05/10/2011

Sex, drugs and rock'n roll

Sex, drugs and rock'n roll

On a vu récemment que certains, parmi les jeunes droitistes, se sont positionnés en faveur d'une certaine forme de libéralisme des mœurs.
Bien entendue, à gauche, on a fort justement crié à la poudre aux yeux électoraliste. Cette analyse n'est pas dénuée de vraisemblance.
Toutefois, je tiens à saluer le fait que de jeunes droitistes aient décidé de rompre avec le consensus conservateur de leurs pairs (et ceci quel que soit leur degré de bonne foi). Je regrette en effet que la droite ne fasse que marteler le refrain du libéralisme économique, mais ait abandonné la défense du libéralisme des mœurs à la gauche.

Les questions de mœurs sont-elles plus ou moins importantes que les questions socio-économiques ? Lesquelles influent le plus sur les autres ?
Ce sont des questions que l'on peut se poser, mais auxquelles je n'ai pas de réponse (d'autant plus que si l'une est normative, l'autre est positive).

Le point qui m'intéresse dans le présent écrit est celui de la légalisation, ou pas, des drogues.
Traiter uniquement la question du cannabis (comme souvent en France), au motif que cela serait la drogue la plus consommée et la moins nocive, me semble un faux débat.
Si il nous faut traiter de la drogue, alors parlons de toutes les drogues.

Premièrement, je tiens à dire que je parle ici uniquement des drogues officielles, c'est à dire à celles considérées par la loi comme telles. Car on entend parfois dire que l'alcool et la cigarette sont des drogues, voire que tout produit addictif peut être considéré comme une drogue.
C'est peut-être, voire sûrement, vrai, mais c'est à nouveau une question trop multiple pour que je puisse trancher ou traiter ici de la question.

Donc, comment faut-il gérer la question de la drogue, l'approche répressive étant inefficace (d'après un consensus d'experts médiatisés) ?

Ce que je propose n'est pas forcément novateur. Il s'agit de prendre comme modèle le Portugal qui a légalisé les drogues ET qui a médicalisé le problème de sa consommation (avec comme conséquence que à présent il a un des plus bas taux de consommateurs de drogue d'UE!)
Ce qu'il faudrait faire, c'est permettre à la population majeure (évidemment) de consommer des drogues, mais d'obliger les consommateurs à suivre un suivi médical et psychologique. Il s'agit de comprendre pourquoi il y a consommation de drogue (l'usage festif non abusif étant bénin), afin de traiter non les symptômes, mais la source du problème.
Quand à la production, elle doit être contrôlée, encadrée et taxée par l’État. Les individus s'approvisionnant au dehors du marché étatique, pourraient toujours être repérés par la police qui procéderait à des injonctions à se rendre à un centre médical et à s'inscrire dans un suivi. Les coûts du ce surplus de travail médical serait assuré par la taxation des drogues. Bien entendue, l’État encadrant la production, le transit, la vente et la distribution, il serait impossible qu'un marché noir concurrentiel se crée.
L'avantage de ce système consiste dans l'élimination des coûts actuels de la répression du marché des drogues, le démantèlement des réseaux de trafics, la pacification de l'espace public, le gain sanitaire des usagers pouvant être aidés, et le temps gagné pour les forces de police ou judiciaire.

Bref, voilà une façon de traiter le problème des drogues en respectant le libre arbitre de l'individu et en se refusant à tout jugement moral.
Le conservatisme étant décidément bel et bien dépassé !

18:57 Publié dans Légalisation de la drogue | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : drogue, légalisation, médicalisation, société, moeurs | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg