28/06/2012

Le libéralisme « humaniste », une philosophie politique en action

Le libéralisme « humaniste », une philosophie politique en action

Comme c'est les vacances, j'ai enfin le temps de lire quelques livres, activité dont je suis fort tristement généralement privé par la vampirisation temporelle que représente l'étude universitaire.

Ainsi, après avoir lu l'amusante œuvre de Boudon sur les vils schémas explicatifs que le marxisme, folle et délirante théorie du complot selon lui, aurait implanté dans l'esprit des intellectuels organiques, j'ai décidé de me confronter à quelque chose de plus fondamentalement important.

En m'attaquant à « Libéralisme » de Pascal Salin, professeur d'université d'économie, je me suis proposé de confronter sans complaisance mes convictions avec une description de plus de 400 pages de l'idéologie la plus opposée qui soit à la mienne : celle du libéralisme « humaniste ».

C'est par cette appellation que Pascal Salin décrit, en bon disciple de Hayek, le libéralisme qu'il défend. Ce libéralisme se veut un libéralisme « humaniste » car se fondant sur la véritable nature humaine de l'être humain. Cette prétention à la connaissance ontologique véritable fonde sa pensée libérale et s'oppose au consensus idéologique du libéralisme utilitariste qui privilégie une approche pragmatique et non axiologique de l'organisation humaine.

Nos conceptions ontologiques fondent-elles nécessairement nos idéologies ?
Et dans ce cas, comment peut-on prétendre détenir la conception la plus juste ?

On peut en tout cas proposer un schéma d'influences sur la formation de ses conceptions idéologiques :
socialisation & éducation - > valeurs (axiologie) - > conceptions de la nature humaine (ontologie) -> vision du monde -> projet de société - > articulation politique (collectivo-organisatonnelle) - > idéologie politique

Mais ce que fait Pascal Salin, ce n'est pas seulement d'appliquer sa vision de la nature humaine à l'ensemble de l'humanité, mais c'est de généraliser un idéal-type extrapolatoire des comportements individuels économiques à l'action humaine en soi. C'est un raisonnement abusif, car absolutiste.

Pascal Salin prétend donc comme tous les idéologues libéraux n'être qu'un observateur avisé de la nature humaine, alors qu'il formule des fondements politiques (propriété privée des moyens de production, liberté négative absolue, liberté de marché totalisante) qui n'ont rien de naturels.

Il n'y a pas de « droit naturel », seulement une construction sociale et politique d'un système juridique et institutionnel.

On retrouve chez l'auteur toute la dérive libertarienne totalitaire : haine de la démocratie, de l'organisation collective (c'est à dire de l’État), dégoût de l'égalité (et même de l'équité), incompréhension de la solidarité, négation de la justice sociale.

Mais ce qui est beau chez Salin, c'est qu'il a pris position.
Un discours tranché vaut en effet dix discours craintifs et peureux.
Et puis, Salin est conscient que sa philosophie politique est une philosophie en pleine guerre idéologique.
Ce qu'on appelle, à tord ou à raison, l'ultra-libéralisme (ou le néo-libéralisme) est aujourd'hui en phase de confrontation avec les social-libéraux et autres libéraux utilitaristes. 

Face à l'expansion de l'influence intellectuelle, morale, culturelle, idéologique, et politique, de ce véritable libéralisme « humaniste », j'ai eu raison de revenir au socialisme, seule idéologie politique capable de construire un contre-modèle réaliste mais offensif au capitalisme, et seule à même de servir de rempart idéologique pour les populations et les classes subissant les conséquences de cette guerre idéologique (dont l'impact se traduit concrètement économiquement).

Je n'ai lu que plus de 200 pages de cette œuvre de Salin, mais je peux d'ores et déjà présenter quelques éléments où l'auteur et moi-même sommes en parfaite opposition.

1. Le caractère minoritaire des investisseurs privés

Croire que le marché, ou les marchés, ou encore la finance, sont des entités comprenant l'ensemble des individus est une absurdité empirique. C'est pourtant une des bases du libéralisme...
En effet, le marché des investisseurs ne représente qu'un ensemble très minoritaire d'investisseurs privés ou institutionnels, et non la majorité de la population. Concrètement, 0,2% de la population mondiale possède 50% de la capitalisation boursière.

2. Le déséquilibre des flux de l'offre et de la demande

L'équilibre entre demande et offre n'est pas la panacée. En réalité c'est la demande la plus rentable qui détermine l'offre. Pourtant, la demande la plus rentable n'est pas forcément la plus souhaitable collectivement. Ainsi les fonds investis dans la recherche sur l'acné sont-ils plus élevé que les fonds investis dans la recherche sur Alzeihmer. De même à Genève la demande en logements de luxe détermine l'offre en construction de logements et péjore de cette manière la construction de logements pour les classes moyennes et précarisées.

Par ailleurs, l'offre futile (donc écologiquement non souhaitables) peut déterminer la demande en la manipulant par la publicité et le marketing. Il y a dans ce cas gaspillage de ressources par mauvaise allocation.

L'économie planifiée permet de déplacer des ressources d'un secteur à un autre secteur et brise ainsi les limites de la loi du profit privé. La collectivisation du profit ouvre la voie au développement des secteurs socialement souhaitables, même si déficitaires.

3. L'efficacité des incitations dans un régime collectivistes

Le libéralisme prétend bêtement et de manière simpliste qu'il est nécessaire de modifier la nature humaine de l'être humain pour que le collectivisme fonctionne.
Mais c'est mécomprendre la variété de collectivismes qui existe. Le socialisme tel que je l'envisage (et c'est une des raisons pour lesquelles certains communistes et anarchistes n'aiment pas tellement ma philosophie politique) maintient les incitations à la production.

Ainsi le coordinateur (aujourd'hui manager) peut perdre sa fonction si son entreprise est déficitaire ou improductive (en regard de la norme productive dans son domaine), ce qui est une incitation suffisante pour remplacer celle du profit résiduel privé.

Quant aux salariés (ET aux coordinateurs), l'incitation réside dans la différence salariale variable, car un écart salarial équitable (1 pour 5) reste une motivation au travail.

Ajoutons que l'autogestion dans l'organisation du travail, c'est à dire la participation des travailleurs à la prise de décision collective concernant une entité économique est un processus de responsabilisation, incitation à s'investir, et non un processus de désengagement.

4. La liberté réelle

Enfin, l'auteur fait les mêmes erreurs faciles que des générations de libéraux avant lui en prétendant que la liberté contractuelle est une liberté réelle, et non pas uniquement une liberté formelle.
Pourtant, il est évident que la nécessité de vivre (ou de vivre bien, selon des normes socialement construites) contraint l'individu au travail non choisi. Le fondement du capitalisme est donc la coercition, alors que le fondement du socialisme est la liberté.

18:39 Publié dans Libéralisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : libéralisme, humanisme, idéologie, collectivisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

18/06/2012

« Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme ? »

9782738113986.jpg« Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme ? »


« Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme ? »
est un ouvrage fort divertissant de l'intellectuel et sociologue libéral Raymond Boudon.
Ce dernier l'a rédigé suite à une conférence donner à l'attention du Parti Libéral Suisse en 2003.


A travers le texte l'auteur tente d'utiliser la théorie marxiste de l'aliénation idéologique à son avantage en présentant un long catalogue de tous les courants de pensée non libéraux comme étant aliénés.


Le procédé est évidemment un peu facile, d'autant plus que la théorie de l'aliénation idéologique se fonde la notion d'intérêt de classe, et non sur un jugement de valeur du type le libéralisme est la seule vraie science / idéologie valable.
Jugement que l'auteur ne défend d'ailleurs que faiblement en présentant « l'ordre libéral » comme découlant de la nature humaine (ce qui est faux puisque toutes sortes de sociétés non libérales ont existé...).

On regrettera par ailleurs que l'auteur oublie (volontairement ?) de parler du libéralisme des mœurs, étrangement absent de son découpage des grands axes du libéralisme (philosophique, politique, et économique).


En outre, globalement, Boudon tente de présenter le libéralisme sous une lumière attrayante en le dépeignant sous une forme plutôt consensuelle. Ce qui fait perdre au libéralisme un peu de sa force de proposition et de sa capacité critique.

C'est pourquoi, je me réjouis de lire « Libéralisme » de Pascal Salin, qui m'a l'air bien plus coriace et bien moins courtois.



PS : Oui, on a perdu l'élection complémentaire, mais on se rattrapera à celle du Grand Conseil. 
La JS s'y investira au maximum.

15:20 Publié dans Libéralisme | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : libéralisme, intellectuels, idéologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

02/05/2012

Qu'est ce qu'être social-libéral aujourd'hui ?

Qu'est ce qu'être social-libéral aujourd'hui ?

Être social-libéral c'est ne pas être marxiste.
Être social-libéral c'est ne pas être néo-libéral.
Être social-libéral c'est ne pas être socialiste.*
Être social-libéral c'est être éventuellement social-démocrate.**
Être social-libéral c'est être keynésien.
Être social-libéral c'est être en faveur du capitalisme.
Être social-libéral c'est être en faveur de l’État-providence.

*Une question qui me taraude ces derniers-temps : peut-on être socialiste sans être marxiste ?
**Être marxiste réformiste, ou socialiste, aussi.

Être social-libéral aujourd'hui, c'est faire partie de la deuxième plus grande famille politique en Europe (après l'aile dominante néo-libérale).

La critique du néo-libéralisme est facile, surtout en ces temps de mise en application drastique de cette politique dans les pays d'Europe du sud, avec les résultats désastreux que l'on peut observer de jour en jour.
Mais critiquer le social-libéralisme est bien plus ardu, puisque ce courant représente la norme en terme de bien-pensance et de politiquement correct.

Être social-libéral c'est aimer les PME.
Le petit patron est un gentil patron puisqu'il est petit, dit le social-libéral.
Le petit patron gagne parfois moins que ses employés. Comme il est vertueux, pense le social-libéral.
Le petit patron a investi ses économies, ou bien il a pris un empreint, dans tous les cas, il a pris un risque. Comme il est louable, se dit le social-libéral.

Être social-libéral c'est donc être prétentieux, car c'est croire que les choix égoïstes (puisque dictés par un soucis de rentabilité de l'investissement) d'un individu sont dans l'intérêt de toute la société.
Comment un individu pourrait-il savoir mieux que la collectivité elle-même ce qui est souhaitable ou pas pour elle-même ? L'actionnariat et la création d'entreprise dans un marché libre sont donc le signe d'une grande arrogance.
Cette prétention social-libérale explique son attachement au marché.

Être social-libéral c'est penser que la domination économique d'un individu sur d'autres n'est pas un problème. Le salariat est une forme acceptable de division du travail. L'expropriation de la valeur du travail des salariés par le propriétaire des moyens de production est donc une pensée qui lui est étrangère.

Pourquoi le social-libéral accepte-t-il tout cela ?

Parce qu'il a peur du communisme, et que tout ce qui est à gauche du social-libéralisme, c'est du communisme.
D'un autre côté lire la description que Marx fait du communisme (dans son texte sur la Commune de Paris notamment) est trop ésotérique pour lui. Mieux vaut lire encore un coup de Keynes.

Être social-libéral c'est ne pas avoir compris que la crise actuelle du capitalisme a détruit la crédibilité du social-libéralisme. Les gouvernements social-libéraux du sud de l'Europe ont abandonné leurs théories et sont passés au néo-libéralisme (qui s'est traduit par l'austérité), car autrement la seule solution aurait été de passer au socialisme afin de faire face au niveau d'endettement élevé.

Être social-libéral aujourd'hui c'est être dans le mauvais sens de l'Histoire.
Mais ça, il va falloir encore un peu de temps pour que cela devienne clair à toutes et à tous...

16:49 Publié dans Social-libéralisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : social-libéralisme, libéralisme, nouveau libéralisme, idéologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

28/04/2012

100 publications, cent interrogations, sans compromission, sang politique

100 publications, cent interrogations, sans compromission, sang politique

Voilà atteint un chiffre symbolique pour mon blog.
Je ne pensais pas avoir autant écrit, et pourtant les voici.
Ces 100 billets, fruits de mes lectures, et de mes réflexions.

100 publications que l'on peut lire comme autant d'interrogation que je me fais à moi-même.
Revenant volontiers sur mes pas, j'admets tout à fait errer souvent sans trouver de réponse exacte, ou aussi exacte ou pertinente que je le souhaiterais.

Le propos de ce blog n'a jamais été de traiter l'actualité en tant que telle, certains le font bien mieux que moi, et je m'y livre rarement.
Mon propos est d'interroger le sang de la politique.
Les parlements, les médias, les partis, sont autant de veines et d'artères porteurs de ce liquide vitale.
Mais le sang de la politique, ce qui irrigue le cœur, c'est à dire la société, c'est l'idéologie.

Il s'agit donc pour moi de revenir aux fondements de la construction humaine collective, d'interroger à ma façon les projets de société pour lesquels s'enflamment les Hommes, et de comprendre les différents modèles de société qui s'offrent à nous.

Certes, je suis parfaitement et totalement partial et engagé.
Mais c'est justement parce que mes publications n'ont de sens que parce qu'elles ont un but militant derrière elles : celui d'essayer de définir le meilleur chemin pour la société hors du capitalisme.

Il est clair que beaucoup de gens pensent que je perds mon temps.
Personnellement je reste néanmoins convaincu qu'il est plus que jamais temps de nous poser des questions fondamentales, et de tenter d'y apporter des réponses.

Le sociologue Pierre Escofet disait dernièrement dans Gauchebdo : « Les jeunes sont plutôt conservateurs et le monde capitaliste et libéral leur va très bien. De toute façon, ils n'ont pas la culture politique pour le remettre en question. »

Si elle veut à nouveau arriver à porter un nouveau projet de société, une nouvelle utopie, ma génération doit revenir aux fondements de la société, aux idéologies.
J'espère donc que nous serons plus nombreux à l'avenir à nous offrir le droit et les moyens de repenser le monde.

Car ce dont la société a besoin aujourd'hui, ce n'est pas d'une nouvelle cohorte de gestionnaires pragmatiques ou de jeunes cadres dynamiques vendus au capital, mais c'est d'une nouvelle génération d'utopistes engagés !

17:01 Publié dans Au sujet du Blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : 100 publications, 100, blog, politique, idéologie, jeunes, jeunesse | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

23/02/2012

Nouvelle théorie néo-socialiste de la démocratie

Nouvelle théorie néo-socialiste de la démocratie


Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.

I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale

Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.

La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.

 

II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire

Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire au niveau des plus petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple (c'est à dire à tous les habitants du pays) la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.


III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne

Dans le cas (logique et inévitable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La démocratie représentative semi-directe(système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.


IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique

La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, les moyens de productions privées sont socialisés et le salariat aboli. Toute entité économique productrice devient une coopérative autogérée. Une planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel et planifie l'activité du secteur des coopératives productrices étatiques. Le secteur des coopératives productrices privées reste soumis au lois du marché. Toutefois, cette production privée reste néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités qui filtre les activités économiques contraires à l'intérêt social. L'héritage et le crédit (les banques) sont socialisés, et un contrôle étatique des licenciements est institué. La publicité consumériste est interdite. Une transparence économique totale est instaurée aussi bien dans le secteur privé que étatique. 
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage social des bénéfices du travail.


V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale

Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. 
La démocratie sociale est un garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (égalité sociale).


VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique

Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère. Par une planification démocratique on s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.

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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.

 

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19/12/2011

Aliénation idéologique capitaliste : maux et remèdes

Aliénation idéologique capitaliste : maux et remèdes

Est victime de l'aliénation idéologique, toute personne étant amenée à penser et à agir contre son intérêt, tout en pensant le contraire.

Ce processus de l'aliénation idéologique peut expliquer, dans une très large mesure, les défaites successives de la gauche en Suisse.

On peut distinguer quatre types d'aliénation idéologique différentes.

L'aliénation idéologique directe volontaire et consciente, dont la propagande libérale diffusée par les classes dominantes (à travers les partis de droite) est l'illustration parfaite. Toutefois, il est intéressant de noter que à droite on trouve des individus dont les intérêts consisteraient à défendre la social-démocratie ou le socialisme, mais qui s'engagent néanmoins en faveur du libéralisme contemporain. Ces individus, aliénés, vont par la suite participer à propager l'aliénation idéologique dont ils sont les victimes.
On a donc à faire ici à un cas d'aliénation idéologique directe volontaire et inconsciente.

En fait, il est difficile de prouver l'existence réelle d'une aliénation idéologique volontaire et consciente, puisqu'on peut montrer que le bonheur des classes dominantes ne peut être atteint dans le système qui semblent les avantager. En effet, une récente étude sociologique a démontré que à partir d'un certain niveau de revenu, toute augmentation provoquait une baisse de la satisfaction globale (baisse de l'utilité marginale). L'intérêt réel, non illusoire et libéré de toute aliénation, des classes dominantes tend donc à rejoindre celui des autres classes sociales (l'intérêt de tous est dans l'égalité des ressources).

L'aliénation idéologique directe involontaire consiste dans la production dans le cadre du système capitaliste, de vecteurs d'aliénation par des agents qui ne recherchent pourtant pas une telle finalité à leur action. Ainsi, l'étude de l'économie de marché durant la formation scolaire part de l'idée de former les individus de manière trouver un emploi ensuite, dans le cadre du système en place. Mais cette étude exclusive de l'économie de marché durant la formation scolaire tend à forcer l'adhésion à cette même économie de marché, puisque cette dernière apparaît comme le modèle qui fait force de loi au niveau du savoir scientifique.

L'aliénation idéologique indirecte (ou systémique) correspond à toute la production aliénante non créée dans le but de servir de vecteur d'aliénation. Il s'agit de la force d'intertie, de résistance, et d'enracinement, du système capitaliste, qui s'exprime à travers une certaine production télévisuelle, un certain cinéma, une certaine mode vestimentaire, une certaine presse, etc. Ces vecteurs d'aliénation agissent surtout en forçant l'intégration de pré-notions axiologiques ou idéologiques chez les individus, afin de les rendre dociles et accessibles aux autres formes d'aliénation.

Face à l'aliénation idéologique capitaliste,
que faire ?


On peut certes compter sur l'évolution de la conjoncture socio-économique pour faciliter une conscientisation des individus, et par conséquent une désaliénation idéologique. Toutefois, ce serait se terrer dans une passivité contre-productive.

La solution pour combattre l'aliénation, pour désaliéner les individus, réside dans l'adoption d'un comportement militant décomposable en quatre points :

- Mobilisation

C'est uniquement par l'activité de contre-propagande active que nous pouvons espérer faire passer nos messages et nos idéaux, remèdes au mal de l'aliénation.

- Intégration

Partis politiques de gauche, collectifs, groupements, associations, syndicats des travailleurs, et mouvements sociaux, doivent intégrer le maximum possible d'aspects de la vie des individus pour pouvoir assurer une conscientisation idéale et un niveau de désaliénation adéquat.

- Radicalisation

Le rejet et la rupture avec le capitalisme sont nécessaires à tout processus de désaliénation sur le long terme. On ne saurait en effet lutter uniquement contre des conséquences sans éliminer le problème à sa source.

- Détermination

C'est la condition de la réussite de toute lutte contre l'aliénation idéologique capitaliste.
Face à des forces plus puissantes que nous, notre détermination doit être à toute épreuve.

18:22 Publié dans Aliénation idéologique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : aliénation, idéologie, capitalisme, mobilisation | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

15/11/2011

La décadence idéologique appelle une saine révolte !

La décadence idéologique appelle une saine révolte !

La formation d'un gouvernement d'union nationale en Grèce est le symptôme de la décrépitude de la démocratie politique représentative actuelle.

Lorsque social-libéraux de droite et social-démocrates de centre gauche s'unissent, toute différence idéologique est symboliquement abolie.

Il s'agit d'une atteinte claire au principe du pluralisme politique.


Concrètement, les partis pro-capitalistes s'unissent dans une situation de crise du capitalisme pour tenter d'assurer la survie du capitalisme, et donc de préserver les intérêts des classes dominantes qui sont avantagées par la situation actuelle.
La survie du capitalisme signifie, pour les social-démocrates, sacrifier tout principe moral en appliquant des politiques d'austérité à l'opposé de leur positionnement axiologique. C'est le syndrome du paradoxe perdu de la social-démocratie.


A présent, en Grèce, l'extrême gauche se retrouve doublement renforcée pour mener la révolte des classes précarisées et moyennes.
D'une part, par l'échec de la social-démocratie qui a vendu son âme au capitalisme pour assurer la survie de l'élite politique qu'elle représente (ou simplement par auto-limitation idéologique).
D'autre part, par la politique d'austérité qui, saccageant l'Etat-social, polarise la société.

De plus, vu la situation, l'aliénation idéologique devrait s'estomper devant la conscience de classe, et permettre ainsi les mobilisations nécessaires au renversement politique et social, qui se fera par les urnes, ou par la révolution.


Il reste à espérer que une fois arrivées au pouvoir, les forces anti-capitalistes sauront mettre en place un système novateur, à l'équilibre entre socialisme scientifique et socialisme utopiste !

04/11/2011

La social-démocratie en question

La social-démocratie en question

Au XXème siècle, l'extension des idées marxistes dans le monde force les penseurs libéraux à répliquer. C'est pourquoi ces derniers théorisent un compromis entre socialisme et libéralisme : le social-libéralisme.
Cette idéologie prône l'intervention et la régulation de l’État dans le cadre du capitalisme pour limiter et réduire les inégalités socio-économiques. Il s'agit donc d'établir une forme d'efficacité productive équitable.

Cette idéologie (renforcée par le keynésianisme) va remporter un immense succès en convertissant progressivement la majeure partie des social-démocrates, alors marxistes réformistes.

Depuis ce moment, cette idéologie peut être séparée entre deux courants proches : le social-libéralisme (de droite) et la social-démocratie (de gauche).
Toutefois, il n'y a pas de différence fondamentale au niveau socio-économique entre ces deux courants idéologiques. Au niveau politique, la social-démocratie est classée au centre gauche, et le social-libéralisme au centre droit.

Deux principales critiques existent au sujet de la social-démocratie :

La première, marxiste, dénonce le fait que la social-démocratie et son Etat-providence empêche la polarisation sociétale nécessaire à la mobilisation des classes dominées pour que ces dernières se soulèvent et renversent les classes dominantes.

La seconde, néo-libérale (voire libérale classique), prétend que le défaut du social-libéralisme réside dans son improbable pérennité. Car toute intervention étatique visant des buts humanistes affaiblit l'efficacité du capitalisme et réduit la production de richesses.
Avec la réduction des richesses, l’État s’appauvrit et se retrouve dans l'incapacité d'intervenir. Il lui faut donc s'endetter pour financer de nouvelles mesures humanistes et par là réduire l'efficacité et la production de richesses. C'est un cercle vicieux.
Leur solution consisterait à revenir à un libéralisme classique offensif : le néolibéralisme (et ses formes voisines), seul à même de rétablir la bonne marche du capitalisme.

Aujourd'hui, on peut constater avec l'exemple scandinave, les bons résultats obtenus par la social-démocratie.
Toutefois, l'exemple actuel des pays sud-européens pourrait prouver la critique néo-libérale.

En réalité, la situation scandinave permet de se rendre compte des limites de la social-démocratie : on a certes atteint une situation de progrès humain importante, toutefois il est difficile d'aller encore plus loin dans l'égalitarisme et la justice sociale. C'est l'optimum limité de la social-démocratie.
Si on veut tendre vers une société plus juste, davantage égalitaire, il est alors nécessaire de passer au socialisme démocratique.

Quant à la situation sud-européenne, elle montre l'échec possible de la social-démocratie quand un certain nombre de facteurs péjoratifs sont réunis (par exemple pour la Grèce : forte évasion fiscale, fortes dépenses militaires, fort soutien financier au clergé).
Dans ce cas-là, la seule solution humaniste est le socialisme. L’État manquant de recettes, il faut en effet nécessairement étatiser des entreprises rentables pour maintenir l'Etat-social et l'étendre.

En conclusion, on peut définir la social-démocratie comme un juste but à atteindre, mais non comme la finalité de notre action. L'idéal auquel nous devons tendre restant le socialisme démocratique.

13/10/2011

Retour en avant

Retour en avant

Recueil thématique de tous les textes publiés sur ce blog.

0. Qui suis-je ?

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/03/je-suis...

I. Socialisme post-marxiste

1) Le socialisme du XXIème siècle Valeurs et fondamentaux d'un socialisme du XXIème siècle.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/27/le-soci...

2) FREE in Socialism – Processus de transition, du capitalisme, au socialisme du XXIème siècle.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/02/61cb86c...

3) LOST in Capitalism – Critique du capitalisme et de ses conséquences.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/30/lost-in...

4) La social-démocratie : un paradoxe perdu - Critique de la social-démocratie et de ses limites.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/24/la-soci...

5) NEO-SOCIALISME – Buts, évolution idéologique et objets d'un socialisme du XXIème siècle.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/26/neo-soc...

6) Pour un renouveau du socialisme ! - Prises de notes pour un socialisme du XXIème siècle.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un...

II. Décroissance

1) La décroissance : un projet d'avenir - Présentation générale du projet de société de la décroissance et de ses implications politico-socio-économiques.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decr...

2) LOST in Productivism – Critique du productivisme et de ses conséquences.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

3) Esquisse d'un programme politique de décroissance Une série de mesures clefs comme squelette d'un programme politique de décroissance.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/esquiss...

4) Décroissance ou Barbarie Présentation de la politique (probable) droitiste en cas de crise écologique majeure due au productivisme

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/23/decrois...

III. Idéologies en général

1) Petit glossaire des idéologies politiques traditionnelles (version III)

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/07/petit-g...

2) Petite évolution historique des idéologies Hypothèse évolutive des idéologies politiques.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/23/petite-...

3) La fin de la démocratie, la mort des idéologies Hypothèse sur une cause de la dépolitisation.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/la-fin-...

4) Indignation et mutation idéologique en Europe – Le mouvement des Indigné, la gauche et le socialisme.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/09/indigna...

IV. André Gorz

1) Socialisme, Écologie politique et Anti-productivisme Présentation de la pensée d'André Gorz, un des penseurs du socialisme post-marxiste et de la décroissance.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/20/sociali...

2) Approfondissement de l'analyse gorzienne - Réflexion à partir des écrits de André Gorz sur le socialisme, l'écologie politique, la démocratie et le capitalisme.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/23/approfo...

V. Divers

1) L'allocation universelle

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/28/l-alloc...

2) Sex, drugs and rock'n roll – Comment légaliser la drogue.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/05/sex-dru...

3) La sécurité, un thème de gauche – Réflexion sur la sécurité et sur le rôle des arts martiaux.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/10/la-secu...

26/09/2011

NEO-SOCIALISME

NEO-SOCIALISME

Le libéralisme a su se réinventer plus d'une fois, et trouver des formes de plus en plus en adéquation avec le contexte historique et culturel afin d'assurer la domination des classes les plus riches.
Aujourd'hui, le socialisme doit répliquer, et seule une refonte idéologique permettra de faire face aux défis actuels.

En effet, nous assistons à une crise du capitalisme qui se découpe en trois sous-crises : financière, économique et politique. Ces sous-crises s'articulent ensuite en crises-conséquences : crise sociale (la plus importante), crise écologique (qui englobe tout) et crise psychique (que l'on peut relier à toute les crises). Bien entendue, on peut aussi dire que le capitalisme est une crise en lui-même puiqu'il représente un modèle inadéquat à assurer le bonheur de la race humaine (ce qui doit être e but de tout système idéologique).
Les crises ne tueront pas forcément le capitalisme, ce dernier pouvant fort bien muter (et a déjà commencé à muter) en une forme autoritaire, ploutocratique et malthusienne pour s'assurer la domination des classes les plus riches sur le reste de la société.

Un néo-socialisme doit fermer la parenthèse de la social-démocratie qui aura failli tuer la gauche, et donc déclarer son opposition naturelle et fondamentale au capitalisme (et donc à tout modèle quelconque d'économie de marché), au libéralisme économique (et non au libéralisme des moeurs), et au productivisme (comprenant consumérisme et matérialisme).

Le néo-socialisme pourrait s'axer autour des points suivants :

- Revenir à un certain marxisme, et le dépasser par la démocratie.

Cela signifie concrètement revenir à un modèle d'économie globalement étatisé, selon le principe que l’État est la seule structure économique démocratique. Toutefois, les petites entités ne seraient pas concernés (on ne va pas étatiser le boulanger du coin!) En outre, le système de marché sera remplacé majoritairement par un système planifié. La planification a aussi un rôle de bon usage des ressources à jouer au niveau écologique.
Attention : toute idée de dictature de classe ne me semble plus d'actualité évidemment.
Par ailleurs, l'idée de centralisation est abandonnée au profit de la décentralisation au maximum.
La planification se fera donc de manière décentralisée.
Bref, c'est un retour aux socialismes utopistes (Fourrier, Babeuf, etc.) plutôt que aux socialismes scientifiques qui ont abouti au capitalisme d’État.

- Intégrer les thèses altermondialistes.

Concrètement ce point est fort aisé à accomplir : il consiste à cesser d'imposer un modèle dominant à l'étranger et de ne pas s'ingérer de manière impérialiste dans les affaires des pays étrangers.
Donc, adieu FMI, OMC , BM, libre-échange, dette oppressive, dépendance à l'exportation, et autres dogmes libéraux dépassés et nuisibles. Par contre, vive le protectionnisme intelligent, l'autosuffisance, les échanges intérieurs, et l'autoproduction.

- Incarner l'anti-productivisme.

C'est le point le plus complexe à établir. L'anti-productivisme (aussi appelé décroissance) est une pensée d'avant-garde, dernière mutation de l'écologie politique (qui accomplit ainsi comme le socialisme son retour en avant). L'anti-productivisme consiste en de nombreux points énoncés aux points précédents (autosuffisance, autoproduction, protectionnisme intelligent, etc.), mais on peut faire ressortir comme points essentiels la nécessité de relocalisation (décentralisation) des activités humaines, la baisse du temps de travail, ou le droit à une dotation d'existence.

Le but du néo-socialisme doit être d'émanciper l'être humain de la domination d'une minorité possédante, et d'assurer son bonheur (ou les conditions du bonheur) en se centrant sur ses besoins non seulement matériels (à ne pas confondre avec ses envies comme le fait le capitalisme), mais aussi immatériels (comme l'importance du lien social, de la culture, de l'art, etc.)

Cette courte et imprécise présentation mérite d'être développée et détaillée.
Je vous invite toutefois à vous référer à mes récents textes pour trouver davantage de pistes, sur le socialisme : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un... ou sur la décroissance : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decr...

La lutte continue !

25/09/2011

La fin de la démocratie – la mort des idéologies

La fin de la démocratie – la mort des idéologies

Où sont passés les citoyens ? Pourquoi la politique n'est-elle pas davantage au cœur de leur vie?
L'année passée, j'avais analysé la dépolitisation en mettant en cause la société de consommation et le consumérisme matérialiste :

http://www.facebook.com/note.php?note_id=185170798174118

J'énonçais donc que c'était le capitalisme productiviste qui dépolitisait en transformant le citoyen en consommateur individualiste incapable de s'engager dans un processus collectif politique.

Mais aujourd'hui, je propose un autre axe de lecture : la mort des idéologies.

En effet, si les citoyens se détournent du jeu politique démocratique, c'est parce qu'ils ne trouvent pas leur place dans les partis politiques.
Pendant la majeure part du XIXème siècle et du XXème siècle, les partis ont représenté des idéologies. Les idéologies articulaient un ensemble d'idées basées sur des valeurs et une vision du monde, et le tout formait de véritables projets de société.
Globalement on trouvait les trois grands courants suivants : libéralisme, conservatisme et socialisme.


Aujourd'hui, l'idéologie libérale a accomplis son rêve : nous vivons tous dans le joyeux monde du capitalisme mondialisé !
Cette idéologie ne peut plus que proposer un hyper-capitalisme (version néo-libéral) ou revenir à une version plus soft. Toutefois, son horizon reste borné par le capitalisme.
Le conservatisme, ne proposant plus de modèle de société, s'est dissout dans les questions de mœurs.
Enfin, le socialisme ayant été mis en application sous sa forme productiviste marxiste (capitalisme d’État), et ayant fait naufrage sous cette forme, les anciens socialistes ont adhéré à la social-démocratie qui entérine le capitalisme comme modèle dominant.

Si tous les partis ne proposent que des nuances (nuances qui ont leur importance je ne le nie nullement) de capitalisme, alors on peut considérer que les idéologies sont mortes et que la diversité des offres politiques est faible.
On comprend alors pourquoi la majorité des gens se désintéressent de la politique et préfèrent s'investir autrement...
La démocratie est-t-elle condamnée ?

Non !

Car la renaissance s'en vient !
A gauche, écologie politique anti-productiviste et l'altermondialisme ont été les terreaux favorable à l'épanouissement d'une nouvelle idéologie, d'un nouveau socialisme du XXIème siècle !
Ce néo-socialisme devrait permettre de régénérer les mouvements sociaux et de mobiliser des foules pour la construction d'un nouveau modèle de société par delà le capitalisme mortifère !!

NB : Dans ma prochaine note, je synthétiserai quelques éléments fondateurs d'une refondation d'un socialisme, sur la base de mon précédent article : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un...

22:58 Publié dans Idéologies politiques & projets de société | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags : démocratie, idéologie, société, socialisme, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Petit glossaire des idéologies traditionnelles version II

Petit glossaire des idéologies traditionnelles version II

Nationalisme de gauche : Adulation de la Nation, conservatisme, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), anti-capitalisme, ou anti-libéralisme.

(On citera en exemple Genève Non Conforme, Alain Soral ou encore le nazisme.)

Extrême gauche

Communisme libertaire ou anarchisme de gauche : Abolition de l'État et de la propriété privée, au profit de l'autogestion par libre association d'individus. Démocratie directe et participative.

Marxisme : Économie étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus, et dictature de classe. Système mis en place par la révolution.

 

Gauche

Socialisme : Économie étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus. Système mis en place par la démocratie.

Centre Gauche

Sociale-démocratie : Économie de marché (capitalisme), mais interventionnisme étatique, pour limiter les inégalités par les lois, les impôts, les taxes, etc.

Le Parti Socialiste (PS) et les Verts sont majoritairement sociaux-démocrates.

Centre

Mélange entre le social-libéralisme et la social-démocratie.

 

Centre Droit

Social-libéralisme  : Mélange entre le libéralisme économique et la sociale-démocratie.

Droite

Libéralisme économique : Économie de marché (capitalisme), pas d'intervention étatique. Très fortes inégalités. Mais pas de privatisation de l'État!

Extrême droite

Ultra-libéralisme : Économie de marché (capitalisme), privatisation partielle de l'État. Crée une société ultra-inégalitaire.

Néo-libéralisme : Ultra-libéralisme auquel on adjoint un État répressif (pénalisation de la société). La justice, la police et l'armée restent donc sous le contrôle de l’État (selon le Consensus de Washington), permettant ainsi de privatiser l'État-social et dans le même temps de réprimer la population précarisée par la disparition de la redistribution étatique.

Le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC) et les Verts Libéraux sont néo-libéraux.

 

Anarchisme de droite (aussi appelé anarchisme de droite, ou anarcho-capitalisme, libertarisme, ou libérisme, ou encore néo-féodalisme, ou tout simplement ploutocratie) :

Économie de marché (capitalisme), privatisation totale (abolition) de l'État. Crée à la longue une société ultra-inégalitaire dominée par une oligarchie (une caste de riches).

Le Tea-Party est majoritairement anarchiste de droite.

 

Nationalisme de droite : Adulation de la Nation, conservatisme, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), économie de marché (capitalisme) et libéralisme (ou une forme plus extrême du libéralisme). L'Union démocratique du Centre (UDC) est nationaliste de droite.

Version I :            http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443

13:20 Publié dans Idéologies politiques & projets de société | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : politique, idéologie, gauche, droite, centre | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Esquisse d'un programme politique de décroissance

Esquisse d'un programme politique de décroissance (en vrac)

Mon propos n'est nullement ici de présenter le projet de la décroissance en tant qu'idéologie politique, cela a d'ores et déjà été fait dans un de mes précédents textes : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decroissance-un-projet-d-avenir.html
J
e désire simplement présenter une liste de mesures pouvant servir de constitution à un programme politique en faveur de la décroissance.

- Dotation inconditionnelle d’autonomie : pour un revenu d'existence, une allocation universelle permettant à tous et à toutes de subvenir à ses besoins fondamentaux. Cette allocation pourrait se faire de manière non monétaire.

- Redistribution des richesses des plus riches aux plus pauvres : revenu minimum et maximum, écarts salariaux maximaux, impôts le plus progressifs possibles. 

"La seule façon que vous et moi acceptions de consommer moins de matière et d'énergie, c'est que la consommation matérielle - donc le revenu de l'oligarchie - soit sévèrement réduit." Hervé KEMPF

- Défense des sphères de la gratuité, extension de la sphère de la gratuité aux biens communs ou vitaux, et extension des services publics. 

- Relocalisation des activités humaines : pour contrer la politique ultra-libérale de délocalisation et favoriser une économie écologique, sociale et solidaire.

- Démantèlement des entreprises multinationales ou des entreprises obèses au profit de petits entités économiques.

- Création de monnaies locales pour favoriser le développement d'économies locales non dépendantes de la spéculation sur les changes ou sur les ressources naturelles.

- Sortie du nucléaire et développement des énergies renouvelables. Limitation de la consommation énergétique.

- Réduction du temps de travail : travailler moins pour vivre plus. Le partage du travail entre tous les travailleurs et travailleuses permet de créer de l'emploi pour tout le monde.

- Egalité homme-femme : lutter contre les inégalités salariales entre hommes et femmes et toute autre inégalité de genre.

- Engagement en faveur de la paix et de la tolérance : réduction du budget de l'armée et lutte contre la xénophobie et le rejet de l'Autre.

- Développement d'une agriculture agro-écologique et biologique locale : afin d'assurer une autosuffisance alimentaire minimum en prévision de la réduction des échanges commerciaux mondiaux avec la fin du pétrole.

- Auto-suffisance alimentaire de 100%.

- Gratuité des transports publics financée par une taxation des transports privés motorisés (d'autres sources de financement sont envisageables).

- Soins gratuits et accessibles à toutes et à tous.

- Education gratuite et accessible à toutes et à tous.

- Valorisation des métiers manuels et pratiques.

- Étatisation d'un minimum de logements pour assurer l'accès à toutes et à tous au logement. 

- Promotion de l'autogestion.

- Promotion du troc et des SEL (permet de sortir des simples échanges marchands).

- Promotion de la coopération (et déjà dans l'éducation avec les jeux coopératifs par exemple).

- Création de jardins potagers publics, associatifs ou communaux.

- Apprentissage de l'autoproduction à l'école.

- Promotion du vélo et création de pistes cyclables en grand nombre.

- Création de nouveaux espaces publics et espaces verts ouverts à toutes et tous.

- Promotion des coopératives.

00:46 Publié dans Décroissance, écologie politique & Anti-productivi | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : décroissance, politique, idéologie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

24/09/2011

La social-démocratie : un paradoxe perdu

La social-démocratie : un paradoxe perdu

Il y a encore quelques mois, je me montrais convaincu de la nécessité de combattre le libéralisme (et non pas uniquement ses formes les plus extrêmes que sont le néo-libéralisme ou l'ultra-libéralisme). Toutefois, je me positionnais encore comme social-démocrate (position qui avait été la mienne depuis ma politisation à mes 15 ans), et par conséquent comme pro-capitaliste par fatalisme idéologique. C'est en assistant à la politique d'austérité néo-libérale menée par des gouvernements social-démocrates en Grèce, en Espagne et au Portugal que je compris avec dépit l'échec de cette idéologie. Les barrières de la sociale-démocratie sont trop grandes pour lui permettre d'être réellement efficaces. Comment pourrait-t-elle mener sa politique de libération des individus par l'extension des sphères hors logique capitaliste, alors qu'elle dépend du bon fonctionnement du capitalisme lui-même pour mettre en place ses politiques ?

Sa dépendance à la bonne santé du capitalisme la condamne à se trahir fatalement et à n'être qu'une illusion pour bonnes âmes...

Poussé par cet évidence, je ne peux qu'embrasser la cause du socialisme véritable !

NB : Je ne réfute nullement l'apport positif de la social-démocratie, ou sa capacité à court terme à clairement améliorer la situation des classes précarisées ou moyennes. Je constate simplement son incapacité à mener une politique émancipatrice sur le long terme, du fait de sa dépendance totale à la bonne santé du capitalisme, alors qu'il est certain que les logiques des politiques social-démocrates sont majoritairement anti-capitalistes et ne peuvent que péjorer le bon fonctionnement de ce système, puisque son bon fonctionnement dépend de la création d'inégalités et de misère.

La social-démocratie est enfermée dans ce paradoxe de vouloir bien faire dans un cadre dont elle dépend pour pouvoir bien faire, mais qui se péjore lorsqu'elle agit dans la direction humaniste !

00:59 Publié dans Social-démocratie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : social-démocratie, socialisme, capitalisme, idéologie, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

23/09/2011

Petite évolution historique des idéologies

Petite évolution historique des idéologies

1) Prenons comme situation initiale le féodalisme.

 

- Sous le féodalisme, c'est le système économique dit du mercantilisme qui était en place.

 

2) Le mercantilisme, combiné aux conditions historiques, a amené l'apparition d'un courant idéologique anti-féodaliste : le libéralisme.

 

- Le premier libéralisme est le « libéralisme classique ».

 

3) Le libéralisme classique, combiné à nouveau aux conditions historiques, crée le modèle capitaliste, l'économie de marché.

 

- De par ce lien de parenté entre libéralisme et capitalisme, on peut parler de capitalisme libéral.

 

4) En réaction au capitalisme libéral se développe le marxisme.

5) La réplique idéologique du libéralisme au marxisme consiste en son « nouveau libéralisme ».

 

- On peut parler ici de mutation du libéralisme idéologique qui intègre l'intervention de l’État dans sa vision de la société.

 

6) Le capitalisme libéral a comme conséquence l'apparition de la crise écologique.

 

- En réaction apparaît l'écologie politique.

 

7) Avec l'échec du capitalisme d’État soviétique, le nouveau libéralisme devient l'idéologie dominante.

 

- Le nouveau libéralisme se scinde en deux courants : le social-libéralisme de droite, et la sociale-démocratie de gauche. Tous deux entérinent le capitalisme comme fin en soi.

 

8) En réaction au nouveau libéralisme naît le néo-libéralisme.

 

- Le néo-libéralisme rejette la mutation du libéralisme classique au nouveau libéralisme, et théorise une version extrémiste et radicale du libéralisme classique.

 

9) En réaction à l'affaiblissement généralisée du marxisme et à la victoire idéologique du néo-libéralisme naît la mouvance alter-mondialiste, descendante du marxisme et ayant intégré la critique dite tiers-mondiste.

 

10) En réaction à l'écologie politique le libéralisme invente l'écologie libérale.

 

- Développement durable ou capitalisme vert sont d'autres noms pour cette réplique idéologique du capitalisme libéral à l'écologie politique.

 

11) En réaction à l'écologie libérale naît la décroissance ou anti-productivisme, descendante de l'écologie politique, de l'altermondialisme et du marxisme (sous sa forme définite par André Gorz).

 

12) L'alter-mondialisme, la décroissance, le marxisme et la social-démocratie accouchent d'une nouvelle mutation idéologique fusionnelle : le néo-socialisme.

 

- Le néo-socialisme...

c'est nous !

00:08 Publié dans Idéologies politiques & projets de société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : histoire, idéologie, évolution, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg