11/02/2012

Du nationalisme de gauche en Suisse

Du nationalisme de gauche en Suisse

C'est l'adulation de la nation et de ses origines culturelles qui va pousser le nationaliste à rejeter et à stigmatiser l'étranger (et l'Autre en général). La différence culturelle étant perçue comme remettant en question la stabilité (donc la pérennité) et la cohésion (voire la pureté) de la communauté culturelle nationale originelle (native). Ainsi l'immigration représente pour le nationaliste l'ennemi à abattre et à juguler.

Je n'aime pas le nationalisme.
Je n'adhère d'ailleurs pas à ses thèses.

Toutefois, je pense qu'il faut différencier présentement deux types de nationalisme.

Le nationalisme libéral, comme l'UDC ou le MCG (dans une version davantage social-libéral), compile tous les défauts : il est libéral et nationaliste.

Le nationalisme de gauche quant à lui, est fort différent, dans le sens où sur le plan socio-économique il défendra des positions de gauche (au moins social-démocrate au sens contemporain du terme).

Ceci me fait dire que la création d'un parti nationaliste de gauche en Suisse serait avantageuse pour la gauche. Car ce nouveau parti absorberait l'électorat des classes précarisées et moyennes qui votaient UDC contre leurs intérêts de classe.
Ainsi, si l'UDC perdait plus de 50% de son électorat au profit de ce nouveau parti nationaliste de gauche, alors la gauche pourrait à la longue l'emporter sur les questions socio-économiques, sans que le résultat politique ne change sur les questions culturelles, migratrices, ou de mœurs.

C'est pourquoi, je soutiens de manière purement stratégique la création d'un parti nationaliste de gauche.

Genève Non Conforme ayant d'ailleurs annoncé sa volonté de former un parti de ce type dans deux ans, nous pourrons étudier cette thèse de manière empirique.

A suivre donc.

14:04 Publié dans nationalisme de gauche | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : nationalisme de gauche, nationalisme, gauche, mcg, udc | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

16/01/2012

Pas d'hésitation !

Pas d'hésitation !

Le 25 novembre dernier, j'avais publié une analyse établissant l'équation suivante :

Austérité progressive = fin progressive de l'Etat-providence = polarisation sociale et idéologique = renforcement de la lutte des classes = renversement du capitalisme

Puis, le 29 novembre, suite à de nombreuses critiques remettant en cause mon excès de déterminisme, j'avais remis mon hypothèse en question tout en arguant que, normativement parlant, il n'en était pas moins souhaitable de dépasser le capitalisme.


Aujourd'hui, je tiens à dire que pour le moment c'est mon analyse première qui s'impose empiriquement.
Je constate en effet tous les jours l'évolution négative de la crise de la dette avec son cortège de coupes dans l'Etat-social et les droits sociaux fondamentaux. Quant à l’État keynésien, il semble ne plus être d'actualité.
Au Portugal on supprime carrément les jours fériés, alors qu'en Grèce les malades ne sont même plus tous soignés... En France, la perte du triple A assure une mauvaise passe pour le pays, tandis qu'en Espagne le chômage des jeunes atteint les 40%.

La moyennisation de la société n'a jamais été autant remis en question qu'en ce moment en Europe.
Nous assistons présentement à l'inversion d'une tendance avec un retour à des conditions de vie antérieures.

En réaction à cette évolution, la droite joue les pyromanes en soutenant activement le processus.
Quant à la gauche européenne... pour le moment elle semble penser, comme les évêques du Saint Siège, que économie de marché et équité sont compatibles. Un message relativement juste lorsqu'il fait beau temps, mais absolument illusoire en période de crise systémique !

Alors, la gauche européenne doit se reprendre et ne pas hésiter.
L'Histoire est avec elle et il lui suffit de l'accompagner.
Tandis que l'Etat-social s'écroule, la gauche européenne doit incarner la polarisation idéologique qui va de pair avec le processus actuel de polarisation sociale. Cela signifie proposer un modèle d'organisation de la société adéquat à la situation présente, c'est à dire soutenir un véritable système socialiste d'économie planifiée démocratique.
Sans cela, la gauche européenne est condamnée à perdre, ou à laisser les nationalistes l'emporter.

Pas d'hésitation donc !


---

Texte du 25 novembre, Génération post Etat-providence, génération révoltée

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/25/generat...

Texte du 29 novembre,
Hésitation ?

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/29/hesitat...

13:25 Publié dans Austérité et Etat-providence | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : etat-providence, gauche, droite, europe | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

14/12/2011

La jeunesse en marche !

La jeunesse en marche !

Le 4 octobre 2010, je fondais avec Julien Vogler, Kevin Fernandez, et Gérald Laury, la Gauche des Collèges de Genève. Notre collectif se livra pendant une année et demi à un travail d'information engagée et de politisation active visant à conscientiser et mobiliser nos camarades sur des thèmes qui nous importaient, comme l'écologie, les inégalités sociales, la xénophobie, la diversité culturelle, etc. Durant ce laps de temps, nous publiâmes un certain nombre de manifestes, de tracts, et d'affiches, avec le soutien, plus ou moins prononcé, de nos professeurs, tout en subissant par contre une attitude plutôt répressive de la part des directions de nos établissements scolaires respectifs. Notre activité s'étendit à la majorité des collèges de Genève, ainsi qu'à l’École de Culture Générale, raison pour laquelle nous prîmes alors le nom de Gauche du Post-Obligatoire Genevois.
Notre collectif rassembla plusieurs dizaines de jeunes qui souvent restèrent uniquement pendant de courtes périodes de temps.
Au final, il me semble que nous avons agi aux mieux de nos moyens et de nos forces.

Aujourd'hui, je pense que l'on peut dire que le projet prend fin avec l'enterrement de la Jeunesse Humaniste, collectif mort-né qui tenta de se développer sur les restes de la Gauche du Post-Obligatoire Genevois.

Quel impact réel avons-nous eu sur nos camarades ? A vrai dire, difficile de le savoir, car peu d'entre eux semblent avoir rejoint les rangs des mouvements sociaux ou des partis politiques humanistes (c'est à dire de gauche). L'impact le plus important de notre action collective est celui qui s'est porté sur nous-mêmes, les acteurs de ce collectif, étant donné que la plupart d'entre-nous a rejoint à présent un parti politique humaniste. Personnellement, c'est par mon activité au sein de la Gauche des Collèges que j'ai d'ailleurs été repéré et recruté par la Jeunesse Socialiste Genevoise.

Il y a donc des esprits militants qui sommeillent chez les jeunes et il s'agit de les éveiller, d'incarner cette main tendue qui se révélera véritablement lorsque l'étincelle de l'indignation ou de la révolte aura mobilisé l'énergie politique potentielle contenue dans chacun. C'est pourquoi il revient aux militants politiques de gauche (et notamment aux jeunesses de gauche) d'occuper le terrain des établissements de formation des jeunes pour concrétiser cette main tendue pleine d'espérance réciproque.

Car les futurs changements sociaux ne se réaliseront pas sans la mobilisation de la jeunesse. C'est en effet par l'union des jeunes, des précaires, et des intellectuels, qu'émergera une force de changement capable de transformer la société.

06/12/2011

Petit glossaire des idéologies politiques - version IV

Petit glossaire des idéologies politiques - version IV

Établir une nouvelle version de mon petit glossaire des idéologies politiques s'est révélé impossible en utilisant le format simplifié que j'employais jusqu'à maintenant.
Ce nouveau format se veut donc bien plus ouvert, et axé sur un mode moins affirmatif.


Le Nationalisme

Contrairement à la doxa contemporaine qui veut que tout nationalisme soit d'extrême droite, le nationalisme peut aussi bien être de gauche que de droite. Un nationaliste adule sa nation (communauté culturelle), se montre le plus souvent conservateur sur les questions de mœurs, et adhère au conservatisme (patriotisme) économique (protectionnisme, autosuffisance, etc.)
C'est l'adulation de la nation et de ses origines culturelles qui va pousser le nationaliste à rejeter et à stigmatiser l'étranger (et l'Autre en général). La différence culturelle étant perçue comme remettant en question la stabilité (donc la pérennité) et la cohésion (voire la pureté) de la communauté culturelle nationale originelle (native).
Un nationalisme de droite se positionne en faveur du capitalisme et d'un État minimal (peu interventionniste sur le plan des droits sociaux). Le nationalisme de droite trouve son parfait exemple en l'Union Démocratique du Centre (UDC) ou en le Front National (FN).
Un nationalisme de gauche se positionne en faveur d'une économie planifiée ou en tout cas d'un État fort (très interventionniste sur le plan des droits sociaux) dans le cadre de l'économie de marché. Le nationalisme de gauche peut être illustré par le nazisme, ou bien par le groupuscule Genève Non Conforme, ou encore par les idées de Alain Soral.
Le nationalisme anti-productiviste existe aussi.

L'Extrême droite

La doxa voudrait me faire placer dans la case extrême droite le nationalisme. Extrême droite signifie pourtant simplement « à la droite de la droite ». Alors strictement idéologiquement parlant, l'extrême droite n'est constituée de rien d'autre que les courants libéraux extrémistes (ou radicaux).
La plus extrême de ces formes est l'anarcho-capitalisme, c'est à dire l'anarchisme de droite, qui se rapproche très fortement du libertarisme, assez bien représenté aux USA (notamment par certains membres du Parti Républicain et du Tea Party). Cet anarchisme de droite prône la suppression de l’État-providence, et donc l'abandon du respect des droits sociaux (pourtant intégrés aux droits fondamentaux des Constitutions contemporaines). Il s'agit donc de privatiser les services publics en charge de ces droits sociaux et de donner ainsi davantage d'importance à l'économie de marché et à ses logiques. Notons toutefois que certains libertariens imaginent souvent des mécanismes de solidarité ou de charité pour permettre la survie des plus pauvres.
Le projet libertarien consiste à revenir au libéralisme classique, c'est à dire aux mécanismes organisationnels collectifs du XIXème siècle, et donc à préserver uniquement les fonctions régaliennes de l’État (justice, police, armée), lui permettant de préserver seulement les droits civiques et politiques. Les conséquences d'un tel mode d'organisation sont la constitution d'une société extrêmement inégalitaire que certains qualifient même de néo-féodalisme où une oligarchie (ploutocratie) domine sans partage. Les anarchistes de droite vont parfois plus loin que les libertariens en imaginant une privatisation totale de l’État, comprenant ses fonctions régaliennes. Quelque uns vont donc jusqu'à imaginer que la classe ultra-dominante économiquement s’appuierait logiquement dans ce cas sur des milices privées pour assurer sa domination totale.

Il existe par ailleurs d'autres formes libérales extrêmes, mais néanmoins moins extrêmes que celles précédemment étudiées . L'ultra-libéralisme en est une dénomination idéologique possible qui définit une privatisation partielle de l’État-providence que l'on tente de restreindre le plus possible, en limitant au maximum les impôts, les taxes, la redistribution des richesses, ou toute intervention de l’État visant à assurer le respect des droits sociaux. On vise ici un État minimal, comme la doctrine ancienne du libérisme qui se développa en Italie il y a un certain temps, où le capitalisme peut au maximum organiser la société. Cela crée évidemment des sociétés ultra-inégalitaires.
Le néo-libéralisme est une autre dénomination possible de ce courant contemporain d'un libéralisme radicale. Par l'emploi de ce terme on marque parfois l'importance d'un État répressif accru (par un processus de pénalisation de la pauvreté et de l'exclusion) pour accompagner la privatisation de l’État-providence, et donc l’accroissement des inégalités et de la précarité. On peut aisément qualifier les partis de droite suisses de néo-libéraux au vu de leur politique actuel. Ainsi le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC), le Parti Bourgeois Démocrate (PBD) et les Verts Libéraux (V-Lib) adhèrent clairement aujourd'hui à un libéralisme radical du type néo-libéral.

La Droite

La droite se caractérise par son adhésion au capitalisme. Néanmoins elle est en faveur d' un Etat-providence minimal qui intervienne un minimum pour assurer un tant soit peu le respect des droits sociaux des individus. Ce compromis s'appelle le social-libéralisme, ou nouveau libéralisme.
Cette faible intervention étatique dans le cadre du capitalisme permet d'éviter des taux d'inégalités trop explosifs et de limiter la précarité ou l'exclusion.
Une certaine proportion des membres des partis suisses de droite (principalement au PDC, au PBD et chez les V-Lib) sont encore social-libéraux, mais ils sont présentement plutôt minorisés par les membres (majoritaires) les plus extrêmes.

Le Centre Droit

Le centre droit est conscient de la nécessité d'assurer les droits sociaux des individus, et donc de l'importance de l’État-providence. C'est pourquoi il est en faveur d'une intervention moyenne de l’État dans le cadre du capitalisme, afin de limiter inégalités, précarité, et exclusion. Ce social-libéralisme renforcé représente une gradation dans les modèles possibles d’État providence.
A nouveau, certains membres des partis suisses de droite pré-cités se retrouvent dans cette case idéologique.

Le Centre

Le centre n'existe que de manière abstraite. Il n'y a en effet pas d'équilibre pur et parfait entre intervention de l’État et liberté de l'économie de marché, pas de modèle définissable de l’État providence centriste. En théorie le centriste pur se trouve entre le social-libéralisme renforcé du centre droit et la social-démocratie de centre gauche.


Le Centre Gauche


Le centre gauche est en faveur d'une intervention forte de l’État dans le cadre d'une économie capitaliste. Rompant avec la solidarité, il en appelle à la justice sociale, qui se concrétise en un modèle d’État providence fort et très interventionniste, à même d'assurer les droits sociaux des individus dans une large mesure. Cette doctrine est celle qu'on appelle de nos jours la social-démocratie. L’État social-démocrate assure un taux assez bas d'inégalités sociales, limite la précarité, et réduit l'exclusion, en mettant en place des services publics étendus et de qualité, en levant des impôts progressifs assez élevés, en créant un cadre juridique protecteur pour les plus faibles, et en taxant les secteurs à fortes externalités négatives.
Pour améliorer son efficacité et ses capacités, la social-démocratie peut se faire étatiste et étatiser des secteurs économiques pour s'assurer des recettes supplémentaires.
Le centre gauche peut fort bien se montrer conservateur sur le plan économique.
En Suisse, une majorité du Parti Socialiste (PS) correspond à ce centre gauche.

La Gauche

A la gauche du centre gauche, on trouve les idéologies socialistes.
Le
socialisme contemporain correspond idéologiquement au marxisme réformiste. Ce courant prône l'instauration démocratiquement décidée d'une économie étatisée et planifiée (les moyens de production sont la propriété commune de la société). En tendant vers l'égalité des ressources par une distribution égalitaire des revenus, les inégalités, l'exclusion, et la précarité, sont réduits quasiment au néant. C'est ce courant qui est qualifié, comme la social-démocratie, de réformiste, puisqu'il n'est pas révolutionnaire. Le socialisme contemporain peut fort bien être conservateur sur le plan économique.
Le
socialisme anti-productiviste, correspond à l'articulation politique (collective) du socialisme utopiste (communautaire). Il s'agit toujours d'une économie étatisée et planifiée, mais en plus de cela s'ajoute une décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes.
L'écologie politique est assez proche du socialisme anti-productiviste, sans en reprendre tous les aspects.
Elle prône une économie privée de petites entités (coopératives, associations autogérées, indépendants, paysans, artisan, etc.) et se passe donc d'économie étatisée et planifiée.
Décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes, restent des éléments constitutifs de son projet de société.
Enfin, le
néo-socialisme fait la jonction entre socialisme contemporain, socialisme anti-productiviste et social-démocratie. Il représente un projet plus modéré que le socialisme, mais plus à gauche que la social-démocratie. Il s'agit d'étatiser et de planifier les grandes structures économiques, tout en maintenant une économie de marché sous tutelle pour les petites structures économiques. La tutelle signifie que les petites entités économiques sont soumises à un droit de regard total de l'État sur leurs activités. Ce sont là les principes fondant une économie planifiée mixte. Dans le néo-socialisme, l’égalité des ressources est relative, et l'organisation du travail est autogéré. Par ailleurs, décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes, viennent s'ajouter à ce projet de société. Et pour conclure, au sujet de l'organisation collective et politique, on applique le principe de la démocratie directe par assemblée populaire à la plus basse échelle spatiale, et de la démocratie athénienne (par tirage au sort 50%) et représentative (par élection 50%) à l'échelle supérieure.

L’Extrême gauche

A la gauche de la gauche, l'extrême gauche rassemble plusieurs courants idéologiques.
Le
communisme contemporain correspond au marxisme classique (et à ses dérivés). Il préconise une économie étatisée, centralisée, et planifiée instaurée par la lutte révolutionnaire (donc la lutte armée). La dictature de classe permet d'atteindre l'égalité des ressources quasiment totale, et donc la disparition des classes sociales. La centralisation politique et économique est sensée disparaître avec le dépérissement attendu de l’État dans la société sans classe. Le marxisme-léninisme imagine une organisation démocratique par assemblées populaires (démocratie directe) dans le cadre de cette société sans classe.
Le
communisme libertaire, c'est à dire l'anarchisme de gauche, prône l'abolition de l’État, mais uniquement après avoir atteint une société sans classes (et donc une égalité des ressources ce qui signifie l'abolition de la propriété privée des moyens de production précédemment). L’organisation de la société se fait par libre association d'individus par affinités qui forment des communautés politiques décentralisées (aussi sur le plan économique) et autogérées. La démocratie directe ou le consensus permettent ensuite d'organiser la prise de décision collective.
L'anarchisme de gauche anti-productiviste existe aussi.
La forme la plus extrême de l'anarchisme est celle du
weganarchisme qui prône la non exploitation des animaux, ces derniers étant libérés de l'exploitation après la libération des êtres humains (qui sont à leur yeux aussi des animaux).
L'anarcho-individualisme est une forme incompréhensible sur le plan collectif et politique de l'organisation de la société.

________________________________________________________________________________


Glossaire version III :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/07/petit-g...ideologies-politiques-traditionnelles-ve.html


Glossaire version II :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/petit-g...


Glossaire version I :
http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443



21/11/2011

Instabilité et polarisation idéologique en Europe

Instabilité et polarisation idéologique en Europe

Comme prévu, la gauche (entendez le centre gauche sur un plan idéologique) espagnole a perdu aux dernières élections. Cette défaite est la copie-conforme de celle vécue par la gauche portugaise.
En toute et bonne logique, ce scénario devrait aussi se répéter en Grèce.

Comment expliquer ces résultats ?

Et bien tout bêtement par le fait que les électeurs de gauche ne se mobilisent pas pour un gouvernement social-démocrate qui a comme seul projet de société davantage d'appliquer des politiques d'austérité !

La réaction des électeurs de gauche est donc parfaitement saine et doit faire réfléchir la gauche sud-européenne. Il est temps pour eux d'abandonner la social-démocratie et d'embrasser le socialisme, car sinon ils sont contraints de n'être qu'une copie laide et affadie d'une droite décomplexée.

Les libéraux (et leurs dérivés extrémistes en tout genre) quant à eux, profitent de la crise de la dette pour saccager l'Etat-providence et revenir à un capitalisme plus autonome, exploiteur et opprimant (pour les classes moyennes et les classes précarisées).

Mais l'affaiblissement de l'Etat-providence polarise la société et renforce la lutte des classes.
Ce phénomène produit nécessairement une polarisation idéologique avec le retour du socialisme comme alternative au capitalisme sur la scène politique.

Les mouvements des Indignés sont annonciateurs de cette double polarisation. Ils préfigurent les futures forces contestataires radicales qui sont en voie de formation dans toute l'Europe, et particulièrement dans les pays où la destruction libérale est en cours (comme en Grèce où des manifestations de communistes et d'anarchistes ont rassemblé jusqu'à 50 000 personnes, ou encore en Espagne où l'extrême gauche a remporté de bons résultats électoraux).

La polarisation idéologique et sociale a commencé.
Le capitalisme peut trembler : la révolte est en marche !

*

NB

En France, en Italie, et en Allemagne, la gauche devrait probablement arriver au pouvoir lors des prochaines élections. Toutefois, ces résultats futurs s'expliquent de la même façon par le fait que la population votera contre l'austérité décidé par les gouvernements de droite dans ce cas-la.
Les majorités se renverseront encore la fois d'après, si, entre-temps, les gauches italiennes, allemandes, et françaises ont été incapables de passer au socialisme, et donc d'apporter une réponse humaniste, efficace sur le long terme, à la crise de l'endettement.

13:39 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : polarisation idéologique, polarisation sociale, politique, gauche, droite, austérité, dette | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

25/10/2011

Élections fédérales : encore un échec pour la gauche !

Élections fédérales : encore un échec pour la gauche !

Cette année encore, la gauche n'a malheureusement pas obtenu de majorité au parlement fédéral !

Avec 61 sièges, elle devra comme d'habitude limiter la casse de l'Etat-social, orchestrée par le Blue Block (la droite), fort de son hégémonie de 139 sièges.
C'est donc encore une fois une victoire des tenants du capitalisme libéral sur les social-démocrates, les socialistes, les écologistes, et toutes les forces humanistes en général.

Voter en faveur du capitalisme libéral est-t-il favorable à une majorité de Suisses ?

Bien entendu que non, car on compte seulement 283 000 millionnaires (sans prendre en compte le capital immobilier) en Suisse.
Même en partant du principe qu'il existe une classe moyenne aisée (ou supérieure) qui désire rejoindre les rangs des plus riches, la pertinence de ce vote majoritaire en faveur du capitalisme libéral est incompréhensible, puisque le capitalisme libéral ne fait que précariser davantage les classes moyennes et les classes précarisées.
Ce vote ne s'explique donc que par l'aliénation dont sont victimes la large majorité de nos concitoyens : leur méconnaissance ou leur inconscience de leurs intérêts de classe les pousse à voter contre leurs intérêts.
Cette aliénation est créée et maintenue par le système capitaliste lui-même à travers un endoctrinement idéologique qui passe notamment par les médias dominants, une certaine production artistique grand public, et l'éducation.

Face à cet état de fait malheureux, il ne nous reste qu'une solution : davantage de mobilisation !!

18:29 Publié dans élections fédérales 2011 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : élections, fédérales, 2011, vote, échec, gauche, droite, aliénation | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

10/10/2011

La sécurité, un thème de gauche à réinventer

La sécurité, un thème de gauche à réinventer

Une doxa droitiste, répétée et répétitive, avance souvent que la sécurité serait un thème de droite, parce que la gauche ne serait pas capable de l'empoigner de manière convaincante.
En fait, on devrait dire que la droite traite principalement de l'insécurité, et la gauche de la sécurité.

La droite pose le constat de l'insécurité et réfléchit à comment traiter le problème.
La gauche réfléchit d'abord aux sources de l'insécurité, pour ensuite en traiter elle-aussi les symptômes. Autrement dit, la droite pense à comment éliminer l'insécurité et la gauche à comment assurer la sécurité.

Dans une approche de gauche, on commence par désigner les sources de l'insécurité : le capitalisme.
Un système inégalitaire crée du malheur, de l'exclusion, de l'intolérance et de la pauvreté. En conséquence, le capitalisme produit des comportements déviants, et ces comportements créent l'insécurité.
La solution la plus efficace aux problèmes de criminalité et d'insécurité est donc le socialisme.

Bien entendu, il s'agit ensuite de traiter les symptômes, car je ne crois pas que le socialisme s'imposera cette année (mais demain est un autre jour !)
Une approche de gauche proposera à présent le développement de forces de police de proximité nombreuses et localement bien intégrées.

Ceci étant dit, j'aimerais maintenant proposer une approche d'anticipation de l'apparition de la criminalité et de l'insécurité : le développement des arts martiaux (à ne pas confondre avec les sports de combat).
Je sais que nombre de gens vont simplement sourire à ces mots, toutefois, tout pratiquant d'arts martiaux ne peut que reconnaître la justesse de mon raisonnement.

En effet, les arts martiaux, qu'on pourrait par exemple enseigner durant la formation scolaire, sont porteurs d'un nombre immense de vertus.
Petite liste non exhaustive basée sur mon expérience personnelle (11 ans de kung-fu) :

- la maîtrise de soi
du corps, des mouvements, de sa coordination, de sa force, de son souffle, de la pose de sa voix
de l'esprit, de l'expression de ses sentiments, de ses pulsions, du stress

- le développement personnel
de ses capacités physiques (souplesse, musculation, équilibre, adresse, agilité, etc.)
de ses capacités intellectuels (concentration, mémorisation, anticipation spatiale, etc.)

- l'apprentissage d'un grand nombre de pratiques et de valeurs positives
la persévérance, la dextérité, l'esprit d'entraide, la coopération, le perfectionnisme, l'humilité, le respect

Les arts martiaux représentent un élément novateur que nous pouvons proposer au traitement politique de la thématique de la sécurité. Il me semble que pour une véritable prise en compte de leur apport à la société en politique, il faudra nécessairement la création d'un lobby des arts martiaux. Que ceux qui partagent ma foi dans l'apport bénéfique de la pratique artistique martiale me contactent, nous avons un réseau à créer !

14:20 Publié dans La sécurité & les arts martiaux | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : sécurité, gauche, arts martiaux, insécurité | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

09/10/2011

Indignation et mutation idéologique en Europe

Indignation et mutation idéologique en Europe

Cette année 2011, la social-démocratie est, symboliquement et idéologiquement, morte.

Que ce soit en Espagne, en Grèce, ou au Portugal, partout les gouvernement sociaux-démocrates de centre gauche ont échoué à gérer les crises (systémiques) auxquelles ils ont été confrontées.

Ainsi, on a pu voir que la social-démocratie ne fonctionnait pas, tant elle dépend du bon fonctionnement du capitalisme pour mener à bien ses politiques humanistes (qui péjorent ensuite la bonne marche du capitalisme... la boucle est bouclée!)

L'échec de la social-démocratie sonne évidemment le retour du socialisme sur le devant de la scène idéologique.
Ce socialisme prend la forme, présentement, d'un rejet total du capitalisme, sans que ce refus se concrétise encore formellement en un mouvement socialiste politique et idéologique à part entière.
On peut interpréter ainsi le mouvement des Indignés. Ces derniers rejettent avec fracas le capitalisme, mais peinent à proposer une alternative. C'est pourquoi, peu à peu, ils construisent à grands traits une utopie socialiste tout ce qu'il y a de plus concrète.

Ces mouvements des Indignés, essaimant dans tout l'Occident, annoncent la fin des compromissions de la gauche avec le capitalisme, et la fin des sociaux-libéraux vendus au capital (ces derniers ayant pullulé dans d'honorables partis de gauche ces dernières années).

Victoire de la gauche au Danemark, adoption du PS suisse du dépassement du capitalisme, mort du New Labour du centre-droitiste Tony Blair avec sa reprise en main par un proche des syndicats, et enfin, apparition du concept de démondialisation dans le discours du PS français.
Tous ces faits marquent la fin de la droitisation de l'Europe : le capitalisme libéral a suffisamment dégoûté les gens !

Les futures victoires électorales annoncées de la gauche en France (PS), en Italie (PD) et en Allemagne (SP) représenteront des situations importantes et intéressantes à observer pour se faire une idée de l'évolution idéologique de la gauche européenne.
Espérons que celle-ci suivra la ligne du socialisme et abandonnera le paradoxe perdu de la social-démocratie !

18:17 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : indignation, social-démocratie, socialisme, politique, europe, gauche | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

25/09/2011

Petit glossaire des idéologies traditionnelles version II

Petit glossaire des idéologies traditionnelles version II

Nationalisme de gauche : Adulation de la Nation, conservatisme, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), anti-capitalisme, ou anti-libéralisme.

(On citera en exemple Genève Non Conforme, Alain Soral ou encore le nazisme.)

Extrême gauche

Communisme libertaire ou anarchisme de gauche : Abolition de l'État et de la propriété privée, au profit de l'autogestion par libre association d'individus. Démocratie directe et participative.

Marxisme : Économie étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus, et dictature de classe. Système mis en place par la révolution.

 

Gauche

Socialisme : Économie étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus. Système mis en place par la démocratie.

Centre Gauche

Sociale-démocratie : Économie de marché (capitalisme), mais interventionnisme étatique, pour limiter les inégalités par les lois, les impôts, les taxes, etc.

Le Parti Socialiste (PS) et les Verts sont majoritairement sociaux-démocrates.

Centre

Mélange entre le social-libéralisme et la social-démocratie.

 

Centre Droit

Social-libéralisme  : Mélange entre le libéralisme économique et la sociale-démocratie.

Droite

Libéralisme économique : Économie de marché (capitalisme), pas d'intervention étatique. Très fortes inégalités. Mais pas de privatisation de l'État!

Extrême droite

Ultra-libéralisme : Économie de marché (capitalisme), privatisation partielle de l'État. Crée une société ultra-inégalitaire.

Néo-libéralisme : Ultra-libéralisme auquel on adjoint un État répressif (pénalisation de la société). La justice, la police et l'armée restent donc sous le contrôle de l’État (selon le Consensus de Washington), permettant ainsi de privatiser l'État-social et dans le même temps de réprimer la population précarisée par la disparition de la redistribution étatique.

Le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC) et les Verts Libéraux sont néo-libéraux.

 

Anarchisme de droite (aussi appelé anarchisme de droite, ou anarcho-capitalisme, libertarisme, ou libérisme, ou encore néo-féodalisme, ou tout simplement ploutocratie) :

Économie de marché (capitalisme), privatisation totale (abolition) de l'État. Crée à la longue une société ultra-inégalitaire dominée par une oligarchie (une caste de riches).

Le Tea-Party est majoritairement anarchiste de droite.

 

Nationalisme de droite : Adulation de la Nation, conservatisme, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), économie de marché (capitalisme) et libéralisme (ou une forme plus extrême du libéralisme). L'Union démocratique du Centre (UDC) est nationaliste de droite.

Version I :            http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443

13:20 Publié dans Idéologies politiques & projets de société | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : politique, idéologie, gauche, droite, centre | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg