19/05/2016

Nuit Debout et les Indignés : les nouvelles formes de mobilisation citoyennes

 

 

Pascal Décaillet s'est exprimé aujourd'hui, dans sa tribune hebdomadaire du GHI, sur la résonance jugée abusive (compte tenu de sa faible taille) donnée par les médias au mouvement Nuit Debout. Il analyse ce mouvement comme vide sur le fond et incapable d'articuler des positions et des revendications claires. Il applique un jugement similaire au mouvement des Indignés. Ayant moi-même été membre des Indignés, et de sa mutation plus offensive le mouvement Occupy, et m'intéressant en ce moment au mouvement Nuit Debout, encore balbutiant (car naissant) à Genève et en Suisse, je me propose de nuancer quelque peu l'analyse de Monsieur Décaillet.

 

Il est vrai que les Indignés et les Verticaux Noctambules sont un mélange assez bigarré regroupant des individus aux positions politiques assez éclectiques. Mais est-ce un mal ? Une fonction positive que l'on peut attribuer à ces nouveaux mouvements sociaux réside justement dans leur capacité à incarner et recréer un forum, une agora, une place du marché, où n'importe qui peut prendre la parole, s'exprimer librement et obtenir un peu d'écoute de ses concitoyens. Le fait qu'après les Indignés de 2011 et après Occupy the world, qui dura au moins jusqu'en 2012 (voire 2013 ?), on retrouve en 2016 exactement, et spontanément, le même type de mouvement issu de la société civile, nous montre quelque chose sur la demande de nos contemporains, et notamment des jeunes, en matière de politique. Alors certes, on parle ici d'une marge, de minorités actives. Il y a dans ces mouvements un grand nombre de militants de gauche et d'extrême gauche (ou équivalents), mais il y a aussi tous ces jeunes, non partisans, qui recherchent en dehors des partis politiques des formes alternatives d'engagement. Pascal Décaillet dit : « On place la posture avant le message. » Mais, en fait, c'est la posture qui est le message : un certain nombre de jeunes recherchent des formes participatives et directes de mobilisation politique. Cela correspond au nouvel esprit de ma génération, rejetant les hiérarchies et les structures centralisées, et préférant se tourner vers des formes horizontales et décentralisées de participation citoyenne.

 

L'agora ce n'est pas rien si cela répond à une demande réelle de certaines franges de la population. Le débat public est ainsi sorti des cénacles parlementaires et politiciens, le cadre est décloisonné, la parole libérée, l'ordre du jour démocratisé, et la politique rendue au citoyen. Cela ne débouche peut-être sur rien de concret à court terme, il n'y a pas de fond gouvernemental créé pour tel ou tel nouveau grand projet, pas de nouvelle loi pour dicter aux gens comment ils doivent vivre, pas de nouvel impôt ou de nouvelle taxe, et tant mieux. Il y a des discussions, et, éventuellement, une évolution des mentalités, un changement dans les esprits. Cette mutation mentale ira dans le bon sens si les militants de la liberté se décident à l'accompagner et à y prendre part. Je me rappelle de Charly Schwarz, certes modérément libéral, qui venait participer aux discussions des Indignés en 2011 et 2012. Et bien, il avait raison. Malgré la dominante gauchiste, il est possible parfois, par le débat et la discussion, d'échanger et de défendre une perspective libérale, une explication libérale et des solutions libérales concernant la situation contemporaine et les problèmes actuels. A Paris, les membres locaux du mouvement mondial des étudiants libéraux, Students for Liberty, se sont investis dans cette démarche. Les quelques photos qui suivent sont la trace vivante de leur expérience d'immersion à Nuit Debout. Parce que la liberté ne doit pas être défendue que dans les alcôves et les sinuosités des institutions politiques en place, mais partout où des esprits s'ouvrent et s'interrogent.

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18:18 Publié dans Nuit Debout | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg