifique) tient en (large) partie du fait qu'il fonde son système sur la centralisation (et la spécialisation de la production par régions sur un modèle organiciste).
Il s'agit aujourd'hui de proposer un système différent, véritablement émancipateur et libérateur pour l'être humain, loin de toute théorie en faveur de la centralisation.

Concrètement, quand on parle de décentralisation, il s'agit de relocaliser les activités humaines, et, de manière essentielle, les activités politiques et économiques.

Si l'on veut une économie a-croissante et non productiviste, c'est à dire une économie qui ne consomme pas davantage que les capacités régénératives de la biosphère, alors la relocalisation économique est la solution. La crise écologique trouve une large partie de sa résolution avec ce concept de décentralisation économique, car dans des sociétés décentralisées, les capacités d'autoproduction et d'autosuffisance doivent être nécessairement (question de faisabilité pratique) poussées au maximum envisageable (ce qui permet d'éliminer les transports polluants et de solutionner la question de la raréfaction croissante et inévitable des ressource naturelles).

En outre, la planification décentralisée offre la possibilité de produire au plus près des besoins, et donc de bâtir une société du bon usage et non plus du gaspillage consumériste et matérialiste.

Par ailleurs, la décentralisation permet de limiter la nécessité de l'intervention de l’État, car plus la société (prise dans son ensemble) est décentralisée, moins l’État a besoin d'intervenir et d'être présent, vu que les structures de l'économie privée restent des structures décentralisées (donc supposées prêtes techniquement et fonctionnellement à fonctionner en autogestion).

D'autre part, pour autonomiser un maximum l'être humain, il faut lui donner les moyens réels de se prendre en charge.
Décentraliser la prise de décision politique permet de construire une société indépendante, libre et mature. Dans les faits, on donnera davantage de compétences d'abord au niveau du quartier, puis de la commune, ensuite du canton, et enfin de la confédération.
Idéalement, la prise de décision démocratique devrait pouvoir se faire sur le modèle des assemblées de quartier. Mais la démocratie directe pure est délicate à instaurer (on ne peut que difficilement imaginer décentraliser systématiquement de manière à éviter une échelle commune plus élevée que celle du quartier). Il est donc possible que l'on en reste à une démocratie semi-directe (à laquelle on pourrait fort bien adjoindre un tirage au sort partiel des députés).

Enfin, on notera que le lien social se trouve revigoré dans une société décentralisée, vu que les individus auront enfin la possibilité de se connaître (de par les limites physiques).

En conclusion, il est important de prendre en compte que cette notion de décentralisation est fondamentale pour toute régénérescence d'une idéologie socialiste, tant elle permet de se différencier du socialisme productiviste ou marxiste (qui n'ont su amener qu'au capitalisme d'Etat). La décentralisation est donc la première pierre des principes de base d'un socialisme post-marxiste, anti-productiviste, et post-social-démocrate.

01/10/2011

LOST in Productivism

LOST in Productivism

Les pics d'exploitation des ressources rares se succèdent depuis que l'être humain a vendu son âme au capitalisme productiviste.
Petit retour en arrière de cette évolution du développement humain mis en évidence par Alain Gras.


Pendant toute l'histoire humaine pré-productiviste, l'humanité a utilisé sa propre énergie, celle des animaux, celle de l'eau ou du vent (avec les moulins par exemple), celle du soleil, et bien entendue celle obtenue par l'utilisation du bois. Vers la fin du Moyen-Âge, la civilisation humaine est à deux doigts de s'écrouler : nous avons atteint le pic du bois, c'est à dire consommé la majeure partie des ressource forestières d'Europe (un galion espagnol nécessitait 3000 chênes tricentenaires). Pour pouvoir poursuivre son développement productiviste, l'humanité se tourne alors vers le charbon, puis vers le pétrole et le gaz.

Aujourd'hui, nous avons atteint le pic de production du pétrole.
Selon le groupe de chercheurs allemands Energy Watch, le pic de production mondial du pétrole aurait été franchi en 2006. Les chercheurs prévoient une division par deux de la production pétrolière entre 2006 et 2030. Ainsi nous sommes entrés dans l’ère du pétrole cher. L'Association for the Study of Peak Oil and Gas

prévoit un pic de production du gaz en 2020. Le pic de production du charbon devrait suivre.
Il faut savoir que nous dépendons à 85% de ces trois ressources pour notre consommation énergétique. Alors, que notre civilisation dépend de ces trois ressources, que se passera-t-il quand elles viendront à manquer ? Car, lorsqu'une ressource a dépassé son pic d'extraction, il devient alors de plus en plus cher en énergie (et donc en coût financier de production) d'extraire les ressources, jusqu'au moment où il n'est plus intéressant d'un point de vue énergétique de chercher à les exploiter (quand il faut davantage d'énergie pour extraire ces ressources, que elles-mêmes rapporteront ensuite).


La vie telle que nous la connaissons est donc terminée.

 

L'augmentation croissante des prix du pétrole va provoquer une augmentation croissante des prix du transport qui provoquera en premier lieu une inflation généralisée, puis qui étranglera progressivement le commerce mondial.

La fin du commerce mondiale signifie la fin du processus de mondialisation : nous entrerons dans une ère de relocalisation des activités humaines autour de nos besoins et non plus de nos envies (la nécessité nous y forcera). Il s'agit donc de la disparition de la société de consommation au profit d'une société de l'usage ou de la sobriété.

Par ailleurs, la voiture, et autre carcasses motorisées, seront remplacées par le vélo et la marche. Les transports publics pourront perdurer tant que nous pourrons produire suffisamment d'électricité, ce qui sera de plus en plus difficile vu que nos sources de production énergétiques dépendent d'échanges avec l'étranger que ces mêmes échanges ne se feront plus qu'au compte goutte. En effet, l'uranium de nos centrales nucléaires provient d'Afrique, les panneaux solaires sont construits grâce à des métaux de Chine, les éoliennes nécessitent du cuivre, le gaz nous vient d'Ukraine, etc.
Bien entendue, cela signifie aussi la fin d'une grande partie de notre production futile typique de notre système économique actuel.

L'humanité sera donc libérée du consumérisme, du productivisme, du matérialisme, de la publicité et du mercantilisme.

De plus, nous aurons le plein emploi. Avec la disparition des machines tous les postes mécanisés devront être repourvus. En particulier le secteur agricole qui aura besoin d'une forte main d'œuvre vu que engrais et pesticides ne seront plus disponibles.

Évidemment la transition d'une société de consommation à une société de sobriété ne se fera pas sans heurt. Avec des taux d'autosuffisance alimentaire actuellement assez bas dans le monde (en Suisse tout de même 60 %) et une baisse de la productivité de ce secteur due à la fin de l'utilisation d'engrais et de pesticides, il y aura des famines et des conflits pour le contrôle des terres agricoles.

D'ailleurs, en général, les conflits armés s'étendront partout dans le monde pour l'accaparement des ressources. Couplé avec les centaines de millions de réfugiés économiques ou écologiques (on en prévoit 1 milliard en 2050), les risques seront grands de voir des régimes fascistes ou éco-fascistes se mettre en place. Une ploutocratie, ou simplement une prise de contrôle armée de l'oligarchie est aussi envisageable (si celle-ci refusait par exemple de se restreindre).

Il y a toutefois une solution d'anticipation à cette crise qui se rapproche : une sortie du capitalisme productiviste, ou autrement dit, la décroissance.
Globalement cela consiste à créer des sociétés anti-productivistes fondées sur le partage et la sobriété heureuse avec de hauts taux d'autoproduction et d'autosuffisance dans les domaines les plus importants de l'économie (ceux servant à combler les besoins fondamentaux de l'être humain).
Toutefois, la mise en place de telles sociétés nécessitent certainement, à mon sens, un processus de transition (néo)socialiste.

Pour une présentation complète de la décroissance je vous renvoie à la note suivante :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decr...

17:54 Publié dans Productivisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : productivisme, décroissance, capitalisme, économie, ressources, écologie, politique, socialisme, pétrole, gaz | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

23/09/2011

Approfondissement de l'analyse gorzienne

Approfondissement de l'analyse gorzienne

Dans mon article « Socialisme, Écologie politique et Anti-productivisme » est mise en évidence la différence entre système et logique du socialisme.

Toutefois l'un et l'autre sont complémentaires, et on ne peut les séparer que de manière académique.

Une logique socialiste peut être considérée comme un mouvement, ou un processus de transition systémique (socio-économique, politique, culturelle et sociétale).

[A noter que tout changement socio-économique ou politique entraîne un changement culturel (c'est à dire une évolution des mentalités) et sociétal (au niveau des actions de la collectivité).]

Une logique socialiste doit se comprendre essentiellement comme un mouvement, un déplacement amenant la société (comprise comme un tout) d'un point A à un point B.

Il est important de noter que l'on peut traduire le socialisme comme une opposition pure et simple au capitalisme, que ce soit en tant que logique ou

 

en tant que système. Cependant, tout anti-capitalisme n'est pas forcément du socialisme (par exemple certaines formes de sociétés conservatrices).

Un système socialiste proprement dit doit être l'aboutissement de ce mouvement, de cet logique du socialisme. Un système socialiste aura donc libéré l'être humain de toute aliénation, et pour cela, il aura éliminé au maximum toute logique de rentabilité, et surtout toute logique de maximisation des profits, de concurrence, de compétition, de marchandisation, de matérialisme, de productivisme, de consumérisme, etc.

Un système socialiste est donc un aboutissement d'un processus libératoire basé sur des valeurs humanistes.

On ne peut considérer l'interventionnisme étatique ou l'étatisme (l'extension des sphères de la société sous contrôle étatique) que comme des outils dans la construction du socialisme en tant que système.

Un système d'économie étatisée comme l'URSS peut être défini selon Gorz comme du capitalisme d’État, car la majorité des logiques qui s'y déployaient étaient d'ordre capitaliste (notamment les conditions de travail dans certains secteurs de travailleurs ou les logiques productivistes mises en pratique dans la planification).

Il est évident que le dépassement du capitalisme par le socialisme ne peut se faire aisément que par une étatisation de l'économie. L’État étant la seule structure démocratique on peut d'ailleurs y voir une démocratisation totale de la société, puisque l'ensemble des activités humaines seraient soumises au contrôle de la démocratie (donc du peuple).

Mais une étatisation de l'économie n'est pas une fin en soi, mais une étape. L'étape suivant étant la planification décentralisatrice. La planification représente l'abandon d'une partie du fonctionnement du système capitaliste, mais il faut garder à l'esprit que des logiques capitalistes peuvent subsister dans un système étatisé et planifié. A nouveau il faut rappeler que la planification, comme l'étatisation, ne sont que des étapes vers un système véritablement socialiste. Un système étatisé et planifié n'est qu'un socialisme en voie de développement, ou un capitalisme en voie d'abandon ; c'est un processus en cours.

Car un système socialiste abouti n'a plus besoin d’État, pas plus qu'il n'a besoin de démocratie parlementaire.

 

Un système socialiste est un système centré sur les besoins réels de chacune et de chacun (par une planification démocratique) et par le développement d'un niveau élevé (au maximum) d'auto-production, et donc l'adoption de l'auto-limitation. Un système socialiste abouti fonctionne par la démocratie directe et donc l'auto-gestion.

 

Faut-il faire une différence entre socialisme et communisme? Historiquement (au niveau de son emploi) je me contenterais de dire que l'un prône plus souvent le réformisme et l'autre la révolution. Mais les nouvelles formes révolutionnaires non violentes tendent à réconcilier ces deux méthodes. On notera par ailleurs la définition de Serge Latouche de sa révolution citoyenne pro-décroissance qui passe par une décolonisation des imaginaires permettant de faire de chaque être humain un citoyen avant d'être un consommateur (politisation citoyenne + changement des mentalités = révolution).

 

Peut-on se passer d'étatisation ou de la planification pour créer la société que nous appelons de nos vœux (société qui correspond à la vision gorzienne du socialisme)?

Peut-être, mais c'est un système qu'il reste à créer et à développer. Je tenterai prochainement de présenter une alternative pouvant faire lieu d'étape entre le socialisme (en tant que système abouti) et le capitalisme.

 

L'aboutissement de la décroissance (en tant qu'idéologie politique) est le même système (disons très proche) que le socialisme, mais elle emprunte un chemin différent, peut-être plus novateur. C'est dans cette direction que le socialisme en tant que mouvement politique (proposant un modèle de société) doit se tourner, car c'est dans la construction de l'étape intermédiaire permettant la création d'une société socialiste que réside toute la difficulté.

L'étatisation et la planification sont majoritairement mal perçues dans la population suisse (ou européenne). Il peut donc s'avérer nécessaire de proposer une évolution très en douceur, purement social-démocrate dans un premier temps par exemple. Ou bien alors adopter les nouvelles théories anti-productivistes de la décroissance. Les deux voies sont possibles et sont même fusionnables.

 

Une société libérée est une société ayant atteint un haut niveau (disons le niveau le plus élevé possible) d'auto-production collective et individuelle. Certes, il y aura toujours des échanges matériels, car ceux-ci peuvent encore se révéler nécessaires. On peut donc (évidemment) tendre vers une auto-production relative plutôt qu'absolue.

L'auto-production nécessite une sortie de la société de consommation, vers une société de l'usage centrée sur ses besoins. La liberté est donc dépendante de la capacité d'auto-limitation collective et individuelle.

Une société de ce type pourrait être mise en place via une planification décentralisatrice (une des erreurs de l'URSS est justement d'avoir choisi la planification centralisatrice).

 

Pour conclure, afin de rappeler l'enjeu de ma démarche, j'ajouterais que la recherche idéologique est nécessaire si l'on veut renverser la tendance dominante actuelle de la gauche centriste à la compromission avec le libéralisme. Cette lutte doit se garder de tout dogmatisme, mais doit se montrer intransigeante quant à ses fondamentaux, notamment l'exigence de refuser capitalisme, libéralisme, et productivisme !

16:28 Publié dans Gorz André | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gorz, socialisme, capitalisme, productivisme, écologie, autoproduction | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

20/09/2011

Socialisme, Écologie politique et Anti-productivisme

Socialisme, Écologie politique et Anti-productivisme

Dans son livre Capitalisme, Socialisme, Écologie André Gorz définit le socialisme comme un mouvement idéologique en opposition avec le capitalisme et tentant de le dépasser en proposant un autre modèle de société. Le socialisme scientifique se théorisait sous la forme d'un système centralisé, André Gorz se désintéresse du système pour parler en termes de logique anti-capitaliste.

Si on définit le capitalisme comme une logique de rentabilité, sous-entendant maximisation des profits, (et par conséquent baisse des coûts de production), le socialisme consisterait alors à établir des zones d'activité humaine échappant à cette logique. Gorz met en évidence le fait que dans un système d'économie étatisée, centralisée et planifiée, des pans de l'activité humaine se retrouvent quand même astreints à la logique capitaliste de rentabilité.

 

 

''Les systèmes économiques sont et demeurent capitalistes aussi longtemps que la logique de la rentabilisation maximale d'un maximum de capital (fixe et circulant) détermine les conditions de travail, les investissements, le modèle de consommation et donc le mode de vie, la culture et l'échelle de valeurs.''

 

 

Comment différencier le socialisme et la social-démocratie ? Car à première vue, du moment qu'on ne s'intéresse plus à ces idéologies en tant que système, mais en tant que logique il ne semble plus y avoir de différence entre ces deux modèles. La réponse est claire : la social-démocratie entérinant le système capitaliste comme fin en soi ne peut prétendre à le dépasser et ne peut donc pas accomplir l'objectif du socialisme, à savoir l'émancipation de l'être humain.

Un système dit socialiste est donc bien entendu nécessaire pour sortir du capitalisme, même si à l’intérieur de ce système des logiques capitalistes de rentabilité et de maximisation des profits subsistent. Celles-ci sont nécessaires pour financer l'extension des zones de non rentabilité des activités humaines, du moins dans une première étape, qui est l'étape de libération de la domination du capital.

Dans un second temps, pour accomplir son objectif d'émancipation de l'être humain, le socialisme doit se dissiper en tant que système via un processus de décentralisation socio-économique et politique, c'est à dire de relocalisation des activités humaines. Ce processus devrait amener l'être humain à l'auto-production et à l'auto-gestion par l'adoption d'une logique d'auto-limitation.

Le socialisme accomplit ainsi la révolution anti-productiviste qui est la finalité de la véritable écologie politique. On voit ainsi que l'écologie politique (et non l'écologisme vendu au capital) rejoint le même rêve d'émancipation humaine que le socialisme. L'auto-limitation étant une nécessité pour l'établissement d'une société relocalisée non dépendante du processus de mondialisation.

 

''L'écologie politique ne se borne pas à vouloir diminuer l'impact sur l'environnement du système de production existant. Il conteste les raisons pour lesquelles un certain nombre de techniques, de productions et de consommation ont été développées en premier lieu. Ces raisons sont contenues dans la logique de l'accumulation capitaliste : il faut que des quantités croissantes de capital puissent être investies avec profit, ce qui exige la consommation d'un flux croissant de marchandises et de services marchands. Il faut donc amener la population à satisfaire ses besoins par un maximum de consommation et susciter un maximum de besoins de consommation.''

 

 

Quant à la planification, elle est l'outil idéal pour mettre sur pieds une société centrée sur ses besoins et non plus sur ses envies. On voit ainsi comment socialisme et écologie politique sont liés, que ce soit dans les moyens ou dans les buts.

 

''La restructuration écologique (...) a donc nécessairement un sens anti-capitaliste et socialiste. L'investissement ne peut plus y avoir pour but croissance de l'économie, mais seulement sa décroissance, au profit de l'expansion des activités qui ne sont pas régies pas l'évaluation et la recherche du rendement et du gain.''

 

 

L'écologie politique ne doit pas disparaître sous les coups des penseurs libéraux qui ont théorisé un capitalisme vert (oxymore) sous le nom de développement durable. Le camps social-démocrate doit reconnaître que la social-démocratie ne peut ni résoudre la crise écologique, ni la crise sociale (on l'a vu avec la politique d'austérité mise en place en Espagne, en Grèce et au Portugal). Il est donc grand temps de revenir à un véritable socialisme émancipateur démocratique !

13:32 Publié dans Gorz André | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : andré gorz, socialisme, écologie, politique, productivisme, capitalisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

17/09/2011

La décroissance : un projet d'avenir

La décroissance : un projet d'avenir

Plutôt qu'un long texte illisible et peu attirant, je préfère présenter ici le projet de société de la décroissance par rubrique thématique.

La croissance

La décroissance pose le constat que après des décennies de croissance économique notre civilisation humaine rencontre un certain nombre de crises qui font qu'on ne peut pas considérer que cette croissance ait amené le bonheur dans nos sociétés modernes. Ainsi la croissance a créé la crise écologique, composée de ses trois facettes : réchauffement climatique, baisse drastique de la biodiversité, et épuisement des ressources naturelles. Car une croissance économique illimitée est impossible dans un monde aux ressources limitées (paraphrase de Kenneth Boulding). La décroissance propose donc de mettre des limites à l'expansion des activités économiques matérielles humaines, et donc de sortir du dogme de la croissance (on peut donc parler de a-croissance selon la formule de Latouche).

 

Le découplage de la croissance

Nombre d'écologistes croient dans la possibilité d'une autre croissance, ou croissance verte qui serait mise en place par un génial développement durable. Cette croissance découplerait les flux matériels et immatériels. Les flux matériels seraient rendus de moins en moins importants par l'amélioration de l'efficience technique, c'est à dire par une amélioration croissante de l'efficacité à produire autant, ou plus, avec moins. L'amélioration de l'efficacité devrait se faire au même niveau que la croissance. Ces idées sont certes nécessaires à l'établissement d'une société de décroissance, mais elles ne peuvent pas prétendre représenter une solution véritable en elles-mêmes au dilemme de la croissance, car une augmentation de l'efficience technique à l'infini (suivant l'idée d'une croissance permanente infinie) est impossible, non seulement au niveau logique ou technologique (sauf à adhérer à un scientisme pur et dur), mais aussi parce que toute production nécessite un certain nombre de matériaux de base dont on ne peut se passer (par exemple pour construire une table il faut tel masse de bois).

 

Décroissance ou récession

La question que la société moderne doit se poser au sujet de la crise écologique c'est : faut-il subir une récession économique provoquant chômage et aggravation de la crise sociale ou alors faut-il faire le pari de la décroissance, c'est à dire d'une réduction planifiée démocratiquement de notre empreinte écologique ?

Les conséquences du réchauffement climatique (catastrophes naturelles, montée des eaux, migrations massives de réfugiés climatiques, désertification, raréfaction de l'eau douce, etc.), couplées à celles de l'épuisement des ressources (chute de pans entiers de la production par manque de certains métaux, chute des échanges commerciaux par manque de pétrole, etc.) et à celles de la chute de la biodiversité (par exemple le coût de la disparition des abeilles pour la pollinisation) signifient une récession majeure qui entraînerait l'humanité dans le chaos et la barbarie.

La seule façon d'éviter cela, de résoudre la crise écologique, consiste à limiter notre impact écologique aux capacités de régénération de la Terre. Pour cela, il est nécessaire de sortir du dogme de la croissance, et de repenser notre mode de vie sur des bases plus respectueuses de notre environnement.

 

Humanisme

La décroissance est humaniste dans le sens où elle place l'être humain avant toute chose. Si elle propose des solutions à la crise écologique, c'est par soucis de permettre la sauvegarde de l'espèce humaine et non celle des ours blancs. La décroissance est donc l'opposé total de tout malthusianisme, et de toute politique de réduction démographique. La décroissance ne prône nullement une décroissance démographique, mais au contraire une décroissance économique !

 

Crise sociale

Malgré ces dernières décennies de croissance, les inégalités explosent, les écarts salariaux s'accroissent (moyenne d'un facteur 73 en Suisse pour 2010), et les disparités de richesse montent en flèche (la classe mondiale des milliardaires se partagent 3600 milliards de dollars). Dans les pays riches la pauvreté touche des portions croissantes des classes moyennes (il y a un million de pauvres en Suisse), et de plus en plus de gens se retrouvent contraints de travailler pour des salaires de misère afin d'assurer leur survie (on notera les 400 000 working poor en Suisse). De plus, les services publics et les droits fondamentaux sont constamment attaqués, affaiblissant encore plus la condition des individus les plus précarisés.

Dans les pays pauvres, la misère s'étend inexorablement (3 milliards de personnes vivent avec moins de 3 dollars par jour).

Tout projet de décroissance commence donc par une redistribution massive des richesses des plus riches aux plus pauvres. Les droits fondamentaux doivent être garantis, les services publics étendus et renforcés (en instaurant la gratuité de la santé par exemple). Un revenu maximum et minimum doit être imposé, ainsi que des écarts salariaux fixes. Il faut aussi reconsidérer l'héritage et les possibilités d'accumulation privée de capitaux. Par ailleurs, un revenu d'existence, aussi appelé allocation universelle, revenu de base, ou dotation inconditionnelle d'autonomie, est instauré afin de permettre à chacun de subvenir à ses besoins.

 

Sortir du productivisme et du capitalisme

L'économie capitaliste définit l'être humain comme un être aux besoins illimités. Cette confusion entre besoins limités (cf. Pyramide de Maslow) et envies/désirs illimités est nécessaire à son fonctionnement. La machine productiviste se fonde sur l'idée (fausse) d'un être humain, Homo Oeconomicus, fantasmé, cherchant à combler le moindre de ses désirs. En cela, elle voit en chaque être humain un enfant et crée chez lui des dépendances.

Une société de décroissance abolit la confusion entre envie et besoin. Elle doit mettre au centre de sa construction les besoins de l'être humain et hiérarchiser ses envies : les envies matérielles devront être limitées, et celles immatérielles pourront être comblées.

Centrer une société sur ses besoins c'est encourager l'individu à s'autonomiser (s'auto-gérer), et à s'auto-limiter. En développant l'auto-production, l'individu se libère de ses dépendances au capitalisme marchand et à l’idéologie consumériste.

Cette société réduit nécessairement l'échange marchand, et redonne toute son importance au don et au lien social qui l'accompagne. Les expériences du type des services d'échanges locaux (SEL) peuvent donner une piste d'un autre type d'échanges.

La décroissance est donc un processus de re-humanisation de la société, autant qu'une logique de libération du productivisme. Le capitalisme étant fondé sur le productivisme, la décroissance est un projet résolument anti-capitaliste ; socialiste dans le sens gorzien du terme.

 

Sortir de la société de consommation

Redonner sa place à l'individu dans la société signifie faire de lui un citoyen et un usager avant d'être un consommateur. L'individu doit avoir conscience de son appartenance à une collectivité politique et de la nécessité de son engagement dans le sens du bien vivre commun. L'individu doit oublier ses comportements consuméristes au profit d'une logique de l'usage, ou du bon usage de chaque chose. L’État peut ici taxer le mauvais usage, ou mésusage, et assurer la gratuité du bon usage. On aura à cœur, par exemple, d'assurer la gratuité des transports publics et de taxer l'emploi d'un véhicule privé. Enfin, l'accès au crédit sera durci, afin de limiter la facilité d'accès au moindre désir. Un contrôle étatique sur le crédit (aux particuliers comme aux entreprises) est aussi envisageable.

 

Repenser la production

Une production intelligente est nécessaire dans une société de décroissance. Pour cela, il faudra interdire la publicité, car celle-ci sert de véritable propagande au consumérisme marchand, et représente le gaspillage de 500 milliards de dollars annuels ! Acheter pour acheter, acheter pour exister, acheter pour se faire valoir, sont des réflexes (malsains) qui doivent disparaître. La publicité est le moteur de l'achat inutile, ou futile, ce contre quoi la décroissance se bat dans sa lutte pour une société plus sobre et plus humaine (moins déshumanisé).

Une nouvelle production intégrera des critères d'efficience écologique et énergétique, et sociaux. Elle intégrera aussi les nécessités d'être réutilisable et recyclable ; logiques à l'opposé de l'obsolescence programmée qui est bien entendue abolie et sévèrement réprimée. (A noter que Marx a montré que l'obsolescence programmée n'est que le stade ultime d'une production capitaliste.)

 

Repenser l'investissement et la propriété privée

Un changement de société ne peut se faire en comptant sur le bon vouloir des classes dominantes les plus riches et donc les plus gaspilleuses et pollueuses. Il est évident que celles-ci désirent se maintenir en position de force et que le projet de la décroissance ne peut les agréer.

Il est donc possible qu'il soit nécessaire d'étendre l'intervention et le contrôle de l’État à de larges pans de l'économie actuelle. C'est pourquoi propriété la privée des capitaux (en tout genre) comme les libertés économiques ne seront pas forcément assurés dans un processus de construction d'une société de décroissance.

 

Repenser le travail

Le revenu d'existence permet de sortir de la nécessité pour l'individu d'accepter n'importe quel travail, et permet de redonner du sens à son métier, qui passe de nécessité de survie, à enrichissement du quotidien, créateur de sens.

La société de décroissance est donc nécessairement une société non travailliste. Le temps de travail y est réduit, c'est à dire que les travailleuses et travailleurs ont d'avantage de vacances, de congés (en tout genre) et de pauses, et que leur temps hebdomadaire est réduit. Le partage du temps de travail permet certes de créer de l'emploi, mais ce n'est pas une nécessité en soi. Ce qui compte étant d'améliorer la qualité de vie et les conditions de travail de chacune et de chacun.

La société de décroissance se passe des métiers nuisibles. La publicité, la création de société offshore, l'évasion fiscale, l'armée, la construction d'automobile ou d'autoroutes, la production de gadgets, sont quelques exemples de secteurs qui seront reconvertis dans une économie de la décroissance. Seuls les métiers œuvrant dans le sens du bien commun seront maintenus.

On privilégiera la création immatériel (et je ne parle évidemment pas d'un leurre de l'immatériel comme internet qui est un pollueur massif et un consommateur de ressources importantes) sur la production matériel.

Une économie relocalisée

Les secteurs clefs de l'économie de la décroissance sont ceux qui permettent de faire aboutir une nouvelle société du bonheur, en équilibre avec les écosystèmes et la biosphère, ayant résolu la crise sociale, et étant sortie du consumérisme matérialiste au profit d'une multiplication des échanges et des liens sociaux.

Une première nécessité sera de relocaliser toutes les activités humaines. Le tourisme de masse à l'autre bout de la planète sera remplacé par un tourisme local, les gens exerceront leur emploi à proximité de leur logement, et on préférera la consommation de la production locale sur celle du marché mondial.

Il s'agit donc d'appliquer une certaine forme de protectionnisme, c'est à dire de subventionner la production locale (pour autant que cette production aille dans le sens du bien commun) et de taxer les productions étrangères. On est bien loin du dogme du libre-échange tant prisé par les économistes libéraux !

La relocalisation de l'économie s'accompagnera d'une relocalisation politique, c'est à dire d'une décentralisation du pouvoir politique. Ce mouvement de décentralisation est essentiel pour penser un projet de décroissance. C'est en rendant un maximum d'autonomie à l'être humain que la décroissance pourra le libérer de l'aliénation capitaliste et productiviste.

Attention toutefois : relocaliser et décentraliser ne signifie nullement qu'une planification concertée ne soit pas nécessaire. Une planification des échanges économiques et une planification de la production relocalisée par entité politique relocalisée est souhaitable. (La planification de la production dépend de choix démocratiques, mais elle doit aboutir à une planification selon les besoins.)

L'aboutissement de ce processus de relocalisation permettra d'atteindre une démocratie directe pure et de se passer de démocratie parlementaire. Quant à l’État, il subsistera sous une forme certainement plus édulcorée.

Enfin, l'économie de la décroissance est nécessairement une économie de petites entités économiques, ce qui exclut d'office l'existence d'entreprises à taille surdimensionnée (ou hégémonique du type multinationale).

 

Auto-production

Une société de décroissance doit viser un haut niveau d'auto-production collectif et individuel. Pour cela il faut viser à l'auto-suffisance alimentaire qui répond à un besoin fondamental de l'être humain, à savoir : se nourrir.

L'auto-suffisance alimentaire ne doit plus dépendre de l'agriculture productiviste, c'est dire du cercle vicieux des pesticides et des engrais (les pesticides détruisant les sols, il faut ensuite utiliser des engrais). C'est pourquoi, le passage à une agriculture biologique et agro-écologique (locale évidemment) est essentiel.

La planification des échanges dépendra de la capacité des individus et de la société à répondre à leurs besoins par eux-mêmes (notamment par l'association sous forme de services d'échanges locaux ou de groupement d'agriculteurs et de demandeurs).

Le protectionnisme devrait encourager ces pratiques.

 

Quelques chantiers économiques

Une économie de la décroissance est un vivier d'emplois, tant le nombre de changements est élevé.

Le passage à une agriculture biologique et agro-écologique est l'un de ces chantiers. L'extension du recyclage, ou le développement de centres de troc en est un autre. Inévitablement, il s'agira aussi de passer à une production énergétique (décentralisée) fondée sur les énergies renouvelables, ainsi que d'améliorer l'efficience de toute la production et de toutes les infrastructures en terme de coût écologique (notamment en ressources) et énergétique. En outre, il faudra réaliser le passage du transport privé au transport public (en augmentant l'offre et en rendant accessible l'accès).

Bien entendue, d'autres secteurs clef dans la construction d'une société plus humaine sont d'ores et déjà bien connus : la culture, l'art, l'éducation et la santé. Ces secteurs doivent recevoir les moyens proportionnels à leur haute importance et on ne peut transiger sur ce point.

 

Impacts indirects

Les changements proposés plus haut ne vont pas avoir que des conséquences directes positives, mais aussi des conséquences positives indirectes (transversalité). Ainsi, une société plus sobre (moins portée aux excès en tout genre), plus solidaire, plus sociable, plus humaine, et plus écologique, est une société où il fait bon vivre. Imaginez bien cette société du temps libre, du travail enrichissant, du lien social, et d'une vie active chez soi (comprendre proche de son chez soi). Cette société ne produira plus de criminalité, de mal-être, de haine de l'Autre, de stress, d'accident de voiture, de guerre pour le contrôle des ressources, de fanatisme, d'obésité, d'addiction aux anti-dépresseurs, de violence, de frustration, de conflit (à toutes les échelles) ; bref la décroissance se propose de réaliser la société tant rêvée par nombre d'utopistes, à la différence que c'est une utopie plus réelle que la réalité que nous vivons qui n'est qu'une illusion vendue par des escrocs !

 

La décroissance, une lutte politique ici et maintenant

L’idéologie de la décroissance représente une chance fantastique et inestimable pour la gauche de proposer un nouveau modèle de société rassembleur. Il ne tient qu'à elle de s'en saisir et de se faire le héraut de ce rêve prophétique. Il appartient en outre à chacun et à chacune de se faire citoyen-militant et d’œuvrer à la conversion du plus grand nombre. Seule la mobilisation des masses dépolitisées et leur repolitisation permettra d'obtenir un front assez large pour faire face à nos adversaires productivistes, tenants du capitalisme libéral.

La décroissance sera le prochaine étape de l'évolution humaine, ou l'humanité ne sera pas, ravagée par les guerres et son propre aveuglement auto-destructeur !

Cet article est réalisé grâce à la lecture de Paul Ariès, de Serge Latouche (« Petit traité de la décroissance sereine »), de Tim Jackson (« Prospérité sans croissance »), de André Gorz (« Capitalisme, Socialisme, Ecologie »), et du mensuel de La Décroissance.