15/05/2013

Présence des élèves en classe non obligatoire : hypothèses


Suite à ma proposition de donner la possibilité aux élèves du cycle de ne pas être pénalisés pour leur non présence en classe, j'ai interrogé un de mes élèves (15 ans, en dernière année du cycle, 11ème Harmos, niveau A) pour lequel je travaille comme répétiteur. Le résultat m'a semblé intéressant.


Selon lui, sur une classe de 20 élèves en 11ème année Harmos, niveau A, qu'il juge dans la moyenne des classes motivées, 75% des élèves continueraient d'aller en cours normalement ou quasi-normalement (c'est à dire ne louperaient volontairement que quelques cours d'une matière ou l'autre), et seul 25% des élèves iraient à seulement 50% ou moins des cours.

Sur une classe de 20 élèves en 11ème année Harmos, niveau A, qu'il juge dans la moyenne des classes peu motivées, 50% des élèves continueraient d'aller en cours normalement ou quasi-normalement (c'est à dire ne louperaient volontairement que quelques cours d'une matière ou l'autre), et 50% des élèves iraient à seulement 50% ou moins des cours.

On le voit, la distinction (faite par mon élève, et non par moi) entre classes motivées et peu motivées, m'amène à renforcer ma conviction en faveur de davantage d'implication des élèves dans l'élaboration des programmes scolaires (enfin actuellement il n'y a simplement pas de possibilité pour les élèves de donner leur avis).
En outre, d'après mon élève, les élèves sont assez grands et assez matures dès la 10ème année pour choisir plus spécifiquement leur parcours scolaire désiré.

Par ailleurs, selon lui, sur une classe de niveau B, 11ème Harmos, seul 25% des élèves iraient à seulement 50% ou moins des cours, et 75% des élèves à 25% ou moins des cours.

On peut constater qu'il a une image assez négative de la participation volontaire des élèves de niveau B aux cours, ce qui s'explique peut-être par le fait qu'il est dans un cours de niveau A.
Pour rappel, le nouveau système scolaire comprend à présent 3 niveaux et non plus seulement 2 (A et B).

Enfin, ajoutons qu'il pense que les élèves de 9ème année Harmos (1ère année du cycle) viendraient à tous les cours, tandis que la 10ème année Harmos représenterait une étape intermédiaire entre celle décrite plus haut et celle de 1ère année.

Bien entendu, ces chiffres n'ont pas de valeur généralisable, et c'est pourquoi je m'occuperai l'année prochaine de réaliser un sondage sur les élèves d'un cycle entier. 

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09/05/2013

Réformer l'instruction publique



Voici quelques propositions pour réformer l'instruction publique dans le sens du projet socialiste d'une société plus autonome et plus libre.


Réforme du contenu enseigné

1. Renforcement des cours d'éducation citoyenne au cycle.
Dans l'état actuel des choses, ce cours sans structure est une quasi farce où les élèves n'apprennent presque rien. Il faut impérativement que ce cours soit donné par un professeur issu des sciences politiques, afin qu'il puisse offrir un contenu sérieux, et précis. L'apprentissage du fonctionnement des institutions politiques est essentiel si on veut former des citoyens informés. Une dotation horaire d'une heure par semaine en dernière année du cycle (11ème Harmos) me semble par ailleurs un minimum pour ce cours.

2. Création d'un cours d'initiation à la politique au post-obligatoire (en 1ère ou en 2ème année par exemple).
Ce cours enseignerait aux élèves à connaître les enjeux de la politique, les idéologies politiques, et les partis politiques (ainsi que les autres acteurs concernés, par exemple syndicaux ou associatifs), formant ainsi des citoyens intéressés et conscients des enjeux de la cité. Il devrait être donné par un professeur issu de la philosophie (ou éventuellement de l'histoire ou de la science politique).
Deux heures par semaine sur un an me semble le minimum pour ce cours.

3. Renforcement de l'enseignement de l'histoire suisse dans les cours d'histoire (que ce soit au cycle ou au post-obligatoire).
Aujourd'hui, les élèves n'apprennent quasiment rien sur l'histoire suisse, et ne connaissent ni la révolution genevoise, ni l'épisode du Comité d'Olten.

4. Introduction de l'enseignement de l'histoire économique dans les cours d'histoire (cycle et post-obligatoire).
L'histoire économique n'est pas vraiment enseigné aujourd'hui en cours d'histoire, et cela voile aux élèves un pan de compréhension du monde (par exemple, il serait je pense fort souhaitable que les élèves puissent apprendre comment l'Europe en est arrivée là où elle est aujourd'hui, ou autrement dit, comment s'est déroulé son développement économique, et comment a pu se faire la Révolution industrielle, phénomène unique dans l'histoire de l'humanité).

5. Introduction de l'enseignement de la sociologie au post-obligatoire.
Cet enseignement existe déjà dans la plupart des pays européens, nous avons simplement du retard à reconnaître l'importance de la sociologie dans la compréhension du monde.

6. Mise à option des mathématiques et du français en 3ème et 4ème année au collège. En effet, rien ne sert de surcharger les élèves de cours qu'ils ne souhaitent pas forcément suivre. 4 ans de mathématiques et de français non voulus, c'est bien trop, 2 ans me semble suffisant pour transmettre un contenu minimal.

7. Réforme du cours d'éducation sportive qui devra proposer des modules à options dès le cycle jusqu'au post-obligatoire.
Il est absolument abusif de demander aux élèves de faire tout et n'importe quoi avec leur corps. Un tel modèle à modules contraindra les professeurs à faire preuve d'originalité et à se renouveler pour proposer du contenu attractif.


Réforme de l'organisation disciplinaire

1. Suppression de la pénalisation et de la sanction de la non présence des élèves aux cours (au cycle et au post-obligatoire).
Il est absurde qu'une classe soit complètement stoppée dans ses activités parce que certains élèves ne sont pas intéressés par le contenu des cours. Par conséquent, il faut accepter que les élèves peu motivés par le contenu d'un cours ne soient pas toujours présents à celui-ci. C'est la seule solution que je vois aux gros problèmes de discipline qu'endurent aujourd'hui élèves et professeurs (au cycle). En outre, un élève qui n'assiste pas à un cours se sanctionne lui-même, puisque son contenu devra être rattrapé par lui-même.

2. Facilitation des renvois (au cycle et au post-obligatoire).
Si des élèves ne sont pas intéressés par le contenu d'un cours, mais qu'ils viennent néanmoins à ce cours et y expriment d'une manière ou d'une autre leur manque d'intérêt, il est souhaitable que les professeurs puissent leur demander de partir.
On pourrait se passer des carnets de notation dans ce cas.

3. Suppression des retenues (au cycle et au post-obligatoire).
Le système des retenues est inutile du moment que les élèves n'assistent pas contraints à des cours qui ne les intéressent pas, car ils ne causent plus de problèmes disciplinaires.


Réforme de l'organisation de la gestion de l'enseignement

1. Création d'une Assemblée générale des élèves dans chaque établissement (dont les tâches administratives seraient gérées par un comité élu) dont tous les élèves seraient automatiquement membres (au cycle et au post-obligatoire). Cette Assemblée déciderait de l'organisation de la vie de l'établissement en collaboration avec les professeurs (qui sont déjà réunis au sein de la FAMCO et de l'Union), et avec des représentants du Département de l'instruction publique (mais aucun des trois acteurs ne pourraient l'emporter sur les autres, ils devraient avoir chacun 1/3 des voix).
L'ensemble des Assemblées générales des élèves seraient réunies au sein d'une Fédération.

2. Participation des élèves à l'élaboration des programmes d'enseignement, à travers des commissions réunissant des délégués des professeurs (les Responsables de discipline) et de l'Assemblée générale des élèves, et de représentants du Département de l'instruction publique.

3. Suppression de la Direction de chaque établissement. Ses membres s'occuperaient uniquement des tâches de gestion, et seraient soumis aux décisions prises par les élèves, les professeurs, et les représentants du DIP.


NB : Je sais que je suis plutôt ambitieux avec les élèves (très jeunes) du cycle. Il est possible qu'il soit plus facile de commencer par réformer le post-obligatoire, avant le cycle. 

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