03/11/2016

2014 : l'été incertain

 

Souvent les gens que je rencontre pour la première fois sont surpris quand ils apprennent que je suis passé de positions socialistes dures (radicales) à des positions très libérales. C'est une réaction compréhensive évidemment. Mais il faut saisir que ce n'est pas un événement survenant de nulle part, mais un long processus qui dure grosso modo de mon premier contact avec un vrai libéral, quand j'avais 20 ans, à mon départ de la Jeunesse Socialiste, à mes 23 ans. Un processus, qui plus est, intense, de par mes études (science politique, puis philosophie et histoire), mes activités politiques (dans de multiples contextes et organisations) et mes recherches personnelles (qui comprennent mes publications sur ce blog).

 

Ce processus culmine avec la lecture de Ayn Rand au début de l'été 2014, qui détruit (ou finit de détruire) ma confiance dans l'axiome socialiste que je m'étais forgé : le salariat comme agression et vol (commis par les patrons), pierre angulaire morale justifiant l'usage de la violence révolutionnaire (ou de l’État). Aujourd'hui, cette croyance d'antan me paraît un peu naïve, mais il faut considérer qu'elle était le fruit de beaucoup de lectures supposément illustres qui, après tout, allaient dans ce sens.

 

Entre ma lecture de Rand et mon départ de la Jeunesse Socialiste se déroulent plusieurs semaines estivales qui sont une période très curieuse de ma réflexion politique puisque je suis dans une forme d'incertitude sur mes positions. Sous bien des aspects, le socialisme m'attire toujours car je ressens une répulsion spontanée pour la hiérarchie. Mais je suis poussé vers une conception du socialisme comme mode d'organisation préférentielle et volontaire, et vers le libéralisme, de par mes positions anarchistes profondément anti-étatistes et anti-bureaucratiques. Alors, comme ultime défi, je relis les deux principaux ouvrages de l'anarchisme libéral, L'éthique de la liberté de Rothbard et Vers une société sans État de David Friedman, que je soumets au feu de la critique d'une lecture parallèle d'un ensemble d'ouvrages défendant des positions social-libérales et keynésiennes. Cette lecture comparative finira par me convaincre et par m'amener à quitter la Jeunesse Socialiste et à rejoindre le mouvement libertarien puis libéral. L'été incertain n'est toutefois pas la fin de l'incertitude car il faudra encore plusieurs mois avant que je ne sois véritablement pleinement assuré de mes nouvelles positions libérales. Mais cela, c'est une autre histoire. 

Adrien Faure

 

 

 

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27/01/2016

Mon adhésion au mouvement libéral

 

 

Compte tenu de leurs positions, les anarchistes libéraux (c'est à dire les libertariens les plus radicaux) partagent des idées aussi bien avec les libéraux classiques qu'avec les anarchistes socialistes. D'une certaine façon, un anarchiste libéral est simplement un libéral classique ayant poussé les idées libérales aussi loin que possibles et ayant accepté toutes les conséquences des principes libéraux fondamentaux (liberté, respect des droits, marché libre). Les anarchistes socialistes, quant à eux, partagent généralement une même aversion que les anarchistes libéraux pour le gouvernement et la bureaucratie, mais ils ne reconnaissent généralement pas la légitimité des propriétés acquises par le travail pacifique lorsque celle-ci concerne des entreprises, contrairement aux anarchistes libéraux.

 

Les anarchistes libéraux ont donc trois stratégies politiques possibles : 1. militer avec les libéraux classiques, 2. militer avec les anarchistes socialistes ou 3. militer entre eux.

 

Au XXIe siècle, en Europe, les positions des mouvements anarchistes socialistes se sont éloignées de l'anarchisme individualiste (notamment américain) et se sont social-démocratisées. A Genève, on voit régulièrement des anarchistes socialistes défendre l’État-providence ou d'autres formes d'interventions gouvernementales. Les formidables mécanismes d'un marché libre sont totalement ignorés (et incomprises), alors même qu'ils reflètent les forces vives de la liberté et de l'expression créatrice individuelle. Il n'y a donc pas de possibilité pour les anarchistes libéraux de militer avec les anarchistes socialistes.

 

La tentative de militer entre anarchistes libéraux a été menée à Genève avec le parti libertarien, ouvrant ses portes aux minarchistes et aux libéraux classiques. Mais nous ne sommes pas parvenus à rassembler suffisamment de militants pour que le parti puisse fonctionner convenablement.

 

Par conséquent, la stratégie que nous devons adopter consiste, selon moi, à rejoindre le mouvement libéral pour tenter de limiter autant que possible l'action de l’État dans la vie des gens. Les libéraux classiques ne diffèrent qu'en degré de radicalité des anarchistes libéraux et il est donc possible de les accompagner aussi loin que possibles dans le combat pour une société plus libre. En conséquence, j'ai décidé d'adhérer aux Jeunes Libéraux-Radicaux Genevois.

 

 

 

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05/06/2015

Tribulations politiques : de l'étatisme total à la liberté pleine et entière, un cheminement parmi les Idées et les Hommes



« Messieurs, le jour s’approche où il y aura deux grandes classes, les socialistes et les anarchistes. Les anarchistes veulent que le gouvernement ne soit rien, et les socialistes veulent que le gouvernement soit tout. Il ne peut pas y avoir de plus grand contraste. Eh bien, le temps viendra où seuls subsisteront ces deux grands partis, les anarchistes représentant la doctrine du laissez-faire et les socialistes représentant l’extrême inverse, et quand ce temps viendra je serai un anarchiste. »
- William Graham Sumner

 


Suite à la demande d'un camarade libertarien, j'entreprends la mise par écrit du récit de mon parcours politique et de l'évolution de mes idées.
Je dédie ce billet aux quatre personnes qui m'ont permis (dans certains cas, indépendamment de leur volonté) de devenir un véritable ami de la liberté : J., Achille Karangwa, Frédéric Jollien et Roberto Fucile.

Tout commence, il y a 24 ans de cela...


Acte I. Prolégomènes

Je suis né dans une famille peu politisée, partagée entre des intuitions gauchisantes et écologisantes d'un côté et nationalisantes de l'autre. Rien a priori ne me destinait à m'intéresser à la politique. Une enfance un peu précaire (selon les standards suisses) combinée à une adolescence plongée dans un cycle où quelques pseudo-bandes de jeunes issus de l'immigration créaient un climat relativement violent (selon les standards suisses toujours) m'ont laissé de douloureuses et contradictoires intuitions éthiques.

A 14 ou 15 ans, prenant conscience de l'existence de quelque chose comme la vie sociale, ces douloureuses intuitions m'ont fait sombrer dans une vaste et profonde hésitation sur la nature précise de mes positions politiques. Pendant 3 ans, je valsais entre un élan favorable à cet Etat-providence que je considérais comme étant le pilier protecteur de mon enfance et un ressentiment envers l'immigration qui m'avait condamné à une adolescence quelque peu brutale.

A 18 ans, je découvris la pensée altermondialiste qui m'expliqua fort doctement que l'immigration était provoquée par les méchants néolibéraux qui saccageaient les pays pauvres avec leurs grosses vilaines multinationales. Très content de pouvoir ainsi trouver une explication compatible avec mes intuitions welfaristes, et exaspéré par le mépris envers les pauvres qu'arboraient les jeunes nantis de mon collège, je fondais alors une organisation militante rassemblant les jeunes de gauche au sein de l'ensemble des collèges de Genève. Grâce au soutien logistique enthousiaste de mes professeurs, nous pûmes diffuser des centaines de lourds et illisibles manifestes dans lesquels nous vomissions les inégalités de richesses et criions notre amour de l'Etat-providence.

Peu de temps après, je fis la connaissance des Jeunes Socialistes genevois qui mirent à notre disposition le matériel du Parti Socialiste sur lequel nous imprimâmes allègrement 16'000 pages noircies de minuscules caractères que nous lancions gaiement à nos camarades de classe, absolument insensibles à notre entrain rebelle. La même année, année de tous les délices militants, je m'engageais au sein de la Jeunesse Socialiste et du Réseau Objecteur de Croissance. Ma vie politique commençais donc, sur la base du welfarisme, de l'altermondialisme et de l'objection de croissance.

Ces glorieux premiers pas semblent probablement déjà relativement éloignés des idées et valeurs libertariennes, mais détrompez-vous : je m'en suis éloigné bien davantage !

Acte II. Révolutions

Après 1 an et demi à la Jeunesse Socialiste, j'étais secrétaire du parti et candidat aux élections fédérales sur une liste jeunes. La crise de la dette battait son plein en Europe du sud et l'Etat-providence tremblait sur son socle en même temps que s'effondraient, visiblement incapables de juguler cet étrange mal, les gouvernements sociaux-démocrates que j'admirais jusqu'alors. Privé de modèle, je rejoignis le mouvement des Indignés et découvris le marxisme en m'inscrivant à l'université en science politique.

Fort de ce sympathique mais léger bagage, je créai un blog sur le site de la Tribune de Genève (oui, celui-ci cher lecteur) et y tapotai joyeusement les maigres mais énergiques bases de ma réflexion. J'y développai mes solutions miraculeuses à la mystérieuse crise que je ne comprenais pas : prendre l'argent des riches, étatiser tout ce qui peut l'être, et planifier politiquement la production, tout cela sous couvert de solides vertus démocratiques bien entendu. Je rencontrai à ce moment-la un premier libertarien qui me traita de fou sanguinaire tandis que je le coiffai de
laquais des riches (une de mes insultes favorites à l'époque). Néanmoins, le contact était pris et le débat avait commencé. Ce débat allait durer 3 ans et j'allais le perdre, pour mon plus grand salut. 

Entre mes 20 et 23 ans, je fus élu à la présidence de la Jeunesse Socialiste Genevoise et entrepris d'en radicaliser la ligne et d'en éloigner le carriérisme, me liant à des trotskistes et d'autres éléments issus de l'extrême gauche, tout en cherchant à développer (peine perdue) un entrisme efficace au sein du Parti Socialiste et de la Jeunesse Socialiste Suisse.

Pendant ces trois années, étant devenu étudiant en philosophie, j'appris à connaître la méthode philosophique analytique, ce qui me rendit très méthodique et rigoureux. Je me mis donc d'une part à écrire une défense systématique de mes positions socialistes, cherchant à élaborer des arguments solides et valides, et d'autre part à lire les ouvrages libertariens pour mieux tenter de les réfuter par la suite. Je lus David Friedman, Murray Rothbard, Pascal Salin, sans que cela ne remette mes convictions en question d'un iota. Fermement arrimé à l'axiome communiste selon lequel le salariat est une agression ou un vol, je restais insensible à toutes ces bourgeoises palabres.

Ces trois années furent aussi des années de moult et moult débats. Avec les libertariens, éternels et inébranlables adversaires, et avec les anarchistes communistes. A force d'arguments pertinents et de brillantes démonstrations, libertaires et libertariens brisèrent ma foi en l'Etat en me montrant qu'il était bel et bien l'ennemi des plus pauvres et de la classe ouvrière. Je devins communiste libertaire et décidai de transformer la Jeunesse Socialiste en phalanstère, avant de me rendre compte que c'était complètement dément et impossible. Je rejoignis alors pour un court instant les anarchistes communistes (dont je ne peux que louer la probité et l'honnêteté) dans la lutte contre la bureaucratie, le gouvernement, les politiciens, et la bourgeoisie.

Acte III. Liberté

Et puis, je suis parti en Italie, pour assister à un mariage. J'ai emporté un livre avec moi. Ce livre s'appelle La Révolte d'Atlas, il a été écrit par Ayn Rand, et à sa lecture, à ma plus grande stupéfaction et entièrement contre ma volonté, l'axiome communiste s'est brisé. Le salariat n'est pas une agression ni un vol. Comment pourrait-il l'être ? Trois années de raisonnements de plus en plus tordus pour tenter de justifier l'injustifiable s'écroulèrent en quelques instants. Sans l'axiome communiste fondamental, la révolution n'était plus justifiée, l'expropriation des expropriateurs devenait caduque car il n'y avait plus d'expropriateur. Le socialisme ne pouvait donc qu'être volontaire. Il n'était qu'un choix de société, et non un impératif moral. Je suis rentré en Suisse, j'ai admis publiquement que je m'étais trompé sur bien des choses et que beaucoup de choses que j'avais soutenues étaient à vrai dire un tissu de foutaises. Puis, je me suis demandé ce que j'allais faire.

Par un heureux hasard, le libertarien Loïc Magnin m'écrivit à ce moment-la sur Facebook et m'annonça que Diogène (pseudonyme du libertarien Mikaël Mugneret) et lui-même passaient par Genève. J'allai à leur rencontre et Diogène déclara qu'il était temps d'unir socialistes libertaires favorables à un marché libre et au respect des droits de propriété légitimes et libertariens ouverts d'esprit contre leur ennemi commun : l'Etat. Nous avons alors acquiescé et avons décidé de fonder un parti unissant nos forces en Suisse romande. Quelques jours plus tard, j'ai quitté la Jeunesse Socialiste. Beaucoup de mes fréquentations ont mal réagi et une partie de mon cercle social a disparu à ce moment-la. Les socialistes libertaires n'ont quant à eux pas semblé partants pour se joindre aux libertariens. 

La politique aurait alors pu s'arrêter là pour moi en fait : socialiste refusant l'existence de l'Etat ou d'un gouvernement, favorable à un marché libre de producteurs indépendants organisés horizontalement en coopératives, désireux de vivre dans une communauté utopique solidaire où bien des choses seraient mutualisées, mais rejetant la violence à l'encontre des riches et des propriétaires et respectueux des droits de propriété légitimes, j'étais devenu un ovni politique.
Mais c'était sans compter les libertariens ! Fabio Battiato m'a contacté, et en septembre nous avons fondé le Parti Libertarien de Genève avec Alexis Andres et Darius Tabatabay. Les choses sont claires à présent.

Puisse le vent de la liberté souffler longtemps sur ce pays et sur le reste de la Terre.



« A long terme, c'est nous qui l'emporterons... La botte cessera un jour de marteler le visage de l'homme, et l'esprit de liberté brûle avec tant de force dans sa poitrine qu'aucun lavage de cerveau, aucun totalitarisme ne peuvent l'étouffer. »
- Murray Rothbard

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27/08/2014

Départ de la Jeunesse Socialiste Genevoise


Compte tenu de mon évolution politique, je me retire de la Jeunesse Socialiste Genevoise (et du Parti Socialiste Genevois).

Ce furent 5 années riches en expériences et en émotions, et je souhaite bonne chance aux membres de la JSG pour ces prochaines années. J'ai confiance en leur capacité à réaliser leurs objectifs et en leurs convictions à toute épreuve dans leurs idéaux.

Je compte à présent participer à la création d'un parti libertarien en Suisse romande.

 

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18/08/2014

Mise au point sur mes positions politiques – Du cheminement vers la liberté



Compte tenu de mes concessions, je pense qu'une petite mise au point sur mes positions politiques s'impose.

A 15 ans j'ai réellement commencé à me poser des questions sur la politique, la société, et sur la marche du monde. La gauche m'a tout de suite attiré, car je la percevais comme une défense des individus peu aisés, élément essentiel selon moi compte tenu de ma situation personnelle. A 18 ans, j'ai commencé à militer à la Gauche des collèges, puis à la Jeunesse Socialiste. J'avais alors des positions qui étaient celles d'un étatiste modéré (d'un social-libéral). A 20 ans, j'ai créé ce blog pour chercher des réponses à la crise économique dont les conséquences m'indignaient. Progressivement, j'ai essayé de fonder mes positions politiques sur une argumentation rigoureuse. Pendant 3 ans, j'ai lu, j'ai débattu, j'ai écrit, j'ai encore débattu, j'ai de nouveau lu, et ce fut passionnant. J'ai traversé beaucoup de courants, de théories, et d'idées. Dans mes études j'ai quitté les sciences politiques pour la philosophie et l'histoire, y trouvant davantage de réponses à mes interrogations.

Ce que je constate en tout cas, c'est qu'il y a une réelle cohérence dans mon évolution politique. Au commencement, lorsque j'ai cherché une solution à la crise économique, je me suis tout naturellement (parce que c'est ainsi que l'on nous conditionne aujourd'hui) tourné vers un étatisme et un planisme total. Mais par la suite, je n'ai eu de cesse de me rapprocher de la liberté. Je suis passé successivement de mon ultra-étatisme totalisant au marxisme, puis à Marx, puis à Castoriadis, pour finir avec le socialisme libertaire. Pendant ces trois ans de cheminement politique, j'ai été confronté à énormément de contradicteurs, d'opposants, de débatteurs. Les plus convaincants (ceux qui avaient les meilleurs arguments) étaient des anarchistes.

A présent, je suis convaincu qu'il convient d'abolir l’État (instrument fondé sur l'agression), la hiérarchie, le salariat (qui est une forme de hiérarchie), et qu'il faut lutter contre toute forme de domination (racisme, sexisme, homophobie, etc.) Si on considère que le capitalisme n'est que le salariat, alors je suis pour en finir avec le capitalisme. J'attache en outre énormément d'importance à la solidarité et au partage.
Ces éléments font probablement de moi un socialiste libertaire je pense. Je me considère aussi proche des socialistes utopistes et de leur désir de créer des phalanstères et des utopies dès maintenant.

Toutefois, je ne considère pas que le salariat soit une agression, je suis favorable au libre-marché (aucun politicien ou bureaucrate ne peut savoir mieux que vous où votre argent doit être dépensé), et je pense que la propriété (sur notre propre corps et notre esprit, et sur ce que nous acquérons en les employant) est un élément essentiel de toute société (actuellement elle nous préserve (partiellement) des volontés des majorités démocratiques et des politiciens élus). Ce qui me rapproche considérablement des anarchistes libéraux et des libertariens, et fait probablement de moi ce qu'on appelle parfois un libertarien de gauche (ou un anarchiste libéral de gauche).

Par conséquent, je considère que la meilleure stratégie actuelle consiste à une union entre socialistes libertaires favorables au libre-marché et anarchistes libéraux & libertariens. Sur la base de cette union, nous pourrons marcher ensemble jusqu'à l'abolition de l’État. Lorsque l’État sera aboli, les individus s'établiront spontanément en communautés partageant un certain nombre d'éléments en commun (il s'agira d'une situation panarchique). Personnellement, j'irai vivre dans une société (communauté) où nous mettrons volontairement un certain nombre de choses en commun (les routes par exemple), où le salariat n'existera plus (il y aura des coopératives et des entrepreneurs indépendants), et où un revenu minimum décent sera garanti à tous. Les individus conservateurs iront sûrement vivre entre eux, tout comme les individus désireux de vivre dans une société où le salariat existe.

Concrètement, je suis donc favorable à la création d'un parti libertarien en Suisse romande. 

 

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14/05/2014

Démission de la présidence de la Jeunesse Socialiste Genevoise


Hier, lors de l'Assemblée Générale de la Jeunesse Socialiste Genevoise, j'ai présenté ma démission de la présidence du parti.

Voici quelques mots que j'ai prononcés à cette occasion :



« Chères et chers camarades,

Permettez-moi de vous présenter ma démission de la présidence du parti, avec effet immédiat.
Si vous voulez bien, et comme le veut la tradition de notre parti, j'aimerais dire quelques mots pour accompagner et justifier cette démission.

Tout d'abord, je tiens à dire que je ne démissionne pas de manière inconséquente et futile, mais après un temps certain de réflexion et de maturation, ainsi qu'après avoir reçu l'assurance que Tristan et Brice sont prêts à reprendre ma fonction, si vous le désirez, ce qui fait que la présidence ne connaîtra pas d'absence.

Ensuite, concernant les raisons de ma démission, je considère qu'après plus de 3 ans au comité de ce parti et plus de 2 ans à sa présidence, j'ai fait mon temps. Je n'ai en effet ni le temps, ni la disponibilité, ni l'énergie, ni la motivation, pour exercer cette fonction, qui nécessite pour le bien du parti quelqu'un de plus motivé et de plus investi.

Qui plus est, mon rapprochement avec les idées libertaires me met de plus en plus en porte à faux avec les idées trotskistes et réformistes auxquelles adhèrent majoritairement les membres de notre section, ce qui affaiblit clairement ma représentativité, et, je le sens bien, provoque une certaine irritation chez certains d'entre vous.

Par ailleurs, j'ai bien l'impression que certains JS genevois souhaiteraient avoir un président qui assure davantage un rôle de direction du parti, voire carrément d'autorité.
Ayant toujours cherché à supprimer toute hiérarchie au sein de parti, je me sens fort peu en phase avec pareille vision.

Si je devais tirer un bilan de mes 4 dernières années de militantisme au sein de la Jeunesse Socialiste Genevoise, il serait bien évidemment extrêmement positif, tant mon expérience au sein de ce parti m'a apporté et m'apporte toujours à tous les niveaux.

Ma fin de présidence a été, comme toutes les fins de présidence je crains, plutôt laborieuse, car il me manquait temps, énergie, motivation, et disponibilité... Et c'est pourquoi je vous présente mes excuses pour cette fin de présidence quelque peu poussive.

Quant à ma présidence, elle a été, je suppose, à mon image, avec les qualités et les défauts évidents qui me sont propres.

Ce qui m'a en tout cas toujours importé lors de ma présidence a été de préserver et de développer la démocratie, l'horizontalité, et la convivialité, au sein de notre parti, notamment en évitant au maximum la séparation entre comité et membres.
En outre, je crois que nous avons réussi à mettre au cœur de notre activité militante l'idéal que nous poursuivons, le socialisme, en tant que projet de société réel, et c'est là quelque chose qui a de l'importance à mes yeux.

Je remercie chacune et chacun d'entre vous pour ce qu'il m'a été donné de vivre à vos côtés.
Notre parti est composé d'individu honnêtes, avec de vrais idéaux, et je crois que nous pouvons nous en féliciter, tant cela est rare et précieux aujourd'hui.

Je reste membre de la Jeunesse Socialiste Genevoise et je continuerai de participer aux activités de ce parti.

Merci de m'avoir écouté. »



Une phase de mon militantisme et de mon engagement politique se termine, mais ce n'était bien entendu qu'un début.



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15/09/2013

Coming-out révolutionnaire



Quel meilleur moment que les élections cantonales pour l'annoncer ?

Il y a plusieurs semaines, de passage à Lausanne pour une rencontre inter-cantonale du collectif artistico-politique Chlorure de sodium, j'ai pris le temps de discuter avec deux socialistes libertaires. La discussion a porté entres autres sur mon parti, nos activités, et nos buts. Et c'est ainsi que ces derniers ont instillé en moi le doute : le socialisme pouvait-il réellement être réalisé par une couche successive de réformes ? Si par un hasard transcendant notre histoire suisse minoritaire nous obtenions une majorité dans les parlements et les exécutifs de ce pays, pourrions-nous réellement voter des lois transformant radicalement la société, ses institutions, ses structures ?

L'histoire n'est pas du côté du réformisme.
Mitterrand n'a-t-il pas échoué ?
Jamais le socialisme n'a été réalisé par des réformistes.
Ses seuls moments d'existence sont des moments révolutionnaires : l’État du Soleil de Spartacus dans l'Antiquité, la Commune de Paris en 1871, la Catalogne de 1936, la Hongrie de 1956, etc.
Empiriquement, le socialisme semble n'être réalisable que par des révolutions.
Mais ce n'est pas un argument suffisant.

Ce qui m'a convaincu, c'est cette petite phrase qui m'a traversé l'esprit : « La liberté ne se donne pas, elle se conquiert. »

Ni Dieu, ni César, ni tribun.
Ni État, ni gouvernement, ni parti, ni avant-garde.
Nul ne peut donner la liberté à un individu.
On ne libère pas un esclave en lui notifiant sa liberté sur un bout de papier.
Car le réformisme est un formalisme, il croit qu'un peu d'encre sur un papier crée quelque chose de réel, alors que tout ce qu'il produit c'est une possibilité de réalité qui restera possibilité tant que la réalité ne rejoindra pas le contenu du bout de papier.
L'esclave doit vouloir au plus profond de son âme sa liberté. Et il doit la conquérir, sinon elle restera simple illusion de liberté.
On n'instaura pas l'autogestion d'un trait de plume sur un document officiel.
La gestion direct du monde par ses usagers ne saurait émerger que des usagers de ce monde.

Nous, socialistes révolutionnaires réunis au sein du Parti Socialiste et de la Jeunesse Socialiste, ferons du PS le parti de la révolution, et de la JS son avant-garde dans cette transformation.
Pour que ce projet soit crédible, nous devons obtenir en premier lieu l'entrée du PS dans une opposition radicale, ce qui implique : le retrait du PS de tout exécutif où nous sommes minoritaires, et prioritairement du Conseil Fédéral, la rupture avec toute idée de paix du travail, et la fin de la collaboration avec les partis bourgeois.


Ainsi prennent fin mes trois années de militantisme réformiste.

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14/03/2013

Je suis candidat !

 


Il y a 2 ans, j'étais candidat sur la liste de combat de la Jeunesse Socialiste Genevoise pour le Conseil National. C'était ma première participation à une élection, et notre campagne fut ludique (rappelez-vous nos affiches en 3D) et active (que de stands!). Nous étions toutefois peu nombreux à la JSG et une grande motivation était nécessaire pour assumer cette campagne avec si peu de forces militantes.

Samedi dernier, le Congrès du Parti Socialiste Genevois m'a élu candidat sur la liste socialiste pour le Grand Conseil, faisant taire les mauvaises langues qui disaient que mes positions radicales rendaient impossible mon élection au sein du parti (en réalité ma place en bas de liste est sûrement surtout due au fait que je suis peu actif au sein du PS, du fait de mon fort investissement à la JS). Je remercie d'ailleurs chaleureusement toutes et tous les camarades qui ont voté pour moi, me permettant ainsi de me lancer dans cette nouvelle aventure électorale.

Pourquoi me lancer dans cette élection ?

Tout d'abord, pour renforcer la représentation des jeunes qui sont aujourd'hui sous-représentés, et qui paient ainsi le prix de leur faible nombre, et de leur faible participation aux votations.
Ensuite, pour permettre à la Jeunesse Socialiste Genevoise de faire campagne aux côtés du PS tout en ayant ses propres candidat-e-s (au pluriel car ma camarade co-présidente Caroline Marti est aussi sur la liste socialiste), dont elle peut être assurée (en tout cas dans mon cas) qu'ils défendront ses idées, et notamment notre Manifeste.
Enfin, parce que je souhaite participer à la lutte électorale pour remporter une majorité de gauche au Grand Conseil, ce qui est notre objectif à toutes et tous à gauche à présent.

Il serait à présent d'usage, il me semble, que je présente quelque peu mes choix politiques et ma formation, ainsi que quelques idées politiques représentatives de mes positions, bien que les lecteurs réguliers de mon blog connaissent tout cela d'ores et déjà assez bien.

J'ai donc 21 ans, et je suis étudiant à l'université de Genève, à la Faculté des Lettres, en philosophie et en histoire générale. Avant cela j'ai fait une année en Faculté des sciences économiques en sociales, en science politique. Avant l'université, j'ai passé la maturité gymnasiale au collège de Candolle, option spécifique anglais et option complémentaire géographie, et auparavant j'ai terminé ma scolarité obligatoire au cycle de l'Aubépine. En dehors de ma formation estudiantine, je suis pratiquant de kung-fu depuis plus de 12 ans, et j'ai fondé l'association Martial Arts of Geneva qui organise régulièrement des rencontres entre pratiquants d'arts martiaux différents.

Mon engagement politique a commencé autour de mes 17 ans, quand j'ai fondé la Gauche des collèges qui rédigeait et publiait un petit journal militant, et se livrait toutes sortes d'activité de mobilisation et de conscientisation. Recruté par Olga Baranova à mes 18 ans au sein de la Jeunesse Socialiste Genevoise, j'y ai été d'abord responsable des nouveaux membres, puis secrétaire externe. Plus tard, j'ai été élu co-président de la JSG, avant d'être président unique, et à présent à nouveau co-président.
Au début de mon engagement militant, ce sont surtout les questions altermondialistes qui m'intéressaient, puis les questions écologiques, et notamment la critique que fait la décroissance (Paul Ariès, Serge Latouche, Nicolas Ridoux) de notre époque (d'où mon engagement au sein du Réseau Objecteur de Croissance genevois), mais j'avais alors un positionnement très modéré (social-libéral). Avec la crise et les témoignages réguliers sur la paupérisation croissante de l'Europe du sud, je me suis radicalisé jusqu'à adhérer au socialisme, nourri par Marx, et raffiné par Castoriadis.

Par ailleurs, j'ai participé un peu cette année à la rédaction de Pages de gauche, journal socialiste indépendant, mais j'écris surtout sur ce blog, dans le journal de la JSG la Cuite Finale, et dans le journal des élèves de science politique Troubles Obsessionnels Politiques.

Actif principalement à la JSG, je n'en suis pas moins aussi membre du PS depuis 2012. Avec quelques camarades des JS et du PS de Suisse romande, nous avons d'ailleurs fondé le Mouvement Socialiste Anticapitaliste qui vise à fédérer l'aile gauche du PS suisse.

En outre, j'ai participé au mouvement des Indigné-e-s lors de sa création, et à son développement lorsqu'il a pris la forme d'Occupy Geneva. C'est aussi à cette période que j'ai tenté l'expérience du Cercle Gramsci, qui a malheureusement avorté, faute d'accord sur ses objectifs entre les participants.

Quant à mes idées politiques en elles-mêmes, je crains que le mieux serait de se référer à mes anciennes et futures publications sur ce blog.

En très résumé, j'adhère au programme du PS suisse de 2010 (celui pour les 25 prochaines années), au programme du PS genevois pour la prochaine législature, au document Démocratie Socialiste de la JS suisse, et au Manifeste de la JS genevoise.

En résumé, je suis favorable au projet socialiste qui vise à rendre chaque individu autonome et libre. Pour ce faire, je pense nécessaire de supprimer toute exploitation  de l'être humain par un autre être humain, donc de supprimer le salariat, et la propriété privée des moyens de production, et de les remplacer par l'autogestion et la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production.  

Concrètement, un Grand Conseil à majorité de gauche, épaulé d'un Conseil d’État de gauche, pourrait par exemple mener une politique d'achat d'entreprises privées avant de proposer aux travailleurs de cette entreprise s'ils sont favorables à devenir une coopérative autogérée, cela nécessite l'organisation d'un vote et d'une campagne démocratique interne, et en cas de vote positif de mener les transformations structurelles nécessaires (il y a aussi des degrés différents d'autonomie possible pour les travailleurs au sein d'une entreprise que l'on peut mettre en place avant d'en arriver à une coopérative autogérée en tant que telle).

Afin d'étendre l'autonomie individuelle et collective, il me semble aussi souhaitable de mener des réformes radicales des institutions politiques.

En outre, je rappellerai aussi les nécessaires lois sociales pour instaurer une certaine équité et égalité au sein de la société : salaire minimum de 4000 francs, écart salarial de 1 pour 5, et revenu maximum.
Sans oublier la nécessité de supprimer le chômage par une répartition du temps de travail, soit en augmentant le nombre de semaines/jours de vacances, soit en limitant le nombre maximum d'heures de travail par semaine. (Bien sûr, on peut aussi mener des politiques keynésiennes.)

Et puis, n'oublions pas la nécessité de résoudre la crise du logement par la collectivisation progressive du sol et du logement, l’État devant acquérir progressivement tout cela, et en devenir propriétaire. Avec 80% de locataires et 20% de propriétaires, si cette évidente bonne idée n'est pas encore réalité, c'est bien parce que les 20% de propriétaires sont sûrement représentés à plus de 60% parmi les élus ! Combien d'élus sont locataires ? Voilà une question intéressante.


La population doit aussi reprendre à travers l’État le contrôle du crédit et du développement économique en étatisant les banques.  

Enfin, comme l'héritage n'a aucune légitimité éthique il faut le socialiser et le partager équitablement entre toutes et tous (sans privilège).


Voilà, un petit résumé de mes idées politiques.
Et comme j'ai plusieurs brouillons de texte en cours (en fait j'en ai des tonnes non publiées), je compte bien revenir sur tout cela très prochainement.

Pour le moment, permettez-moi simplement de nous souhaiter une bonne campagne, et une victoire électorale en autonome 2013.

Et vive le socialisme !

 

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29/09/2012

Bilan de mon cheminement idéologique et politique ces dernières années

Ce tableau reprend mon billet « Comment je suis devenu socialiste », en mettant en évidence les fluctuations de la pensée politique et de l'action militante. 


Événement concret ou idéologique

Réaction politique ou idéologique

Prise de conscience de l'existence du politique et de la vie collective.

Tentative spontantée d'adhérer au Parti Socialiste Genevois.
(Je me rendis à leurs locaux à la Servette, alors que ceux-ci étaient en train d'être déménagés à Plainpalais. Puis, par la suite, je redevins hésitant.)

Adhésion à l'altermondialisme.

Fondation de la Gauche des collèges de Genève (plus tard Gauche du Post-Obligatoire Genevois).

Adhésion au social-libéralisme
(comprendre : le programme contemporain prôné en général par les social-démocrates et autres keynésiens), rejet de l'anticapitalisme.

Recrutement par la Jeunesse Socialiste Genevoise (par Olga Baranova plus exactement).

Adhésion à la décroissance.

Adhésion au Réseau Objecteur de Croissance.

Crise financière, crise économique, crise sociale, crise politique, crise de la dette.

Participation au mouvement des
Indigné-e-s.

Participation à un débat public organisé par la Tribune de Genève sur le thème des Indigné-e-s.

Prise de conscience de l'échec du social-libéralisme.

Rejet du capitalisme, recherche d'alternatives.

Création de mon blog sur le site de la Tribune de Genève.

Adhésion au socialisme démocratique étatiste.

Participation au mouvement Occupy Geneva.

Adhésion à l'économie planifiée.
(Ce que Schumpeter disait être la définition ontologique du socialisme.)

Puis, remise en question partielle avec le socialisme de marché.

Fondation du Cercle Gramsci, groupement de recherche et de développement d'alternatives au capitalisme.

Observation de la pratique de l'autogestion dans le mouvement
Occupy Geneva.

Intégration de l'autogestion à ma réflexion sur le socialisme.

Étude de Marx et du marxisme.
Adhésion au principe de la société sans classe. Étude et rejet du léninisme.

Écriture collective du Manifeste de la Jeunesse Socialiste Genevoise.

Débat avec le libertaire Achille Karangwa.

Adhésion au concept de classe des travailleurs.

Adhésion au principe fondamental de la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production.

Finalisation du Manifeste de la JSG. Participation à la rédaction de Pages de gauche.


Après avoir tracé ce cheminement, avec plus ou moins de justesse, je pense pouvoir affirmer avoir à présent une idée de ce que pourrait être le socialisme, et surtout de ce que pourrait être un socialisme démocratique et autogestionnaire, incarnant une véritable alternative à l'ordre capitaliste actuel. 

17:29 Publié dans Qui suis-je? | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

09/05/2012

Comment je suis devenu socialiste

Comment je suis devenu socialiste


Cela peut surprendre, mais je n'ai pas toujours été socialiste.
Auparavant, j'ai même été carrément centriste !

Voici le récit de ma conversion.



15 ans

Je me découvre un intérêt pour la politique et l'actualité.
Pour assouvir cette soif naissante, je me tourne vers le seul journal qui me semblait accessible, le 20 Minutes.
A l'époque, je suis encore incapable de me positionner à gauche ou à droite, mais je me sens d'ores et déjà farouchement anti-UDC.

16 ans et 17 ans

Deux années de petits réflexions, et de premières lectures politiques.
Deux années de tâtonnements à se chercher politiquement.
Je découvre avec plaisir la Tribune de Genève et le Courrier.

18 ans

Les lectures de Susan George et Jean Ziegler me gagnent à la cause altermondialiste.
L'impérialisme occidental et le néo-colonialisme des multinationales sont la cause de tous les maux sur cette Terre.
Pour sauver les pays pauvres, il faut convaincre mes camarades du collège, et c'est pourquoi je fonde la Gauche des collèges de Genève, structure militante qui rédige et distribue des manifestes à l'attention des collégiens (et des professeurs).

Puis la Gauche des collèges mute en devenant Gauche du post-obligatoire genevois lors de notre extension à l'ECG.
Et moi je mute en devenant objecteur de croissance, car la lecture de Paul Ariès, de Serge Latouche, de André Gorz, et de Nicolas Ridoux, m'a convaincu de la nécessité d'une décroissance pour sauver la planète et ses habitants.

Enfin, pour conclure cette année pleine de changements, je suis recruté par une certaine Olga Baranova, à l'époque secrétaire de la Jeunesse Socialiste Genevoise.
Certes, j'aimais bien être indépendant, mais j'aime encore mieux avoir les moyens d'être davantage efficace dans mon engagement, ce que la JSG m'offre.

19 ans

Découverte de l'opposition entre social-libéraux (dits social-démocrates) et d'autres courants (socialisme, marxisme, communisme, libertaire) au sein de la JS.
Je me situe alors clairement en faveur du courant social-libéral, car je suis favorable au capitalisme même si je souhaite le voir encadré par l’État.

Je me mets à lire le Courrier International, le Temps, Gauchebdo, et La Décroissance, et je rejoins le Réseau Objecteur de Croissance.

Durant l'année, je deviens secrétaire de la JSG.

20 ans - été

C'est la crise.
Les gouvernement social-libéraux (dits social-démocrates) du sud de l'Europe se livrent à une politique néo-libérale d'austérité, seule solution selon eux pour sauver l'économie capitaliste.

Pour moi, c'est tout mon modèle politique qui s'effondre.
L'échec de ces gouvernements social-libéraux représentent l'échec du social-libéralisme.
Toutes mes convictions sont à terre, c'est un violent choc idéologique.

Je rejoins alors le mouvement des Indigné-e-s, réponse mondiale des peuples à l'austérité.
Car si le capitalisme social-libéral a échoué, alors il faut trouver une autre voie.
C'est pourquoi je crée ce blog sur le site de la Tribune de Genève.

Une autre voie doit être possible, et il faut bien essayer de la définir le mieux possible.
Assez vite, je comprends que la solution à la crise, c'est le socialisme !

Je suis donc le produit idéologique de la crise contemporaine du capitalisme.
Ainsi le capitalisme produit-il son antithèse.
Et ainsi cette antithèse finira-elle par le reléguer aux oubliettes de l'Histoire.

20 ans – jusqu'à aujourd'hui

La plupart de mes recherches, de mes interrogations, et de mes propositions de cette récente période sont visibles sur mon blog.

J'ai été fortement influencé par la lecture de Marx, mais aussi par mon entrée à l'université de Genève en science politique, où j'ai découvert des penseurs comme Gramsci ou Bourdieu auxquels je me réfère régulièrement.

En outre, je me suis mis à la lecture du Monde Diplomatique.

Durant cette année, je me suis aussi présenté aux élections fédérales avec un score glorieux de 0,5%, puis j'ai été élu à la co-présidence de la JSG.

Et l'Histoire poursuit sa course, amenant un social-libéral au pouvoir en France, et des socialistes aux portes du pouvoir en Grèce.

Et à présent me voilà à l'approche de mon anniversaire.
Socialiste.

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03/10/2011

Je suis candidat !

J'ai le plaisir de vous annoncer que, non content de rédiger des tas de notes politiques sur ce blog, je suis aussi engagé concrètement en politique.
Ainsi, je m'engage au sein de la Jeunesse Socialiste Genevoise (JSG), dont je suis le secrétaire.
En outre, j'ai été désigné, avec Romain de Sainte-Marie et Olga Baranova, comme candidat au Conseil National sur la liste (21) des Jeunes Socialistes.

La Jeunesse Socialiste Genevoise représente l'aile gauche du PS, c'est à dire que bien entendue elle adhère à son programme, mais désire aller plus loin et plus rapidement en direction du socialisme. Je pense pouvoir dire (et cela ne surprendra sûrement pas ceux qui me lisent régulièrement) que je représente l'aile gauche de la JSG. D'ailleurs, la citation que j'ai adopté sur nos flyers est la suivante : « Non seulement je ne suis pas modéré, mais j'essayerai de ne jamais l'être. » (Che Guevara)

Par ailleurs, je me suis engagé au sein du mouvement des Indignés genevois, même si malheureusement le mouvement n'est actuellement plus très actif (la coupure de l'été je suppose).
Bien sûr, je suis membre du Réseau Objecteur de Croissance genevois, car la décroissance est un pilier de ma réflexion et de mon engagement politique.

D'autre part, je suis le fondateur de la Gauche des collèges de Genève (rebaptisée plus tard Gauche du Post-obligatoire genevois), groupement des jeunes de gauche des collèges (puis incluant l'ECG) qui se bat pour pousser les jeunes à s'engager selon nos idéaux humanistes.

Enfin, je terminerai cette courte présentation de mon engagement politique, en ajoutant que j'ai 20 ans et que je suis étudiant en première année de Science Politique à l'Université de Genève.

http://jsg.blog.tdg.ch/archive/2011/09/26/l-affiche-de-la...
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En tant que socialiste post-marxiste et démocrate, je ne peux qu'adhérer au programme du PS et de la JS. Il me semble d'ailleurs extrêmement nécessaire que le PS et ses alliés (Verts et extrême gauche) obtiennent une majorité à l'Assemblée fédérale. Bien que cela représenterait une première historique en Suisse, je suis convaincu que cela finira par arriver d'ici quelques années si ce n'est pas à cette élection précisément.
Toutefois, je désire à présent proposer quelques mesures qui sortent éventuellement quelque peu du cadre des programmes actuels du PS et même de la JS, mais qui me semblent être néanmoins tout autant importantes :

- Écart salarial maximal de 1 à 5 dans toutes les structures économiques,
avec un salaire minimum de 4000 francs.
Ainsi, le maximum mensuel que pourra gagner un manager sera de 20'000 francs, somme déjà fort rondelette.

- Instauration de l'Allocation Universelle :http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/28/l-alloc...

- Expérimentation : Certains secteurs publics fonctionneront en autogestion (tournus des fonctions et rémunérations identiques sur la base du partage égalitaire des bénéfices).
Cette expérience devrait se faire sur la base du volontariat.


- Création d'un mécanisme d'expropriation automatique des zones villas lorsqu'il y a pénurie de logement et construction de logements étatiques.
Les logements étatiques appartiennent indéfiniment à l’État (y compris les HLM ou HBM).

- Étatisation des banques : le peuple doit pouvoir bâtir la société qu'il désire et pour cela il doit pouvoir décider du crédit à travers des banques étatisées.

- Création d'un organe de contrôles des licenciements.

- Réduction du temps de travail à 32h par semaine. Travailler moins pour vivre mieux!
Travailler moins pour partager le temps de travail.

- Expérimentation : 10% des députés devront être tirés au sort parmi la population dans tous les parlements, seuls 90% des députés seront élus. On peut imaginer changer ces 10% chaque année pour ne pas nuire à leur activités courantes. Si l'expérience est un succès, alors on pourra envisager d'augmenter ce pourcentage de députés tirés au sort.
Cette part de démocratie athénienne permettra d'améliorer notre démocratie et de lutter contre la professionnalisation des politiciens.

- Gratuité des Transports publics et extension de l'offre, financées par une taxation des véhicules motorisés, de l'aviation et des carburants. Il s'agit d'en finir avec la civilisation de la voiture, de développer le lien social et de renforcer la lutte écologique.

- Interdiction de la publicité consumériste (mais pas de la promotion artistique ou culturelle, ou de la promotion anti-tabac évidemment). Il s'agit de s'attaquer au moteur du productivisme : la société de consommation, le consumérisme matérialiste et son rouage qu'est l’obsolescence programmée.

- Création d'un Service fédéral d'échanges libres (SEL) : il s'agit d'encourager l'échange de biens et de services sur des bases non monétaires, et de créer du lien social.

- Autosuffisance alimentaire à 100%, basée sur une agriculture biologique et agro-écologique, c'est à dire ne contenant ni pesticides, ni engrais, et ne dégradant pas les sols.
En partant du taux actuel de 60%, il faudrait développer des jardins communaux, publics, ou associatifs, encourager la culture auto-productrice individuelle, construire des toits végétalisés, créer des potagers dans les lieux d'éducation et de formation, limiter notre consommation carnée, et simplement remplacer les structures économiques futiles (usine à Ipod par exemple) par des zones agricoles.
Assurer notre auto-suffisance est essentiel vu le futur qui nous attend : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in...

Vous trouvez que les mesures que je propose risque d'augmenter les frais de l’État ?
Voici comment multiplier ses recettes :
- Taxe sur les transactions financières (vive l'économie réelle!)
- Sortie du FMI (marre de participer aux plans de privatisation de l'Etat-social), donc arrêt du financement suisse de cette organisation.
- Taux de TVA diversifiée sur les produits de luxe.
- Progressivité de l'impôt augmentée (notamment sur l'héritage).
- Déplafonnement de l'impôt (notamment sur l'héritage).
- Étatisation de secteurs rentables de l'économie privée pour en étatiser les bénéfices.



Voilà, si je vous ai convaincu,
ne votez pas pour moi, mais...
devenez militant !

Seul un mouvement social fort changera cette société !

Et ce mouvement social,
c'est vous,
c'est moi,
c'est nous !!

15:19 Publié dans Qui suis-je? | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : politique, socialisme, économie, engagement | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg