23/05/2012

Editorial One FM : Les jeunes et la politique

Mon éditorial sur One FM de ce matin : Les jeunes et la politique

C'est la crise.

L'austérité, épidémie néolibérale, ravage les pays du sud de l'Europe.
En Grèce, elle jette de plus en plus de gens dans une précarité intolérable.
Mais l'austérité n'est pas une fatalité et les peuples s'indignent et se révoltent, renversant leurs gouvernements.
On assiste au grand retour de l'espoir, au grand retour d'une gauche capable de faire face au grand capital.

En Suisse aussi l'indignation et la révolte couvent.
900 000 pauvres, dont 400 000 working poor, sont là pour nous rappeler la réalité inégalitaire de notre société contemporaine.
A Genève, les 18% de Genevois ne pouvant accéder à des soins de santé subissent de plein fouet l'inégalité de notre système capitaliste.

Alors de quoi avons-nous besoin pour dépasser cette crise ?

Nous n'avons pas besoin de nouveaux gestionnaires sans imagination, nous n'avons pas besoin de nouveaux inventeurs de gadget futile, nous n'avons pas besoin de nouveaux businessmen charitables.

Non.

Nous avons besoin d'une nouvelle génération de gauche, d'une nouvelle génération qui soit capable de penser une époque révolutionnaire de façon révolutionnaire.
La jeunesse, force d'espérance et de changement, peut et doit transformer la société afin de construire un monde plus juste, plus égalitaire, et plus heureux.

Pour cela, la jeunesse doit se mobiliser, et doit s'engager en politique, notamment en allant voter pour Anne-Emery Torracinta le 17 juin prochain.

16:48 Publié dans Jeunesse et engagement | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : jeunesse, engagement, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

13/05/2012

Grèce : peur ou espérance ?

Grèce : peur ou espérance ?

Alors que la plupart des médias tentent de faire croire que la situation politique est catastrophique en Grèce, cette dernière n'a jamais été aussi bonne.

Selon les derniers sondages, le score de Syriza lors des prochaines nouvelles élections tournerait autour des 25 à 30%, ce qui lui permettrait d'obtenir la prime de 50 députés offerte au parti arrivant en tête, et d'obtenir ainsi suffisamment de députés pour former une majorité avec un ou l'autre des autres partis de gauche anti-austérité (les communistes ou Dimar).

De cette façon la future coalition de la gauche radicale pourra en finir avec les politiques néo-libérales d'austérité en étatisant le grand capital afin d'assurer à son État-providence les recettes nécessaires à la relance du système économique grec, à l'investissement public, et à l'emploi.

La gauche au pouvoir pourra ainsi rapidement redresser les services publics pour assurer à tous les citoyens des conditions de vie décentes, et étendre l'Etat-social à d'autres prestations.

Quant au pauvre score des nationalistes en tout genre, ce n'est qu'un épouvantail dressé servant à faire oublier l'excellent score de la gauche.

Alors au diable la peur, et vive l'espérance, car enfin le calvaire de l'austérité va prendre fin pour le peuple grec !


18:46 Publié dans Grèce | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : grèce, élections, politique, coalition, majorité | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

09/05/2012

Comment je suis devenu socialiste

Comment je suis devenu socialiste


Cela peut surprendre, mais je n'ai pas toujours été socialiste.
Auparavant, j'ai même été carrément centriste !

Voici le récit de ma conversion.



15 ans

Je me découvre un intérêt pour la politique et l'actualité.
Pour assouvir cette soif naissante, je me tourne vers le seul journal qui me semblait accessible, le 20 Minutes.
A l'époque, je suis encore incapable de me positionner à gauche ou à droite, mais je me sens d'ores et déjà farouchement anti-UDC.

16 ans et 17 ans

Deux années de petits réflexions, et de premières lectures politiques.
Deux années de tâtonnements à se chercher politiquement.
Je découvre avec plaisir la Tribune de Genève et le Courrier.

18 ans

Les lectures de Susan George et Jean Ziegler me gagnent à la cause altermondialiste.
L'impérialisme occidental et le néo-colonialisme des multinationales sont la cause de tous les maux sur cette Terre.
Pour sauver les pays pauvres, il faut convaincre mes camarades du collège, et c'est pourquoi je fonde la Gauche des collèges de Genève, structure militante qui rédige et distribue des manifestes à l'attention des collégiens (et des professeurs).

Puis la Gauche des collèges mute en devenant Gauche du post-obligatoire genevois lors de notre extension à l'ECG.
Et moi je mute en devenant objecteur de croissance, car la lecture de Paul Ariès, de Serge Latouche, de André Gorz, et de Nicolas Ridoux, m'a convaincu de la nécessité d'une décroissance pour sauver la planète et ses habitants.

Enfin, pour conclure cette année pleine de changements, je suis recruté par une certaine Olga Baranova, à l'époque secrétaire de la Jeunesse Socialiste Genevoise.
Certes, j'aimais bien être indépendant, mais j'aime encore mieux avoir les moyens d'être davantage efficace dans mon engagement, ce que la JSG m'offre.

19 ans

Découverte de l'opposition entre social-libéraux (dits social-démocrates) et d'autres courants (socialisme, marxisme, communisme, libertaire) au sein de la JS.
Je me situe alors clairement en faveur du courant social-libéral, car je suis favorable au capitalisme même si je souhaite le voir encadré par l’État.

Je me mets à lire le Courrier International, le Temps, Gauchebdo, et La Décroissance, et je rejoins le Réseau Objecteur de Croissance.

Durant l'année, je deviens secrétaire de la JSG.

20 ans - été

C'est la crise.
Les gouvernement social-libéraux (dits social-démocrates) du sud de l'Europe se livrent à une politique néo-libérale d'austérité, seule solution selon eux pour sauver l'économie capitaliste.

Pour moi, c'est tout mon modèle politique qui s'effondre.
L'échec de ces gouvernements social-libéraux représentent l'échec du social-libéralisme.
Toutes mes convictions sont à terre, c'est un violent choc idéologique.

Je rejoins alors le mouvement des Indigné-e-s, réponse mondiale des peuples à l'austérité.
Car si le capitalisme social-libéral a échoué, alors il faut trouver une autre voie.
C'est pourquoi je crée ce blog sur le site de la Tribune de Genève.

Une autre voie doit être possible, et il faut bien essayer de la définir le mieux possible.
Assez vite, je comprends que la solution à la crise, c'est le socialisme !

Je suis donc le produit idéologique de la crise contemporaine du capitalisme.
Ainsi le capitalisme produit-il son antithèse.
Et ainsi cette antithèse finira-elle par le reléguer aux oubliettes de l'Histoire.

20 ans – jusqu'à aujourd'hui

La plupart de mes recherches, de mes interrogations, et de mes propositions de cette récente période sont visibles sur mon blog.

J'ai été fortement influencé par la lecture de Marx, mais aussi par mon entrée à l'université de Genève en science politique, où j'ai découvert des penseurs comme Gramsci ou Bourdieu auxquels je me réfère régulièrement.

En outre, je me suis mis à la lecture du Monde Diplomatique.

Durant cette année, je me suis aussi présenté aux élections fédérales avec un score glorieux de 0,5%, puis j'ai été élu à la co-présidence de la JSG.

Et l'Histoire poursuit sa course, amenant un social-libéral au pouvoir en France, et des socialistes aux portes du pouvoir en Grèce.

Et à présent me voilà à l'approche de mon anniversaire.
Socialiste.

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20:41 Publié dans Qui suis-je? | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : socialisme, parcours politique, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

29/04/2012

Espaces de débat politique sur Facebook

Espaces de débat politique sur Facebook

Facebook est passablement utilisé comme espace général de débat politique, d'information, d'actualité, et de propagande.

Mais on y trouve aussi des groupes de discussions politiques qui offrent volontairement et spécifiquement des espaces privilégiés de débat.


Voici les groupes que j'ai référencé :


- Discussions et sujets: Politique suisse

http://www.facebook.com/groups/250397595009515/

Le premier des groupes du genre (à ma connaissance), le modérateur est plutôt nationaliste, libéral, et conservateur, même s'il ne l'assume pas clairement.
Peu de liberté.

- Discussions politiques - En autogestion

http://www.facebook.com/groups/326614294053419/

Tous les membres sont modérateurs.
Liberté très élevée.

- Discussions politiques suisses - Sans restrictions

http://www.facebook.com/groups/110735975716130/

Pas de modérateur officiel.
Liberté élevée.

- Débats Politiques

http://www.facebook.com/groups/270666533011554/

Le modérateur est membre du Front de Gauche.
Liberté élevée.

- Discussions politique suisse et ailleurs

http://www.facebook.com/groups/170843059701201/

Le modérateur est membre de Genève Non Conforme.
Liberté correcte.


Intéressé à débattre avec moi sur Facebook ?
Vous me trouverez sur chacun de ces groupes.

22:50 Publié dans Politique & Facebook | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : facebook, politique, débat, net | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

28/04/2012

100 publications, cent interrogations, sans compromission, sang politique

100 publications, cent interrogations, sans compromission, sang politique

Voilà atteint un chiffre symbolique pour mon blog.
Je ne pensais pas avoir autant écrit, et pourtant les voici.
Ces 100 billets, fruits de mes lectures, et de mes réflexions.

100 publications que l'on peut lire comme autant d'interrogation que je me fais à moi-même.
Revenant volontiers sur mes pas, j'admets tout à fait errer souvent sans trouver de réponse exacte, ou aussi exacte ou pertinente que je le souhaiterais.

Le propos de ce blog n'a jamais été de traiter l'actualité en tant que telle, certains le font bien mieux que moi, et je m'y livre rarement.
Mon propos est d'interroger le sang de la politique.
Les parlements, les médias, les partis, sont autant de veines et d'artères porteurs de ce liquide vitale.
Mais le sang de la politique, ce qui irrigue le cœur, c'est à dire la société, c'est l'idéologie.

Il s'agit donc pour moi de revenir aux fondements de la construction humaine collective, d'interroger à ma façon les projets de société pour lesquels s'enflamment les Hommes, et de comprendre les différents modèles de société qui s'offrent à nous.

Certes, je suis parfaitement et totalement partial et engagé.
Mais c'est justement parce que mes publications n'ont de sens que parce qu'elles ont un but militant derrière elles : celui d'essayer de définir le meilleur chemin pour la société hors du capitalisme.

Il est clair que beaucoup de gens pensent que je perds mon temps.
Personnellement je reste néanmoins convaincu qu'il est plus que jamais temps de nous poser des questions fondamentales, et de tenter d'y apporter des réponses.

Le sociologue Pierre Escofet disait dernièrement dans Gauchebdo : « Les jeunes sont plutôt conservateurs et le monde capitaliste et libéral leur va très bien. De toute façon, ils n'ont pas la culture politique pour le remettre en question. »

Si elle veut à nouveau arriver à porter un nouveau projet de société, une nouvelle utopie, ma génération doit revenir aux fondements de la société, aux idéologies.
J'espère donc que nous serons plus nombreux à l'avenir à nous offrir le droit et les moyens de repenser le monde.

Car ce dont la société a besoin aujourd'hui, ce n'est pas d'une nouvelle cohorte de gestionnaires pragmatiques ou de jeunes cadres dynamiques vendus au capital, mais c'est d'une nouvelle génération d'utopistes engagés !

17:01 Publié dans Au sujet du Blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : 100 publications, 100, blog, politique, idéologie, jeunes, jeunesse | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

22/03/2012

Glossaire schématique des tendances idéologiques et partisanes en politique

 

Glossaire schématique des tendances idéologiques et partisanes en politique

Au lieu de mon habituel glossaire de plus en plus verbeux, j'ai réalisé quelques schémas sous formes d'axes analytiques afin de représenter les tendances idéologiques et partisanes en politique.

Axe socio-économique.png


Axe des moeurs.png


Axe culturel.png


Axe écologique.png


 

 

 

 

 

14:30 Publié dans Idéologies politiques & projets de société | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : glossaire, idéologies, politique, partis politiques | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

17/02/2012

Quelle vision ont les partis des autres partis ?

Quelle est la vision qu'ont les partis des autres partis ?

(... et quelques outsiders)


Vision de l'UDC :

UDC = droite

PLR = centre gauche

PBD = traîtres crypto-centristes

PDC = gauche

les Verts Libéraux = gauche hippie

les Verts = extrême gauche hippie à soigner

PS = extrême gauche à surveiller

Solidarités = dangereux révolutionnaires à enfermer

Fédération anarchiste = jeunes casseurs à réprimer

Réseau Objecteur de Croissance = malades mentaux à interner


Vision de Solidarités :

UDC = Extrême droite bourgeoise

PLR = Droite extrême bourgeoise

PBD = ex-droite extrême bourgeoise

PDC = droite extrémisante bourgeoise

les Verts Libéraux = droite délirante bourgeoise

les Verts = faux écolos bisounours

PS = fausse gauche bobo

Solidarités = vraie gauche écolo-prolétaire

Fédération anarchiste = futurs membres (après la crise d'adolescence)

Réseau Objecteur de Croissance = alliés écolos mono-thématiques bobos


Vision des Verts :

UDC = horribles pro-nucléaires

PLR = pro-nucléaires

PBD = anti-nucléaires

PDC = anti-nucléaires

les Verts Libéraux = anti-nucléaires

les Verts = les VRAIS anti-nucléaires

PS = anti-nucléaires mais après nous (fake)

Solidarités = anti-nucléaires

Fédération anarchiste = jeunes anti-nucléaires

Réseau Objecteur de Croissance = dangereuse concurrence à houspiller 


Vision de la Fédération anarchiste :

UDC = autoritaristes

PLR = autoritaristes

PBD = autoritaristes

PDC = autoritaristes

les Verts Libéraux = autoritaristes

les Verts = autoritaristes

PS = autoritaristes

Solidarités = semi-autoritaristes

Fédération anarchiste = nous, seuls contre Dieu et tous les autres


Vision du PS :

UDC = droite nationaliste

PLR = droite

PBD = centre droit

PDC = centre droit

les Verts Libéraux = centre droit

les Verts = centre (gauche parfois)

PS = gauche

Solidarités = extrême gauche crypto-stalinienne

Fédération anarchiste = jeunes en pleine crise d'adolescence

Réseau Objecteur de Croissance = hippies ?


Vision du PLR :

UDC = droite

PLR = centre droit

PBD = centre

PDC = centre

les Verts Libéraux = centre

les Verts = gauche

PS = gauche

Solidarités = extrême gauche

Fédération anarchiste = casseurs

Réseau Objecteur de Croissance = rêveurs déviants


Vision du PDC :

UDC = droite

PLR = droite

PBD = centre droit

les Verts Libéraux = centre droit

PDC = centre

les Verts = gauche

PS = gauche

Solidarités = extrême gauche

Fédération anarchiste = casseurs

Réseau Objecteur de Croissance = illuminés

Vision du Réseau Objecteur de Croissance :

UDC = Productivistes

PLR = Productivistes

PBD = Productivistes

PDC = Productivistes

les Verts Libéraux = Productivistes qui font semblant d'être anti-productivistes

les Verts = Anti-productivistes pas sérieux

PS = Productivistes

Solidarités = Anti-productivistes en devenir

Fédération anarchiste = Indéterminés ?

Réseau Objecteur de Croissance = les vrais anti-productvistes

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06/12/2011

Petit glossaire des idéologies politiques - version IV

Petit glossaire des idéologies politiques - version IV

Établir une nouvelle version de mon petit glossaire des idéologies politiques s'est révélé impossible en utilisant le format simplifié que j'employais jusqu'à maintenant.
Ce nouveau format se veut donc bien plus ouvert, et axé sur un mode moins affirmatif.


Le Nationalisme

Contrairement à la doxa contemporaine qui veut que tout nationalisme soit d'extrême droite, le nationalisme peut aussi bien être de gauche que de droite. Un nationaliste adule sa nation (communauté culturelle), se montre le plus souvent conservateur sur les questions de mœurs, et adhère au conservatisme (patriotisme) économique (protectionnisme, autosuffisance, etc.)
C'est l'adulation de la nation et de ses origines culturelles qui va pousser le nationaliste à rejeter et à stigmatiser l'étranger (et l'Autre en général). La différence culturelle étant perçue comme remettant en question la stabilité (donc la pérennité) et la cohésion (voire la pureté) de la communauté culturelle nationale originelle (native).
Un nationalisme de droite se positionne en faveur du capitalisme et d'un État minimal (peu interventionniste sur le plan des droits sociaux). Le nationalisme de droite trouve son parfait exemple en l'Union Démocratique du Centre (UDC) ou en le Front National (FN).
Un nationalisme de gauche se positionne en faveur d'une économie planifiée ou en tout cas d'un État fort (très interventionniste sur le plan des droits sociaux) dans le cadre de l'économie de marché. Le nationalisme de gauche peut être illustré par le nazisme, ou bien par le groupuscule Genève Non Conforme, ou encore par les idées de Alain Soral.
Le nationalisme anti-productiviste existe aussi.

L'Extrême droite

La doxa voudrait me faire placer dans la case extrême droite le nationalisme. Extrême droite signifie pourtant simplement « à la droite de la droite ». Alors strictement idéologiquement parlant, l'extrême droite n'est constituée de rien d'autre que les courants libéraux extrémistes (ou radicaux).
La plus extrême de ces formes est l'anarcho-capitalisme, c'est à dire l'anarchisme de droite, qui se rapproche très fortement du libertarisme, assez bien représenté aux USA (notamment par certains membres du Parti Républicain et du Tea Party). Cet anarchisme de droite prône la suppression de l’État-providence, et donc l'abandon du respect des droits sociaux (pourtant intégrés aux droits fondamentaux des Constitutions contemporaines). Il s'agit donc de privatiser les services publics en charge de ces droits sociaux et de donner ainsi davantage d'importance à l'économie de marché et à ses logiques. Notons toutefois que certains libertariens imaginent souvent des mécanismes de solidarité ou de charité pour permettre la survie des plus pauvres.
Le projet libertarien consiste à revenir au libéralisme classique, c'est à dire aux mécanismes organisationnels collectifs du XIXème siècle, et donc à préserver uniquement les fonctions régaliennes de l’État (justice, police, armée), lui permettant de préserver seulement les droits civiques et politiques. Les conséquences d'un tel mode d'organisation sont la constitution d'une société extrêmement inégalitaire que certains qualifient même de néo-féodalisme où une oligarchie (ploutocratie) domine sans partage. Les anarchistes de droite vont parfois plus loin que les libertariens en imaginant une privatisation totale de l’État, comprenant ses fonctions régaliennes. Quelque uns vont donc jusqu'à imaginer que la classe ultra-dominante économiquement s’appuierait logiquement dans ce cas sur des milices privées pour assurer sa domination totale.

Il existe par ailleurs d'autres formes libérales extrêmes, mais néanmoins moins extrêmes que celles précédemment étudiées . L'ultra-libéralisme en est une dénomination idéologique possible qui définit une privatisation partielle de l’État-providence que l'on tente de restreindre le plus possible, en limitant au maximum les impôts, les taxes, la redistribution des richesses, ou toute intervention de l’État visant à assurer le respect des droits sociaux. On vise ici un État minimal, comme la doctrine ancienne du libérisme qui se développa en Italie il y a un certain temps, où le capitalisme peut au maximum organiser la société. Cela crée évidemment des sociétés ultra-inégalitaires.
Le néo-libéralisme est une autre dénomination possible de ce courant contemporain d'un libéralisme radicale. Par l'emploi de ce terme on marque parfois l'importance d'un État répressif accru (par un processus de pénalisation de la pauvreté et de l'exclusion) pour accompagner la privatisation de l’État-providence, et donc l’accroissement des inégalités et de la précarité. On peut aisément qualifier les partis de droite suisses de néo-libéraux au vu de leur politique actuel. Ainsi le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC), le Parti Bourgeois Démocrate (PBD) et les Verts Libéraux (V-Lib) adhèrent clairement aujourd'hui à un libéralisme radical du type néo-libéral.

La Droite

La droite se caractérise par son adhésion au capitalisme. Néanmoins elle est en faveur d' un Etat-providence minimal qui intervienne un minimum pour assurer un tant soit peu le respect des droits sociaux des individus. Ce compromis s'appelle le social-libéralisme, ou nouveau libéralisme.
Cette faible intervention étatique dans le cadre du capitalisme permet d'éviter des taux d'inégalités trop explosifs et de limiter la précarité ou l'exclusion.
Une certaine proportion des membres des partis suisses de droite (principalement au PDC, au PBD et chez les V-Lib) sont encore social-libéraux, mais ils sont présentement plutôt minorisés par les membres (majoritaires) les plus extrêmes.

Le Centre Droit

Le centre droit est conscient de la nécessité d'assurer les droits sociaux des individus, et donc de l'importance de l’État-providence. C'est pourquoi il est en faveur d'une intervention moyenne de l’État dans le cadre du capitalisme, afin de limiter inégalités, précarité, et exclusion. Ce social-libéralisme renforcé représente une gradation dans les modèles possibles d’État providence.
A nouveau, certains membres des partis suisses de droite pré-cités se retrouvent dans cette case idéologique.

Le Centre

Le centre n'existe que de manière abstraite. Il n'y a en effet pas d'équilibre pur et parfait entre intervention de l’État et liberté de l'économie de marché, pas de modèle définissable de l’État providence centriste. En théorie le centriste pur se trouve entre le social-libéralisme renforcé du centre droit et la social-démocratie de centre gauche.


Le Centre Gauche


Le centre gauche est en faveur d'une intervention forte de l’État dans le cadre d'une économie capitaliste. Rompant avec la solidarité, il en appelle à la justice sociale, qui se concrétise en un modèle d’État providence fort et très interventionniste, à même d'assurer les droits sociaux des individus dans une large mesure. Cette doctrine est celle qu'on appelle de nos jours la social-démocratie. L’État social-démocrate assure un taux assez bas d'inégalités sociales, limite la précarité, et réduit l'exclusion, en mettant en place des services publics étendus et de qualité, en levant des impôts progressifs assez élevés, en créant un cadre juridique protecteur pour les plus faibles, et en taxant les secteurs à fortes externalités négatives.
Pour améliorer son efficacité et ses capacités, la social-démocratie peut se faire étatiste et étatiser des secteurs économiques pour s'assurer des recettes supplémentaires.
Le centre gauche peut fort bien se montrer conservateur sur le plan économique.
En Suisse, une majorité du Parti Socialiste (PS) correspond à ce centre gauche.

La Gauche

A la gauche du centre gauche, on trouve les idéologies socialistes.
Le
socialisme contemporain correspond idéologiquement au marxisme réformiste. Ce courant prône l'instauration démocratiquement décidée d'une économie étatisée et planifiée (les moyens de production sont la propriété commune de la société). En tendant vers l'égalité des ressources par une distribution égalitaire des revenus, les inégalités, l'exclusion, et la précarité, sont réduits quasiment au néant. C'est ce courant qui est qualifié, comme la social-démocratie, de réformiste, puisqu'il n'est pas révolutionnaire. Le socialisme contemporain peut fort bien être conservateur sur le plan économique.
Le
socialisme anti-productiviste, correspond à l'articulation politique (collective) du socialisme utopiste (communautaire). Il s'agit toujours d'une économie étatisée et planifiée, mais en plus de cela s'ajoute une décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes.
L'écologie politique est assez proche du socialisme anti-productiviste, sans en reprendre tous les aspects.
Elle prône une économie privée de petites entités (coopératives, associations autogérées, indépendants, paysans, artisan, etc.) et se passe donc d'économie étatisée et planifiée.
Décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes, restent des éléments constitutifs de son projet de société.
Enfin, le
néo-socialisme fait la jonction entre socialisme contemporain, socialisme anti-productiviste et social-démocratie. Il représente un projet plus modéré que le socialisme, mais plus à gauche que la social-démocratie. Il s'agit d'étatiser et de planifier les grandes structures économiques, tout en maintenant une économie de marché sous tutelle pour les petites structures économiques. La tutelle signifie que les petites entités économiques sont soumises à un droit de regard total de l'État sur leurs activités. Ce sont là les principes fondant une économie planifiée mixte. Dans le néo-socialisme, l’égalité des ressources est relative, et l'organisation du travail est autogéré. Par ailleurs, décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes, viennent s'ajouter à ce projet de société. Et pour conclure, au sujet de l'organisation collective et politique, on applique le principe de la démocratie directe par assemblée populaire à la plus basse échelle spatiale, et de la démocratie athénienne (par tirage au sort 50%) et représentative (par élection 50%) à l'échelle supérieure.

L’Extrême gauche

A la gauche de la gauche, l'extrême gauche rassemble plusieurs courants idéologiques.
Le
communisme contemporain correspond au marxisme classique (et à ses dérivés). Il préconise une économie étatisée, centralisée, et planifiée instaurée par la lutte révolutionnaire (donc la lutte armée). La dictature de classe permet d'atteindre l'égalité des ressources quasiment totale, et donc la disparition des classes sociales. La centralisation politique et économique est sensée disparaître avec le dépérissement attendu de l’État dans la société sans classe. Le marxisme-léninisme imagine une organisation démocratique par assemblées populaires (démocratie directe) dans le cadre de cette société sans classe.
Le
communisme libertaire, c'est à dire l'anarchisme de gauche, prône l'abolition de l’État, mais uniquement après avoir atteint une société sans classes (et donc une égalité des ressources ce qui signifie l'abolition de la propriété privée des moyens de production précédemment). L’organisation de la société se fait par libre association d'individus par affinités qui forment des communautés politiques décentralisées (aussi sur le plan économique) et autogérées. La démocratie directe ou le consensus permettent ensuite d'organiser la prise de décision collective.
L'anarchisme de gauche anti-productiviste existe aussi.
La forme la plus extrême de l'anarchisme est celle du
weganarchisme qui prône la non exploitation des animaux, ces derniers étant libérés de l'exploitation après la libération des êtres humains (qui sont à leur yeux aussi des animaux).
L'anarcho-individualisme est une forme incompréhensible sur le plan collectif et politique de l'organisation de la société.

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Glossaire version III :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/07/petit-g...ideologies-politiques-traditionnelles-ve.html


Glossaire version II :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/petit-g...


Glossaire version I :
http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443



23/11/2011

Clément Wittmann, candidat de la décroissance à l'élection présidentielle française, vient en Suisse !

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Clément Wittmann, candidat de la décroissance à l'élection présidentielle française, vient en Suisse !


Le Réseau Objecteur de Croissance genevois invite Clément Wittmann, candidat du Parti des Objecteurs de Croissance (POC) français à l'élection présidentielle française de 2012, à donner une conférence lors de son Café-Décroissance bimestriel.

Clément Wittmann a 50 ans, trois enfants, et exerce la profession de charpentier.
Il est un militant de longue date de la cause écologiste et pacifiste.

Depuis plusieurs mois, il récolte à vélo, les 500 signatures de maires qui lui permettront ensuite de participer à la campagne présidentielle.

Sa venue en Suisse représente un apport bienvenu dans les débats qui traversent la société contemporaine.

D'une part, elle permet d'interpeller le camp politique écologique à la sortie des dernières élections qui ont vu un affaiblissement de l'écologie politique au profit de l'écologie McDo.
Les Verts, et la gauche dans son ensemble, ont tout intérêt (stratégiquement, logiquement, axiologiquement, et idéologiquement) à embrasser l'écologie politique originelle (l'anti-productivisme) plutôt que de frayer avec l'écologie capitaliste (mensongère, même oxymorique, et inefficace comme je l'ai déjà démontré dans mes publications précédentes).

D'autre part, elle rouvre le débat entre objecteurs de croissance sur la participation éventuelle de la décroissance à la vie politique en tant qu'idéologie politique (et plus uniquement en tant que projet de société).


*


Clément Wittmann donnera des conférences aux lieux et dates suivant-e-s :


- Mercredi 30 à Genève, 18h30 Maison des Associations, salle Gandhi

- Jeudi 1 décembre à Neuchâtel, à 19h à la salle UNIA , avenue de la gare 3 à Neuchâtel

- Vendredi 2 décembre à Bâle, 19h30, Veranstaltungsraum Klybeckstrasse 247 (Hinterhaus), 4057 Basel

- Lundi 5 à Lausanne, 19h30, Pôle Sud, avenue Jean-Jacques Mercier 3, 1003 Lausanne-Flon

- Mardi 6 à Berne


*


Plus d'informations sur le site de Clément Wittmann, avec notamment son programme politique :

http://clementwittmann2012.fr

 

21/11/2011

Instabilité et polarisation idéologique en Europe

Instabilité et polarisation idéologique en Europe

Comme prévu, la gauche (entendez le centre gauche sur un plan idéologique) espagnole a perdu aux dernières élections. Cette défaite est la copie-conforme de celle vécue par la gauche portugaise.
En toute et bonne logique, ce scénario devrait aussi se répéter en Grèce.

Comment expliquer ces résultats ?

Et bien tout bêtement par le fait que les électeurs de gauche ne se mobilisent pas pour un gouvernement social-démocrate qui a comme seul projet de société davantage d'appliquer des politiques d'austérité !

La réaction des électeurs de gauche est donc parfaitement saine et doit faire réfléchir la gauche sud-européenne. Il est temps pour eux d'abandonner la social-démocratie et d'embrasser le socialisme, car sinon ils sont contraints de n'être qu'une copie laide et affadie d'une droite décomplexée.

Les libéraux (et leurs dérivés extrémistes en tout genre) quant à eux, profitent de la crise de la dette pour saccager l'Etat-providence et revenir à un capitalisme plus autonome, exploiteur et opprimant (pour les classes moyennes et les classes précarisées).

Mais l'affaiblissement de l'Etat-providence polarise la société et renforce la lutte des classes.
Ce phénomène produit nécessairement une polarisation idéologique avec le retour du socialisme comme alternative au capitalisme sur la scène politique.

Les mouvements des Indignés sont annonciateurs de cette double polarisation. Ils préfigurent les futures forces contestataires radicales qui sont en voie de formation dans toute l'Europe, et particulièrement dans les pays où la destruction libérale est en cours (comme en Grèce où des manifestations de communistes et d'anarchistes ont rassemblé jusqu'à 50 000 personnes, ou encore en Espagne où l'extrême gauche a remporté de bons résultats électoraux).

La polarisation idéologique et sociale a commencé.
Le capitalisme peut trembler : la révolte est en marche !

*

NB

En France, en Italie, et en Allemagne, la gauche devrait probablement arriver au pouvoir lors des prochaines élections. Toutefois, ces résultats futurs s'expliquent de la même façon par le fait que la population votera contre l'austérité décidé par les gouvernements de droite dans ce cas-la.
Les majorités se renverseront encore la fois d'après, si, entre-temps, les gauches italiennes, allemandes, et françaises ont été incapables de passer au socialisme, et donc d'apporter une réponse humaniste, efficace sur le long terme, à la crise de l'endettement.

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04/11/2011

La social-démocratie en question

La social-démocratie en question

Au XXème siècle, l'extension des idées marxistes dans le monde force les penseurs libéraux à répliquer. C'est pourquoi ces derniers théorisent un compromis entre socialisme et libéralisme : le social-libéralisme.
Cette idéologie prône l'intervention et la régulation de l’État dans le cadre du capitalisme pour limiter et réduire les inégalités socio-économiques. Il s'agit donc d'établir une forme d'efficacité productive équitable.

Cette idéologie (renforcée par le keynésianisme) va remporter un immense succès en convertissant progressivement la majeure partie des social-démocrates, alors marxistes réformistes.

Depuis ce moment, cette idéologie peut être séparée entre deux courants proches : le social-libéralisme (de droite) et la social-démocratie (de gauche).
Toutefois, il n'y a pas de différence fondamentale au niveau socio-économique entre ces deux courants idéologiques. Au niveau politique, la social-démocratie est classée au centre gauche, et le social-libéralisme au centre droit.

Deux principales critiques existent au sujet de la social-démocratie :

La première, marxiste, dénonce le fait que la social-démocratie et son Etat-providence empêche la polarisation sociétale nécessaire à la mobilisation des classes dominées pour que ces dernières se soulèvent et renversent les classes dominantes.

La seconde, néo-libérale (voire libérale classique), prétend que le défaut du social-libéralisme réside dans son improbable pérennité. Car toute intervention étatique visant des buts humanistes affaiblit l'efficacité du capitalisme et réduit la production de richesses.
Avec la réduction des richesses, l’État s’appauvrit et se retrouve dans l'incapacité d'intervenir. Il lui faut donc s'endetter pour financer de nouvelles mesures humanistes et par là réduire l'efficacité et la production de richesses. C'est un cercle vicieux.
Leur solution consisterait à revenir à un libéralisme classique offensif : le néolibéralisme (et ses formes voisines), seul à même de rétablir la bonne marche du capitalisme.

Aujourd'hui, on peut constater avec l'exemple scandinave, les bons résultats obtenus par la social-démocratie.
Toutefois, l'exemple actuel des pays sud-européens pourrait prouver la critique néo-libérale.

En réalité, la situation scandinave permet de se rendre compte des limites de la social-démocratie : on a certes atteint une situation de progrès humain importante, toutefois il est difficile d'aller encore plus loin dans l'égalitarisme et la justice sociale. C'est l'optimum limité de la social-démocratie.
Si on veut tendre vers une société plus juste, davantage égalitaire, il est alors nécessaire de passer au socialisme démocratique.

Quant à la situation sud-européenne, elle montre l'échec possible de la social-démocratie quand un certain nombre de facteurs péjoratifs sont réunis (par exemple pour la Grèce : forte évasion fiscale, fortes dépenses militaires, fort soutien financier au clergé).
Dans ce cas-là, la seule solution humaniste est le socialisme. L’État manquant de recettes, il faut en effet nécessairement étatiser des entreprises rentables pour maintenir l'Etat-social et l'étendre.

En conclusion, on peut définir la social-démocratie comme un juste but à atteindre, mais non comme la finalité de notre action. L'idéal auquel nous devons tendre restant le socialisme démocratique.

01/11/2011

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné (suite)

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné (suite)

Réflexion sur le devenir du mouvement et ses moyens d'action.

Quelles sont les options qui s'offrent au mouvement des Indigné-e-s ?
Que va-t-il devenir ? Comment peut-t-il avoir une quelconque influence ?

Plusieurs possibilités s'offrent au mouvement :

- Fonder un parti politique et tenter de prendre le pouvoir par la démocratie représentative et le jeu électoral.

Évidemment, cette idée est en totale contradiction avec les fondements mêmes du mouvement qui rejette majoritairement la démocratie représentative et le système des partis. Une telle contradiction tuerait symboliquement la crédibilité du mouvement.
De plus, il semble difficilement envisageable de réussir à établir de manière consensuelle une ligne idéologique commune.

- Se radicaliser et passer à la lutte armée.

Concrètement, la majeure partie du mouvement étant pacifiste cela me semble difficilement imaginable. En outre, cela soulèverait des questions morales importantes.
Par ailleurs, je ne pense personnellement pas que la situation actuelle en Suisse nécessite d'arriver à de telles solutions extrêmes.

- Développer une société alternative jusqu'à absorber la société externe.

Ce qui se fait au campement des Indigné-e-s jette les bases d'un autre mode de fonctionnement collectif, d'une organisation sociétale différente.
Concrètement, si une société interne à une autre grandissait suffisamment jusqu'à devenir majoritaire, on pourrait alors légitimement remettre en question l'existence de la société l'entourant.
Sur le plan symbolique, l'existence d'un autre mode d'organisation sociale peut donner, par l'exemple, des pistes à la société externe, et ainsi l'influencer.

- Servir de lobby citoyen

Par des mobilisations collectives, par des actions médiatiques ou populaires, par des grèves, par des occupations, par l'usage de la désobéissance civile, par le lancement d'initiatives, de référendums, de pétitions, par des campagnes lors des votations, bref par la participation à la vie collective et politique de manière a-partisane, mais en se fondant sur des valeurs et des idéaux, le mouvement des Indigné-e-s peut être réellement efficace.
En agissant sur des thèmes précis, comme le manque de logement ou les difficultés d'accès aux soins de la santé, le mouvement des Indigné-e-s peut réellement influer sur la situation actuelle.

C'est la voie que je soutiens, car c'est celle qui me semble la plus logique et la plus adéquate à la dynamique et à la composition du mouvement.

Ceci étant dit, le mouvement aura dans tous les cas permis de mettre en évidence l'existence de pans entiers de la société largement insatisfaits avec le système en place.
Et cette insatisfaction n'est pas près de faiblir !

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30/10/2011

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné

Le mouvement des Indigné-e-s, vu par un Indigné

Petit retour sur un mouvement que je fréquente depuis sa création en juin dernier.

Le mouvement des Indigné-e-s est a-partisan, c'est à dire qu'il n'est pas affilié à un quelconque parti politique (ce qui ne veut pas dire forcément que ses membres ne le soient pas).
Par contre, le mouvement n'est pas apolitique, puisque par essence il s'est fondé sur des revendications politiques. Le fait qu'il critique la démocratie représentative ne veut d'ailleurs pas dire qu'il ne soit pas politique.

Si le mouvement est politique, il est avant tout un mouvement social formé d'individus d'origine fort diverse et de sensibilités politiques variées. Ces individus, bien qu'ils ne soient pas d'accord sur tout, mènent des actions politiques sur des sujets spécifiques (on l'a vu par exemple avec le vote blanc).

La décision de fonctionner par consensus empêche le mouvement d'avoir une ligne idéologique clairement définie. Toutefois, cela permet de faire que personne ne se retrouve rebuter par un point quelconque et que chacun puisse amener ses idées. Finalement, c'est un élément rassembleur qui permet d'unir plutôt que de diviser.

Si des actions politiques spécifiques sont un apport intéressant à la dynamique du mouvement, ce dernier garde un avantage général très important, du fait que sa simple existence est un symbole de résistance et de contestation au système en place.

Par l'occupation libre et ouverte d'une portion d'un espace public, le mouvement invite la population à la mobilisation et à la politisation, c'est à dire à une réappropriation symbolique de la politique et de la démocratie. Cette réappropriation est un apport bienvenu à un système démocratique qui peine à rassembler et à intéresser.
En soi donc, le mouvement des Indigné-e-s œuvre au bien commun en tentant d'amener la population à prendre son destin en mains.

Enfin, il faut noter que le mouvement forme une société à l'intérieur d'une société plus grande, et qu'il tente d'organiser cette société (dans les limites qui sont les siennes bien entendu) comme une société tendant vers l'idéal recherché par la globalité du mouvement.
Ainsi, il défie ouvertement l'organisation sociétale actuelle, et permet de proposer (de manière partielle évidemment pour le moment) concrètement et quotidiennement, une expérimentation de ce que pourrait être une alternative à la réalité en place.

En conclusion, j'invite les citoyen-ne-s indigné-e-s, ou simplement curieux/curieuses, à se rendre au campement (au parc des Bastions) des Indigné-e-s, pour participer au mouvement, et amener leur pierre à la construction d'une utopie concrète, qui diffère de celles vécues jusqu'à aujourd'hui.

« CREER C'EST RESISTER.
RESISTER C'EST CREER. »

Appel du Conseil National de la Résistance, relayé dans le livre de Stéphane Hessel "Indignez-vous!"

 

18:43 Publié dans Les Indigné-e-s | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : indignation, indigné, mouvement, politique, société, mobilisation, démocratie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

28/10/2011

Libéralisme ou libéralisme ?

Libéralisme ou libéralisme ?

Lorsqu'on emploie le terme de libéralisme aujourd'hui, il est difficile de savoir exactement quel sens on lui donne, car ce terme recoupe des notions différentes. Petit tour de la question :

Originairement, le libéralisme philosophique s'est incarné en un mouvement politique qui renversa le féodalisme et transforma le système économique (qui était le mercantilisme durant l'époque féodale). L'analyse marxiste qualifie ce mouvement historique de révolution bourgeoise.

Le libéralisme politique (ou philosophique) a amené de nombreux bienfaits comme les droits fondamentaux (les droits de l'Homme), l'égalité politique, ou la liberté d'expression.
Selon la philosophe libérale, Catherine Audard, le libéralisme politique s'est aujourd'hui fondu dans le champ politique et idéologique européen.
En ce sens, quand on parle maintenant de libéralisme, on n'entend pas par là défendre les acquis du libéralisme politique, puisque ceux-ci vont de soi (bien que la signification qu'on leur donne varie).

Les acteurs politiques (de droite) qui se disent de nos jours les tenants du libéralisme font sémantiquement (et parfois idéologiquement) une référence historique au libéralisme politique.
Toutefois, le sens contemporain du terme libéralisme, celui que défendent les acteurs politiques dits libéraux, est celui du libéralisme économique.
Par libéralisme économique, on doit comprendre de manière assez simpliste, qu'il s'agit de réduire l'intervention de l’État (et donc du politique et de la démocratie) dans la sphère économique, ceci afin de laisser le plus de marge de manœuvre à l'économie de marché (au capitalisme).


A gauche, on entend aussi quelquefois des acteurs politiques employé le terme de libéralisme. Dans ce cas, il s'agit en fait de soutenir le libéralisme des mœurs, comme le mariage homosexuel, ou la légalisation des drogues.

Ceci étant dit, on retiendra donc que lorsque l'on parle de Libéraux (c'est à dire l'ensemble de la droite) aujourd'hui, il s'agit des ennemis de l'Etat-social (et donc des classes précarisées ou moyennes), et des suppôts du pire des capitalismes.

17:42 Publié dans Libéralisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : libéralisme, politique, économie, moeurs, etat | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

26/10/2011

Le mythe mensonger du capitalisme vert

Le mythe mensonger du capitalisme vert

Comment analyser la « victoire » des Verts Libéraux aux élections fédérales ?

Après tout, le capitalisme vert est prôné par l'ensemble de la droite, par une partie des Verts, et par une partie du PS.

En soi, le résultat démontre simplement que une partie des Suisses qui votaient pour les Verts désiraient voter pour la cause écologique, mais que lorsqu'ils ont pu voter pour la cause écologique ET le libéralisme économique, alors ils ont préféré les Verts Libéraux.

Les Verts Libéraux défendent-t-ils la cause écologique ?
Ou plutôt : peut-on être en faveur du libéralisme économique (de la non intervention de l’État) et de l'écologie ?

Si je répondais oui, cela signifierait que je pense que en ne faisant rien les crises écologiques se résoudraient d'elles-mêmes. Cette position est particulièrement non pertinente quand on voit que la situation écologique va de mal en pis.

La vraie question est donc : capitalisme et écologie sont-t-ils compatibles ?

Le moteur du capitalisme c'est le productivisme, c'est à dire le toujours plus. Il faut toujours plus consommer, donc toujours plus produire, donc toujours plus travailler ; bref il faut de la croissance économique.
Cependant, croissance économique constante et écologie sont antinomiques !

La seule économie qui est écologique (ou écologiquement soutenable) est celle dont l'impact écologique ne dépasse pas les capacités de régénération de la biosphère. Ce type d'économie peut croître ou décroître, mais à l'intérieur de cette limite naturelle.
Le fondement de l'écologie politique vise donc à amener l'économie à décroître (en privilégiant l'essentiel sur le futile) jusqu'à ce que son impact écologique soit inférieur aux capacités régénératives de la Terre.

Une écologie politique qui viserait à croître sans cesse est un oxymore absurde ! Une invention typique des penseurs libéraux au service des intérêts des classes les plus riches !
Car « l'avantage » d'une économie productiviste, c'est qu'en augmentant sans cesse la taille du gâteau, il y a suffisamment de miettes pour contenter les plus pauvres sans avoir besoin de partager.
L'écologie libérale est donc de nature non partageuse, égoïste, et servile.

Certains à gauche ont trop longtemps cru dans ce mythe de capitalisme vert !
Les penseurs libéraux ont attaqué l'écologie politique pour mieux désarmer son potentiel révolutionnaire. Aujourd'hui, il s'agit pour la gauche de répliquer avec force en se ralliant derrière la bannière de l'anti-productivisme !

Si la gauche ne se rallie pas maintenant à l'anti-productivisme, elle sera incapable d'anticiper la prochaine mutation de l'idéologie libérale : à savoir, son adhésion au malthusianisme (« solution » dans la logique libérale, pour préserver le capitalisme et éviter tout partage !)

UNE CROISSANCE ECONOMIQUE VERTE ILLIMITEE EST IMPOSSIBLE DANS UN MONDE AUX RESSOURCES LIMITEES !!!

13:14 Publié dans Capitalisme vert | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : capitalisme, vert, écologie, libéralisme, anti-productivisme, économie, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

20/10/2011

1 mois de Blog et de prospection idéologique !!

 

1 mois de Blog et de prospection idéologique !!

Le 17 octobre dernier, mon Blog a fêté ses 1 mois sur la Tribune de Genève !

A l'origine créé uniquement pour la publication de mes thèses antérieurement publiées sur Facebook, ce Blog s'est révélé en fait un outil intéressant et constructif pour faire évoluer mes idées, affiner mes connaissances, confronter mes convictions, et développer mon argumentation, tant l'interaction et l'échange avec les lecteurs et autres bloggeurs du site, s'est avéré intensément productif.

Je tiens donc à remercier celles et ceux qui me font le plaisir de se heurter plus ou moins joyeusement à mes cogitations idéologiques et politiques.

C'est en leur honneur que j'ai décidé d'épingler un podium des 4 meilleurs commentaires de ce premier mois de publications :

Médaille d'or

Sans hésiter :
Courant alternatif, avec sa description lyrique de mon Blog.

«
Dommage, on aurait presque pu croire que 'Utopies concrètes' était autre chose qu'un concept-valise, auto-contradictoire, sémantico-romantique et anarcho-théâtral, libertaro-dirigé, bref de la mélasse pseudo-intellectuelle et saccharino-philosophique héritée d'une lecture prétendument auto-comprise et self-générée du Livre. Rassurant de constater que vous ne tractez pas vos exubérances pileuses d'une manière trop véhémente, il aurait été fort mal auto-enregistré que vous ayez un semblant de self-connaissance quand à l'absurdité superfétatoire de votre écrit. Cheveux longs, idées courtes, qu'il disait. (...) Pour écrire ça, faut avoir été intoxiqué très, très tôt dans le processus de formation de l'esprit critique (de tout ce qui n'est pas à gauche de Solidarités) par la Doxa. »

Médaille d'argent

Parce qu'on y croit presque : Naith, avec sa sympathique prémonition.

«
Vous êtes terrifiant, vous savez. Il faudrait quand même songer à rendre obligatoire l'enseignement de l'économie en Suisse comme en Europe, parce qu'un de ces jours on va effectivement se retrouver réellement avec l'un de nos petits Pol Pot en herbe au pouvoir, et ce ne sera pas beau à voir, tout comme la confrontation entre les protections institutionnelles dont dispose la Suisse et les armées de petits éco-bolcheviks qui se lèvent par bataillons entiers dans les salles de cours, qui s'annonce de plus en plus musclée. »

Médaille de bronze

Parce qu'il fait des blagues marrantes :
Victor Winteregg

«
Votez UDC comme tout bon Suisse qui se respecte ! »

et

« Soyons sérieux, la presse en Suisse Romande est de gauche, bien de gauche. »



Médaille en chocolat

Et le mot de la fin de Val

«
Si l'on ne peut espérer un quelconque changement dans la nature humaine, alors autant se suicider tout de suite. Je ne crois pas vraiment au fatalisme. »

19:16 Publié dans Au sujet du Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : blog, commentaire, podium, idéologies, politique, débat | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

19/10/2011

Comment le capitalisme détruit la liberté et l'autonomie de l'individu – 2ème partie

Comment le capitalisme détruit la liberté et l'autonomie de l'individu – 2ème partie

1ère partie : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/16/comment...

Quelle alternative à la centralisation capitaliste ?
En toute et bonne logique : la décentralisation socialiste !

L'échec du socialisme productiviste (qualifiable aussi de marxisme ou de socialisme scientifique) tient en (large) partie du fait qu'il fonde son système sur la centralisation (et la spécialisation de la production par régions sur un modèle organiciste).
Il s'agit aujourd'hui de proposer un système différent, véritablement émancipateur et libérateur pour l'être humain, loin de toute théorie en faveur de la centralisation.

Concrètement, quand on parle de décentralisation, il s'agit de relocaliser les activités humaines, et, de manière essentielle, les activités politiques et économiques.

Si l'on veut une économie a-croissante et non productiviste, c'est à dire une économie qui ne consomme pas davantage que les capacités régénératives de la biosphère, alors la relocalisation économique est la solution. La crise écologique trouve une large partie de sa résolution avec ce concept de décentralisation économique, car dans des sociétés décentralisées, les capacités d'autoproduction et d'autosuffisance doivent être nécessairement (question de faisabilité pratique) poussées au maximum envisageable (ce qui permet d'éliminer les transports polluants et de solutionner la question de la raréfaction croissante et inévitable des ressource naturelles).

En outre, la planification décentralisée offre la possibilité de produire au plus près des besoins, et donc de bâtir une société du bon usage et non plus du gaspillage consumériste et matérialiste.

Par ailleurs, la décentralisation permet de limiter la nécessité de l'intervention de l’État, car plus la société (prise dans son ensemble) est décentralisée, moins l’État a besoin d'intervenir et d'être présent, vu que les structures de l'économie privée restent des structures décentralisées (donc supposées prêtes techniquement et fonctionnellement à fonctionner en autogestion).

D'autre part, pour autonomiser un maximum l'être humain, il faut lui donner les moyens réels de se prendre en charge.
Décentraliser la prise de décision politique permet de construire une société indépendante, libre et mature. Dans les faits, on donnera davantage de compétences d'abord au niveau du quartier, puis de la commune, ensuite du canton, et enfin de la confédération.
Idéalement, la prise de décision démocratique devrait pouvoir se faire sur le modèle des assemblées de quartier. Mais la démocratie directe pure est délicate à instaurer (on ne peut que difficilement imaginer décentraliser systématiquement de manière à éviter une échelle commune plus élevée que celle du quartier). Il est donc possible que l'on en reste à une démocratie semi-directe (à laquelle on pourrait fort bien adjoindre un tirage au sort partiel des députés).

Enfin, on notera que le lien social se trouve revigoré dans une société décentralisée, vu que les individus auront enfin la possibilité de se connaître (de par les limites physiques).

En conclusion, il est important de prendre en compte que cette notion de décentralisation est fondamentale pour toute régénérescence d'une idéologie socialiste, tant elle permet de se différencier du socialisme productiviste ou marxiste (qui n'ont su amener qu'au capitalisme d'Etat). La décentralisation est donc la première pierre des principes de base d'un socialisme post-marxiste, anti-productiviste, et post-social-démocrate.

09/10/2011

Indignation et mutation idéologique en Europe

Indignation et mutation idéologique en Europe

Cette année 2011, la social-démocratie est, symboliquement et idéologiquement, morte.

Que ce soit en Espagne, en Grèce, ou au Portugal, partout les gouvernement sociaux-démocrates de centre gauche ont échoué à gérer les crises (systémiques) auxquelles ils ont été confrontées.

Ainsi, on a pu voir que la social-démocratie ne fonctionnait pas, tant elle dépend du bon fonctionnement du capitalisme pour mener à bien ses politiques humanistes (qui péjorent ensuite la bonne marche du capitalisme... la boucle est bouclée!)

L'échec de la social-démocratie sonne évidemment le retour du socialisme sur le devant de la scène idéologique.
Ce socialisme prend la forme, présentement, d'un rejet total du capitalisme, sans que ce refus se concrétise encore formellement en un mouvement socialiste politique et idéologique à part entière.
On peut interpréter ainsi le mouvement des Indignés. Ces derniers rejettent avec fracas le capitalisme, mais peinent à proposer une alternative. C'est pourquoi, peu à peu, ils construisent à grands traits une utopie socialiste tout ce qu'il y a de plus concrète.

Ces mouvements des Indignés, essaimant dans tout l'Occident, annoncent la fin des compromissions de la gauche avec le capitalisme, et la fin des sociaux-libéraux vendus au capital (ces derniers ayant pullulé dans d'honorables partis de gauche ces dernières années).

Victoire de la gauche au Danemark, adoption du PS suisse du dépassement du capitalisme, mort du New Labour du centre-droitiste Tony Blair avec sa reprise en main par un proche des syndicats, et enfin, apparition du concept de démondialisation dans le discours du PS français.
Tous ces faits marquent la fin de la droitisation de l'Europe : le capitalisme libéral a suffisamment dégoûté les gens !

Les futures victoires électorales annoncées de la gauche en France (PS), en Italie (PD) et en Allemagne (SP) représenteront des situations importantes et intéressantes à observer pour se faire une idée de l'évolution idéologique de la gauche européenne.
Espérons que celle-ci suivra la ligne du socialisme et abandonnera le paradoxe perdu de la social-démocratie !

18:17 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : indignation, social-démocratie, socialisme, politique, europe, gauche | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

07/10/2011

Petit glossaire des idéologies politiques traditionnelles version III

Petit glossaire des idéologies politiques traditionnelles version III


Nationalisme de gauche
: Adulation de la Nation, conservatisme des mœurs et conservatisme économique, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), anti-capitalisme, ou anti-libéralisme.
(On citera en exemple
Genève Non Conforme, Alain Soral ou encore le nazisme.)

Extrême gauche

Communisme libertaire ou anarchisme de gauche : Abolition de l'État et de la propriété privée, au profit de l'autogestion par libre association d'individus. Décentralisation économique et politique. Démocratie directe et participative.

Marxisme ou communisme productiviste : Économie majoritairement étatisée et planifiée, centralisation politique et économique, répartition égalitaire des revenus, et dictature de classe (afin d'abolir les classes). Système mis en place par la révolution. Aboutit finalement au capitalisme d’État. (URSS)

 

Gauche

 

Socialisme : Économie majoritairement étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus. Système mis en place par la démocratie.

Socialisme anti-productiviste : Économie majoritairement étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus. Décentralisation économique et politique. Conservatisme économique. Système mis en place par la démocratie. On tend à une démocratie directe et participative.

Centre Gauche

 

Sociale-démocratie : Économie de marché (capitalisme), mais interventionnisme étatique, pour limiter les inégalités par les lois, les impôts, les taxes, etc.
Le Parti Socialiste (PS) et les Verts sont majoritairement sociaux-démocrates.

Centre

Mélange entre le social-libéralisme et la social-démocratie.

Centre Droit

 

Social-libéralisme  : Mélange entre le libéralisme économique et la sociale-démocratie.

Droite

 

Libéralisme économique : Économie de marché (capitalisme), pas d'intervention étatique. Très fortes inégalités. Mais pas de privatisation de l'État!

Extrême droite

 

Ultra-libéralisme : Économie de marché (capitalisme), privatisation partielle de l'État. Crée une société ultra-inégalitaire.

Néo-libéralisme : Ultra-libéralisme auquel on adjoint un État répressif (pénalisation de la société). La justice, la police et l'armée restent donc sous le contrôle de l’État (selon le Consensus de Washington), permettant ainsi de privatiser l'État-social et dans le même temps de réprimer la population précarisée par la disparition de la redistribution étatique.
Le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC) et les Verts Libéraux sont néo-libéraux.

Anarchisme de droite (aussi appelé anarchisme de droite, ou anarcho-capitalisme, libertarisme, ou libérisme, ou encore néo-féodalisme, ou tout simplement ploutocratie) :
Économie de marché (capitalisme), privatisation totale (abolition) de l'État. Crée à la longue une société ultra-inégalitaire dominée par une oligarchie (une caste de riches).
Le Tea-Party est majoritairement anarchiste de droite.

Nationalisme de droite : Adulation de la Nation, conservatisme des mœurs et conservatisme économique, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), économie de marché (capitalisme) et libéralisme (ou une forme plus extrême du libéralisme).
L'Union démocratique du Centre (UDC) ou le Front National (FN) sont nationalistes de droite.
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Glossaire version II :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/petit-g...

Glossaire version I : http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443



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03/10/2011

Je suis candidat !

J'ai le plaisir de vous annoncer que, non content de rédiger des tas de notes politiques sur ce blog, je suis aussi engagé concrètement en politique.
Ainsi, je m'engage au sein de la Jeunesse Socialiste Genevoise (JSG), dont je suis le secrétaire.
En outre, j'ai été désigné, avec Romain de Sainte-Marie et Olga Baranova, comme candidat au Conseil National sur la liste (21) des Jeunes Socialistes.

La Jeunesse Socialiste Genevoise représente l'aile gauche du PS, c'est à dire que bien entendue elle adhère à son programme, mais désire aller plus loin et plus rapidement en direction du socialisme. Je pense pouvoir dire (et cela ne surprendra sûrement pas ceux qui me lisent régulièrement) que je représente l'aile gauche de la JSG. D'ailleurs, la citation que j'ai adopté sur nos flyers est la suivante : « Non seulement je ne suis pas modéré, mais j'essayerai de ne jamais l'être. » (Che Guevara)

Par ailleurs, je me suis engagé au sein du mouvement des Indignés genevois, même si malheureusement le mouvement n'est actuellement plus très actif (la coupure de l'été je suppose).
Bien sûr, je suis membre du Réseau Objecteur de Croissance genevois, car la décroissance est un pilier de ma réflexion et de mon engagement politique.

D'autre part, je suis le fondateur de la Gauche des collèges de Genève (rebaptisée plus tard Gauche du Post-obligatoire genevois), groupement des jeunes de gauche des collèges (puis incluant l'ECG) qui se bat pour pousser les jeunes à s'engager selon nos idéaux humanistes.

Enfin, je terminerai cette courte présentation de mon engagement politique, en ajoutant que j'ai 20 ans et que je suis étudiant en première année de Science Politique à l'Université de Genève.

http://jsg.blog.tdg.ch/archive/2011/09/26/l-affiche-de-la...
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En tant que socialiste post-marxiste et démocrate, je ne peux qu'adhérer au programme du PS et de la JS. Il me semble d'ailleurs extrêmement nécessaire que le PS et ses alliés (Verts et extrême gauche) obtiennent une majorité à l'Assemblée fédérale. Bien que cela représenterait une première historique en Suisse, je suis convaincu que cela finira par arriver d'ici quelques années si ce n'est pas à cette élection précisément.
Toutefois, je désire à présent proposer quelques mesures qui sortent éventuellement quelque peu du cadre des programmes actuels du PS et même de la JS, mais qui me semblent être néanmoins tout autant importantes :

- Écart salarial maximal de 1 à 5 dans toutes les structures économiques,
avec un salaire minimum de 4000 francs.
Ainsi, le maximum mensuel que pourra gagner un manager sera de 20'000 francs, somme déjà fort rondelette.

- Instauration de l'Allocation Universelle :http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/28/l-alloc...

- Expérimentation : Certains secteurs publics fonctionneront en autogestion (tournus des fonctions et rémunérations identiques sur la base du partage égalitaire des bénéfices).
Cette expérience devrait se faire sur la base du volontariat.


- Création d'un mécanisme d'expropriation automatique des zones villas lorsqu'il y a pénurie de logement et construction de logements étatiques.
Les logements étatiques appartiennent indéfiniment à l’État (y compris les HLM ou HBM).

- Étatisation des banques : le peuple doit pouvoir bâtir la société qu'il désire et pour cela il doit pouvoir décider du crédit à travers des banques étatisées.

- Création d'un organe de contrôles des licenciements.

- Réduction du temps de travail à 32h par semaine. Travailler moins pour vivre mieux!
Travailler moins pour partager le temps de travail.

- Expérimentation : 10% des députés devront être tirés au sort parmi la population dans tous les parlements, seuls 90% des députés seront élus. On peut imaginer changer ces 10% chaque année pour ne pas nuire à leur activités courantes. Si l'expérience est un succès, alors on pourra envisager d'augmenter ce pourcentage de députés tirés au sort.
Cette part de démocratie athénienne permettra d'améliorer notre démocratie et de lutter contre la professionnalisation des politiciens.

- Gratuité des Transports publics et extension de l'offre, financées par une taxation des véhicules motorisés, de l'aviation et des carburants. Il s'agit d'en finir avec la civilisation de la voiture, de développer le lien social et de renforcer la lutte écologique.

- Interdiction de la publicité consumériste (mais pas de la promotion artistique ou culturelle, ou de la promotion anti-tabac évidemment). Il s'agit de s'attaquer au moteur du productivisme : la société de consommation, le consumérisme matérialiste et son rouage qu'est l’obsolescence programmée.

- Création d'un Service fédéral d'échanges libres (SEL) : il s'agit d'encourager l'échange de biens et de services sur des bases non monétaires, et de créer du lien social.

- Autosuffisance alimentaire à 100%, basée sur une agriculture biologique et agro-écologique, c'est à dire ne contenant ni pesticides, ni engrais, et ne dégradant pas les sols.
En partant du taux actuel de 60%, il faudrait développer des jardins communaux, publics, ou associatifs, encourager la culture auto-productrice individuelle, construire des toits végétalisés, créer des potagers dans les lieux d'éducation et de formation, limiter notre consommation carnée, et simplement remplacer les structures économiques futiles (usine à Ipod par exemple) par des zones agricoles.
Assurer notre auto-suffisance est essentiel vu le futur qui nous attend : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

Vous trouvez que les mesures que je propose risque d'augmenter les frais de l’État ?
Voici comment multiplier ses recettes :
- Taxe sur les transactions financières (vive l'économie réelle!)
- Sortie du FMI (marre de participer aux plans de privatisation de l'Etat-social), donc arrêt du financement suisse de cette organisation.
- Taux de TVA diversifiée sur les produits de luxe.
- Progressivité de l'impôt augmentée (notamment sur l'héritage).
- Déplafonnement de l'impôt (notamment sur l'héritage).
- Étatisation de secteurs rentables de l'économie privée pour en étatiser les bénéfices.



Voilà, si je vous ai convaincu,
ne votez pas pour moi, mais...
devenez militant !

Seul un mouvement social fort changera cette société !

Et ce mouvement social,
c'est vous,
c'est moi,
c'est nous !!

15:19 Publié dans Qui suis-je? | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : politique, socialisme, économie, engagement | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

02/10/2011

FREE in Socialism

 

FREE in Socialism

Ce texte se base sur ma critique du capitalisme et du productivisme.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/30/lost-in...

Il reprend la théorie sur le socialisme que j'ai développé auparavant.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/27/le-soci...

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Comment dépasser le capitalisme : processus de transition vers un projet de société alternatif.

I) Première étape pour commencer un douceur : un capitalisme social-démocrate. C'est à dire un fort interventionnisme étatique (lois, règles, taxes, impôts, services publics étendus et forts, etc.) dans un cadre capitaliste. On s'opposera alors à tout libéralisme économique. Les logiques socialistes de la social-démocratie (redistribution des richesses, justice sociale, égalité) permettent déjà d'appréciables améliorations, même si à la longue la social-démocratie se heurte à ses limites (qui sont les limites de sa dépendance au bon fonctionnement du capitalisme alors qu'elle le péjore par son interventionnisme étatique).

II) Dans un second temps, on passera à une social-démocratie étatiste, c'est à dire qui étend les secteurs de l'économie privée sous contrôle de l’État. Attention, il ne s'agit pas simplement d'avoir des services publics développés, mais d'étatiser des entreprises rentables pour en étatiser les bénéfices. Ces bénéfices permettent ensuite de financer de nouvelles logiques socialistes. Bien entendue, le contrôle de plus grandes parts de l'économie privée permet d’améliorer les conditions de travail des travailleuses et travailleurs. Dans les secteurs étatisés on instaurera l'autogestion (démocratie directe économique).

III) A présent, il s'agit d'étendre le contrôle étatique à toutes les grandes structures de l'économie privée. Toutefois, ce n'est nullement un dogme, nombre de structures économiques de petite taille peuvent fort bien rester privées (par exemple la paysannerie, les artisans, les indépendants, etc.)
A ce stade, le peuple est normalement libéré de la domination d'une minorité possédante. Maître de ses choix, il peut agir sur la société dans le cadre démocratique sans subir la domination d'une dictature des plus riches qui détruisent la démocratie. L'économie étatisée dans un cadre démocratique permet donc de libérer l'individu.

IV) Le contrôle de l'économie par la volonté populaire permet de planifier l'organisation économique. La planification (qui prend comme valeur des choses le travail) offre la possibilité de définir démocratiquement quel type de production et de consommation sont nécessaires pour combler les besoins (et non les envies) de chacun. Il s'agit de planifier la production en prenant en compte les limites des ressources naturelles et le respect de la biosphère.

V) Dans ce cinquième temps, on aura à cœur de donner davantage de liberté aux individus en décentralisant les activités humaines. La décentralisation économique (comprenant une planification décentralisée) et politique (le pouvoir au quartier, puis à la commune, puis au canton, puis à la confédération), donne toute son autonomie à l'individu. La démocratie directe pure (sans représentation) au niveau du quartier, voire de la commune, est souhaitable. La décentralisation permet de construire une société indépendante, auto-suffisante au maximum, avec de grandes capacités auto-productrices. Construire une société à taille humaine, c'est autonomiser l'être humain.

VI) Et nous y voilà ! Transition terminée.
Dans ce système socialiste abouti, l'individu est véritablement libre et autonome.
A partir de ce système, toutes les conditions seront réunies pour créer la société idéale.

Bon, j'ai beaucoup parlé de projet de société, parce que plus grand monde n'en parle aujourd'hui. Mais pour le moment je pense avoir fait un premier tour de la question. Je reviendrai donc prochainement avec une proposition de programme politique pour un autre monde, car il y a les rêves et les utopies, mais il y a aussi la politique concrètement et les mesures qu'il faut soutenir dans l'immédiat pour entamer une transition vers une société alternative.

« Il n'y a qu'une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d'impôts. »

« La propriété privée nous a rendu si stupides et si bornés qu'un objet n'est nôtre que lorsque nous le possédons. »

« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, il s'agit maintenant de le transformer. »

Karl Marx

 

18:26 Publié dans Socialisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : socialisme, société, liberté, politique, économie, transition | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

01/10/2011

LOST in Productivism

LOST in Productivism

Les pics d'exploitation des ressources rares se succèdent depuis que l'être humain a vendu son âme au capitalisme productiviste.
Petit retour en arrière de cette évolution du développement humain mis en évidence par Alain Gras.


Pendant toute l'histoire humaine pré-productiviste, l'humanité a utilisé sa propre énergie, celle des animaux, celle de l'eau ou du vent (avec les moulins par exemple), celle du soleil, et bien entendue celle obtenue par l'utilisation du bois. Vers la fin du Moyen-Âge, la civilisation humaine est à deux doigts de s'écrouler : nous avons atteint le pic du bois, c'est à dire consommé la majeure partie des ressource forestières d'Europe (un galion espagnol nécessitait 3000 chênes tricentenaires). Pour pouvoir poursuivre son développement productiviste, l'humanité se tourne alors vers le charbon, puis vers le pétrole et le gaz.

Aujourd'hui, nous avons atteint le pic de production du pétrole.
Selon le groupe de chercheurs allemands Energy Watch, le pic de production mondial du pétrole aurait été franchi en 2006. Les chercheurs prévoient une division par deux de la production pétrolière entre 2006 et 2030. Ainsi nous sommes entrés dans l’ère du pétrole cher. L'Association for the Study of Peak Oil and Gas

prévoit un pic de production du gaz en 2020. Le pic de production du charbon devrait suivre.
Il faut savoir que nous dépendons à 85% de ces trois ressources pour notre consommation énergétique. Alors, que notre civilisation dépend de ces trois ressources, que se passera-t-il quand elles viendront à manquer ? Car, lorsqu'une ressource a dépassé son pic d'extraction, il devient alors de plus en plus cher en énergie (et donc en coût financier de production) d'extraire les ressources, jusqu'au moment où il n'est plus intéressant d'un point de vue énergétique de chercher à les exploiter (quand il faut davantage d'énergie pour extraire ces ressources, que elles-mêmes rapporteront ensuite).


La vie telle que nous la connaissons est donc terminée.

 

L'augmentation croissante des prix du pétrole va provoquer une augmentation croissante des prix du transport qui provoquera en premier lieu une inflation généralisée, puis qui étranglera progressivement le commerce mondial.

La fin du commerce mondiale signifie la fin du processus de mondialisation : nous entrerons dans une ère de relocalisation des activités humaines autour de nos besoins et non plus de nos envies (la nécessité nous y forcera). Il s'agit donc de la disparition de la société de consommation au profit d'une société de l'usage ou de la sobriété.

Par ailleurs, la voiture, et autre carcasses motorisées, seront remplacées par le vélo et la marche. Les transports publics pourront perdurer tant que nous pourrons produire suffisamment d'électricité, ce qui sera de plus en plus difficile vu que nos sources de production énergétiques dépendent d'échanges avec l'étranger que ces mêmes échanges ne se feront plus qu'au compte goutte. En effet, l'uranium de nos centrales nucléaires provient d'Afrique, les panneaux solaires sont construits grâce à des métaux de Chine, les éoliennes nécessitent du cuivre, le gaz nous vient d'Ukraine, etc.
Bien entendue, cela signifie aussi la fin d'une grande partie de notre production futile typique de notre système économique actuel.

L'humanité sera donc libérée du consumérisme, du productivisme, du matérialisme, de la publicité et du mercantilisme.

De plus, nous aurons le plein emploi. Avec la disparition des machines tous les postes mécanisés devront être repourvus. En particulier le secteur agricole qui aura besoin d'une forte main d'œuvre vu que engrais et pesticides ne seront plus disponibles.

Évidemment la transition d'une société de consommation à une société de sobriété ne se fera pas sans heurt. Avec des taux d'autosuffisance alimentaire actuellement assez bas dans le monde (en Suisse tout de même 60 %) et une baisse de la productivité de ce secteur due à la fin de l'utilisation d'engrais et de pesticides, il y aura des famines et des conflits pour le contrôle des terres agricoles.

D'ailleurs, en général, les conflits armés s'étendront partout dans le monde pour l'accaparement des ressources. Couplé avec les centaines de millions de réfugiés économiques ou écologiques (on en prévoit 1 milliard en 2050), les risques seront grands de voir des régimes fascistes ou éco-fascistes se mettre en place. Une ploutocratie, ou simplement une prise de contrôle armée de l'oligarchie est aussi envisageable (si celle-ci refusait par exemple de se restreindre).

Il y a toutefois une solution d'anticipation à cette crise qui se rapproche : une sortie du capitalisme productiviste, ou autrement dit, la décroissance.
Globalement cela consiste à créer des sociétés anti-productivistes fondées sur le partage et la sobriété heureuse avec de hauts taux d'autoproduction et d'autosuffisance dans les domaines les plus importants de l'économie (ceux servant à combler les besoins fondamentaux de l'être humain).
Toutefois, la mise en place de telles sociétés nécessitent certainement, à mon sens, un processus de transition (néo)socialiste.

Pour une présentation complète de la décroissance je vous renvoie à la note suivante :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decr...

17:54 Publié dans Productivisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : productivisme, décroissance, capitalisme, économie, ressources, écologie, politique, socialisme, pétrole, gaz | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

30/09/2011

LOST in Capitalism

LOST in Capitalism

Pourquoi désirer dépasser le capitalisme ?
Est-ce une lubie idéaliste de jeune gauchiste? Une élucubration passéiste soixante-huitarde ? Une finasserie intellectuelle sans lendemain?

Nos adversaires droitistes nous répondrons certainement un peu de tout cela, car de manière évidente leur horizon se borne au capitalisme, puisque ce dernier fait le profit des classes dominantes qu'ils représentent.

Pourtant, il est de bonnes raisons de se battre pour en finir avec le capitalisme !
Allons-y pour un petit tour de salle.

Crise sociale

‎« La masse des pauvres, dans les pays riches, se débat dans la gêne d'un quotidien fait de pâtes à l'eau, de conserves à bas prix et de factures impayées. Tapie dans cette médiocrité lancinante gît la menace de glisser vers la déchéance de la rue, de l'alcoolisme et de la mort anonyme du petit matin » Hervé Kempf

En Suisse, on compte, selon une récente étude de Caritas, 1 million de pauvres.
Pourtant, on trouve 10% de la population mondiale de milliardaires chez nous.
En outre, on peut noter la présence de 283 000 millionnaires (sans prendre en compte le capital immobilier), et dans le même temps de 400'000 working poor (personnes travaillant à 100%, mais incapables de vivre avec le revenu qu'ils touchent).
Par ailleurs,
10 000 millionnaires possèdent plus de 10 millions de francs, alors que 56 % des contribuables possèdent entre 0 et 50'000 francs.
La moyenne suisse des écarts salariaux s'élève d'un facteur 73 (écart moyen entre le plus bas et le plus haut salaire), dans certaines grosses entreprises cet écart se chiffre parfois en plusieurs centaines de fois. A Genève, 18% des Genevois n'ont pas accès aux soins dont ils auraient besoin par manque d'argent (étude HUG),
alors que 9% des Genevois est millionnaire et possède 85% de la fortune totale du canton.
Au niveau mondial, 3 milliards d'êtres humains vivent avec moins de 3 dollars par jour, alors que 1011 milliardaires se partagent 3600 milliards de dollars (classement Forbes).
La classe mondiale des millionnaires représentent 0,2% de la population mondiale, toutefois elle possède 38% des richesses.
Enfin, je citerais Paul Ariès :
« Les 3 personnes les plus riches au monde ont un revenu annuel équivalent à celui des 150 millions les plus pauvres!
2 % des humains détiennent la moitié de la richesse mondiale!
50 % des humains n'en détiennent que 1 % »
et Jean Ziegler : « 35 millions de personnes meurent chaque année de la faim. Toutes les 5 secondes, un enfant âgé de moins de 10 ans meurt de faim. Près d'un milliard de personnes sont en permanence sous-alimentés. »


Crise écologique

Le capitalisme et son rouage central, le productivisme, a amené l'humanité devant le gouffre de l'auto-destruction en nous poussant à consumer toujours plus notre biosphère. Nous devons faire face à la raréfaction des ressources naturelles, à la chute drastique de la biodiversité, à l’acidification des océans, à l'épuisement des sols, au réchauffement climatique, pour ne citer que les principaux problèmes.
Capitalisme et écologie sont INCOMPATIBLES! Toute amélioration technique (de l'efficience en terme de consommation énergétique par exemple) est immédiatement annulé par une augmentation de la consommation du bien lui-même : (on réduit de 5% la consommation en essence d'une voiture, mais dans le même temps on augmente ses ventes de 15%), c'est ce qu'on appelle l'effet rebond.
La crise écologique, produite par le capitalisme, menace d'engloutir l'humanité !

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

Crise politique

Le capitalisme tue le citoyen qui est en nous et dépolitise notre société par le biais de son industrie du divertissement visant à droguer le citoyen à la sur-consommation débilitante.

http://www.facebook.com/note.php?note_id=185170798174118


Crise psychique

Le capitalisme, construction du libéralisme économique (l'idéologie des riches), provoque chez ceux qui le subissent une mutation des valeurs en prônant la compétition et non la coopération, l'avidité et non le partage, la consommation et non le bon usage, l'exploitation et non l'entente, la guerre économique et non la coopération économique, l'individualisme et non la démocratie collective, l'hégémonie du privé et non l'association publique. Ces nouvelles valeurs ont comme conséquences de changer nos modes de vie et nos modes de comportement, avec comme conséquence un déséquilibre profond dans notre nature humaine. Le lien social, la vie en collectivité, l'espace public se retrouvent tour à tour affaibli. Le capitalisme pousse l'individu à travailler sans cesse davantage pour gagner davantage, afin de consommer davantage : l'individu perd ainsi sa vie à la gagner.
Enfin, on notera que globalement la joie de vivre se perd, vu les ventes croissantes d'anti-dépresseurs en Occident.

Ce petit tour de salle des conséquences du capitalisme est largement suffisant pour motiver la proposition d'un modèle alternatif, tel que je tente de le développer régulièrement dans mes écrits. Je reviendrai prochainement sur une transition vers un modèle de socialisme utopique abouti.
Mais il appartient à chacune et à chacun de s'engager dans la lutte politique pour un monde meilleur, aujourd'hui plus que jamais, la nécessité d'un changement appelle à la mobilisation!

10:44 Publié dans Capitalisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : capitalisme, économie, politique, société, écologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

27/09/2011

Le socialisme du XXIème siècle

Le socialisme du XXIème siècle

Correction, reformulation et amélioration de mon texte « Pour un renouveau du socialisme »


1)
Démocratie

La démocratie consiste en le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple.
Un peuple est formé d'une collectivité d'individus politisés.
Au contraire, les masses sont formées d'ensemble d'individus dépolitisés. Plus les masses sont nombreuses, plus il est facile de manipuler la société.
La politisation, c'est à dire la conscience d'appartenir à une collectivité ou communauté politique, est la clef d'un juste fonctionnement de la démocratie.
En 1789, quand la société fut capable de se penser en tant que corps social, et donc politique, elle prit le pouvoir sur ses oppresseurs et se libéra du joug monarchique.
La modernité, au sens des Lumières, consiste en la capacité pour une société de s'autonomiser des tutelles oppressives ou aliénantes. De nos jours, le haut degré de dépolitisation menace le fonctionnement de la démocratie. Par le biais de la société de consommation, et par une production industrielle du divertissement débilitante, le capitalisme produit cette dépolitisation.
En vidant de son sens la démocratie, le capitalisme la nie.

Un nouveau socialisme aura à cœur de développer la démocratie et non de la nier.
Pour cela, il est nécessaire de tendre au maximum en direction de la démocratie directe, celle-ci étant l'essence même de la véritable démocratie, et donc de la possibilité pour chacun de prendre réellement des décisions sur sa vie collective et politique. Toutefois, dans un espace commun étendu, il faut passer par une démocratie parlementaire semi-directe, auquel on devrait adjoindre un certain pourcentage de députés tirés au sort. Afin de tendre au maximum à la démocratie directe, un nouveau socialisme devra obligatoirement décentraliser (ou relocaliser) les activités humaines.
En cela, le nouveau socialisme que je propose se place dans la continuité des socialistes utopistes comme Babeuf, Fourrier ou Cabet.


2)


Économie privée

L'économie privée n'est pas démocratique.
Elle appartient par essence à des propriétaires privés, et ceux forment une minorité possédante, car la concurrence amène toujours à l'accumulation de capital (les plus gros avalant les plus petits).
Le monopole privée est donc le stade ultime du capitalisme, d'où le caractère oligarchique qu'il prend.
L'économie privée n'est pas soumis au politique, c'est à dire qu'elle échappe au contrôle démocratique, bref le peuple ne peut influer sur cette économie. En effet, le peuple ne peut se décider collectivement que sur l'économie publique, entendez l'économie étatique.
Ainsi, l'économie privée qui règne sur des pans immenses des activités humaines, ne dépend-t-elle pas de la volonté démocratique. Les individus doivent se soumettre à la minorité possédante et se vendre.
L'économie privée agit, elle, directement sur la politique et influe sur les résultats démocratiques.
La politique s'en trouve manipulée et les choix politiques ne représentent plus les intérêts de la majorité, mais ceux de la minorité possédante.

Un nouveau socialisme devra dépasser l'économie privée en la réduisant à des entités de petites tailles collaborant avec la volonté populaire. L'intérêt de tous passe donc avant l'intérêt d'une minorité.

3)

Démocratie réelle

La seule structure que la volonté populaire peut contrôler, la seule structure économique sur laquelle le peuple peut influer et décider, c'est bien entendue la structure publique, comprenez la structure étatique.
Seul l’État est soumis à la démocratie, aux décisions politiques prises par le peuple, et à la volonté de tous. L’État est l'instrument du peuple dans la construction d'une société idéale, il est l'outil qui permet à la volonté démocratique de tailler le monde qu'il désire.
Il n'y a nulle limite aux capacités de l’État. Seul la démocratie, la volonté populaire, décide des limites à mettre à la mise en pratique de ses capacités.
Plus l'économie privée est sous contrôle de l’État, plus elle est étatisée, plus elle est sous contrôle du peuple, et de la démocratie. Une économie très étatisée est donc une économie très démocratique, ou démocratisée.

4)

Liberté

La liberté de la société et des individus dépend de la démocratie. Plus une société est démocratisée, c'est à dire plus son économie dépend de l’État démocratique, plus les individus s'émancipent de la domination de la minorité possédante.
En se libérant de la minorité possédante, les êtres humains acquièrent en liberté.
Autonomes, décidant démocratiquement par eux-mêmes, de ce qu'ils veulent comme société, les citoyens vont naturellement aller vers un socialisme harmonieux ; c'est à dire vers un partage du temps de travail, un partage égalitaire des ressources, et une autogestion pertinente (autant qu'il est possible).
Afin d'être le plus libre possible, les individus doivent ensuite décentraliser la prise de décision politique et la prise de décision économique (appelée aussi planification).
En rapetissant les structures économiques, en les morcelant quand c'est possible, l'individu acquiert en indépendance et en possibilités d'influer sur sa réalité.
L'indépendance ultime des individus dépendra du développement de leurs capacités à l'autoproduction et à leur penchant pour l'auto-limitation.
Simplicité volontaire et partage sont les clefs de la liberté, de l'émancipation collective et de l'autonomie individuelle joyeuse.
Un nouveau socialisme devrait, à ce moment-la, avoir atteint son stade final de développement et l'on pourrait considérer que les conditions sont réunies pour assurer à la société et à l'individu l'accès au bonheur.
Car tout projet d'un nouveau socialisme ne doit avoir comme finalité que le soucis de construire une société où règne la joie de vivre !


Les notions présentées ci-dessus ne sont pas suffisantes, j'en suis bien conscient, mais elles permettent de proposer une lecture moderne de ce que pourrait être un nouveau socialisme du XXIème siècle.
Dans ma prochaine note, je présenterais le processus que pourrait proposer un nouveau socialisme pour accomplir le changement global que je prône.

12:07 Publié dans Socialisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : socialisme, démocratie, liberté, autonomie, politique, économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

26/09/2011

NEO-SOCIALISME

NEO-SOCIALISME

Le libéralisme a su se réinventer plus d'une fois, et trouver des formes de plus en plus en adéquation avec le contexte historique et culturel afin d'assurer la domination des classes les plus riches.
Aujourd'hui, le socialisme doit répliquer, et seule une refonte idéologique permettra de faire face aux défis actuels.

En effet, nous assistons à une crise du capitalisme qui se découpe en trois sous-crises : financière, économique et politique. Ces sous-crises s'articulent ensuite en crises-conséquences : crise sociale (la plus importante), crise écologique (qui englobe tout) et crise psychique (que l'on peut relier à toute les crises). Bien entendue, on peut aussi dire que le capitalisme est une crise en lui-même puiqu'il représente un modèle inadéquat à assurer le bonheur de la race humaine (ce qui doit être e but de tout système idéologique).
Les crises ne tueront pas forcément le capitalisme, ce dernier pouvant fort bien muter (et a déjà commencé à muter) en une forme autoritaire, ploutocratique et malthusienne pour s'assurer la domination des classes les plus riches sur le reste de la société.

Un néo-socialisme doit fermer la parenthèse de la social-démocratie qui aura failli tuer la gauche, et donc déclarer son opposition naturelle et fondamentale au capitalisme (et donc à tout modèle quelconque d'économie de marché), au libéralisme économique (et non au libéralisme des moeurs), et au productivisme (comprenant consumérisme et matérialisme).

Le néo-socialisme pourrait s'axer autour des points suivants :

- Revenir à un certain marxisme, et le dépasser par la démocratie.

Cela signifie concrètement revenir à un modèle d'économie globalement étatisé, selon le principe que l’État est la seule structure économique démocratique. Toutefois, les petites entités ne seraient pas concernés (on ne va pas étatiser le boulanger du coin!) En outre, le système de marché sera remplacé majoritairement par un système planifié. La planification a aussi un rôle de bon usage des ressources à jouer au niveau écologique.
Attention : toute idée de dictature de classe ne me semble plus d'actualité évidemment.
Par ailleurs, l'idée de centralisation est abandonnée au profit de la décentralisation au maximum.
La planification se fera donc de manière décentralisée.
Bref, c'est un retour aux socialismes utopistes (Fourrier, Babeuf, etc.) plutôt que aux socialismes scientifiques qui ont abouti au capitalisme d’État.

- Intégrer les thèses altermondialistes.

Concrètement ce point est fort aisé à accomplir : il consiste à cesser d'imposer un modèle dominant à l'étranger et de ne pas s'ingérer de manière impérialiste dans les affaires des pays étrangers.
Donc, adieu FMI, OMC , BM, libre-échange, dette oppressive, dépendance à l'exportation, et autres dogmes libéraux dépassés et nuisibles. Par contre, vive le protectionnisme intelligent, l'autosuffisance, les échanges intérieurs, et l'autoproduction.

- Incarner l'anti-productivisme.

C'est le point le plus complexe à établir. L'anti-productivisme (aussi appelé décroissance) est une pensée d'avant-garde, dernière mutation de l'écologie politique (qui accomplit ainsi comme le socialisme son retour en avant). L'anti-productivisme consiste en de nombreux points énoncés aux points précédents (autosuffisance, autoproduction, protectionnisme intelligent, etc.), mais on peut faire ressortir comme points essentiels la nécessité de relocalisation (décentralisation) des activités humaines, la baisse du temps de travail, ou le droit à une dotation d'existence.

Le but du néo-socialisme doit être d'émanciper l'être humain de la domination d'une minorité possédante, et d'assurer son bonheur (ou les conditions du bonheur) en se centrant sur ses besoins non seulement matériels (à ne pas confondre avec ses envies comme le fait le capitalisme), mais aussi immatériels (comme l'importance du lien social, de la culture, de l'art, etc.)

Cette courte et imprécise présentation mérite d'être développée et détaillée.
Je vous invite toutefois à vous référer à mes récents textes pour trouver davantage de pistes, sur le socialisme : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un... ou sur la décroissance : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decr...

La lutte continue !

25/09/2011

La fin de la démocratie – la mort des idéologies

La fin de la démocratie – la mort des idéologies

Où sont passés les citoyens ? Pourquoi la politique n'est-elle pas davantage au cœur de leur vie?
L'année passée, j'avais analysé la dépolitisation en mettant en cause la société de consommation et le consumérisme matérialiste :

http://www.facebook.com/note.php?note_id=185170798174118

J'énonçais donc que c'était le capitalisme productiviste qui dépolitisait en transformant le citoyen en consommateur individualiste incapable de s'engager dans un processus collectif politique.

Mais aujourd'hui, je propose un autre axe de lecture : la mort des idéologies.

En effet, si les citoyens se détournent du jeu politique démocratique, c'est parce qu'ils ne trouvent pas leur place dans les partis politiques.
Pendant la majeure part du XIXème siècle et du XXème siècle, les partis ont représenté des idéologies. Les idéologies articulaient un ensemble d'idées basées sur des valeurs et une vision du monde, et le tout formait de véritables projets de société.
Globalement on trouvait les trois grands courants suivants : libéralisme, conservatisme et socialisme.


Aujourd'hui, l'idéologie libérale a accomplis son rêve : nous vivons tous dans le joyeux monde du capitalisme mondialisé !
Cette idéologie ne peut plus que proposer un hyper-capitalisme (version néo-libéral) ou revenir à une version plus soft. Toutefois, son horizon reste borné par le capitalisme.
Le conservatisme, ne proposant plus de modèle de société, s'est dissout dans les questions de mœurs.
Enfin, le socialisme ayant été mis en application sous sa forme productiviste marxiste (capitalisme d’État), et ayant fait naufrage sous cette forme, les anciens socialistes ont adhéré à la social-démocratie qui entérine le capitalisme comme modèle dominant.

Si tous les partis ne proposent que des nuances (nuances qui ont leur importance je ne le nie nullement) de capitalisme, alors on peut considérer que les idéologies sont mortes et que la diversité des offres politiques est faible.
On comprend alors pourquoi la majorité des gens se désintéressent de la politique et préfèrent s'investir autrement...
La démocratie est-t-elle condamnée ?

Non !

Car la renaissance s'en vient !
A gauche, écologie politique anti-productiviste et l'altermondialisme ont été les terreaux favorable à l'épanouissement d'une nouvelle idéologie, d'un nouveau socialisme du XXIème siècle !
Ce néo-socialisme devrait permettre de régénérer les mouvements sociaux et de mobiliser des foules pour la construction d'un nouveau modèle de société par delà le capitalisme mortifère !!

NB : Dans ma prochaine note, je synthétiserai quelques éléments fondateurs d'une refondation d'un socialisme, sur la base de mon précédent article : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un...

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Petit glossaire des idéologies traditionnelles version II

Petit glossaire des idéologies traditionnelles version II

Nationalisme de gauche : Adulation de la Nation, conservatisme, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), anti-capitalisme, ou anti-libéralisme.

(On citera en exemple Genève Non Conforme, Alain Soral ou encore le nazisme.)

Extrême gauche

Communisme libertaire ou anarchisme de gauche : Abolition de l'État et de la propriété privée, au profit de l'autogestion par libre association d'individus. Démocratie directe et participative.

Marxisme : Économie étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus, et dictature de classe. Système mis en place par la révolution.

 

Gauche

Socialisme : Économie étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus. Système mis en place par la démocratie.

Centre Gauche

Sociale-démocratie : Économie de marché (capitalisme), mais interventionnisme étatique, pour limiter les inégalités par les lois, les impôts, les taxes, etc.

Le Parti Socialiste (PS) et les Verts sont majoritairement sociaux-démocrates.

Centre

Mélange entre le social-libéralisme et la social-démocratie.

 

Centre Droit

Social-libéralisme  : Mélange entre le libéralisme économique et la sociale-démocratie.

Droite

Libéralisme économique : Économie de marché (capitalisme), pas d'intervention étatique. Très fortes inégalités. Mais pas de privatisation de l'État!

Extrême droite

Ultra-libéralisme : Économie de marché (capitalisme), privatisation partielle de l'État. Crée une société ultra-inégalitaire.

Néo-libéralisme : Ultra-libéralisme auquel on adjoint un État répressif (pénalisation de la société). La justice, la police et l'armée restent donc sous le contrôle de l’État (selon le Consensus de Washington), permettant ainsi de privatiser l'État-social et dans le même temps de réprimer la population précarisée par la disparition de la redistribution étatique.

Le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC) et les Verts Libéraux sont néo-libéraux.

 

Anarchisme de droite (aussi appelé anarchisme de droite, ou anarcho-capitalisme, libertarisme, ou libérisme, ou encore néo-féodalisme, ou tout simplement ploutocratie) :

Économie de marché (capitalisme), privatisation totale (abolition) de l'État. Crée à la longue une société ultra-inégalitaire dominée par une oligarchie (une caste de riches).

Le Tea-Party est majoritairement anarchiste de droite.

 

Nationalisme de droite : Adulation de la Nation, conservatisme, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), économie de marché (capitalisme) et libéralisme (ou une forme plus extrême du libéralisme). L'Union démocratique du Centre (UDC) est nationaliste de droite.

Version I :            http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443

13:20 Publié dans Idéologies politiques & projets de société | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : politique, idéologie, gauche, droite, centre | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Esquisse d'un programme politique de décroissance

Esquisse d'un programme politique de décroissance (en vrac)

Mon propos n'est nullement ici de présenter le projet de la décroissance en tant qu'idéologie politique, cela a d'ores et déjà été fait dans un de mes précédents textes : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decroissance-un-projet-d-avenir.html
J
e désire simplement présenter une liste de mesures pouvant servir de constitution à un programme politique en faveur de la décroissance.

- Dotation inconditionnelle d’autonomie : pour un revenu d'existence, une allocation universelle permettant à tous et à toutes de subvenir à ses besoins fondamentaux. Cette allocation pourrait se faire de manière non monétaire.

- Redistribution des richesses des plus riches aux plus pauvres : revenu minimum et maximum, écarts salariaux maximaux, impôts le plus progressifs possibles. 

"La seule façon que vous et moi acceptions de consommer moins de matière et d'énergie, c'est que la consommation matérielle - donc le revenu de l'oligarchie - soit sévèrement réduit." Hervé KEMPF

- Défense des sphères de la gratuité, extension de la sphère de la gratuité aux biens communs ou vitaux, et extension des services publics. 

- Relocalisation des activités humaines : pour contrer la politique ultra-libérale de délocalisation et favoriser une économie écologique, sociale et solidaire.

- Démantèlement des entreprises multinationales ou des entreprises obèses au profit de petits entités économiques.

- Création de monnaies locales pour favoriser le développement d'économies locales non dépendantes de la spéculation sur les changes ou sur les ressources naturelles.

- Sortie du nucléaire et développement des énergies renouvelables. Limitation de la consommation énergétique.

- Réduction du temps de travail : travailler moins pour vivre plus. Le partage du travail entre tous les travailleurs et travailleuses permet de créer de l'emploi pour tout le monde.

- Egalité homme-femme : lutter contre les inégalités salariales entre hommes et femmes et toute autre inégalité de genre.

- Engagement en faveur de la paix et de la tolérance : réduction du budget de l'armée et lutte contre la xénophobie et le rejet de l'Autre.

- Développement d'une agriculture agro-écologique et biologique locale : afin d'assurer une autosuffisance alimentaire minimum en prévision de la réduction des échanges commerciaux mondiaux avec la fin du pétrole.

- Auto-suffisance alimentaire de 100%.

- Gratuité des transports publics financée par une taxation des transports privés motorisés (d'autres sources de financement sont envisageables).

- Soins gratuits et accessibles à toutes et à tous.

- Education gratuite et accessible à toutes et à tous.

- Valorisation des métiers manuels et pratiques.

- Étatisation d'un minimum de logements pour assurer l'accès à toutes et à tous au logement. 

- Promotion de l'autogestion.

- Promotion du troc et des SEL (permet de sortir des simples échanges marchands).

- Promotion de la coopération (et déjà dans l'éducation avec les jeux coopératifs par exemple).

- Création de jardins potagers publics, associatifs ou communaux.

- Apprentissage de l'autoproduction à l'école.

- Promotion du vélo et création de pistes cyclables en grand nombre.

- Création de nouveaux espaces publics et espaces verts ouverts à toutes et tous.

- Promotion des coopératives.

00:46 Publié dans Décroissance, écologie politique & Anti-productivi | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : décroissance, politique, idéologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

24/09/2011

La social-démocratie : un paradoxe perdu

La social-démocratie : un paradoxe perdu

Il y a encore quelques mois, je me montrais convaincu de la nécessité de combattre le libéralisme (et non pas uniquement ses formes les plus extrêmes que sont le néo-libéralisme ou l'ultra-libéralisme). Toutefois, je me positionnais encore comme social-démocrate (position qui avait été la mienne depuis ma politisation à mes 15 ans), et par conséquent comme pro-capitaliste par fatalisme idéologique. C'est en assistant à la politique d'austérité néo-libérale menée par des gouvernements social-démocrates en Grèce, en Espagne et au Portugal que je compris avec dépit l'échec de cette idéologie. Les barrières de la sociale-démocratie sont trop grandes pour lui permettre d'être réellement efficaces. Comment pourrait-t-elle mener sa politique de libération des individus par l'extension des sphères hors logique capitaliste, alors qu'elle dépend du bon fonctionnement du capitalisme lui-même pour mettre en place ses politiques ?

Sa dépendance à la bonne santé du capitalisme la condamne à se trahir fatalement et à n'être qu'une illusion pour bonnes âmes...

Poussé par cet évidence, je ne peux qu'embrasser la cause du socialisme véritable !

NB : Je ne réfute nullement l'apport positif de la social-démocratie, ou sa capacité à court terme à clairement améliorer la situation des classes précarisées ou moyennes. Je constate simplement son incapacité à mener une politique émancipatrice sur le long terme, du fait de sa dépendance totale à la bonne santé du capitalisme, alors qu'il est certain que les logiques des politiques social-démocrates sont majoritairement anti-capitalistes et ne peuvent que péjorer le bon fonctionnement de ce système, puisque son bon fonctionnement dépend de la création d'inégalités et de misère.

La social-démocratie est enfermée dans ce paradoxe de vouloir bien faire dans un cadre dont elle dépend pour pouvoir bien faire, mais qui se péjore lorsqu'elle agit dans la direction humaniste !

00:59 Publié dans Social-démocratie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : social-démocratie, socialisme, capitalisme, idéologie, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

23/09/2011

Décroissance ou Barbarie

Décroissance ou Barbarie

Dans mon dernier texte, La décroissance : un projet d'avenir ( http://www.facebook.com/note.php?note_id=262993157058548 ) je déclarais :

 

''La question que la société moderne doit se poser au sujet de la crise écologique c'est : faut-il subir une récession économique provoquant chômage et aggravation de la crise sociale ou alors faut-il faire le pari de la décroissance, c'est à dire d'une réduction planifiée démocratiquement de notre empreinte écologique ?

Les conséquences du réchauffement climatique (catastrophes naturelles, montée des eaux, migrations massives de réfugiés climatiques, désertification, raréfaction de l'eau douce, etc.), couplées à celles de l'épuisement des ressources (chute de pans entiers de la production par manque de certains métaux, chute des échanges commerciaux par manque de pétrole, etc.) et à celles de la chute de la biodiversité (par exemple le coût de la disparition des abeilles pour la pollinisation) signifient une récession majeure qui entraînerait l'humanité dans le chaos et la barbarie.

La seule façon d'éviter cela, de résoudre la crise écologique, consiste à limiter notre impact écologique aux capacités de régénération de la Terre. Pour cela, il est nécessaire de sortir du dogme de la croissance, et de repenser notre mode de vie sur des bases plus respectueuses de notre environnement.''

Aujourd'hui, je désire développer en quelques points la barbarie possible qui nous attend si nous refusons la décroissance.

En effet, pour répondre à la crise écologique, découlant de l'économie de croissance, nos ploutocraties occidentales mettront en place des politique malthusiennes de réduction démographique. Car plutôt que de partager et de s'auto-limiter, les classes dominantes préféreront obliger les autres à se restreindre.

J'hypothèse le déroulement suivant :

 

1) Les étrangers.

Stigmatisation. Limitation des droits, des libertés et des ressources. Pénalisation du caractère étranger. Augmentation du nombre de centre de détention. Expulsions massives. Limitation de la natalité.

 

2) Les « jeunes » naturalisés.

Stigmatisation. Dénaturalisation. Cette catégorie se rapporte ensuite au cas des étrangers.

 

3) Les pauvres.

Stigmatisation. Limitation des droits, des libertés et des ressources. Pénalisation de la pauvreté. Augmentation du nombre de centres de détention. Travail forcé généralisé. Limitation de la natalité.

 

4) Les opposants.

Stigmatisation. Limitation des droits, des libertés et des ressources. Limitation de la démocratie. Pénalisation de l'opposition. Arrestations massives et répression. Augmentation du nombre de centres de détention. Travail forcé. Ré-instauration de la peine de mort.

 

5) Les pays pauvres.

Stigmatisation. Fin de la coopération internationale et de l'aide au développement. Guerre économique et financière. Guerres d'invasion et d'appropriation des ressources. Colonisation. Occupation. Génocide.

 

Voilà la barbarie dans ses grosses lignes.

A nous de nous engager pour que ce futur n'advienne jamais!

22:47 Publié dans Décroissance, écologie politique & Anti-productivi | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : décroissance, barbarie, engagement, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg