01/11/2015

Le Féminisme, une valeur de gauche ?

 

12202310_10206136056935193_1825791006_n.jpgJ'ai le plaisir de publier sur mon blog un article de Louise Morand, candidate des Jeunes Libéraux-Radicaux Genevois pour le Conseil National aux élections d'octobre dernier. Bonne lecture.

 

Le but de ce travail est d'analyser un article de journal, et cela, en lien avec un cours que je suis portant sur l'histoire du genre. J'ai donc choisi „Féminisme et liberté individuelle, interview de Cathy Reisenwitz“ publié dans le French Libertarien1, un webjournal libertarien, comme son nom l'indique, créé par Emmanuel Bourgerie, un libertarien luttant notamment pour la légalisation de l'avortement et la séparation de l’Église et de l’État. Cathy Reisenwitz se définit comme une "féministe libertarienne/anarcho-capitaliste".

 

Mais qu'est-ce que le féminisme ? Cathy Reisenwitz le définit comme étant la reconnaissance " que le sexisme existe, qu’il affecte les femmes et les hommes, qu’historiquement les femmes en ont beaucoup souffert, et que ce problème doit être adressé." Le dictionnaire Larousse en donne la définition suivante2 : "Mouvement militant pour l'amélioration et l'extension du rôle et des droits des femmes dans la société." Nous sommes donc face à deux visions du féminisme bien distinctes. Le défaut, à mes yeux, de la version du Larousse, est l'oubli des hommes. Il est faux de dire que le féminisme ne s'adresse qu'aux femmes. Certes, le mot lui-même peut prêter à confusion, le mouvement commença en s'adressant principalement aux femmes, victimes alors de discriminations flagrantes. Cependant la situation a bien évolué, en Europe du moins. Aujourd'hui de nombreuses femmes sont à des postes importants, certaines sont même Première Ministre !

On rencontre en Occident différents modèles de femmes qui ont réussi. Seulement, du côté des hommes, on ne rencontre bien souvent qu'un seul modèle, celui de l'homme blanc, chrétien et riche en costume. Il en existe des divergents, mais cela est bien distinct des femmes où un idéal ne prime pas autant sur les autres. Il est extrêmement difficile de réussir lorsque l'on se présente de manière « originale ». Le féminisme sert aussi à défendre la diversité des types de personnalité masculine. C'est en tout cas cette vision-ci que je revendique. En permettant aux hommes de différer de la Doxa, on améliorera celle des femmes. Cela me semble évident. Pourtant, tout ce qui touche la virilité semble tabou. Il est souvent extrêmement gênant d'aborder ce sujet avec un homme. Celui-ci ne veut pas être considéré comme «non-viril». Je me sens alors obligée de le rassurer. Cela est pourtant ridicule. Tout comme une femme ne doit pas être une bonne amante, mère et maîtresse de maison compétente ; un homme ne doit pas être le protecteur de la famille suant la testostérone. À quel homme n'a-t-on jamais dit « sois un homme » ? Cela est du sexisme. Tout comme dire à une femme qu'elle est forcément passée sous la table afin de réussir. C'est souvent dit d'un air plaisantin, mais l'impact reste. Chaque mot a un effet. Alors oui, on peut rire de tout, mais faisons tout de même attention avec qui, et si certaines blagues ne sont que l'apanage d'un sexe, autant les éviter ou alors inverser les tendances et les dire au sexe opposé.

 

Je disais plus haut que certaines femmes sont à des postes influents. Malheureusement, il existe encore aujourd'hui une inégalité salariale. Mais à quoi est-elle due ? Cathy Reisenwitz soutient qu'il s'agit en partie d'un choix de vie qui est motivé par une pression sociale. En effet, les femmes "ne veulent pas souffrir d’un manque de reconnaissance sociale en faisant les sacrifices nécessaires pour avoir le même salaire." On dit d’une mère qui néglige son foyer au profit de son travail qu’elle est une mauvaise mère. Un homme peu actif au sein de son foyer ne sera qu’un père absent. Cela n’est pas si grave du fait que c’est la femme qui a la responsabilité première. Ce serait donc les fortes attentes sociales qui sont en partie responsables des inégalités salariales. C’est une explication plausible. Mais cela crée aussi des préjugées. Un entrepreneur m’a dit une fois qu’il préférait employer des hommes ; ceux-ci n’ayant pas des envies de grossesses. C’est donc une mentalité qui se doit d’être changée.

Cathy Reisenwitz affirme qu’il « y a d’un côté la gauche qui dénonce ces écarts et pense qu’il faut des lois pour les régler, et à droite on voit des gens dire que la différence est expliquée par les choix des femmes, donc ce n’est pas vraiment un problème. » Pour certains, le féminisme ; c’est imposer aux autres les femmes. Non. Ce n’est pas comme cela que les choses fonctionnent. En tant que femme (plutôt fille, du haut de mes dix-huit ans), je ne veux pas être la femme des quotas, la femme-alibi. Cela signifie n’être présente que parce que l’administration l’exige et que l’on veut éviter des sanctions financières… Est-ce réellement valorisant pour une femme ? Non à mon avis. La solution de la droite n’est pas non plus satisfaisante. Laisser faire n’apportera rien. Oui, les mœurs changent, mais à une vitesse si minime que cela en devient ridicule. Le féminisme dépasse les clivages droite-gauche, ce n’est pas une question de parti, mais une question de progressisme. Le féminisme est avant tout un combat pour une société libérale.

 

Il doit y avoir un changement mais quoi ? L’éducation en est la clé. Je ne suis pas pour une intervention de l’État excessive, cependant l’État ayant pratiquement le monopole il faut en passer par là. Aujourd’hui à l’école, on nous enseigne un modèle en particulier : le modèle du couple hétérosexuel. Cela cantonne les petits garçons à la virilité et les petites filles à la féminité. On encouragera les petits garçons à courir partout dehors et se défouler tandis que les petites filles joueront à l’intérieur à la poupée. Jouer à la poupée ou la dînette rappelle cruellement le foyer dont elles devront d’occuper plus tard. Et si l’on minimisait au maximum ces jeux si orientés en les remplaçant par des jeux neutres ? Serait-ce la fin du monde ? Certains n’arrêtent pas de clamer que sans le fameux modèle hétérosexuel, notre monde serait chaotique. Doit-on se limiter au simple modèle reproducteur ? N’est-ce pas se “rabaisser“ au niveau de ces chers animaux ; qui sont, pour beaucoup, si différents de nous ?

L’école est donc le seul moyen de toucher une très grande majorité de ces enfants qui sont le futur de notre société. Le Gouvernement français l’a très bien compris et a tenté de le réaliser à travers « L’ABCD de l’Egalité ». Celui-ci comporte plusieurs phases dont la sensibilisation des professeurs et parents à la thématique de l’égalité fille-garçon3. Il y a eu quelques difficultés avec les parents qui craignaient justement la “perte de valeurs“. Ce projet ambitieux fut malheureusement abandonné4.

 

Se proclamer féministe aujourd’hui n’est pas chose aisée, tant les préjugés courent. On est alors forcément de gauche. Eh bien non, je me présente comme étant une féministe de droite. C’est un terme peu utilisé de ce côté-ci, on lui préfère le terme “égalitariste“, parce que féministe est trop connoté de gauche. Cela me fait bien rire. Enfin, ce qui compte c’est que les gens soient pour cette fameuse égalité homme-femme, peu importe comment ils se présentent. C’est ce que je voulais mettre en lumière grâce à cet article. Le féminisme est présent et aussi cette volonté de faire progresser les mœurs. Divers moyens sont à notre disposition, il ne nous reste plus qu’à choisir. Toute la difficulté réside là.

 

 

 

1 Le French Libertarien : http://lefrenchlibertarien.fr/2014/04/05/feminisme-interview-cathy- 1 reisenwitz/

2 Dictionnaire Larousse: http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/féminisme/33213? q=féminisme#33136

3 Site du Ministère de l’éducation français: http://www.education.gouv.fr/cid80888/plan-d- 3 action-pour-l-egalite-entre-les-filles-et-les-garcons-a-l-ecole.html

4 Le Monde: http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/07/02/l-abandon-des-abcd-de-l- 4 egalite-symbole-de-l-abdication-ideologique-de-la-gauche_4448865_3232.html   

 

 

 

16:33 Publié dans Féminisme | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg