18/11/2013

Pourquoi parler de romantisme ?



Cette question, je l'ai senti poindre sur bon nombre de lèvres à la publication de mon dernier billet.
En effet, pourquoi parler de romantisme ?

Mais parce qu'il faut être capable d'expliquer d'où viennent nos positions radicales !
Tout le discours argumentatif, rationnel, logique, toute cette belle construction de l'esprit, n'est venu se greffer qu'après l'engagement.
Ce n'est qu'un outil au service de la cause, et non la cause elle-même.


A la base de l'engagement (en tout cas à la base de l'engagement intègre et sincère), il y a peut-être ce temps d'empathie, d'identification, que l'on ressent avec la victime de l'injustice, avec cet autre être humain qui souffre, et qui nous ramène à nous même et à notre propre condition humaine.
Ou bien, l'engagement naît de la confrontation avec la froideur et la dureté du monde capitaliste et de ses modalités impitoyables qui nous révulsent et nous indignent.


Mais ce qui transforme cette émotion, cet engagement, cette révolte, en une remise en question totale de l'ordre bourgeois et du régime patronal, en un virulent et exaltant ethos révolutionnaire, c'est la pulsion romantique.

Car aujourd'hui il n'y a plus de conscience de classe, mais il y a le romantisme, assumé.

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17/11/2013

Romantisme et socialisme

Lorsque quelqu'un dit : Je suis socialiste et je dédie ma vie à la révolution.
Il ne fait en fait qu'avouer une seule chose : Je suis romantique et je dédie ma vie à la passion. 
 

Pour certains, la politique est un moyen de faire carrière, pour d'autres, c'est une manière avantageuse d'occuper son temps libre. Pour quelque uns, c'est une façon de trouver une seconde famille, ou tout simplement de combler ses besoins en terme de sociabilité. Enfin, certains y recherchent prestige ou reconnaissance sociale.

Mais pour le romantique, la politique n'est que l'extension logique du déchaînement des passions, le champ de bataille où bâtir une cathédrale au nom d'une divine exaltation.
Seul le romantique a de véritables convictions politiques, car lui seul va au bout de ses idées et est prêt à en assumer ses conséquences. Ainsi, le romantique est révolutionnaire par excellence.

L'état d'esprit du militant romantique est toutefois tiraillé par ses contradictions : entre militantisme en phase avec la population et ses propres aspirations, entre sa spontanéité et la nécessaire planification de l'action politique, entre son impatience et la lenteur des institutions, entre la réalité et son idéal, entre la nécessité de s'appuyer sur la raison et la logique, pour construire ses idées et son discours, et ses émotions.

Au lieu de donner des cours de marxisme, nous ferions donc mieux de donner des cours de romantisme.
Mais le romantisme ne s'apprend pas, il se vit.

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