13/11/2012

Contrôle policier ? (suite)

Permettez-moi de revenir sur le contrôle policier excessif dont trois membres de la Jeunesse Socialiste et moi-même avons été victimes, afin de rebondir sur les derniers éclaircissements apportés à cette affaire.

Tout d'abord, la police a déclaré à la presse que selon la loi genevoise sur les manifestations :

«La police peut photographier ou filmer les participants à une manifestation s’il ressort des circonstances concrètes que certaines de ces personnes envisagent de commettre un crime ou un délit dont la gravité ou la particularité justifie cette mesure.» (Art. 6, al.5.)

Il semblerait donc à première vue que la légalité de l'action de la police ne puisse pas être remise en question.
Dans ce cas, je pourrais en rester à une accusation purement politique en dénonçant la légitimité de pareilles mesures qui se rapportent selon moi à du fichage des simples citoyens participant à des activités politiques pacifistes (à noter que la police a tout de même précisé qu'il s'agissait de fichage à durée déterminée).

Pourtant, c'est bel et bien la légalité de l'action de la police qui peut être remise en question.

Premièrement, notre groupe de JS se trouvait hors du périmètre de la manifestation, ce qui signifie que nous ne pouvons nullement être considérés comme participants d'une manifestation.

«La police peut photographier ou filmer les participants à une manifestation »

En effet, pour avoir la qualité de participant à une manifestation, il faut être sur les lieux de la manifestation.

Deuxièmement, la police ne peut nous photographier que « s’il ressort des circonstances concrètes que certaines de ces personnes envisagent de commettre un crime ou un délit dont la gravité ou la particularité justifie cette mesure.»

Notre groupe de JS a-t-il donc des caractéristiques telles qu'on puisse être amené à croire qu'il s'apprête à envisager de commettre un crime ou un délit ?

Cette question implique que nous ayons un élément nous distinguant de monsieur et madame tout le monde. Quel est cet élément ?
Et bien, nous portions des drapeaux JS.

Si donc, la police se croit dans son bon droit pour déduire que toute personne portant un drapeau JS envisage de commettre un crime ou un délit, alors il s'agit d'un cas de stigmatisation politique de la part de la police, et/ou des autorités.

Troisièmement, l'article 6 de la loi sur les manifestations pose clairement une proportionnalité des moyens par rapport au but de sécurité public, et en l'espèce, les mesures de fouilles et de vérification d'identité étaient suffisantes.

Conclusion, selon moi l'action de la police de photographier notre groupe de JS est non seulement parfaitement illégitime, mais qui plus est illégale.

23:16 Publié dans Police & politique | Lien permanent | Commentaires (20) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

11/11/2012

Contrôle policier ?

Vendredi, je me suis rendu au rassemblement de départ de la manifestation de commémoration de la fusillade du 9 novembre 1932 et d'opposition à la mise en place de nouveaux bataillons militaires de répression de la contestation populaire.
En arrivant, j'ai été contrôlé par les forces de police encerclant ce rassemblement politique, quelques cohortes de policiers en armures ayant en effet été envoyé pour contrôler notre dangereux rassemblement gauchiste.

J'avoue trouver surprenant que le Conseil d’État genevois soit aussi désireux de gaspiller l'argent public dans de telles opérations d'encadrement des militants de gauche. Mais je suppose que c'est pour mieux taxer les jeunes à coup de taxe à 365 francs par la suite.

Mais ce qui m'a surpris encore davantage, c'est d'être contrôlé avec mes camarades de la Jeunesse Socialiste Genevoise (notre vice-présidente, notre graphiste, et le co-président de la Jeunesse Socialiste Vaudoise), alors que nous arborions nos drapeaux, et donc notre appartenance à la JSG.
La JSG serait-elle devenue une organisation si subversive qu'il faille nous contrôler ainsi ?

Quant au contrôle, permettez-moi de vous préciser ses modalités :

1. Présentation des papiers d'identité.

2. Fouille des sacs.

3. Fouille au corps (palpations, fouille des proches).

4. Photographie des papiers d'identité.

5. Photographie du corps et du visage.

J'aimerais en effet bien savoir depuis quand j'ai voté pour la légalisation du fichage des citoyens s'engageant en politique ?!

Mais bon, comme je voulais aller à la manifestation, j'ai préféré ne rien dire plutôt que de me faire embarquer comme nos voisins peut-être trop bavards.

Alors, elle est pas belle la démocratie libérale ?

22:27 Publié dans Police & politique | Lien permanent | Commentaires (30) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg