24/08/2012

Comment réaliser une économie de plein-emploi ?

Lors de la publication de mon dernier texte sur les coopératives autogérées, plusieurs personnes m'ont écrit pour me dire que cet élément ne résolvait pas tout.
Je leur ai répondu que évidemment le modèle idéal de structure micro-économique dans la société socialiste ne résolvait pas forcément directement l'ensemble des problèmes macro-économiques. Comme on m'a en même temps demandé de ne pas négliger la question du chômage, je souhaite présentement proposer quelques pistes pour réaliser une économie de plein-emploi (exceptée le chômage frictionnel).

1. Mettre en place un cadre infrastructurel et environnemental de pointe en développant des services publics de qualité.
Le développement de l'offre des transports publics et leur gratuité, sont un exemple de ces plus-values collectives que la société doit mettre en place pour améliorer son cadre général.

2. Offrir aux individus une formation variée de haut niveau, afin que chaque individu soit apte à autodéterminer son avenir comme il le souhaite.
L'amélioration des conditions d'enseignement par la réduction du nombre d'élèves par classe représente un bon moyen d'améliorer le niveau de formation des individus.

3. Soutenir les secteurs économiques ayant une utilité locale et répondant à une offre de travail local.
En imposant les secteurs nuisibles (armements, publicité consumériste, trading en matières premières, etc.) et en subventionnant les secteurs utiles (soins aux personnes, énergies renouvelables, agriculture biologique, construction, etc.), ou simplement en baissant l'imposition des secteurs utiles, on peut réaliser ce type de transfert socialement bénéfique.

4. Créer de l'emploi en fonction de leur utilité locale tout en répondant à une offre de travail locale.
Cette proposition rejoint le point précédent, à la différence que la collectivité investit directement à travers l’État pour créer des emplois publics.

5. Investir localement dans les services publics.
Identique au premier point, à la différence que la logique diverge. Tout en gardant en tête le but recherché d'amélioration d'un service collectif à la population, on obtient comme résultat secondaire un soutien de l’État à l'offre locale générale par ses investissements rationnels.

6. L’État accroît le revenu des travailleurs du secteur public.
En augmentant le revenu des travailleurs, leur consommation croît, et la production par conséquent aussi. Et lorsque la production croît, le nombre d'emplois aussi.

7. L’État accroît le revenu des travailleurs du secteur privé.
En augmentant le revenu des travailleurs, leur consommation croît, et la production par conséquent aussi. Et lorsque la production croît, le nombre d'emplois aussi.

8. L’État redistribue les richesses des plus riches aux plus pauvres.
De cette façon la consommation croît, étant donné que les besoins des plus pauvres sont plus élevés que les besoins des plus riches (autrement dit les plus pauvres épargnent moins que les plus riches). Puis, la consommation entraîne la production qui engendre l'emploi.

8. Partager le temps de travail entre tous les travailleurs.
Les 35 heures l'ont prouvé (malgré leur application partielle, elles ont créé 500 000 emplois), le partage du temps de travail est un bon moyen de répartir le travail entre toutes et tous. En suivant ce raisonnement, on peut procéder à une réduction du temps de travail hebdomadaire, ou bien augmenter la durée des vacances et des congés.

9. Instaurer une allocation universelle pour les jeunes, et accroître les rentes AVS.
En augmentant les moyens des catégories de population les plus précaires, on leur permet de consommer davantage. Puis, la consommation entraîne la production, qui engendre l'emploi.

10. Développer la recherche et la technologie.
C'est une évidence, mais plus on dispose de technologies, plus on peut développer de nouveaux secteurs économiques et innover. Ce qui entraîne évidemment création d'emplois. 


11. Planifier l'ensemble des forces économiques.
Une solution osée certes, mais qui a le mérite d'assurer le plein-emploi, puisque la planification de la production se fait en fonction des besoins, et que les forces productives (travail et capital) sont ensuite réparties selon cette planification, sans que rien ni personne ne soit laissé sans participation.

A travers ces quelques points presque tous parfaitement keynésiens, on aura noté qu'effectivement il s'agit de règles générales, dont certaines demandent un développement davantage précis. Ce qui sera le propos d'une note future.

21:17 Publié dans Plein-emploi | Lien permanent | Commentaires (19) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg