22/05/2013

Petit glossaire des principales idéologies et doctrines politiques contemporaines – version V



Plus d'un an et demi après mon dernier petit glossaire, j'en propose une nouvelle version, totalement renouvelée et améliorée, et débarrassée de toute la confusion de la version précédente. Les doctrines sont classées sous les axes politiques du clivage gauche/droite en fonction de leur sens contemporain, ceci car ce clivage n'a toujours été qu'un clivage fluctuant et subjectif, impliquant d'adapter mes classifications à l'esprit de l'époque. Certes, on pourrait écrire une saga sans fin sur chacune des doctrines que je présente en quelques mots, et l'intérêt de cette présentation est simplement de permettre au curieux de savoir mettre un nom sur son positionnement politique.

Extrême droite (ou droite radicale)

Nationalisme

Le nationalisme s'oppose à l'internationalisme des mouvements socialistes en prônant l'organisation de la société sur la base d'un regroupement historico-culturel autour du concept de nation. Afin de réaliser l'unité nationale, le nationalisme prône la collaboration de classe (le corporatisme), dont la forme contemporaine se traduit par la paix du travail, ou la consultation généralisée lors d'une prise de décision politique (néo-corporatisme). Une petite minorité de nationalistes parle parfois de réaliser l'unité nationale par la société sans classes ou l'égalité (simple posture ?), mais généralement les nationalistes prônent systématiquement la collaboration de classe.
Sur les questions économiques, les nationalistes adoptent soit un positionnement étatiste et protectionniste, soit un positionnement plutôt libéral.
Sur les questions morales ou sociétales, les nationalistes sont bien souvent généralement conservateurs.
Sur les questions de migrations, les nationalistes sont bien entendu pour une fermeture maximale (ou au moins forte) des frontières et une immigration des plus limitée.

Droite

Conservatisme

Le conservatisme s'oppose au progressisme. Il prône le maintien de l'ordre moral et sociétal actuel et refuse davantage de liberté dans les mœurs.

Réaction

Être réactionnaire, c'est être pour le retour à l'ordre ancien. Autrefois, les réactionnaires étaient favorables au retour de l'Ancien Régime et de la monarchie. Aujourd'hui on qualifie de réactionnaires les conservateurs.
On classerait aussi probablement le courant de l'écologie profonde (anti-humaniste), pour qui la biosphère est plus importante que l'être humain, dans les courants réactionnaires.

Libéralisme radical (ou minarchisme, ou libérisme, ou ultra-libéralisme, ou néo-libéralisme)

Les libéraux radicaux défendent le capitalisme de marché et s'opposent à une intervention de l’État dans la société et dans l'économie afin de préserver ce qu'ils appellent la liberté individuelle (ou liberté négative), entendue comme la liberté de faire ce qu'il nous plaît sans qu'autrui ne viennent nous empêcher de le faire. Les libéraux radicaux acceptent que l’État se charge des fonctions dites régaliennes de la justice, de la police, et de l'armée, mais refusent tout Etat-providence.
Les libéraux radicaux se présentent volontiers comme les descendants du libéralisme classique (la première formulation du libéralisme).

Anarchisme libéral (ou libéralisme humaniste, ou libertarianisme, ou anarcho-capitalisme)

Les anarchistes libéraux refusent l'existence de l’État et prônent son abolition afin de préserver la liberté individuelle telle que définie plus haut. Selon eux, le marché capitaliste seul devrait régler tous les échanges entre les êtres humains. Ils sont aussi favorables à l'abolition de la démocratie et de la politique, car par définition la démocratie et la politique sont coercitifs, une majorité imposant sa volonté à une minorité.

Centre droit

Écologie libérale

Les écologistes libéraux sont des social-libéraux de droite favorables à une forme relativement légère d'intervention de l’État dans le capitalisme de marché pour y mener des modifications favorables à l'environnement.

Social-libéralisme de droite

cf. Social-libéralisme

Les social-libéraux de droite sont favorables à un État-providence de petite taille.

Centre

Social-libéralisme

Descendants du courant du nouveau libéralisme du XIXe siècle, les social-libéraux prônent un État providence (ou État-social), au sein d'une économie capitaliste de marché, à même d'assurer les droits sociaux des individus. L’État-providence doit notamment organiser la solidarité par la fiscalité afin d'assurer le maintien d'un système de santé et d'instruction publique efficace, et de développer un filet social composé entres autres d'assurances chômage, d'aides sociales, et d'un système de retraite.

Centre gauche

Social-libéralisme de gauche ou keynésiens

cf. Social-libéralisme

Les social-libéraux de gauche sont des social-libéraux keynésiens qui ajoutent à leur vision d'une économie capitaliste de marché modéré par un Etat-providence d'autres rôles à l’État. Ce dernier est en effet censé assurer la bonne marche de l'économie capitaliste de marché par la régulation, la redistribution des richesses (dans un but économique et non uniquement social), et d'autres politiques économiques (soit budgétaires, soit monétaires).

Gauche

Écologie politique (ou décroissance)

Courant à l'origine proche du socialisme (si ce n'est dérivé), l'écologie politique contemporaine a tendance à perdre en consistance. Malgré cela, ce courant continue de porter une remise en question de notre mode de production et de notre mode de consommation, ainsi que de notre imaginaire, afin de nous amener à penser une société soutenable écologiquement qui ne se fonde pas sur le mythe d'une croissance économique infinie. La remise en question du productivisme (produire toujours plus) et du consumérisme (consommer toujours plus), ainsi que la critique du matérialisme (au sens commun du terme) et de la publicité, se retrouvent dans l'écologie politique, qui articule des idées phares comme la relocalisation des activités humaines ou le ralentissement de notre rythme de vie.

Étatisme philanthropique

Les étatistes philanthropiques sont favorables à une forme ou une autre de capitalisme d’État ou de capitalisme bureaucratique, c'est à dire à une forme d'économie où l’État a une propriété plus ou moins étendue des moyens de production et en organise la production dans des buts philanthropiques. La production peut être déterminée par les mécanismes de l'offre et de la demande (avec une régulation étatique forte), ou bien par un procédé de planification en fonction de la consommation. En sus de ce rôle d’État producteur, et éventuellement planificateur ou régulateur, l’État assure bien entendu aussi un rôle keynésien et organise un État-providence fort avec des services publics développés.

Socialisme

Le socialisme est un projet de société qui prône l'organisation de la société afin de maximiser l'autonomie et la liberté individuelle et collective. Afin de supprimer l'exploitation et la domination, le socialisme préconise la propriété des travailleurs sur leurs moyens de production, (ou simplement la propriété collective), l'abolition du salariat, et le dépassement du capitalisme. Des modèles de socialisme de marché ou planifié sont envisageables. L’État peut ou pas jouer un rôle plus ou moins grand dans l'organisation d'une société socialiste, selon le degré d'autonomie atteint par les membres de la société dans leur capacité d'auto-organisation et d'autogestion.

cf. Aussi mon article sur le socialisme.

Extrême gauche (ou gauche radicale)

Communisme

Le communisme est un socialisme accompli où l'autonomie de tous a été réalisé, et où par conséquent l’État n'est plus particulièrement nécessaire. L'égalité économique (et pas seulement l'équité) est aussi une réalisation du communisme. Enfin, le communisme est nécessairement un système planifiée.

Anarchisme

L'anarchisme est un projet de société assimilable au socialisme. La principale différence réside dans sa plus grande rapidité à vouloir abolir l’État et la hiérarchie.

Marxisme

cf. Mon article sur le marxisme.

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22/03/2012

Glossaire schématique des tendances idéologiques et partisanes en politique

 

Glossaire schématique des tendances idéologiques et partisanes en politique

Au lieu de mon habituel glossaire de plus en plus verbeux, j'ai réalisé quelques schémas sous formes d'axes analytiques afin de représenter les tendances idéologiques et partisanes en politique.

Axe socio-économique.png


Axe des moeurs.png


Axe culturel.png


Axe écologique.png


 

 

 

 

 

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06/12/2011

Petit glossaire des idéologies politiques - version IV

Petit glossaire des idéologies politiques - version IV

Établir une nouvelle version de mon petit glossaire des idéologies politiques s'est révélé impossible en utilisant le format simplifié que j'employais jusqu'à maintenant.
Ce nouveau format se veut donc bien plus ouvert, et axé sur un mode moins affirmatif.


Le Nationalisme

Contrairement à la doxa contemporaine qui veut que tout nationalisme soit d'extrême droite, le nationalisme peut aussi bien être de gauche que de droite. Un nationaliste adule sa nation (communauté culturelle), se montre le plus souvent conservateur sur les questions de mœurs, et adhère au conservatisme (patriotisme) économique (protectionnisme, autosuffisance, etc.)
C'est l'adulation de la nation et de ses origines culturelles qui va pousser le nationaliste à rejeter et à stigmatiser l'étranger (et l'Autre en général). La différence culturelle étant perçue comme remettant en question la stabilité (donc la pérennité) et la cohésion (voire la pureté) de la communauté culturelle nationale originelle (native).
Un nationalisme de droite se positionne en faveur du capitalisme et d'un État minimal (peu interventionniste sur le plan des droits sociaux). Le nationalisme de droite trouve son parfait exemple en l'Union Démocratique du Centre (UDC) ou en le Front National (FN).
Un nationalisme de gauche se positionne en faveur d'une économie planifiée ou en tout cas d'un État fort (très interventionniste sur le plan des droits sociaux) dans le cadre de l'économie de marché. Le nationalisme de gauche peut être illustré par le nazisme, ou bien par le groupuscule Genève Non Conforme, ou encore par les idées de Alain Soral.
Le nationalisme anti-productiviste existe aussi.

L'Extrême droite

La doxa voudrait me faire placer dans la case extrême droite le nationalisme. Extrême droite signifie pourtant simplement « à la droite de la droite ». Alors strictement idéologiquement parlant, l'extrême droite n'est constituée de rien d'autre que les courants libéraux extrémistes (ou radicaux).
La plus extrême de ces formes est l'anarcho-capitalisme, c'est à dire l'anarchisme de droite, qui se rapproche très fortement du libertarisme, assez bien représenté aux USA (notamment par certains membres du Parti Républicain et du Tea Party). Cet anarchisme de droite prône la suppression de l’État-providence, et donc l'abandon du respect des droits sociaux (pourtant intégrés aux droits fondamentaux des Constitutions contemporaines). Il s'agit donc de privatiser les services publics en charge de ces droits sociaux et de donner ainsi davantage d'importance à l'économie de marché et à ses logiques. Notons toutefois que certains libertariens imaginent souvent des mécanismes de solidarité ou de charité pour permettre la survie des plus pauvres.
Le projet libertarien consiste à revenir au libéralisme classique, c'est à dire aux mécanismes organisationnels collectifs du XIXème siècle, et donc à préserver uniquement les fonctions régaliennes de l’État (justice, police, armée), lui permettant de préserver seulement les droits civiques et politiques. Les conséquences d'un tel mode d'organisation sont la constitution d'une société extrêmement inégalitaire que certains qualifient même de néo-féodalisme où une oligarchie (ploutocratie) domine sans partage. Les anarchistes de droite vont parfois plus loin que les libertariens en imaginant une privatisation totale de l’État, comprenant ses fonctions régaliennes. Quelque uns vont donc jusqu'à imaginer que la classe ultra-dominante économiquement s’appuierait logiquement dans ce cas sur des milices privées pour assurer sa domination totale.

Il existe par ailleurs d'autres formes libérales extrêmes, mais néanmoins moins extrêmes que celles précédemment étudiées . L'ultra-libéralisme en est une dénomination idéologique possible qui définit une privatisation partielle de l’État-providence que l'on tente de restreindre le plus possible, en limitant au maximum les impôts, les taxes, la redistribution des richesses, ou toute intervention de l’État visant à assurer le respect des droits sociaux. On vise ici un État minimal, comme la doctrine ancienne du libérisme qui se développa en Italie il y a un certain temps, où le capitalisme peut au maximum organiser la société. Cela crée évidemment des sociétés ultra-inégalitaires.
Le néo-libéralisme est une autre dénomination possible de ce courant contemporain d'un libéralisme radicale. Par l'emploi de ce terme on marque parfois l'importance d'un État répressif accru (par un processus de pénalisation de la pauvreté et de l'exclusion) pour accompagner la privatisation de l’État-providence, et donc l’accroissement des inégalités et de la précarité. On peut aisément qualifier les partis de droite suisses de néo-libéraux au vu de leur politique actuel. Ainsi le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC), le Parti Bourgeois Démocrate (PBD) et les Verts Libéraux (V-Lib) adhèrent clairement aujourd'hui à un libéralisme radical du type néo-libéral.

La Droite

La droite se caractérise par son adhésion au capitalisme. Néanmoins elle est en faveur d' un Etat-providence minimal qui intervienne un minimum pour assurer un tant soit peu le respect des droits sociaux des individus. Ce compromis s'appelle le social-libéralisme, ou nouveau libéralisme.
Cette faible intervention étatique dans le cadre du capitalisme permet d'éviter des taux d'inégalités trop explosifs et de limiter la précarité ou l'exclusion.
Une certaine proportion des membres des partis suisses de droite (principalement au PDC, au PBD et chez les V-Lib) sont encore social-libéraux, mais ils sont présentement plutôt minorisés par les membres (majoritaires) les plus extrêmes.

Le Centre Droit

Le centre droit est conscient de la nécessité d'assurer les droits sociaux des individus, et donc de l'importance de l’État-providence. C'est pourquoi il est en faveur d'une intervention moyenne de l’État dans le cadre du capitalisme, afin de limiter inégalités, précarité, et exclusion. Ce social-libéralisme renforcé représente une gradation dans les modèles possibles d’État providence.
A nouveau, certains membres des partis suisses de droite pré-cités se retrouvent dans cette case idéologique.

Le Centre

Le centre n'existe que de manière abstraite. Il n'y a en effet pas d'équilibre pur et parfait entre intervention de l’État et liberté de l'économie de marché, pas de modèle définissable de l’État providence centriste. En théorie le centriste pur se trouve entre le social-libéralisme renforcé du centre droit et la social-démocratie de centre gauche.


Le Centre Gauche


Le centre gauche est en faveur d'une intervention forte de l’État dans le cadre d'une économie capitaliste. Rompant avec la solidarité, il en appelle à la justice sociale, qui se concrétise en un modèle d’État providence fort et très interventionniste, à même d'assurer les droits sociaux des individus dans une large mesure. Cette doctrine est celle qu'on appelle de nos jours la social-démocratie. L’État social-démocrate assure un taux assez bas d'inégalités sociales, limite la précarité, et réduit l'exclusion, en mettant en place des services publics étendus et de qualité, en levant des impôts progressifs assez élevés, en créant un cadre juridique protecteur pour les plus faibles, et en taxant les secteurs à fortes externalités négatives.
Pour améliorer son efficacité et ses capacités, la social-démocratie peut se faire étatiste et étatiser des secteurs économiques pour s'assurer des recettes supplémentaires.
Le centre gauche peut fort bien se montrer conservateur sur le plan économique.
En Suisse, une majorité du Parti Socialiste (PS) correspond à ce centre gauche.

La Gauche

A la gauche du centre gauche, on trouve les idéologies socialistes.
Le
socialisme contemporain correspond idéologiquement au marxisme réformiste. Ce courant prône l'instauration démocratiquement décidée d'une économie étatisée et planifiée (les moyens de production sont la propriété commune de la société). En tendant vers l'égalité des ressources par une distribution égalitaire des revenus, les inégalités, l'exclusion, et la précarité, sont réduits quasiment au néant. C'est ce courant qui est qualifié, comme la social-démocratie, de réformiste, puisqu'il n'est pas révolutionnaire. Le socialisme contemporain peut fort bien être conservateur sur le plan économique.
Le
socialisme anti-productiviste, correspond à l'articulation politique (collective) du socialisme utopiste (communautaire). Il s'agit toujours d'une économie étatisée et planifiée, mais en plus de cela s'ajoute une décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes.
L'écologie politique est assez proche du socialisme anti-productiviste, sans en reprendre tous les aspects.
Elle prône une économie privée de petites entités (coopératives, associations autogérées, indépendants, paysans, artisan, etc.) et se passe donc d'économie étatisée et planifiée.
Décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes, restent des éléments constitutifs de son projet de société.
Enfin, le
néo-socialisme fait la jonction entre socialisme contemporain, socialisme anti-productiviste et social-démocratie. Il représente un projet plus modéré que le socialisme, mais plus à gauche que la social-démocratie. Il s'agit d'étatiser et de planifier les grandes structures économiques, tout en maintenant une économie de marché sous tutelle pour les petites structures économiques. La tutelle signifie que les petites entités économiques sont soumises à un droit de regard total de l'État sur leurs activités. Ce sont là les principes fondant une économie planifiée mixte. Dans le néo-socialisme, l’égalité des ressources est relative, et l'organisation du travail est autogéré. Par ailleurs, décentralisation économique et politique, relocalisation des activités humaines, un niveau d'autoproduction et d'autosuffisance élevée, un conservatisme économique obligatoire, et une auto-limitation de l'impact collectif écologique aux capacités régénératives de la biosphère et des écosystèmes, viennent s'ajouter à ce projet de société. Et pour conclure, au sujet de l'organisation collective et politique, on applique le principe de la démocratie directe par assemblée populaire à la plus basse échelle spatiale, et de la démocratie athénienne (par tirage au sort 50%) et représentative (par élection 50%) à l'échelle supérieure.

L’Extrême gauche

A la gauche de la gauche, l'extrême gauche rassemble plusieurs courants idéologiques.
Le
communisme contemporain correspond au marxisme classique (et à ses dérivés). Il préconise une économie étatisée, centralisée, et planifiée instaurée par la lutte révolutionnaire (donc la lutte armée). La dictature de classe permet d'atteindre l'égalité des ressources quasiment totale, et donc la disparition des classes sociales. La centralisation politique et économique est sensée disparaître avec le dépérissement attendu de l’État dans la société sans classe. Le marxisme-léninisme imagine une organisation démocratique par assemblées populaires (démocratie directe) dans le cadre de cette société sans classe.
Le
communisme libertaire, c'est à dire l'anarchisme de gauche, prône l'abolition de l’État, mais uniquement après avoir atteint une société sans classes (et donc une égalité des ressources ce qui signifie l'abolition de la propriété privée des moyens de production précédemment). L’organisation de la société se fait par libre association d'individus par affinités qui forment des communautés politiques décentralisées (aussi sur le plan économique) et autogérées. La démocratie directe ou le consensus permettent ensuite d'organiser la prise de décision collective.
L'anarchisme de gauche anti-productiviste existe aussi.
La forme la plus extrême de l'anarchisme est celle du
weganarchisme qui prône la non exploitation des animaux, ces derniers étant libérés de l'exploitation après la libération des êtres humains (qui sont à leur yeux aussi des animaux).
L'anarcho-individualisme est une forme incompréhensible sur le plan collectif et politique de l'organisation de la société.

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Glossaire version III :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/07/petit-g...ideologies-politiques-traditionnelles-ve.html


Glossaire version II :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/petit-g...


Glossaire version I :
http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443



07/10/2011

Petit glossaire des idéologies politiques traditionnelles version III

Petit glossaire des idéologies politiques traditionnelles version III


Nationalisme de gauche
: Adulation de la Nation, conservatisme des mœurs et conservatisme économique, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), anti-capitalisme, ou anti-libéralisme.
(On citera en exemple
Genève Non Conforme, Alain Soral ou encore le nazisme.)

Extrême gauche

Communisme libertaire ou anarchisme de gauche : Abolition de l'État et de la propriété privée, au profit de l'autogestion par libre association d'individus. Décentralisation économique et politique. Démocratie directe et participative.

Marxisme ou communisme productiviste : Économie majoritairement étatisée et planifiée, centralisation politique et économique, répartition égalitaire des revenus, et dictature de classe (afin d'abolir les classes). Système mis en place par la révolution. Aboutit finalement au capitalisme d’État. (URSS)

 

Gauche

 

Socialisme : Économie majoritairement étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus. Système mis en place par la démocratie.

Socialisme anti-productiviste : Économie majoritairement étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus. Décentralisation économique et politique. Conservatisme économique. Système mis en place par la démocratie. On tend à une démocratie directe et participative.

Centre Gauche

 

Sociale-démocratie : Économie de marché (capitalisme), mais interventionnisme étatique, pour limiter les inégalités par les lois, les impôts, les taxes, etc.
Le Parti Socialiste (PS) et les Verts sont majoritairement sociaux-démocrates.

Centre

Mélange entre le social-libéralisme et la social-démocratie.

Centre Droit

 

Social-libéralisme  : Mélange entre le libéralisme économique et la sociale-démocratie.

Droite

 

Libéralisme économique : Économie de marché (capitalisme), pas d'intervention étatique. Très fortes inégalités. Mais pas de privatisation de l'État!

Extrême droite

 

Ultra-libéralisme : Économie de marché (capitalisme), privatisation partielle de l'État. Crée une société ultra-inégalitaire.

Néo-libéralisme : Ultra-libéralisme auquel on adjoint un État répressif (pénalisation de la société). La justice, la police et l'armée restent donc sous le contrôle de l’État (selon le Consensus de Washington), permettant ainsi de privatiser l'État-social et dans le même temps de réprimer la population précarisée par la disparition de la redistribution étatique.
Le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC) et les Verts Libéraux sont néo-libéraux.

Anarchisme de droite (aussi appelé anarchisme de droite, ou anarcho-capitalisme, libertarisme, ou libérisme, ou encore néo-féodalisme, ou tout simplement ploutocratie) :
Économie de marché (capitalisme), privatisation totale (abolition) de l'État. Crée à la longue une société ultra-inégalitaire dominée par une oligarchie (une caste de riches).
Le Tea-Party est majoritairement anarchiste de droite.

Nationalisme de droite : Adulation de la Nation, conservatisme des mœurs et conservatisme économique, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), économie de marché (capitalisme) et libéralisme (ou une forme plus extrême du libéralisme).
L'Union démocratique du Centre (UDC) ou le Front National (FN) sont nationalistes de droite.
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Glossaire version II :
http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/25/petit-g...

Glossaire version I : http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443



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25/09/2011

La fin de la démocratie – la mort des idéologies

La fin de la démocratie – la mort des idéologies

Où sont passés les citoyens ? Pourquoi la politique n'est-elle pas davantage au cœur de leur vie?
L'année passée, j'avais analysé la dépolitisation en mettant en cause la société de consommation et le consumérisme matérialiste :

http://www.facebook.com/note.php?note_id=185170798174118

J'énonçais donc que c'était le capitalisme productiviste qui dépolitisait en transformant le citoyen en consommateur individualiste incapable de s'engager dans un processus collectif politique.

Mais aujourd'hui, je propose un autre axe de lecture : la mort des idéologies.

En effet, si les citoyens se détournent du jeu politique démocratique, c'est parce qu'ils ne trouvent pas leur place dans les partis politiques.
Pendant la majeure part du XIXème siècle et du XXème siècle, les partis ont représenté des idéologies. Les idéologies articulaient un ensemble d'idées basées sur des valeurs et une vision du monde, et le tout formait de véritables projets de société.
Globalement on trouvait les trois grands courants suivants : libéralisme, conservatisme et socialisme.


Aujourd'hui, l'idéologie libérale a accomplis son rêve : nous vivons tous dans le joyeux monde du capitalisme mondialisé !
Cette idéologie ne peut plus que proposer un hyper-capitalisme (version néo-libéral) ou revenir à une version plus soft. Toutefois, son horizon reste borné par le capitalisme.
Le conservatisme, ne proposant plus de modèle de société, s'est dissout dans les questions de mœurs.
Enfin, le socialisme ayant été mis en application sous sa forme productiviste marxiste (capitalisme d’État), et ayant fait naufrage sous cette forme, les anciens socialistes ont adhéré à la social-démocratie qui entérine le capitalisme comme modèle dominant.

Si tous les partis ne proposent que des nuances (nuances qui ont leur importance je ne le nie nullement) de capitalisme, alors on peut considérer que les idéologies sont mortes et que la diversité des offres politiques est faible.
On comprend alors pourquoi la majorité des gens se désintéressent de la politique et préfèrent s'investir autrement...
La démocratie est-t-elle condamnée ?

Non !

Car la renaissance s'en vient !
A gauche, écologie politique anti-productiviste et l'altermondialisme ont été les terreaux favorable à l'épanouissement d'une nouvelle idéologie, d'un nouveau socialisme du XXIème siècle !
Ce néo-socialisme devrait permettre de régénérer les mouvements sociaux et de mobiliser des foules pour la construction d'un nouveau modèle de société par delà le capitalisme mortifère !!

NB : Dans ma prochaine note, je synthétiserai quelques éléments fondateurs d'une refondation d'un socialisme, sur la base de mon précédent article : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un...

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Petit glossaire des idéologies traditionnelles version II

Petit glossaire des idéologies traditionnelles version II

Nationalisme de gauche : Adulation de la Nation, conservatisme, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), anti-capitalisme, ou anti-libéralisme.

(On citera en exemple Genève Non Conforme, Alain Soral ou encore le nazisme.)

Extrême gauche

Communisme libertaire ou anarchisme de gauche : Abolition de l'État et de la propriété privée, au profit de l'autogestion par libre association d'individus. Démocratie directe et participative.

Marxisme : Économie étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus, et dictature de classe. Système mis en place par la révolution.

 

Gauche

Socialisme : Économie étatisée et planifiée, répartition égalitaire des revenus. Système mis en place par la démocratie.

Centre Gauche

Sociale-démocratie : Économie de marché (capitalisme), mais interventionnisme étatique, pour limiter les inégalités par les lois, les impôts, les taxes, etc.

Le Parti Socialiste (PS) et les Verts sont majoritairement sociaux-démocrates.

Centre

Mélange entre le social-libéralisme et la social-démocratie.

 

Centre Droit

Social-libéralisme  : Mélange entre le libéralisme économique et la sociale-démocratie.

Droite

Libéralisme économique : Économie de marché (capitalisme), pas d'intervention étatique. Très fortes inégalités. Mais pas de privatisation de l'État!

Extrême droite

Ultra-libéralisme : Économie de marché (capitalisme), privatisation partielle de l'État. Crée une société ultra-inégalitaire.

Néo-libéralisme : Ultra-libéralisme auquel on adjoint un État répressif (pénalisation de la société). La justice, la police et l'armée restent donc sous le contrôle de l’État (selon le Consensus de Washington), permettant ainsi de privatiser l'État-social et dans le même temps de réprimer la population précarisée par la disparition de la redistribution étatique.

Le Parti Libéral-Radical (PLR), le Parti Démocrate-Chrétien (PDC) et les Verts Libéraux sont néo-libéraux.

 

Anarchisme de droite (aussi appelé anarchisme de droite, ou anarcho-capitalisme, libertarisme, ou libérisme, ou encore néo-féodalisme, ou tout simplement ploutocratie) :

Économie de marché (capitalisme), privatisation totale (abolition) de l'État. Crée à la longue une société ultra-inégalitaire dominée par une oligarchie (une caste de riches).

Le Tea-Party est majoritairement anarchiste de droite.

 

Nationalisme de droite : Adulation de la Nation, conservatisme, rejet et stigmatisation de l'étranger (voire de l'Autre en général), économie de marché (capitalisme) et libéralisme (ou une forme plus extrême du libéralisme). L'Union démocratique du Centre (UDC) est nationaliste de droite.

Version I :            http://www.facebook.com/note.php?note_id=204377546253443

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23/09/2011

Petite évolution historique des idéologies

Petite évolution historique des idéologies

1) Prenons comme situation initiale le féodalisme.

 

- Sous le féodalisme, c'est le système économique dit du mercantilisme qui était en place.

 

2) Le mercantilisme, combiné aux conditions historiques, a amené l'apparition d'un courant idéologique anti-féodaliste : le libéralisme.

 

- Le premier libéralisme est le « libéralisme classique ».

 

3) Le libéralisme classique, combiné à nouveau aux conditions historiques, crée le modèle capitaliste, l'économie de marché.

 

- De par ce lien de parenté entre libéralisme et capitalisme, on peut parler de capitalisme libéral.

 

4) En réaction au capitalisme libéral se développe le marxisme.

5) La réplique idéologique du libéralisme au marxisme consiste en son « nouveau libéralisme ».

 

- On peut parler ici de mutation du libéralisme idéologique qui intègre l'intervention de l’État dans sa vision de la société.

 

6) Le capitalisme libéral a comme conséquence l'apparition de la crise écologique.

 

- En réaction apparaît l'écologie politique.

 

7) Avec l'échec du capitalisme d’État soviétique, le nouveau libéralisme devient l'idéologie dominante.

 

- Le nouveau libéralisme se scinde en deux courants : le social-libéralisme de droite, et la sociale-démocratie de gauche. Tous deux entérinent le capitalisme comme fin en soi.

 

8) En réaction au nouveau libéralisme naît le néo-libéralisme.

 

- Le néo-libéralisme rejette la mutation du libéralisme classique au nouveau libéralisme, et théorise une version extrémiste et radicale du libéralisme classique.

 

9) En réaction à l'affaiblissement généralisée du marxisme et à la victoire idéologique du néo-libéralisme naît la mouvance alter-mondialiste, descendante du marxisme et ayant intégré la critique dite tiers-mondiste.

 

10) En réaction à l'écologie politique le libéralisme invente l'écologie libérale.

 

- Développement durable ou capitalisme vert sont d'autres noms pour cette réplique idéologique du capitalisme libéral à l'écologie politique.

 

11) En réaction à l'écologie libérale naît la décroissance ou anti-productivisme, descendante de l'écologie politique, de l'altermondialisme et du marxisme (sous sa forme définite par André Gorz).

 

12) L'alter-mondialisme, la décroissance, le marxisme et la social-démocratie accouchent d'une nouvelle mutation idéologique fusionnelle : le néo-socialisme.

 

- Le néo-socialisme...

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00:08 Publié dans Idéologies politiques & projets de société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : histoire, idéologie, évolution, politique | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg