24/03/2012

La nation n'existe pas !

La nation n'existe pas !


Celles et ceux qui lisent la presse libérale auront eu l'occasion hier de me voir dans le Temps au sujet du nationalisme de gauche.
Je profite donc de cette occasion pour clarifier ma position concernant le nationalisme, vu que certains semblent ne pas avoir très bien compris que l'ensemble de ma réflexion portait sur des aspects de stratégie politique et sur des fluctuations électorales, et non sur les idées nationalistes.


Qu'est ce que le nationalisme ?

Le fondement de la société, pour le nationalisme, réside dans la nation.
Une nation est une communauté culturelle homogène.
Donc pour le nationalisme l'organisation de la société doit se faire entièrement en fonction de l'appartenance culturelle (forme de communautarisme à large échelle).

La Suisse est un pays multinational qui s'est développé grâce aux migrations et au métissage de sa population. Cette diversité est une richesse et fait de notre pays une expérience réussie d'un vivre-ensemble multiculturel.

Qu'est ce que la culture suisse aujourd'hui ?

Principalement, une culture qui passe par des institutions (démocratie semi-directe, fédéralisme, plurilinguisme, etc.) Cette culture n'est pas dominante, elle ne détermine pas nos faits et gestes.
Non, la culture dominante en Suisse, du moins dans les villes, est la culture européenne (ou occidentale). C'est elle qui fait que nous mangeons, pensons, consommons d'une certaine façon.

Toute idée nationaliste est donc absurde !
Il n'y a pas de communauté culturelle homogène en Suisse.

La nation n'existe pas !

Quant au socialisme, il peut certes être mis en place à l'échelle d'un pays, mais il est encore mieux si il est mis en place à l'échelle d'une région comme l'Europe, ou bien carrément à l'échelle du monde.

Le nationalisme doit être combattu car il est porteur d'un message de haine : si vous n'êtes pas comme nous, alors nous ne voulons pas de vous.

Le socialisme est internationaliste car il cherche à réunir les populations opprimées par le capitalisme dans une nouvelle organisation égalitaire de la société.

Nous combattrons donc le nationalisme !

Je souhaite à présent publier de manière anonyme quelques réactions qui me sont parvenus suite à l'article publié dans le Temps.

« Salut a toi Adrien au départ je ne te soutenais pas, mais ce que le journal le Temps à fait contre toi c'est dégueulasse, moi je suis aussi pour état interventionniste et protectionniste, moi aussi je n’adhère pas aux nationalisme ni à leur thèse,et je sais que c'est violent de se faire traiter d’extrême-droite quand on ne l'est pas. »
J. M.

«
Le fait que Le Temps ait braqué le projecteur sur le blog de Adrien Faure afin de créer une polémique qui n'en est pas une, est bien dommage. Confondre un jeune socialiste en pleine confrontation de concepts, de notions, d'élaborations d'une sensibilité politique en devenir, avec les imprécisions, les erreurs, les hésitations nécessaires, les audaces, tout cela démontre davantage un climat extrêmement tendu chez certains officiels... alors que dans les bords politiques adverses, on entend des propos bien plus malsains de la part de certains jeunes membres de partis de droite dure... Je trouve très sympathique, moi, ce que fait Adrien Faure. Je l'encourage à continuer et à ne pas être contrarié par les frilosités ambiantes. Il faut bien commencer par être maladroit avant d'être adroit... La liberté d'expression est bien plus vaste que ce que certains essaient de faire croire. Evoquer le "national-socialisme" dans cette affaire, tout cela est vraiment grotesque. Pour le coup, les excès ne viennent pas toujours de la jeunesse... Peut-être faut-il être d'aucun parti pour pouvoir penser librement ?... »
C.

« Et bien moi, à 20 ans, je ne me préoccupais absolument pas de politique. J'aurais été dans l'incapacité totale de maîtriser la moindre notion, quelle qu'elle soit. Et cela ne relève pas de l'indignité, mais de l'inexpérience. Je trouve donc que Adrien Faure a bien du mérite de s'y exercer publiquement. Donc, s'indigner ici est bien dérisoire; alors que nombre de scandales se perpétuent impunément à l'échelle nationale par des hommes politiques élus et confirmés. Exonérations d'impôt des entreprises qui délocalisent, abaissement des impôts pour les riches, libéralisation des services sociaux, du livre; accroissement de la production, des bénéfices, du PIB, sans compensation sur les salaires ou les jours de congés; masse considérable d'argent issus de la corruption politique étrangère, des dictatures et probablement des trafics de toute sorte dans les coffres des banques suisses; spéculation sur les loyers; quelques milliards chaque années qui partent du 2ème piliers vers la finance actionnariale; sans parler de la xénophobie et du populisme qui nous valent des initiatives et des lois absurdes. Il y a des lieux pour s'indigner, et d'autres pour débattre. Pourquoi n'aurait-il pas le droit de faire de son blog un think tank, avec le risque toujours évident, de dire des choses un peu déplacées ? Ce problème arrive également à des organisations comme Terra Nova, en France, par exemple. Par moment, ça dérape. Bon. On a quand même pas affaire à un terroriste... ;-) Les donneurs de leçons, de gauche comme de droite, ne veulent pas débattre; ils ne veulent que juger et condamner. Ils sont trop autoritaires et gardiens du Temple pour être de vrais démocrates. L'interdiction les fascine toujours beaucoup. Laissez respirer la pensée, merci... Pour ma part, l'idée de "nationalisme de gauche" m'a fait penser au souverainisme de gauche, qui n'est pas d'extrême droite et qui défend les intérêts socio-économiques d'un pays en refusant qu'une instance extérieure y impose une idéologie contraire. Exemple : la commission européenne. Ca peut se défendre, avec d'autres mots et d'autres visées que de la pure tactique politicienne... »
C.

Et je conclurai par l'Internationale en estonien.



 

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21/03/2012

No pasarán

No pasarán

Le 11 février, j'ai publié sur ce blog une analyse théorique concernant les conséquences potentielles de la création d'un parti nationaliste de gauche sur les questions socio-économiques.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2012/02/11/du-nati...

Je désire aujourd'hui revenir sur cette analyse.

En effet, après réflexion supplémentaire, je pense à présent que l'on peut établir que la création d'un parti nationaliste de gauche sur les questions socio-économiques ne serait pas souhaitable, même d'un point de vue stratégique.

Car un parti nationaliste de gauche sur les questions socio-économiques risquerait non seulement de prendre une (large) part de l'électorat UDC, mais aussi d'attirer à lui de nouvelles franges de la population. Cet afflux potentiel, cet appel d'air, représente un danger politique pour les forces de gauche.

Le risque que représente politiquement un parti nationaliste de gauche sur les questions socio-économiques est donc élevé, et par conséquent on ne peut que espérer que ce type de parti ne se développe jamais.






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11/02/2012

Du nationalisme de gauche en Suisse

Du nationalisme de gauche en Suisse

C'est l'adulation de la nation et de ses origines culturelles qui va pousser le nationaliste à rejeter et à stigmatiser l'étranger (et l'Autre en général). La différence culturelle étant perçue comme remettant en question la stabilité (donc la pérennité) et la cohésion (voire la pureté) de la communauté culturelle nationale originelle (native). Ainsi l'immigration représente pour le nationaliste l'ennemi à abattre et à juguler.

Je n'aime pas le nationalisme.
Je n'adhère d'ailleurs pas à ses thèses.

Toutefois, je pense qu'il faut différencier présentement deux types de nationalisme.

Le nationalisme libéral, comme l'UDC ou le MCG (dans une version davantage social-libéral), compile tous les défauts : il est libéral et nationaliste.

Le nationalisme de gauche quant à lui, est fort différent, dans le sens où sur le plan socio-économique il défendra des positions de gauche (au moins social-démocrate au sens contemporain du terme).

Ceci me fait dire que la création d'un parti nationaliste de gauche en Suisse serait avantageuse pour la gauche. Car ce nouveau parti absorberait l'électorat des classes précarisées et moyennes qui votaient UDC contre leurs intérêts de classe.
Ainsi, si l'UDC perdait plus de 50% de son électorat au profit de ce nouveau parti nationaliste de gauche, alors la gauche pourrait à la longue l'emporter sur les questions socio-économiques, sans que le résultat politique ne change sur les questions culturelles, migratrices, ou de mœurs.

C'est pourquoi, je soutiens de manière purement stratégique la création d'un parti nationaliste de gauche.

Genève Non Conforme ayant d'ailleurs annoncé sa volonté de former un parti de ce type dans deux ans, nous pourrons étudier cette thèse de manière empirique.

A suivre donc.

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