08/05/2013

Le MCG touche le fond


Avec son dernier tout-ménage, le MCG touche le fond, et fait une belle démonstration de sa vacuité idéologique. 
Populisme est encore un mot trop recherché pour définir cet amas de lieux-communs sans fondement qui se veut un discours politique.
Permettez-moi de revenir sur les points les plus erronés que j'ai trouvé pendant ma lecture de cette mauvaise propagande.

Les dealers

Il y a des dealers à Genève.
Que propose le MCG ?
Répression policière accrue.

Pourtant, s'il y a des dealers (c'est à dire une offre), il faut bien qu'il y ait des consommateurs (une demande) sur ce marché (noir) !
Par conséquent, ce marché ne disparaîtra jamais, et mieux vaut faire preuve de pragmatisme et de bon sens en légalisant et encadrant le marché, plutôt qu'en poursuivant la spirale de la répression, coûteuse et inefficace.
On pourra ainsi surveiller la qualité des produits vendus, mettre en place des lieux de vente adéquats (avec comme conséquence la disparition des dealers dans les rues), suivre médicalement les consommateurs, et financer le tout par une taxation sur la vente des produits.

Les mendiants

Il y a des mendiants à Genève.
Que propose le MCG ?
Répression policière accrue.

Pourtant, l'interdiction de la mendicité est complètement inutile et inefficace, et qui plus est coûte des millions chaque année en frais de justice, policiers, et postaux (pour les envois des factures en Europe de l'est...) Pareil aveuglement frise donc l'obsession et l'incompétence, tant il est évident que l'interdiction doit être levée.

Les frontaliers

Il y a des frontaliers à Genève.
Que propose le MCG ?
Stigmatisation et rejet.

Pourtant, les frontaliers ne prennent nullement le travail des Genevois. La dernière étude commanditée par la Fédération des entrepreneurs romands (c'est pas vraiment des gauchistes eux) et réalisé par le professeur d'économie de l'université de Genève Yves Flückiger le prouve bien : les frontaliers ne prennent que les emplois que les Genevois ne veulent ou ne peuvent pas exercer.
La lutte contre le chômage passe par le partage du temps de travail, la création d'emplois étatiques dans des secteurs nécessaires, par l'amélioration de l'insertion des jeunes sur le marché du travail, et par un crédit (public par exemple) à bas taux à de potentiels entrepreneurs-coopérateurs.

Les « prisons-palaces »

Le mythe de la prison comme lieu de plaisance est largement entretenu par le MCG.
Comment peut-on dire des absurdités pareilles ?
Les MCG a-t-il le moins du monde conscience de ce que représente l'emprisonnement d'un être humain ?

L'emprisonnement, il faut le rappeler semble-t-il, consiste à priver un individu d'une grande part de ses droits et de ses libertés. La condition de prisonnier n'est certainement pas une condition enviable ni plaisante. Une prison n'est jamais un palace ! (Et je ne parle même pas l'horreur que doit représenter une prison totalement surpeuplé comme Champ-Dollon...)

Le bonneteau

Ridicule non affaire sur lequel le MCG tente bêtement de capitaliser des voix de quelques mécontents.
Les citoyens sont bien assez grands pour ne pas participer d'eux-mêmes à pareille escroquerie pour attrapes-nigauds.

Les villas

Pour conclure, une jolie démonstration du caractère bourgeois du MCG qui, bien qu'il critique formellement la crise du logement, affirme qu'il faut à tout prix préserver la zone villa pour mieux entasser les précaires dans des grosses tours de béton, alors qu'en déclassant les zones villas de Genève on pourrait au contraire construire suffisamment de logements pour en finir avec la crise du logement, au plus grand profit des 83% de locataires genevois. 

17:27 Publié dans MCG | Lien permanent | Commentaires (23) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg