25/11/2011

Génération post Etat-providence, génération révoltée

Génération post Etat-providence, génération révoltée

 

Cette semaine, l'austérité a atteint Genève.

On pourrait ergoter sur les causes précises et détaillées induisant cette austérité, mais au fond cela n'a aucune importance.
L'austérité est simplement un symptôme.
Elle est le symptôme que, à présent, Etat-providence et capitalisme ne sont plus en symbiose, mais qu'ils sont parvenus à un stade d'antagonisme prononcé.

L'équation contemporaine est la suivante :

Austérité progressive = fin progressive de l'Etat-providence = polarisation sociale et idéologique = renforcement de la lutte des classes = renversement du capitalisme

Marx avait donc raison !

Le renversement du capitalisme est inévitable.
Simplement, l'Etat-providence avait arrêté provisoirement le Temps en stoppant le moteur de l'Histoire, à savoir l'antagonisme de classe.
Mais l'Histoire est remise en marche par la crise économique et la crise de la dette, puisqu'ainsi, sur le long terme Etat-providence et capitalisme deviennent incompatibles.

Nous sommes entrés dans la période de transition qui marque le début de la chute de l'Etat-providence et le retour progressif au capitalisme sauvage du XIXème siècle.
Cette période est caractérisée par une polarisation sociale et idéologique croissante, double polarisation qui apparaît présentement sous les traits des mouvements d'indignation.
A la fin de cette période de transition, nous entrerons dans une période de lutte des classes prononcées avec des mouvements de révolte.

Indignée pour le moment, ma génération, cette génération que je qualifie de post Etat-providence, va tendre progressivement à la révolte.
De la révolte viendra le renversement, par la révolution ou par les urnes, du capitalisme, et l'instauration d'un nouveau mode d'organisation de la société fondé sur la partage et la coopération, une nouvelle forme d'économie planifiée, démocratique, et sûrement assez libertaire.

Mais la force d'inertie du système capitaliste est grande, et les classes dominantes tiennent à leurs privilèges et à leur domination.
Il faut donc d'attendre à une résistance accrue de leurs parts, avec un renforcement de la répression politique.
De même, on peut craindre au niveau mondial, un impérialisme renforcé visant à exploiter davantage les populations des pays pauvres.
Enfin, le nationalisme représente comme toujours un danger à surveiller.

Face à ces menaces, les forces humanistes de gauche doivent se préparer à une mobilisation de taille sur le long terme.

"L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes."
"L'histoire ne fait rien, c'est l'homme, réel et vivant, qui fait tout."
Karl Marx