08/02/2012

Modernité, planification, socialisme, communisme

 

Modernité, planification, socialisme, communisme

Dans l'état actuel de mes connaissances sur l'économie planifiée, j'arrive à la conclusion que ce type de mode de production peut très sûrement être davantage productif et efficient que le mode de production capitaliste, notamment grâce aux nouvelles technologies informatiques qui permettraient un calcul économique incroyablement précis et juste. Toutefois, cela nécessiterait un niveau de socialisation des forces productives extrêmement élevé, et donc un contrôle collectif sur l'individu relativement élevé.
Dans notre société moderne, l'individu me semble difficilement adapté à ce type de mode d'organisation sociale.
N'est-t-il pas pour autant adaptable ?
Après tout, un changement systémique implique de manière déterminée un changement collectif des mentalités individuelles et une adaptation par intégration au nouveau système.
Néanmoins, si l'on voulait faire preuve d'un certain pragmatisme, il faudrait bien admettre que une économie planifiée, même avec un modèle de propriété mixte et une décentralisation maximale, resterait relativement contraignant pour l'individu moderne.

Si l'économie planifiée est intéressante comme modèle, il faut se poser la question de savoir si nous ne pouvons atteindre nos buts d'émancipation de l'humanité de la domination capitaliste par d'autres moyens que ce type d'organisation sociale collectivement trop contraignante.
Il est certain que le capitalisme social-démocrate, empli de contradictions et en ce moment ravagé par l'austérité néolibérale, ne peut nous aider.
Ses limites sont trop évidentes à mes yeux.

Quant aux modèles socialistes utopistes, communistes, écologistes, ou anarchistes, je vois en eux une profonde inadéquation entre la réalité des esprits contemporains et l'organisation sociale et étatique moderne. Ces modèles sont en effet tous relativement communautaires, fondant l'organisation de la société sur une base de volontariat et d'affinités.
Mais la société moderne n'est pas communautaire du tout. Au contraire, elle organise les rapports sociaux sur la base des droits et des devoirs (le contrat social).
Le retour à un modèle communautaire ne me semble donc pas approprié à la réalité moderne, ni souhaitable, car toute organisation sociale sur des bases communautaires signifie un niveau de contrainte trop élevée pour l'individu.

Ainsi, le modèle le plus aisé à mettre en place (sans que cela remette au fond la souhaitabilité de l'économie planifiée), le modèle qui serait directement le plus adapté à notre société moderne, ressemble plutôt au socialisme de marché, modèle d'économie planifiée soft, proche des expériences du socialisme économique en ex-Yougoslavie.
Dans ce socialisme de marché, il y aurait donc une planification du secteur étatique (lui-même producteur en concurrence avec le privé), et une filtration politico-étatique des activités économiques selon un critère d'utilité sociale et écologique, mais on aurait bien à faire aux règles économiques du marché.
L'organisation des entreprises productives en coopératives autogérées permettraient d'assurer un niveau de démocratie très élevé, ainsi qu'une égalité des ressources optimale. Le contrôle étatique des licenciements et la socialisation de l'héritage permettraient aussi d'éliminer les dysfonctionnements sociaux.
Les banques (donc le crédit) étant sous contrôle de l’État, on pourrait démocratiquement contrôler le développement économique.
Enfin, la transparence totale permettrait d'éviter tout bureaucratisme ou toute corruption privée ou publique.


There are alternatives !

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Sur le socialisme de marché :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2012/02/03/le-soci...

Sur les avantages de l'économie planifiée :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2012/01/31/des-ava...







18:32 Publié dans Modernité & utopies | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : modernité, utopies, socialisme, communisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

21/10/2011

Historique et variations idéologiques du socialisme

Historique et variations idéologiques du socialisme

Le
marxisme prône la révolution des classes dominées (ne possédant que leur force de travail) contre les classes dominantes (possédant les moyens de production). Il s'agit de prendre par la force le pouvoir politique, et donc l’État, des mains des classes dominantes, afin d'établir une société égalitaire et sans classe. Le socialisme marxiste (la dictature des classes dominées) n'étant qu'une transition vers le communisme (la société sans classe). Le sens idéologique moderne du terme communisme se réfère aujourd'hui au marxisme originel.

Le
marxisme réformiste s'inspire d'une déclaration faite par Marx en Angleterre en 1852, selon laquelle les classes dominées pourraient fort bien établir une société sans classe en prenant le pouvoir politique par le jeu démocratique si le suffrage universel était instauré (à l'époque régnait encore le suffrage censitaire où seuls les plus riches votaient, car les classes dominantes se méfiaient déjà de la démocratie) et donc sans passer par la révolution. Le marxisme réformiste est la forme originelle et historique de la social-démocratie. Toutefois, le marxisme réformiste prend le sens idéologique moderne du socialisme.

La
social-démocratie, au départ découle du marxisme réformiste, mais elle a été par la suite et tout au long du XXème siècle vampirisée par un courant idéologique issu du nouveau libéralisme (ou social-libéralisme) qui prône l'intervention étatique dans le cadre capitaliste (selon une sorte de compromission entre libéralisme et socialisme). C'est pourquoi le sens idéologique moderne de la social-démocratie est extrêmement proche du social-libéralisme : quand on parle aujourd'hui de social-démocratie on ne signifie plus (au sens idéologique) marxisme réformiste, mais bel et bien social-libéralisme.

La difficulté découlant de cette analyse vient du fait qu'il semble délicat de différencier social-démocratie de gauche et social-libéralisme de droite. D'où la confusion moderne entre droite et gauche catégorisées comme
tous pareils et tous pourris.

On déduira de cette courte présentation que tout néo-socialisme passe nécessairement par un retour au marxisme réformiste (vu l'échec de la social-démocratie moderne comme on l'a vu en Grèce, au Portugal, et en Espagne).
Toutefois, l'héritage idéologique et expérimental de la social-démocratie moderne ne doit pas être perdu, mais doit servir à nuancer tout projet néo-socialiste trop catégorique dans ses moyens comme dans ses buts.

Enfin, tout néo-socialisme doit intégrer l'écologie politique (et sa forme moderne qu'est la
décroissance) ainsi que la mouvance altermondialiste, les deux courants allant de toute façon vers un champ de propositions idéologique fort proche.


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Source : Analyse historico-idéologique de John Dryzek et Patrick Dunleavy effectuée sur le socialisme (« Theories of the Demoacratic State »)

10:59 Publié dans Socialisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : histoire, idéologies, socialisme, social-démocratie, marxisme, réformisme, révolution, communisme | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg