20/11/2015

Faut-il accorder des droits spéciaux à certains ?

 

 

 

La tragédie de la gauche européenne contemporaine c'est sa rupture avec la pensée libertaire et individualiste, ce que dénonce et combat fort justement Michel Onfray à travers ses ouvrages. Le début et la fin de la pensée de gauche actuelle c'est l’État : tout par l’État, tout pour l’État ; tout par la politique, rien par la société civile. Bien des jeunes universitaires que je côtoie pensent en ingénieurs sociaux : ils ont (généralement) de bonnes intentions, observent une situation problématique, et réclament telle ou telle intervention de l’État. Quand on met en évidence un effet pervers de cette intervention ils le nient énergiquement ou réclament davantage d'intervention pour résoudre l'échec de la précédente... Cercle vicieux dans lequel le technocrate apprenti-bureaucrate s'enferme. Bien conditionnés à penser ainsi, jamais il ne leur viendrait à l'esprit qu'un problème pourrait se résoudre par le retrait de l’État ou par l'action de la société civile (syndicats, militants, associations, médias, etc.). Ce qui leur manque, comme dirait George Palante, c'est une sensibilité individualiste. Cette chose qui fait que nous refuserons toujours que l'individu soit soumis au groupe, à la société, au gouvernement ou à ses sbires.

J'aimerais illustrer cela par la question des minorités. L’État, de par ses lois, ses règlements, le cadre légal qu'il produit, n'est pas neutre mais favorise, privilégie, certains individus. Ainsi, si vous parlez français à Genève vous êtes avantagé par rapport à d'autres qui ne parlent pas cette langue car l’État vous écrit en français. Certains jours sont fériés alors que peut-être que cela ne correspond pas à vos habitudes de vie. Etc. L'action de l’État est en effet problématique car elle viole l'égalité des individus devant la loi, l'égalité en droits. L'ingénieur social observe ce problème et pense : nous allons régler le problème par davantage d'intervention de l’État ! Et voilà que l'on se retrouve avec des droits spéciaux par groupes x ou y d'individus. Comment déterminer quel groupe aura droit à des droits spéciaux ? Comment éviter que cela ne se transforme en chasse aux subventions ? Pourquoi mes amis et moi ne pourrions-nous pas fonder un culte de Bacchus et réclamer des droits spéciaux ? Ces questions ne peuvent trouver de réponses. La culture est une affaire privée et chaque individu a sa propre culture. Il n'y a pas un seul individu qui ait exactement le même bagage culturel.

Le libertarien résout la question en réclamant le retrait de l’État de la vie des individus et de la culture. Ainsi, il résout le problème que pose l'action de l’État sans le faire intervenir davantage. Il traite le problème à sa source et non le symptôme : rétablir l'égalité en droits au lieu de créer de nouvelles inégalités en droit pour compenser les premières. Multiculturalisme libertarien versus guerre des cultures et chasse aux subventions, pluralisme et non corporatisme.

 

 

 

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05/11/2015

Les libertariens sont multiculturalistes


Si, comme le dénoncent les penseurs multiculturalistes, l’État n'est jamais neutre et impose toujours des valeurs culturelles aux minorités culturelles qui vivent sur son territoire, ce qui semble effectivement être le cas (pensez à des éléments comme la langue officielle, les jours fériés obligatoires, la fête nationale, l'interdiction du travail le dimanche, etc.), alors la seule conclusion logique à laquelle on doit parvenir est que l’État doit être supprimé.

En effet, l’État, en imposant certaines valeurs culturelles de par la volonté de ceux qui le dirigent (les élus, la majorité des 45% de citoyens suisses décidant de voter, etc.) impose un certain modèle de vie aux individus qui vivent sur son territoire, ce qui est une violation de la libre volonté individuelle, autant du point de vue libertarien que multiculturaliste. Par conséquent, les multiculturalistes et les libertariens se rejoignent sur ce problème et participent au même combat pour le retrait du gouvernement de l'organisation de la vie des individus (de la vie en société). La culture doit être une affaire privée et non le jouet des desiderata étatiques.

Dans leur lutte contre l’État, les libertariens ont donc tout intérêt à se faire des alliés des multiculturalistes qui partagent une analyse similaire sur l’État et sa violation des droits des individus : la libération des minorités culturelles est un combat libertarien !

 

 

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