23/02/2012

Nouvelle théorie néo-socialiste de la démocratie

Nouvelle théorie néo-socialiste de la démocratie


Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.

I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale

Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.

La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.

 

II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire

Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire au niveau des plus petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple (c'est à dire à tous les habitants du pays) la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.


III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne

Dans le cas (logique et inévitable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La démocratie représentative semi-directe(système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.


IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique

La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, les moyens de productions privées sont socialisés et le salariat aboli. Toute entité économique productrice devient une coopérative autogérée. Une planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel et planifie l'activité du secteur des coopératives productrices étatiques. Le secteur des coopératives productrices privées reste soumis au lois du marché. Toutefois, cette production privée reste néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités qui filtre les activités économiques contraires à l'intérêt social. L'héritage et le crédit (les banques) sont socialisés, et un contrôle étatique des licenciements est institué. La publicité consumériste est interdite. Une transparence économique totale est instaurée aussi bien dans le secteur privé que étatique. 
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage social des bénéfices du travail.


V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale

Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. 
La démocratie sociale est un garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (égalité sociale).


VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique

Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les capacités régénératives de la biosphère. Par une planification démocratique on s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.

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Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont la démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.

 

NéoSocialisme III.png


 

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21/02/2012

Étude des modes d'organisation socio-économique : dépassement

 

Étude des modes d'organisation socio-économique : dépassement

Je suis heureux d'arriver à un point dans mes recherches où je peux remettre en question ce que j'avais précédemment écrit.
En effet, l'étude des principaux modes d'organisation socio-économique m'amène à déclarer que : non, l'économie de marché ce n'est pas forcément le capitalisme, et non, l'économie planifiée ce n'est pas forcément le socialisme.

La question de la nature d'un mode d'organisation socio-économique réside dans le modèle de propriété réel de ce mode organisationnel et dans le caractère de l'organisation et de la division du travail.

Ainsi, l'on peut dire que le socialisme se caractérise par l'abolition du salariat et la socialisation des moyens de production. Ce qui signifie au final que le socialisme abolit tout rapport de domination ou d'exploitation de classe ou d'individu. La forme de propriété dans le socialisme, pour être réellement sociale, passe donc par la coopérative autogérée dans un système de marché, ou par l'entité étatique démocratique dans un système planifié.

Le capitalisme au contraire se caractérise par la domination d'une minorité sur une majorité. Cette minorité peut posséder les moyens de production soit par la propriété privée (comme aujourd'hui en Suisse), soit par la propriété étatique (comme en URSS où les moyens de production n'appartenaient que formellement à la population), il s'agit dans ce second cas de capitalisme d’État.

Quant à l''utilisation du marché ou de la planification, elle peut être le fait d'une organisation socio-économique socialiste ou capitaliste.

Enfin, il faut adjoindre à cette analyse un dernier élément essentiel : le caractère communautaire ou individualiste (moderne) de la société.

Afin de représenter mon analyse j'ai établi le tableau suivant :

Modèles économiques.png

 

 

 

 

10:55 Publié dans Modes d'organisation socio-économique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : mode d'organisation, société, économie, socio-économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

03/02/2012

Le socialisme de marché

 

Le socialisme de marché

Originellement la social-démocratie est constituée d'un courant marxiste réformiste tout à fait dans la ligne du socialisme. En cela, elle diffère du social-libéralisme qui n'est qu'une invention des penseurs libéraux pour pérenniser le capitalisme et la domination de classe. Il est toutefois difficile aujourd'hui d'imaginer la social-démocratie effectuer un grand retour aux sources. C'est pourquoi, je trouve intéressant de proposer à la social-démocratie une autre finalité que le capitalisme social-démocrate à la sauce scandinave : le socialisme de marché.

Dans le socialisme de marché, la propriété des moyens de production est privée et étatique.
Il n'y a pas de planification, mais seulement les lois du marché qui dirigent l'économie.

Toutefois, toute entreprise est une coopérative autogérée.

Par coopérative autogérée, on entend :
- une prise de décision collective dans la gestion et la coordination de l'entreprise.
- une égalité (selon un barème fixe, mais justes – par exemple 1 pour 5) des rémunérations
- un tournus dans les fonctions administratives/coordinatrices de l'entreprise.

Dans le socialisme de marché, l’État :
- contrôle que la production et les recherche soient socialement et écologiquement soutenables.
- contrôle les licenciements.
- socialise l'héritage.
- interdit la publicité consumériste.

L’État fonctionne ainsi comme un filtre aux lois du marché.

De plus l’État développe des entreprises étatiques de production (et non uniquement de service public) en concurrence avec les entreprises privées. Ceci afin d'assurer un maximum d'espaces économiques démocratiques, malgré les lois du marché.

En outre, les banques sont sous contrôle de l'Etat qui détient ainsi la gestion des mécanismes de crédit.

Par ailleurs, la transparence de toutes les activités économiques privées et étatiques est instaurée.


Le socialisme de marché me semble une alternative très concrète à l'économie de marché social-démocrate. Mais, faut-il pour autant le prôner davantage qu'un modèle d'économie planifiée ?

00:35 Publié dans Socialisme de marché | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : socialisme de marché, socialisme, marché, économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

02/02/2012

Les fondements de l'économie planifiée

 

Les fondements de l'économie planifiée

*
Du fonctionnement général de la planification

1. Récolte d'informations afin de connaître les besoins de tous.

2. Planification de la production en fonction des besoins.

3. Coordination de la production en fonction de la planification.

4. Production en fonction de la coordination de la production.

5. Distribution en fonction des besoins.

6. Consommation.

7. Feedback informatif.

8. Ajustement de la planification.

9. Nouvelle coordination de la production en fonction de l'ajustement de la planification.

Etc. (circularité)

* De la mobilisation des forces productives

La production ne se fait pas en fonction des forces productives, mais les forces productives sont faites en fonction de la production.
C'est exactement la même chose dans le capitalisme, sauf que ce dernier n'arrive jamais à une adéquation parfaite entre forces productives et production.
L'économie planifiée permet de mobiliser toutes les forces productives et de leur trouver une place adéquate dans le mode de production. L'efficience de l'économie planifiée devrait donc théoriquement être supérieure à celle de l'économie de marché en terme de mobilisation et de juste utilisation des facteurs de production.
Il y a concurrence entre individus dans la formation pour l'accès aux postes désirées. Il semblerait donc que la véritable méritocratie soit un paramètre de l'économie planifiée.

*
Des différents modes de production

1. Planification totale : propriété étatique des moyens de production. En théorie, le mode de production le plus à même de mobiliser parfaitement toutes les forces de production.

2. Planification semi-totale : propriété étatique et/ou privée (sous forme de coopérative autogérée) des moyens de production, mais planification de la production étatique et privée.

3. Planification mixte : propriété étatique et privée (sous forme de coopérative autogérée) des moyens de production. Planification uniquement des structures de production étatiques, et présence d'un libre marché pour la production privée.

4. Socialisme de marché.
(Un modèle que je développerai dans ma prochaine note.)

5. Économie de marché avec secteur public. (Modèle actuel)

6. Économie de marché totale (pure). (Modèle proto-néolibéral, voire libertarien).

02:06 Publié dans Socialisme & économie planifiée | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : économie planifiée, socialisme, mode de production, économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

31/01/2012

Des avantages de l'économie planifiée

 

Des avantages de l'économie planifiée

- La planification démocratique de la production permet de sélectionner quelle production est socialement et écologiquement souhaitable. Ainsi, contrairement au chaos capitaliste, on supprime le travail excessif en éliminant le travail qui sert à une production non souhaitable ou futile.
Résultat : un gain de temps libre pour les travailleurs.

- Grâce à la planification de la production en fonction des besoins, on supprime la publicité consumériste, ce qui permet de réaliser des économies.
Résultat : ces sommes pourront être intégrées à des activités économiques réellement utiles.

- L'économie planifiée permet de ne pas impacter écologiquement au-delà des capacités régénératives de la biosphère en sélectionnant un niveau d'activité économique soutenable.
Résultat : on règle la crise écologique.

- Dans l'économie planifiée, toutes les forces sont utilisées. Tout le monde œuvre en fonction de ses capacités et de ses souhaits (qui se traduisent par le choix de formation).
Résultat : il n'y a plus de chômage.

- La planification économique permet de supprimer les inégalités sociales, la rente managériale, et la rente actionnariale, en socialisant la propriété des moyens de production.
Résultat : la pauvreté est abolie.

- L'économie planifiée permet de libérer l'information en la collectivisant. Les coûts de recherche de l'information sont donc supprimées. L'imposition et la taxation se font en toute transparence.
Résultat : on peut réduire la bureaucratie.

- Grâce à l'économie planifiée et la libre information collective, la transparence est instaurée dans toute l'économie.
Résultat : la corruption est éliminée.

- Comme chacun a sa place dans l'économie planifiée, le stress au travail et les maladies qu'il induit sont supprimés.
Résultat : les travailleurs sont en meilleure santé et on peut économiser 10 milliards de frais de soin en Suisse.

- La planification de l'économie permet de supprimer la recherche non socialement et écologiquement utile.
Résultat : cet argent peut être investi dans la recherche vraiment utile.

En outre, avec toutes les économies qu'induit l'économie planifiée comparée à l'anomie capitaliste, on devrait pouvoir financer à la longue :

● la gratuité de la santé
● la gratuité de l'éducation
● la gratuité du logement
● la gratuité des transports publics
● un libre accès à la culture

19:09 Publié dans Socialisme & économie planifiée | Lien permanent | Commentaires (43) | Tags : économie planifiée, planification, socialisme, économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

09/12/2011

Théorie néo-socialiste de la démocratie

 

Théorie néo-socialiste de la démocratie

Ou comment organiser une société afin de maximiser la liberté, l'égalité, et l'autonomie de l'individu.

I. Démocratie (Liberté/autonomie) spatiale

Les conditions nécessaires à l'autonomie et l'indépendance de l'individu passent par l'établissement d'une société décentralisée et relocalisée au maximum possible. La décentralisation et la relocalisation des activités humaines (notamment politiques et économiques) permet de construire une liberté réelle pour la société et les individus. La décentralisation et la relocalisation induisent une autosuffisance collective maximale et une autosuffisance individuelle (capacités d'autoproduction) minimale, en tout cas au niveau des besoins fondamentaux. Une société relocalisée est une société à taille humaine où les liens sociaux sont renforcés, c'est donc une société conviviale. La décentralisation politique et économique signifie une organisation de la société contre-pyramidale, en partant de sa base, avec une division par degré d'échelle (quartier ou village, commune, canton, et fédération) du niveau de prise de décision.
La démocratie spatiale est une première condition fondamentale à toute construction sociale visant à maximiser l'autonomie et la liberté de l'individu.

II. Démocratie (Liberté/autonomie) populaire

Grâce à la décentralisation et à la relocalisation, on peut tendre vers la
démocratie directe par l'instauration généralisée d'assemblées populaires de quartiers ou de villages (c'est à dire de petites entités politiques). La démocratie directe permet de donner directement au peuple la possibilité de décider des décisions collectives qui le touchent justement directement, sans passer par une délégation de sa souveraineté politique. A ce niveau d'échelle, un fonctionnement de prise de décision par consensus est envisageable.
La démocratie populaire établit un degré basique de liberté et d'autonomie pour la société et l'individu.

III. Démocratie (Liberté/autonomie) citoyenne

Dans le cas (probable) où des espaces communs de prise de décision politique subsistent à une échelle supérieure à celle de la plus petite entité politique (ceci malgré la décentralisation et la relocalisation maximale possible), alors il faut passer par un processus de délégation politique. La
démocratie représentative semi-directe (système helvétique) doit alors être combinée à la démocratie athénienne (par tirage au sort). 50% des députés doivent être élus, et 50% doivent être tirés au sort. Les outils de la démocratie directe (droit d’initiative populaire et droit de référendum) restent bien entendu en place. Le tirage au sort (sur la base du volontariat et du parrainage citoyen) permet d'éviter que les plus riches, ou que les orateurs les plus talentueux ou les plus charismatiques, ne soient systématiquement élus. Il règle le problème de l'élitisme qui est caractéristique de nos sociétés contemporaines où le pouvoir politique est concentré dans quelques mains.
La démocratie citoyenne est un rouage essentiel de l'organisation sociale pour corriger le système politique contemporain et ses déficiences, et fonder une véritable égalité politique.

IV. Démocratie (Liberté/autonomie) économique

La seule structure économique soumise à la démocratie (à la prise de décision collective) étant l'outil étatique, l'économie privée est étatisée (socialisée). Seules les petites entités économiques restent sous contrôle privé. La
planification démocratique et décentralisée définit ce qui est nécessaire à l'accomplissement du bonheur collectif et individuel. Toutefois la planification démocratique de la production des grandes structures étatiques se fait à partir de la libre production privée des petites entités. La production des petites entités privées restent néanmoins soumises à une planification possible et à un contrôle démocratique sur leurs activités. C'est le principe d'une économie planifiée mixte : au lieu d'avoir une production privée et publique dans un système d'économie de marché, on instaure une production privée et publique dans un système d'économie planifiée.
La démocratie économique permet d'en finir avec la domination d'une minorité possédante (moyens de production, capitaux, et fortune) sur une majorité non possédante. Par la démocratie économique, la majorité se réapproprie son
droit à s'autodéterminer (égalité économique) et acquiert la liberté de jouir d'elle-même sans devoir se vendre aux possédants. Par ailleurs, l'expropriation capitaliste par la plus-value est ainsi stoppée, au profit d'un véritable partage des bénéfices du travail.

V. Démocratie (Liberté/autonomie) sociale

Les activités humaines socio-économiques se fondent sur le modèle de
l'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif). L'autogestion définit un tournus des tâches dans l'organisation du travail, et une prise de décision collective dans les choix économiques. Par l'autogestion de l'organisation du travail, on s'assure qu'une prise de décision partagée, directe, et collective (donc démocratique) soit toujours en place dans la société, quelle que soit la structure concernée. Bien entendu, cette mesure protège évidemment en premier lieu les travailleurs des petites entités privées.
La démocratie sociale est une sorte de garde-fou démocratique pour préserver les droits des travailleurs de toute dérive (
égalité sociale).

VI. Démocratie (Liberté/autonomie) écologique

Les activités humaines sont fondées sur le principe d'auto-limitation et de simplicité volontaire.
L'impact écologique des activités humaines ne doit pas dépasser les
capacités régénératives de la biosphère. La planification démocratique s'assure donc que ces principes sont respectés, car toute l'organisation de la société dépend de ceux-ci. En effet, la liberté humaine et son autonomie ne sont possibles que si son environnement se maintient de manière pérenne.
La démocratie écologique est la condition non négociable à toute construction collective et politique.

________________________________________________________________________________

Comme on peut le voir, dans le néo-socialisme, la démocratie amène à l'autonomie/indépendance, qui amène à la liberté, qui amène à l'égalité pour parvenir à l'harmonie collective, individuelle et écologique.
Au final, ces grands principes axiologiques, que sont l
a démocratie, la liberté, l'autonomie et l'égalité, s'équivalent.

Equilibre pluri-démocratique néo-socialiste II.png

 

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20/11/2011

Économie néo-socialiste

Économie néo-socialiste

Document appelé à évoluer

Il n'y a pas de dépassement du capitalisme possible, pas de solutions aux crises que traversent l'Europe, pas de solution à la crise écologique, sans une économie planifiée.

Comme il existe un grand nombre de modèles de capitalisme (du capitalisme social-démocratie au capitalisme ultra-libéral), il existe de même de nombreux modèles d'économie planifié.

Deux critiques faites à l'encontre de l'économie planifiée ne manquent pas de justesse et c'est pourquoi elles appellent des réponses :

- A la critique de Hayek sur l'incapacité des structures étatiques à accéder à l'information à temps, on répondra par une nécessaire décentralisation spatiales et économiques (logistiques).

- A la critique général sur le caractère contraignant de l'économie planifiée, on répondra par une économie mixte et démocratique.

Le modèle d'économie planifiée que je soutiens s'inscrit donc (et c'est essentiel) dans mes 6 principes fondamentaux du néo-socialisme :

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/22/princip...

Le néo-socialisme doit rompre avec le socialisme scientifique (le marxisme classique et ses dérivées léninistes, trotskistes, maoïstes, cubains et même néo-marxistes), aussi bien que du socialisme utopiste trop communautariste.
Le dépassement de la social-démocratie est induite par la logique du dépassement du capitalisme.

Le modèle d'économie planifiée néo-socialiste est un modèle mixte :
Les grandes structures économiques (nécessaires à la bonne marche de l'économie, puisque les autres grandes structures sont décentralisées) sont sous contrôle étatique/collectif, mais les petites entités (paysans, artisans, indépendants, petits producteurs, etc.) restent sous contrôle privé.

La liberté d'entreprendre subsiste donc. Toutefois, le principe d'autogestion égalitaire (égalitarisme relatif s'entend) assure un fonctionnement démocratique dans ces petites structures privées. De plus, l'intervention étatique/collective tend à contrôler l'activité économique privée pour éviter tout abus.

La planification (décentralisée) doit prendre d'abord en considération la production (libre) des petites entités privées, et ensuite, définir la production des grandes structures économiques collectives.

Le crédit n'est accessible que par les banques (décentralisées), soumises au contrôle collectif (démocratique) évidemment.

L'économie sert essentiellement à combler les besoins des individus, ou leurs envies immatérielles. Les envies matérielles sont soumises au principe d'auto-limitation (démocratie écologique), ce qui ne veut pas dire qu'elles soient in-envisageables dans l'absolu, mais qu'elles doivent être écologiquement réfléchies (principe utilitariste à mon sens).

Les prix sont fixés en fonction de la quantité de travail (présente et passée) contenu dans chaque production.

L'économie est centré sur son développement interne (intérieur) : elle tend vers une autosuffisance de la production fondamentale. L'auto-production individuelle est donc encouragée (nouvelle division du travail). Le protectionnisme peut aussi être souhaitable selon les cas.

*

Comme on peut le voir, une économie néo-socialiste est un équilibre qui respecte l'individu sans toutefois permettre à certains de péjorer la collectivité.
Avec ses 6 principes démocratiques, elle résistera à toute tentation autoritaire ou élitiste.

Il est temps d'être un peu ambitieux si l'on veut en finir avec notre capitalisme archaïque, incapable d'assurer l'avènement d'une véritable société du bonheur ! 

17/11/2011

Crise économique et austérité

Crise économique et austérité

Selon l'économiste Julien Bonnet :

« La vraie cause du chômage, ce sont les gains de productivité colossaux enregistrés depuis les années 1970. La productivité a été multipliée « seulement » par 2 entre 1820 et 1960, puis par 5 depuis 1960 grâce à la multiplication des robots et des ordinateurs. »

L'économiste Denis Baba revient, quant à lui, sur cette notion d'augmentation de la productivité du travail dans un de ses derniers articles :

« A compter de la fin des années 1960, la productivité du travail est tellement importante que le nombre d'heures travaillées collectivement devient insuffisant pour valoriser le capital accumulé par les entreprises. Sur notre planète économique, il n'y a plus assez de travail pour rentabiliser le capital. »

Car « pour fonctionner correctement une économie de marché doit mobiliser toujours plus de travail productif, c'est à dire du travail mis en œuvre pour rentabiliser le capital des entreprises (...) afin de garantir les taux de profit. »

Quand la productivité du travail est trop élevée (phénomène renforcé par la révolution numérique et technologique), les entreprises qui le peuvent vont chercher le travail là où il coûte le moins cher (en Chine, au Brésil, ou en Inde). Mais même ainsi, nous dit Denis Baba, il est impossible de restaurer les taux de profit.

Alors les entreprises se tournent vers la spéculation.

« En 2006, officiellement la moitié des bénéfices des entreprises multinationales américaines était de nature spéculative. »

« Les titres financiers ne valent rien d'autre que la confiance qu'ont les autres acteurs du marché dans la poursuite de la hausse des prix. Et seule celle-ci permet de rembourser les emprunts. A partir de 2007, en Occident, les défauts de paiement sur le marché des crédits hypothécaires aux États-Unis provoquent l'explosion de la bulle : les dettes ne peuvent plus être remboursées à cause de la baisse des prix des titres financiers. »

« Il est maintenant évident que l'argent créé par la bulle financière ne vaut rien car il ne correspond à aucune valeur économique, à aucun travail. Il n'a certes jamais rien valu mais maintenant plus personne ne peut faire semblant du contraire. Une crise financière c'est la chute vertigineuse des valeurs spéculatives des titres financiers et donc de l'économie marchande qu'elle soutenaient.
Mais la crise économique n'a pas son origine dans la finance ou dans les banques. Pas du tout. La folie de la finance n'est que la conséquence de la crise de l'économie : l'impossibilité de continuer à faire des profits et de la croissance sans le soutien de la bulle spéculative. »

Cette crise économique découle donc des logiques propres au système capitaliste et à ses propres limites internes ou fonctionnelles (systémiques).

Le système économique capitaliste étant en danger, les gouvernements européens, soumis aux classes dominantes (ou aliénés par l'idéologie libérale dominante), sont intervenus pour le sauver.
Pour cela, ils ont dû s'endetter, et à présent ils sont incapables de maintenir, dans le cadre des limites du capitalisme, un Etat-social correct.

Au contraire, ils se retrouvent à appliquer avec violence des politiques d'austérité et de réduction de l'Etat-social !

La conclusion logique de tout ceci, comme je l'ai démontré dans mes notes précédentes, consiste en un renversement des classes dominantes par les classes moyennes et précarisées.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/11/07/lutte-d...

Toutefois, le capitalisme pourrait fort bien se maintenir en mutant en une forme davantage dictatoriale et autoritaire où toute contestation se verrait réprimée. L'élitisme contenu dans le libéralisme offre d'ailleurs une base théorique à ce type de transformation répressive.

C'est pourquoi les forces de gauche doivent impérativement accéder au pouvoir et sortir du capitalisme par une transition vers une économie (néo)socialiste !


"L'Histoire ne fait rien, c'est l'homme, réel et vivant, qui fait tout." K. Marx



04/11/2011

La social-démocratie en question

La social-démocratie en question

Au XXème siècle, l'extension des idées marxistes dans le monde force les penseurs libéraux à répliquer. C'est pourquoi ces derniers théorisent un compromis entre socialisme et libéralisme : le social-libéralisme.
Cette idéologie prône l'intervention et la régulation de l’État dans le cadre du capitalisme pour limiter et réduire les inégalités socio-économiques. Il s'agit donc d'établir une forme d'efficacité productive équitable.

Cette idéologie (renforcée par le keynésianisme) va remporter un immense succès en convertissant progressivement la majeure partie des social-démocrates, alors marxistes réformistes.

Depuis ce moment, cette idéologie peut être séparée entre deux courants proches : le social-libéralisme (de droite) et la social-démocratie (de gauche).
Toutefois, il n'y a pas de différence fondamentale au niveau socio-économique entre ces deux courants idéologiques. Au niveau politique, la social-démocratie est classée au centre gauche, et le social-libéralisme au centre droit.

Deux principales critiques existent au sujet de la social-démocratie :

La première, marxiste, dénonce le fait que la social-démocratie et son Etat-providence empêche la polarisation sociétale nécessaire à la mobilisation des classes dominées pour que ces dernières se soulèvent et renversent les classes dominantes.

La seconde, néo-libérale (voire libérale classique), prétend que le défaut du social-libéralisme réside dans son improbable pérennité. Car toute intervention étatique visant des buts humanistes affaiblit l'efficacité du capitalisme et réduit la production de richesses.
Avec la réduction des richesses, l’État s’appauvrit et se retrouve dans l'incapacité d'intervenir. Il lui faut donc s'endetter pour financer de nouvelles mesures humanistes et par là réduire l'efficacité et la production de richesses. C'est un cercle vicieux.
Leur solution consisterait à revenir à un libéralisme classique offensif : le néolibéralisme (et ses formes voisines), seul à même de rétablir la bonne marche du capitalisme.

Aujourd'hui, on peut constater avec l'exemple scandinave, les bons résultats obtenus par la social-démocratie.
Toutefois, l'exemple actuel des pays sud-européens pourrait prouver la critique néo-libérale.

En réalité, la situation scandinave permet de se rendre compte des limites de la social-démocratie : on a certes atteint une situation de progrès humain importante, toutefois il est difficile d'aller encore plus loin dans l'égalitarisme et la justice sociale. C'est l'optimum limité de la social-démocratie.
Si on veut tendre vers une société plus juste, davantage égalitaire, il est alors nécessaire de passer au socialisme démocratique.

Quant à la situation sud-européenne, elle montre l'échec possible de la social-démocratie quand un certain nombre de facteurs péjoratifs sont réunis (par exemple pour la Grèce : forte évasion fiscale, fortes dépenses militaires, fort soutien financier au clergé).
Dans ce cas-là, la seule solution humaniste est le socialisme. L’État manquant de recettes, il faut en effet nécessairement étatiser des entreprises rentables pour maintenir l'Etat-social et l'étendre.

En conclusion, on peut définir la social-démocratie comme un juste but à atteindre, mais non comme la finalité de notre action. L'idéal auquel nous devons tendre restant le socialisme démocratique.

28/10/2011

Libéralisme ou libéralisme ?

Libéralisme ou libéralisme ?

Lorsqu'on emploie le terme de libéralisme aujourd'hui, il est difficile de savoir exactement quel sens on lui donne, car ce terme recoupe des notions différentes. Petit tour de la question :

Originairement, le libéralisme philosophique s'est incarné en un mouvement politique qui renversa le féodalisme et transforma le système économique (qui était le mercantilisme durant l'époque féodale). L'analyse marxiste qualifie ce mouvement historique de révolution bourgeoise.

Le libéralisme politique (ou philosophique) a amené de nombreux bienfaits comme les droits fondamentaux (les droits de l'Homme), l'égalité politique, ou la liberté d'expression.
Selon la philosophe libérale, Catherine Audard, le libéralisme politique s'est aujourd'hui fondu dans le champ politique et idéologique européen.
En ce sens, quand on parle maintenant de libéralisme, on n'entend pas par là défendre les acquis du libéralisme politique, puisque ceux-ci vont de soi (bien que la signification qu'on leur donne varie).

Les acteurs politiques (de droite) qui se disent de nos jours les tenants du libéralisme font sémantiquement (et parfois idéologiquement) une référence historique au libéralisme politique.
Toutefois, le sens contemporain du terme libéralisme, celui que défendent les acteurs politiques dits libéraux, est celui du libéralisme économique.
Par libéralisme économique, on doit comprendre de manière assez simpliste, qu'il s'agit de réduire l'intervention de l’État (et donc du politique et de la démocratie) dans la sphère économique, ceci afin de laisser le plus de marge de manœuvre à l'économie de marché (au capitalisme).


A gauche, on entend aussi quelquefois des acteurs politiques employé le terme de libéralisme. Dans ce cas, il s'agit en fait de soutenir le libéralisme des mœurs, comme le mariage homosexuel, ou la légalisation des drogues.

Ceci étant dit, on retiendra donc que lorsque l'on parle de Libéraux (c'est à dire l'ensemble de la droite) aujourd'hui, il s'agit des ennemis de l'Etat-social (et donc des classes précarisées ou moyennes), et des suppôts du pire des capitalismes.

17:42 Publié dans Libéralisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : libéralisme, politique, économie, moeurs, etat | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

26/10/2011

Le mythe mensonger du capitalisme vert

Le mythe mensonger du capitalisme vert

Comment analyser la « victoire » des Verts Libéraux aux élections fédérales ?

Après tout, le capitalisme vert est prôné par l'ensemble de la droite, par une partie des Verts, et par une partie du PS.

En soi, le résultat démontre simplement que une partie des Suisses qui votaient pour les Verts désiraient voter pour la cause écologique, mais que lorsqu'ils ont pu voter pour la cause écologique ET le libéralisme économique, alors ils ont préféré les Verts Libéraux.

Les Verts Libéraux défendent-t-ils la cause écologique ?
Ou plutôt : peut-on être en faveur du libéralisme économique (de la non intervention de l’État) et de l'écologie ?

Si je répondais oui, cela signifierait que je pense que en ne faisant rien les crises écologiques se résoudraient d'elles-mêmes. Cette position est particulièrement non pertinente quand on voit que la situation écologique va de mal en pis.

La vraie question est donc : capitalisme et écologie sont-t-ils compatibles ?

Le moteur du capitalisme c'est le productivisme, c'est à dire le toujours plus. Il faut toujours plus consommer, donc toujours plus produire, donc toujours plus travailler ; bref il faut de la croissance économique.
Cependant, croissance économique constante et écologie sont antinomiques !

La seule économie qui est écologique (ou écologiquement soutenable) est celle dont l'impact écologique ne dépasse pas les capacités de régénération de la biosphère. Ce type d'économie peut croître ou décroître, mais à l'intérieur de cette limite naturelle.
Le fondement de l'écologie politique vise donc à amener l'économie à décroître (en privilégiant l'essentiel sur le futile) jusqu'à ce que son impact écologique soit inférieur aux capacités régénératives de la Terre.

Une écologie politique qui viserait à croître sans cesse est un oxymore absurde ! Une invention typique des penseurs libéraux au service des intérêts des classes les plus riches !
Car « l'avantage » d'une économie productiviste, c'est qu'en augmentant sans cesse la taille du gâteau, il y a suffisamment de miettes pour contenter les plus pauvres sans avoir besoin de partager.
L'écologie libérale est donc de nature non partageuse, égoïste, et servile.

Certains à gauche ont trop longtemps cru dans ce mythe de capitalisme vert !
Les penseurs libéraux ont attaqué l'écologie politique pour mieux désarmer son potentiel révolutionnaire. Aujourd'hui, il s'agit pour la gauche de répliquer avec force en se ralliant derrière la bannière de l'anti-productivisme !

Si la gauche ne se rallie pas maintenant à l'anti-productivisme, elle sera incapable d'anticiper la prochaine mutation de l'idéologie libérale : à savoir, son adhésion au malthusianisme (« solution » dans la logique libérale, pour préserver le capitalisme et éviter tout partage !)

UNE CROISSANCE ECONOMIQUE VERTE ILLIMITEE EST IMPOSSIBLE DANS UN MONDE AUX RESSOURCES LIMITEES !!!

13:14 Publié dans Capitalisme vert | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : capitalisme, vert, écologie, libéralisme, anti-productivisme, économie, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

19/10/2011

Comment le capitalisme détruit la liberté et l'autonomie de l'individu – 2ème partie

Comment le capitalisme détruit la liberté et l'autonomie de l'individu – 2ème partie

1ère partie : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/16/comment...

Quelle alternative à la centralisation capitaliste ?
En toute et bonne logique : la décentralisation socialiste !

L'échec du socialisme productiviste (qualifiable aussi de marxisme ou de socialisme scientifique) tient en (large) partie du fait qu'il fonde son système sur la centralisation (et la spécialisation de la production par régions sur un modèle organiciste).
Il s'agit aujourd'hui de proposer un système différent, véritablement émancipateur et libérateur pour l'être humain, loin de toute théorie en faveur de la centralisation.

Concrètement, quand on parle de décentralisation, il s'agit de relocaliser les activités humaines, et, de manière essentielle, les activités politiques et économiques.

Si l'on veut une économie a-croissante et non productiviste, c'est à dire une économie qui ne consomme pas davantage que les capacités régénératives de la biosphère, alors la relocalisation économique est la solution. La crise écologique trouve une large partie de sa résolution avec ce concept de décentralisation économique, car dans des sociétés décentralisées, les capacités d'autoproduction et d'autosuffisance doivent être nécessairement (question de faisabilité pratique) poussées au maximum envisageable (ce qui permet d'éliminer les transports polluants et de solutionner la question de la raréfaction croissante et inévitable des ressource naturelles).

En outre, la planification décentralisée offre la possibilité de produire au plus près des besoins, et donc de bâtir une société du bon usage et non plus du gaspillage consumériste et matérialiste.

Par ailleurs, la décentralisation permet de limiter la nécessité de l'intervention de l’État, car plus la société (prise dans son ensemble) est décentralisée, moins l’État a besoin d'intervenir et d'être présent, vu que les structures de l'économie privée restent des structures décentralisées (donc supposées prêtes techniquement et fonctionnellement à fonctionner en autogestion).

D'autre part, pour autonomiser un maximum l'être humain, il faut lui donner les moyens réels de se prendre en charge.
Décentraliser la prise de décision politique permet de construire une société indépendante, libre et mature. Dans les faits, on donnera davantage de compétences d'abord au niveau du quartier, puis de la commune, ensuite du canton, et enfin de la confédération.
Idéalement, la prise de décision démocratique devrait pouvoir se faire sur le modèle des assemblées de quartier. Mais la démocratie directe pure est délicate à instaurer (on ne peut que difficilement imaginer décentraliser systématiquement de manière à éviter une échelle commune plus élevée que celle du quartier). Il est donc possible que l'on en reste à une démocratie semi-directe (à laquelle on pourrait fort bien adjoindre un tirage au sort partiel des députés).

Enfin, on notera que le lien social se trouve revigoré dans une société décentralisée, vu que les individus auront enfin la possibilité de se connaître (de par les limites physiques).

En conclusion, il est important de prendre en compte que cette notion de décentralisation est fondamentale pour toute régénérescence d'une idéologie socialiste, tant elle permet de se différencier du socialisme productiviste ou marxiste (qui n'ont su amener qu'au capitalisme d'Etat). La décentralisation est donc la première pierre des principes de base d'un socialisme post-marxiste, anti-productiviste, et post-social-démocrate.

03/10/2011

Je suis candidat !

J'ai le plaisir de vous annoncer que, non content de rédiger des tas de notes politiques sur ce blog, je suis aussi engagé concrètement en politique.
Ainsi, je m'engage au sein de la Jeunesse Socialiste Genevoise (JSG), dont je suis le secrétaire.
En outre, j'ai été désigné, avec Romain de Sainte-Marie et Olga Baranova, comme candidat au Conseil National sur la liste (21) des Jeunes Socialistes.

La Jeunesse Socialiste Genevoise représente l'aile gauche du PS, c'est à dire que bien entendue elle adhère à son programme, mais désire aller plus loin et plus rapidement en direction du socialisme. Je pense pouvoir dire (et cela ne surprendra sûrement pas ceux qui me lisent régulièrement) que je représente l'aile gauche de la JSG. D'ailleurs, la citation que j'ai adopté sur nos flyers est la suivante : « Non seulement je ne suis pas modéré, mais j'essayerai de ne jamais l'être. » (Che Guevara)

Par ailleurs, je me suis engagé au sein du mouvement des Indignés genevois, même si malheureusement le mouvement n'est actuellement plus très actif (la coupure de l'été je suppose).
Bien sûr, je suis membre du Réseau Objecteur de Croissance genevois, car la décroissance est un pilier de ma réflexion et de mon engagement politique.

D'autre part, je suis le fondateur de la Gauche des collèges de Genève (rebaptisée plus tard Gauche du Post-obligatoire genevois), groupement des jeunes de gauche des collèges (puis incluant l'ECG) qui se bat pour pousser les jeunes à s'engager selon nos idéaux humanistes.

Enfin, je terminerai cette courte présentation de mon engagement politique, en ajoutant que j'ai 20 ans et que je suis étudiant en première année de Science Politique à l'Université de Genève.

http://jsg.blog.tdg.ch/archive/2011/09/26/l-affiche-de-la...
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En tant que socialiste post-marxiste et démocrate, je ne peux qu'adhérer au programme du PS et de la JS. Il me semble d'ailleurs extrêmement nécessaire que le PS et ses alliés (Verts et extrême gauche) obtiennent une majorité à l'Assemblée fédérale. Bien que cela représenterait une première historique en Suisse, je suis convaincu que cela finira par arriver d'ici quelques années si ce n'est pas à cette élection précisément.
Toutefois, je désire à présent proposer quelques mesures qui sortent éventuellement quelque peu du cadre des programmes actuels du PS et même de la JS, mais qui me semblent être néanmoins tout autant importantes :

- Écart salarial maximal de 1 à 5 dans toutes les structures économiques,
avec un salaire minimum de 4000 francs.
Ainsi, le maximum mensuel que pourra gagner un manager sera de 20'000 francs, somme déjà fort rondelette.

- Instauration de l'Allocation Universelle :http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/28/l-alloc...

- Expérimentation : Certains secteurs publics fonctionneront en autogestion (tournus des fonctions et rémunérations identiques sur la base du partage égalitaire des bénéfices).
Cette expérience devrait se faire sur la base du volontariat.


- Création d'un mécanisme d'expropriation automatique des zones villas lorsqu'il y a pénurie de logement et construction de logements étatiques.
Les logements étatiques appartiennent indéfiniment à l’État (y compris les HLM ou HBM).

- Étatisation des banques : le peuple doit pouvoir bâtir la société qu'il désire et pour cela il doit pouvoir décider du crédit à travers des banques étatisées.

- Création d'un organe de contrôles des licenciements.

- Réduction du temps de travail à 32h par semaine. Travailler moins pour vivre mieux!
Travailler moins pour partager le temps de travail.

- Expérimentation : 10% des députés devront être tirés au sort parmi la population dans tous les parlements, seuls 90% des députés seront élus. On peut imaginer changer ces 10% chaque année pour ne pas nuire à leur activités courantes. Si l'expérience est un succès, alors on pourra envisager d'augmenter ce pourcentage de députés tirés au sort.
Cette part de démocratie athénienne permettra d'améliorer notre démocratie et de lutter contre la professionnalisation des politiciens.

- Gratuité des Transports publics et extension de l'offre, financées par une taxation des véhicules motorisés, de l'aviation et des carburants. Il s'agit d'en finir avec la civilisation de la voiture, de développer le lien social et de renforcer la lutte écologique.

- Interdiction de la publicité consumériste (mais pas de la promotion artistique ou culturelle, ou de la promotion anti-tabac évidemment). Il s'agit de s'attaquer au moteur du productivisme : la société de consommation, le consumérisme matérialiste et son rouage qu'est l’obsolescence programmée.

- Création d'un Service fédéral d'échanges libres (SEL) : il s'agit d'encourager l'échange de biens et de services sur des bases non monétaires, et de créer du lien social.

- Autosuffisance alimentaire à 100%, basée sur une agriculture biologique et agro-écologique, c'est à dire ne contenant ni pesticides, ni engrais, et ne dégradant pas les sols.
En partant du taux actuel de 60%, il faudrait développer des jardins communaux, publics, ou associatifs, encourager la culture auto-productrice individuelle, construire des toits végétalisés, créer des potagers dans les lieux d'éducation et de formation, limiter notre consommation carnée, et simplement remplacer les structures économiques futiles (usine à Ipod par exemple) par des zones agricoles.
Assurer notre auto-suffisance est essentiel vu le futur qui nous attend : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

Vous trouvez que les mesures que je propose risque d'augmenter les frais de l’État ?
Voici comment multiplier ses recettes :
- Taxe sur les transactions financières (vive l'économie réelle!)
- Sortie du FMI (marre de participer aux plans de privatisation de l'Etat-social), donc arrêt du financement suisse de cette organisation.
- Taux de TVA diversifiée sur les produits de luxe.
- Progressivité de l'impôt augmentée (notamment sur l'héritage).
- Déplafonnement de l'impôt (notamment sur l'héritage).
- Étatisation de secteurs rentables de l'économie privée pour en étatiser les bénéfices.



Voilà, si je vous ai convaincu,
ne votez pas pour moi, mais...
devenez militant !

Seul un mouvement social fort changera cette société !

Et ce mouvement social,
c'est vous,
c'est moi,
c'est nous !!

15:19 Publié dans Qui suis-je? | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : politique, socialisme, économie, engagement | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

02/10/2011

FREE in Socialism

 

FREE in Socialism

Ce texte se base sur ma critique du capitalisme et du productivisme.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/30/lost-in...

Il reprend la théorie sur le socialisme que j'ai développé auparavant.

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/27/le-soci...

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Comment dépasser le capitalisme : processus de transition vers un projet de société alternatif.

I) Première étape pour commencer un douceur : un capitalisme social-démocrate. C'est à dire un fort interventionnisme étatique (lois, règles, taxes, impôts, services publics étendus et forts, etc.) dans un cadre capitaliste. On s'opposera alors à tout libéralisme économique. Les logiques socialistes de la social-démocratie (redistribution des richesses, justice sociale, égalité) permettent déjà d'appréciables améliorations, même si à la longue la social-démocratie se heurte à ses limites (qui sont les limites de sa dépendance au bon fonctionnement du capitalisme alors qu'elle le péjore par son interventionnisme étatique).

II) Dans un second temps, on passera à une social-démocratie étatiste, c'est à dire qui étend les secteurs de l'économie privée sous contrôle de l’État. Attention, il ne s'agit pas simplement d'avoir des services publics développés, mais d'étatiser des entreprises rentables pour en étatiser les bénéfices. Ces bénéfices permettent ensuite de financer de nouvelles logiques socialistes. Bien entendue, le contrôle de plus grandes parts de l'économie privée permet d’améliorer les conditions de travail des travailleuses et travailleurs. Dans les secteurs étatisés on instaurera l'autogestion (démocratie directe économique).

III) A présent, il s'agit d'étendre le contrôle étatique à toutes les grandes structures de l'économie privée. Toutefois, ce n'est nullement un dogme, nombre de structures économiques de petite taille peuvent fort bien rester privées (par exemple la paysannerie, les artisans, les indépendants, etc.)
A ce stade, le peuple est normalement libéré de la domination d'une minorité possédante. Maître de ses choix, il peut agir sur la société dans le cadre démocratique sans subir la domination d'une dictature des plus riches qui détruisent la démocratie. L'économie étatisée dans un cadre démocratique permet donc de libérer l'individu.

IV) Le contrôle de l'économie par la volonté populaire permet de planifier l'organisation économique. La planification (qui prend comme valeur des choses le travail) offre la possibilité de définir démocratiquement quel type de production et de consommation sont nécessaires pour combler les besoins (et non les envies) de chacun. Il s'agit de planifier la production en prenant en compte les limites des ressources naturelles et le respect de la biosphère.

V) Dans ce cinquième temps, on aura à cœur de donner davantage de liberté aux individus en décentralisant les activités humaines. La décentralisation économique (comprenant une planification décentralisée) et politique (le pouvoir au quartier, puis à la commune, puis au canton, puis à la confédération), donne toute son autonomie à l'individu. La démocratie directe pure (sans représentation) au niveau du quartier, voire de la commune, est souhaitable. La décentralisation permet de construire une société indépendante, auto-suffisante au maximum, avec de grandes capacités auto-productrices. Construire une société à taille humaine, c'est autonomiser l'être humain.

VI) Et nous y voilà ! Transition terminée.
Dans ce système socialiste abouti, l'individu est véritablement libre et autonome.
A partir de ce système, toutes les conditions seront réunies pour créer la société idéale.

Bon, j'ai beaucoup parlé de projet de société, parce que plus grand monde n'en parle aujourd'hui. Mais pour le moment je pense avoir fait un premier tour de la question. Je reviendrai donc prochainement avec une proposition de programme politique pour un autre monde, car il y a les rêves et les utopies, mais il y a aussi la politique concrètement et les mesures qu'il faut soutenir dans l'immédiat pour entamer une transition vers une société alternative.

« Il n'y a qu'une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d'impôts. »

« La propriété privée nous a rendu si stupides et si bornés qu'un objet n'est nôtre que lorsque nous le possédons. »

« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, il s'agit maintenant de le transformer. »

Karl Marx

 

18:26 Publié dans Socialisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : socialisme, société, liberté, politique, économie, transition | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

01/10/2011

LOST in Productivism

LOST in Productivism

Les pics d'exploitation des ressources rares se succèdent depuis que l'être humain a vendu son âme au capitalisme productiviste.
Petit retour en arrière de cette évolution du développement humain mis en évidence par Alain Gras.


Pendant toute l'histoire humaine pré-productiviste, l'humanité a utilisé sa propre énergie, celle des animaux, celle de l'eau ou du vent (avec les moulins par exemple), celle du soleil, et bien entendue celle obtenue par l'utilisation du bois. Vers la fin du Moyen-Âge, la civilisation humaine est à deux doigts de s'écrouler : nous avons atteint le pic du bois, c'est à dire consommé la majeure partie des ressource forestières d'Europe (un galion espagnol nécessitait 3000 chênes tricentenaires). Pour pouvoir poursuivre son développement productiviste, l'humanité se tourne alors vers le charbon, puis vers le pétrole et le gaz.

Aujourd'hui, nous avons atteint le pic de production du pétrole.
Selon le groupe de chercheurs allemands Energy Watch, le pic de production mondial du pétrole aurait été franchi en 2006. Les chercheurs prévoient une division par deux de la production pétrolière entre 2006 et 2030. Ainsi nous sommes entrés dans l’ère du pétrole cher. L'Association for the Study of Peak Oil and Gas

prévoit un pic de production du gaz en 2020. Le pic de production du charbon devrait suivre.
Il faut savoir que nous dépendons à 85% de ces trois ressources pour notre consommation énergétique. Alors, que notre civilisation dépend de ces trois ressources, que se passera-t-il quand elles viendront à manquer ? Car, lorsqu'une ressource a dépassé son pic d'extraction, il devient alors de plus en plus cher en énergie (et donc en coût financier de production) d'extraire les ressources, jusqu'au moment où il n'est plus intéressant d'un point de vue énergétique de chercher à les exploiter (quand il faut davantage d'énergie pour extraire ces ressources, que elles-mêmes rapporteront ensuite).


La vie telle que nous la connaissons est donc terminée.

 

L'augmentation croissante des prix du pétrole va provoquer une augmentation croissante des prix du transport qui provoquera en premier lieu une inflation généralisée, puis qui étranglera progressivement le commerce mondial.

La fin du commerce mondiale signifie la fin du processus de mondialisation : nous entrerons dans une ère de relocalisation des activités humaines autour de nos besoins et non plus de nos envies (la nécessité nous y forcera). Il s'agit donc de la disparition de la société de consommation au profit d'une société de l'usage ou de la sobriété.

Par ailleurs, la voiture, et autre carcasses motorisées, seront remplacées par le vélo et la marche. Les transports publics pourront perdurer tant que nous pourrons produire suffisamment d'électricité, ce qui sera de plus en plus difficile vu que nos sources de production énergétiques dépendent d'échanges avec l'étranger que ces mêmes échanges ne se feront plus qu'au compte goutte. En effet, l'uranium de nos centrales nucléaires provient d'Afrique, les panneaux solaires sont construits grâce à des métaux de Chine, les éoliennes nécessitent du cuivre, le gaz nous vient d'Ukraine, etc.
Bien entendue, cela signifie aussi la fin d'une grande partie de notre production futile typique de notre système économique actuel.

L'humanité sera donc libérée du consumérisme, du productivisme, du matérialisme, de la publicité et du mercantilisme.

De plus, nous aurons le plein emploi. Avec la disparition des machines tous les postes mécanisés devront être repourvus. En particulier le secteur agricole qui aura besoin d'une forte main d'œuvre vu que engrais et pesticides ne seront plus disponibles.

Évidemment la transition d'une société de consommation à une société de sobriété ne se fera pas sans heurt. Avec des taux d'autosuffisance alimentaire actuellement assez bas dans le monde (en Suisse tout de même 60 %) et une baisse de la productivité de ce secteur due à la fin de l'utilisation d'engrais et de pesticides, il y aura des famines et des conflits pour le contrôle des terres agricoles.

D'ailleurs, en général, les conflits armés s'étendront partout dans le monde pour l'accaparement des ressources. Couplé avec les centaines de millions de réfugiés économiques ou écologiques (on en prévoit 1 milliard en 2050), les risques seront grands de voir des régimes fascistes ou éco-fascistes se mettre en place. Une ploutocratie, ou simplement une prise de contrôle armée de l'oligarchie est aussi envisageable (si celle-ci refusait par exemple de se restreindre).

Il y a toutefois une solution d'anticipation à cette crise qui se rapproche : une sortie du capitalisme productiviste, ou autrement dit, la décroissance.
Globalement cela consiste à créer des sociétés anti-productivistes fondées sur le partage et la sobriété heureuse avec de hauts taux d'autoproduction et d'autosuffisance dans les domaines les plus importants de l'économie (ceux servant à combler les besoins fondamentaux de l'être humain).
Toutefois, la mise en place de telles sociétés nécessitent certainement, à mon sens, un processus de transition (néo)socialiste.

Pour une présentation complète de la décroissance je vous renvoie à la note suivante :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decr...

17:54 Publié dans Productivisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : productivisme, décroissance, capitalisme, économie, ressources, écologie, politique, socialisme, pétrole, gaz | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

30/09/2011

LOST in Capitalism

LOST in Capitalism

Pourquoi désirer dépasser le capitalisme ?
Est-ce une lubie idéaliste de jeune gauchiste? Une élucubration passéiste soixante-huitarde ? Une finasserie intellectuelle sans lendemain?

Nos adversaires droitistes nous répondrons certainement un peu de tout cela, car de manière évidente leur horizon se borne au capitalisme, puisque ce dernier fait le profit des classes dominantes qu'ils représentent.

Pourtant, il est de bonnes raisons de se battre pour en finir avec le capitalisme !
Allons-y pour un petit tour de salle.

Crise sociale

‎« La masse des pauvres, dans les pays riches, se débat dans la gêne d'un quotidien fait de pâtes à l'eau, de conserves à bas prix et de factures impayées. Tapie dans cette médiocrité lancinante gît la menace de glisser vers la déchéance de la rue, de l'alcoolisme et de la mort anonyme du petit matin » Hervé Kempf

En Suisse, on compte, selon une récente étude de Caritas, 1 million de pauvres.
Pourtant, on trouve 10% de la population mondiale de milliardaires chez nous.
En outre, on peut noter la présence de 283 000 millionnaires (sans prendre en compte le capital immobilier), et dans le même temps de 400'000 working poor (personnes travaillant à 100%, mais incapables de vivre avec le revenu qu'ils touchent).
Par ailleurs,
10 000 millionnaires possèdent plus de 10 millions de francs, alors que 56 % des contribuables possèdent entre 0 et 50'000 francs.
La moyenne suisse des écarts salariaux s'élève d'un facteur 73 (écart moyen entre le plus bas et le plus haut salaire), dans certaines grosses entreprises cet écart se chiffre parfois en plusieurs centaines de fois. A Genève, 18% des Genevois n'ont pas accès aux soins dont ils auraient besoin par manque d'argent (étude HUG),
alors que 9% des Genevois est millionnaire et possède 85% de la fortune totale du canton.
Au niveau mondial, 3 milliards d'êtres humains vivent avec moins de 3 dollars par jour, alors que 1011 milliardaires se partagent 3600 milliards de dollars (classement Forbes).
La classe mondiale des millionnaires représentent 0,2% de la population mondiale, toutefois elle possède 38% des richesses.
Enfin, je citerais Paul Ariès :
« Les 3 personnes les plus riches au monde ont un revenu annuel équivalent à celui des 150 millions les plus pauvres!
2 % des humains détiennent la moitié de la richesse mondiale!
50 % des humains n'en détiennent que 1 % »
et Jean Ziegler : « 35 millions de personnes meurent chaque année de la faim. Toutes les 5 secondes, un enfant âgé de moins de 10 ans meurt de faim. Près d'un milliard de personnes sont en permanence sous-alimentés. »


Crise écologique

Le capitalisme et son rouage central, le productivisme, a amené l'humanité devant le gouffre de l'auto-destruction en nous poussant à consumer toujours plus notre biosphère. Nous devons faire face à la raréfaction des ressources naturelles, à la chute drastique de la biodiversité, à l’acidification des océans, à l'épuisement des sols, au réchauffement climatique, pour ne citer que les principaux problèmes.
Capitalisme et écologie sont INCOMPATIBLES! Toute amélioration technique (de l'efficience en terme de consommation énergétique par exemple) est immédiatement annulé par une augmentation de la consommation du bien lui-même : (on réduit de 5% la consommation en essence d'une voiture, mais dans le même temps on augmente ses ventes de 15%), c'est ce qu'on appelle l'effet rebond.
La crise écologique, produite par le capitalisme, menace d'engloutir l'humanité !

http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

Crise politique

Le capitalisme tue le citoyen qui est en nous et dépolitise notre société par le biais de son industrie du divertissement visant à droguer le citoyen à la sur-consommation débilitante.

http://www.facebook.com/note.php?note_id=185170798174118


Crise psychique

Le capitalisme, construction du libéralisme économique (l'idéologie des riches), provoque chez ceux qui le subissent une mutation des valeurs en prônant la compétition et non la coopération, l'avidité et non le partage, la consommation et non le bon usage, l'exploitation et non l'entente, la guerre économique et non la coopération économique, l'individualisme et non la démocratie collective, l'hégémonie du privé et non l'association publique. Ces nouvelles valeurs ont comme conséquences de changer nos modes de vie et nos modes de comportement, avec comme conséquence un déséquilibre profond dans notre nature humaine. Le lien social, la vie en collectivité, l'espace public se retrouvent tour à tour affaibli. Le capitalisme pousse l'individu à travailler sans cesse davantage pour gagner davantage, afin de consommer davantage : l'individu perd ainsi sa vie à la gagner.
Enfin, on notera que globalement la joie de vivre se perd, vu les ventes croissantes d'anti-dépresseurs en Occident.

Ce petit tour de salle des conséquences du capitalisme est largement suffisant pour motiver la proposition d'un modèle alternatif, tel que je tente de le développer régulièrement dans mes écrits. Je reviendrai prochainement sur une transition vers un modèle de socialisme utopique abouti.
Mais il appartient à chacune et à chacun de s'engager dans la lutte politique pour un monde meilleur, aujourd'hui plus que jamais, la nécessité d'un changement appelle à la mobilisation!

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27/09/2011

Le socialisme du XXIème siècle

Le socialisme du XXIème siècle

Correction, reformulation et amélioration de mon texte « Pour un renouveau du socialisme »


1)
Démocratie

La démocratie consiste en le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple.
Un peuple est formé d'une collectivité d'individus politisés.
Au contraire, les masses sont formées d'ensemble d'individus dépolitisés. Plus les masses sont nombreuses, plus il est facile de manipuler la société.
La politisation, c'est à dire la conscience d'appartenir à une collectivité ou communauté politique, est la clef d'un juste fonctionnement de la démocratie.
En 1789, quand la société fut capable de se penser en tant que corps social, et donc politique, elle prit le pouvoir sur ses oppresseurs et se libéra du joug monarchique.
La modernité, au sens des Lumières, consiste en la capacité pour une société de s'autonomiser des tutelles oppressives ou aliénantes. De nos jours, le haut degré de dépolitisation menace le fonctionnement de la démocratie. Par le biais de la société de consommation, et par une production industrielle du divertissement débilitante, le capitalisme produit cette dépolitisation.
En vidant de son sens la démocratie, le capitalisme la nie.

Un nouveau socialisme aura à cœur de développer la démocratie et non de la nier.
Pour cela, il est nécessaire de tendre au maximum en direction de la démocratie directe, celle-ci étant l'essence même de la véritable démocratie, et donc de la possibilité pour chacun de prendre réellement des décisions sur sa vie collective et politique. Toutefois, dans un espace commun étendu, il faut passer par une démocratie parlementaire semi-directe, auquel on devrait adjoindre un certain pourcentage de députés tirés au sort. Afin de tendre au maximum à la démocratie directe, un nouveau socialisme devra obligatoirement décentraliser (ou relocaliser) les activités humaines.
En cela, le nouveau socialisme que je propose se place dans la continuité des socialistes utopistes comme Babeuf, Fourrier ou Cabet.


2)


Économie privée

L'économie privée n'est pas démocratique.
Elle appartient par essence à des propriétaires privés, et ceux forment une minorité possédante, car la concurrence amène toujours à l'accumulation de capital (les plus gros avalant les plus petits).
Le monopole privée est donc le stade ultime du capitalisme, d'où le caractère oligarchique qu'il prend.
L'économie privée n'est pas soumis au politique, c'est à dire qu'elle échappe au contrôle démocratique, bref le peuple ne peut influer sur cette économie. En effet, le peuple ne peut se décider collectivement que sur l'économie publique, entendez l'économie étatique.
Ainsi, l'économie privée qui règne sur des pans immenses des activités humaines, ne dépend-t-elle pas de la volonté démocratique. Les individus doivent se soumettre à la minorité possédante et se vendre.
L'économie privée agit, elle, directement sur la politique et influe sur les résultats démocratiques.
La politique s'en trouve manipulée et les choix politiques ne représentent plus les intérêts de la majorité, mais ceux de la minorité possédante.

Un nouveau socialisme devra dépasser l'économie privée en la réduisant à des entités de petites tailles collaborant avec la volonté populaire. L'intérêt de tous passe donc avant l'intérêt d'une minorité.

3)

Démocratie réelle

La seule structure que la volonté populaire peut contrôler, la seule structure économique sur laquelle le peuple peut influer et décider, c'est bien entendue la structure publique, comprenez la structure étatique.
Seul l’État est soumis à la démocratie, aux décisions politiques prises par le peuple, et à la volonté de tous. L’État est l'instrument du peuple dans la construction d'une société idéale, il est l'outil qui permet à la volonté démocratique de tailler le monde qu'il désire.
Il n'y a nulle limite aux capacités de l’État. Seul la démocratie, la volonté populaire, décide des limites à mettre à la mise en pratique de ses capacités.
Plus l'économie privée est sous contrôle de l’État, plus elle est étatisée, plus elle est sous contrôle du peuple, et de la démocratie. Une économie très étatisée est donc une économie très démocratique, ou démocratisée.

4)

Liberté

La liberté de la société et des individus dépend de la démocratie. Plus une société est démocratisée, c'est à dire plus son économie dépend de l’État démocratique, plus les individus s'émancipent de la domination de la minorité possédante.
En se libérant de la minorité possédante, les êtres humains acquièrent en liberté.
Autonomes, décidant démocratiquement par eux-mêmes, de ce qu'ils veulent comme société, les citoyens vont naturellement aller vers un socialisme harmonieux ; c'est à dire vers un partage du temps de travail, un partage égalitaire des ressources, et une autogestion pertinente (autant qu'il est possible).
Afin d'être le plus libre possible, les individus doivent ensuite décentraliser la prise de décision politique et la prise de décision économique (appelée aussi planification).
En rapetissant les structures économiques, en les morcelant quand c'est possible, l'individu acquiert en indépendance et en possibilités d'influer sur sa réalité.
L'indépendance ultime des individus dépendra du développement de leurs capacités à l'autoproduction et à leur penchant pour l'auto-limitation.
Simplicité volontaire et partage sont les clefs de la liberté, de l'émancipation collective et de l'autonomie individuelle joyeuse.
Un nouveau socialisme devrait, à ce moment-la, avoir atteint son stade final de développement et l'on pourrait considérer que les conditions sont réunies pour assurer à la société et à l'individu l'accès au bonheur.
Car tout projet d'un nouveau socialisme ne doit avoir comme finalité que le soucis de construire une société où règne la joie de vivre !


Les notions présentées ci-dessus ne sont pas suffisantes, j'en suis bien conscient, mais elles permettent de proposer une lecture moderne de ce que pourrait être un nouveau socialisme du XXIème siècle.
Dans ma prochaine note, je présenterais le processus que pourrait proposer un nouveau socialisme pour accomplir le changement global que je prône.

12:07 Publié dans Socialisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : socialisme, démocratie, liberté, autonomie, politique, économie | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

18/09/2011

Pour un renouveau du socialisme !

Socialisme

I - NOTIONS

 

1)

 

Démocratie

 

- Un peuple = collectivité politisée des individus

AU CONTRAIRE des masses = ensemble d'individus dépolitisés

 

- Politisation = conscience d'appartenir à une collectivité/communauté politique

Capitalisme (société de consommation/consumérisme) = processus de dépolitisation

 

- démocratie directe ˃ démocratie parlementaire

- démocratie parlementaire + démocratie directe

= compromis nécessaire dans un espace commun ETENDU

 

2)

Économie privée

- L'économie privée = non démocratique

CAR non soumis au politique

DONC non soumis au peuple

CAR soumis à une minorité possédante

DONC minorité possédante gouverne l'économie privée

 

=> économie privée influe sur politique => politique devient non démocratique

 

 

3)

 

ce sont les rapports de force économiques qui créent les rapports de force politiques

=> l'économique > politique

 

But du socialisme = politique > économique

= bien commun > intérêt privé

= liberté de tous > liberté de certains

= bonheur de tous > bonheur de certains

 

4)

 

Le socialisme = la démocratie réelle

- L’État = outil de la construction collective

= de la gestion de la vie en collectivité.

 

- L’État est soumis au politique

le politique = le peuple

l’État est la structure la plus démocratique

 

- L’État peut tout = le politique peut tout = le citoyen peut tout

 

- L'extension des activités humaines sous contrôle de l'Etat = démocratisation de la société

 

 

5)

 

- Liberté = non domination de l'être humain = non aliénation = égalité

 

DONC liberté = autonomie de chacun = indépendance de tous

 

SYSTEME SOCIALISTE (abouti)

= Autoproduction + auto-limitation + autogestion + démocratie directe + planification décentralisée

 

II – PROCESSUS

Il est essentiel que durant tout le processus on procède à l'accomplissement de la justice sociale et de l'égalité par toutes les politiques de redistribution possibles.

L'égalité, l'émancipation de l'être humain et l'accès au bonheur sont les buts mêmes du socialisme.

1) capitalisme (plus ou moins libéral)

 

=> Domination d'une minorité possédante – compétition entre tous – inégalités – destruction inévitable de la biosphère – aliénation de l'individu ...

 

2) capitalisme social-démocrate = interventionnisme étatique (lois, règles, taxes, impôts, etc.)

=> Préparation psychologique du peuple aux logiques socialistes

 

3) social-démocratie étatiste = dépassement de la social-démocratie = étatisation de secteurs économiques rentables afin de financer davantage de logiques socialistes

 

=> Démonstration des capacités d'émancipation des logiques socialistes = épanouissement social

 

4) étatisme = étatisation de l'économie privée = prise de contrôle par les citoyens des activités humaines

 

=> Nécessité probable de préserver la propriété privée dans certains domaines exceptionnelles.

 

=> Il ne s'agit pas ici d'un dogme, mais d'une mesure nécessaire pour libérer l'individu et la société de la dictature d'une minorité possédante.

 

=> Prise de contrôle du peuple de lui-même = indépendantisation des individus vis à vis de la dictature du capital = Démocratisation de l'économie

 

5) étatisme planifié = planification de l'économie privée selon les besoins

 

=> De l'importance de bien comprendre le sens du mot BESOIN (qui n'a rien à voir avec une envie)

=> De l'importance d'une logique du bon usage des choses (opposée au mésusage)

 

6) étatisme planifié décentralisateur = planification décentralisatrice des activités humaines économiques et politiques

 

=> construction d'une société à taille humaine = autonomisation maximale de l'être humain

 

7) système socialiste abouti = démocratie directe (sans démocratie parlementaire), auto-production (au maximum), auto-limitation, auto-gestion.

 

- démocratie directe est possible grâce à la décentralisation (relocalisation)

 

- auto-production, relative et non absolue

=> nécessite et induit auto-limitation

 

- échanges doivent êtres basées sur planification des besoins

+ planification doit se faire au niveau le plus proche de l'individu

 

- auto-gestion = principe général d'autonomie envers communauté politique

 

- organisation étatique est préservée MAIS uniquement au sens administratif ET public du terme

 

=> services publics et administration sont préservés

 

- le système socialiste = aboutissement des idéologies anarchistes et écologistes (au sens anti-productiviste du terme)

=> la lutte à gauche forme un tout unifié

 

- minorité possédante trouvera aussi le bonheur dans un système socialiste, car elle aussi est aliénée par les logiques capitalistes

13:45 Publié dans Socialisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : socialisme, démocratie, économie, liberté, égalité | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

17/09/2011

La décroissance : un projet d'avenir

La décroissance : un projet d'avenir

Plutôt qu'un long texte illisible et peu attirant, je préfère présenter ici le projet de société de la décroissance par rubrique thématique.

La croissance

La décroissance pose le constat que après des décennies de croissance économique notre civilisation humaine rencontre un certain nombre de crises qui font qu'on ne peut pas considérer que cette croissance ait amené le bonheur dans nos sociétés modernes. Ainsi la croissance a créé la crise écologique, composée de ses trois facettes : réchauffement climatique, baisse drastique de la biodiversité, et épuisement des ressources naturelles. Car une croissance économique illimitée est impossible dans un monde aux ressources limitées (paraphrase de Kenneth Boulding). La décroissance propose donc de mettre des limites à l'expansion des activités économiques matérielles humaines, et donc de sortir du dogme de la croissance (on peut donc parler de a-croissance selon la formule de Latouche).

 

Le découplage de la croissance

Nombre d'écologistes croient dans la possibilité d'une autre croissance, ou croissance verte qui serait mise en place par un génial développement durable. Cette croissance découplerait les flux matériels et immatériels. Les flux matériels seraient rendus de moins en moins importants par l'amélioration de l'efficience technique, c'est à dire par une amélioration croissante de l'efficacité à produire autant, ou plus, avec moins. L'amélioration de l'efficacité devrait se faire au même niveau que la croissance. Ces idées sont certes nécessaires à l'établissement d'une société de décroissance, mais elles ne peuvent pas prétendre représenter une solution véritable en elles-mêmes au dilemme de la croissance, car une augmentation de l'efficience technique à l'infini (suivant l'idée d'une croissance permanente infinie) est impossible, non seulement au niveau logique ou technologique (sauf à adhérer à un scientisme pur et dur), mais aussi parce que toute production nécessite un certain nombre de matériaux de base dont on ne peut se passer (par exemple pour construire une table il faut tel masse de bois).

 

Décroissance ou récession

La question que la société moderne doit se poser au sujet de la crise écologique c'est : faut-il subir une récession économique provoquant chômage et aggravation de la crise sociale ou alors faut-il faire le pari de la décroissance, c'est à dire d'une réduction planifiée démocratiquement de notre empreinte écologique ?

Les conséquences du réchauffement climatique (catastrophes naturelles, montée des eaux, migrations massives de réfugiés climatiques, désertification, raréfaction de l'eau douce, etc.), couplées à celles de l'épuisement des ressources (chute de pans entiers de la production par manque de certains métaux, chute des échanges commerciaux par manque de pétrole, etc.) et à celles de la chute de la biodiversité (par exemple le coût de la disparition des abeilles pour la pollinisation) signifient une récession majeure qui entraînerait l'humanité dans le chaos et la barbarie.

La seule façon d'éviter cela, de résoudre la crise écologique, consiste à limiter notre impact écologique aux capacités de régénération de la Terre. Pour cela, il est nécessaire de sortir du dogme de la croissance, et de repenser notre mode de vie sur des bases plus respectueuses de notre environnement.

 

Humanisme

La décroissance est humaniste dans le sens où elle place l'être humain avant toute chose. Si elle propose des solutions à la crise écologique, c'est par soucis de permettre la sauvegarde de l'espèce humaine et non celle des ours blancs. La décroissance est donc l'opposé total de tout malthusianisme, et de toute politique de réduction démographique. La décroissance ne prône nullement une décroissance démographique, mais au contraire une décroissance économique !

 

Crise sociale

Malgré ces dernières décennies de croissance, les inégalités explosent, les écarts salariaux s'accroissent (moyenne d'un facteur 73 en Suisse pour 2010), et les disparités de richesse montent en flèche (la classe mondiale des milliardaires se partagent 3600 milliards de dollars). Dans les pays riches la pauvreté touche des portions croissantes des classes moyennes (il y a un million de pauvres en Suisse), et de plus en plus de gens se retrouvent contraints de travailler pour des salaires de misère afin d'assurer leur survie (on notera les 400 000 working poor en Suisse). De plus, les services publics et les droits fondamentaux sont constamment attaqués, affaiblissant encore plus la condition des individus les plus précarisés.

Dans les pays pauvres, la misère s'étend inexorablement (3 milliards de personnes vivent avec moins de 3 dollars par jour).

Tout projet de décroissance commence donc par une redistribution massive des richesses des plus riches aux plus pauvres. Les droits fondamentaux doivent être garantis, les services publics étendus et renforcés (en instaurant la gratuité de la santé par exemple). Un revenu maximum et minimum doit être imposé, ainsi que des écarts salariaux fixes. Il faut aussi reconsidérer l'héritage et les possibilités d'accumulation privée de capitaux. Par ailleurs, un revenu d'existence, aussi appelé allocation universelle, revenu de base, ou dotation inconditionnelle d'autonomie, est instauré afin de permettre à chacun de subvenir à ses besoins.

 

Sortir du productivisme et du capitalisme

L'économie capitaliste définit l'être humain comme un être aux besoins illimités. Cette confusion entre besoins limités (cf. Pyramide de Maslow) et envies/désirs illimités est nécessaire à son fonctionnement. La machine productiviste se fonde sur l'idée (fausse) d'un être humain, Homo Oeconomicus, fantasmé, cherchant à combler le moindre de ses désirs. En cela, elle voit en chaque être humain un enfant et crée chez lui des dépendances.

Une société de décroissance abolit la confusion entre envie et besoin. Elle doit mettre au centre de sa construction les besoins de l'être humain et hiérarchiser ses envies : les envies matérielles devront être limitées, et celles immatérielles pourront être comblées.

Centrer une société sur ses besoins c'est encourager l'individu à s'autonomiser (s'auto-gérer), et à s'auto-limiter. En développant l'auto-production, l'individu se libère de ses dépendances au capitalisme marchand et à l’idéologie consumériste.

Cette société réduit nécessairement l'échange marchand, et redonne toute son importance au don et au lien social qui l'accompagne. Les expériences du type des services d'échanges locaux (SEL) peuvent donner une piste d'un autre type d'échanges.

La décroissance est donc un processus de re-humanisation de la société, autant qu'une logique de libération du productivisme. Le capitalisme étant fondé sur le productivisme, la décroissance est un projet résolument anti-capitaliste ; socialiste dans le sens gorzien du terme.

 

Sortir de la société de consommation

Redonner sa place à l'individu dans la société signifie faire de lui un citoyen et un usager avant d'être un consommateur. L'individu doit avoir conscience de son appartenance à une collectivité politique et de la nécessité de son engagement dans le sens du bien vivre commun. L'individu doit oublier ses comportements consuméristes au profit d'une logique de l'usage, ou du bon usage de chaque chose. L’État peut ici taxer le mauvais usage, ou mésusage, et assurer la gratuité du bon usage. On aura à cœur, par exemple, d'assurer la gratuité des transports publics et de taxer l'emploi d'un véhicule privé. Enfin, l'accès au crédit sera durci, afin de limiter la facilité d'accès au moindre désir. Un contrôle étatique sur le crédit (aux particuliers comme aux entreprises) est aussi envisageable.

 

Repenser la production

Une production intelligente est nécessaire dans une société de décroissance. Pour cela, il faudra interdire la publicité, car celle-ci sert de véritable propagande au consumérisme marchand, et représente le gaspillage de 500 milliards de dollars annuels ! Acheter pour acheter, acheter pour exister, acheter pour se faire valoir, sont des réflexes (malsains) qui doivent disparaître. La publicité est le moteur de l'achat inutile, ou futile, ce contre quoi la décroissance se bat dans sa lutte pour une société plus sobre et plus humaine (moins déshumanisé).

Une nouvelle production intégrera des critères d'efficience écologique et énergétique, et sociaux. Elle intégrera aussi les nécessités d'être réutilisable et recyclable ; logiques à l'opposé de l'obsolescence programmée qui est bien entendue abolie et sévèrement réprimée. (A noter que Marx a montré que l'obsolescence programmée n'est que le stade ultime d'une production capitaliste.)

 

Repenser l'investissement et la propriété privée

Un changement de société ne peut se faire en comptant sur le bon vouloir des classes dominantes les plus riches et donc les plus gaspilleuses et pollueuses. Il est évident que celles-ci désirent se maintenir en position de force et que le projet de la décroissance ne peut les agréer.

Il est donc possible qu'il soit nécessaire d'étendre l'intervention et le contrôle de l’État à de larges pans de l'économie actuelle. C'est pourquoi propriété la privée des capitaux (en tout genre) comme les libertés économiques ne seront pas forcément assurés dans un processus de construction d'une société de décroissance.

 

Repenser le travail

Le revenu d'existence permet de sortir de la nécessité pour l'individu d'accepter n'importe quel travail, et permet de redonner du sens à son métier, qui passe de nécessité de survie, à enrichissement du quotidien, créateur de sens.

La société de décroissance est donc nécessairement une société non travailliste. Le temps de travail y est réduit, c'est à dire que les travailleuses et travailleurs ont d'avantage de vacances, de congés (en tout genre) et de pauses, et que leur temps hebdomadaire est réduit. Le partage du temps de travail permet certes de créer de l'emploi, mais ce n'est pas une nécessité en soi. Ce qui compte étant d'améliorer la qualité de vie et les conditions de travail de chacune et de chacun.

La société de décroissance se passe des métiers nuisibles. La publicité, la création de société offshore, l'évasion fiscale, l'armée, la construction d'automobile ou d'autoroutes, la production de gadgets, sont quelques exemples de secteurs qui seront reconvertis dans une économie de la décroissance. Seuls les métiers œuvrant dans le sens du bien commun seront maintenus.

On privilégiera la création immatériel (et je ne parle évidemment pas d'un leurre de l'immatériel comme internet qui est un pollueur massif et un consommateur de ressources importantes) sur la production matériel.

Une économie relocalisée

Les secteurs clefs de l'économie de la décroissance sont ceux qui permettent de faire aboutir une nouvelle société du bonheur, en équilibre avec les écosystèmes et la biosphère, ayant résolu la crise sociale, et étant sortie du consumérisme matérialiste au profit d'une multiplication des échanges et des liens sociaux.

Une première nécessité sera de relocaliser toutes les activités humaines. Le tourisme de masse à l'autre bout de la planète sera remplacé par un tourisme local, les gens exerceront leur emploi à proximité de leur logement, et on préférera la consommation de la production locale sur celle du marché mondial.

Il s'agit donc d'appliquer une certaine forme de protectionnisme, c'est à dire de subventionner la production locale (pour autant que cette production aille dans le sens du bien commun) et de taxer les productions étrangères. On est bien loin du dogme du libre-échange tant prisé par les économistes libéraux !

La relocalisation de l'économie s'accompagnera d'une relocalisation politique, c'est à dire d'une décentralisation du pouvoir politique. Ce mouvement de décentralisation est essentiel pour penser un projet de décroissance. C'est en rendant un maximum d'autonomie à l'être humain que la décroissance pourra le libérer de l'aliénation capitaliste et productiviste.

Attention toutefois : relocaliser et décentraliser ne signifie nullement qu'une planification concertée ne soit pas nécessaire. Une planification des échanges économiques et une planification de la production relocalisée par entité politique relocalisée est souhaitable. (La planification de la production dépend de choix démocratiques, mais elle doit aboutir à une planification selon les besoins.)

L'aboutissement de ce processus de relocalisation permettra d'atteindre une démocratie directe pure et de se passer de démocratie parlementaire. Quant à l’État, il subsistera sous une forme certainement plus édulcorée.

Enfin, l'économie de la décroissance est nécessairement une économie de petites entités économiques, ce qui exclut d'office l'existence d'entreprises à taille surdimensionnée (ou hégémonique du type multinationale).

 

Auto-production

Une société de décroissance doit viser un haut niveau d'auto-production collectif et individuel. Pour cela il faut viser à l'auto-suffisance alimentaire qui répond à un besoin fondamental de l'être humain, à savoir : se nourrir.

L'auto-suffisance alimentaire ne doit plus dépendre de l'agriculture productiviste, c'est dire du cercle vicieux des pesticides et des engrais (les pesticides détruisant les sols, il faut ensuite utiliser des engrais). C'est pourquoi, le passage à une agriculture biologique et agro-écologique (locale évidemment) est essentiel.

La planification des échanges dépendra de la capacité des individus et de la société à répondre à leurs besoins par eux-mêmes (notamment par l'association sous forme de services d'échanges locaux ou de groupement d'agriculteurs et de demandeurs).

Le protectionnisme devrait encourager ces pratiques.

 

Quelques chantiers économiques

Une économie de la décroissance est un vivier d'emplois, tant le nombre de changements est élevé.

Le passage à une agriculture biologique et agro-écologique est l'un de ces chantiers. L'extension du recyclage, ou le développement de centres de troc en est un autre. Inévitablement, il s'agira aussi de passer à une production énergétique (décentralisée) fondée sur les énergies renouvelables, ainsi que d'améliorer l'efficience de toute la production et de toutes les infrastructures en terme de coût écologique (notamment en ressources) et énergétique. En outre, il faudra réaliser le passage du transport privé au transport public (en augmentant l'offre et en rendant accessible l'accès).

Bien entendue, d'autres secteurs clef dans la construction d'une société plus humaine sont d'ores et déjà bien connus : la culture, l'art, l'éducation et la santé. Ces secteurs doivent recevoir les moyens proportionnels à leur haute importance et on ne peut transiger sur ce point.

 

Impacts indirects

Les changements proposés plus haut ne vont pas avoir que des conséquences directes positives, mais aussi des conséquences positives indirectes (transversalité). Ainsi, une société plus sobre (moins portée aux excès en tout genre), plus solidaire, plus sociable, plus humaine, et plus écologique, est une société où il fait bon vivre. Imaginez bien cette société du temps libre, du travail enrichissant, du lien social, et d'une vie active chez soi (comprendre proche de son chez soi). Cette société ne produira plus de criminalité, de mal-être, de haine de l'Autre, de stress, d'accident de voiture, de guerre pour le contrôle des ressources, de fanatisme, d'obésité, d'addiction aux anti-dépresseurs, de violence, de frustration, de conflit (à toutes les échelles) ; bref la décroissance se propose de réaliser la société tant rêvée par nombre d'utopistes, à la différence que c'est une utopie plus réelle que la réalité que nous vivons qui n'est qu'une illusion vendue par des escrocs !

 

La décroissance, une lutte politique ici et maintenant

L’idéologie de la décroissance représente une chance fantastique et inestimable pour la gauche de proposer un nouveau modèle de société rassembleur. Il ne tient qu'à elle de s'en saisir et de se faire le héraut de ce rêve prophétique. Il appartient en outre à chacun et à chacune de se faire citoyen-militant et d’œuvrer à la conversion du plus grand nombre. Seule la mobilisation des masses dépolitisées et leur repolitisation permettra d'obtenir un front assez large pour faire face à nos adversaires productivistes, tenants du capitalisme libéral.

La décroissance sera le prochaine étape de l'évolution humaine, ou l'humanité ne sera pas, ravagée par les guerres et son propre aveuglement auto-destructeur !

Cet article est réalisé grâce à la lecture de Paul Ariès, de Serge Latouche (« Petit traité de la décroissance sereine »), de Tim Jackson (« Prospérité sans croissance »), de André Gorz (« Capitalisme, Socialisme, Ecologie »), et du mensuel de La Décroissance.