10/02/2012

Dégénérescences contemporaines

Dégénérescences contemporaines

Le mode de production et d'organisation socio-économique capitaliste (l'infrastructure) est en pleine crise systémique : il y a dégénérescence.
Cette dégénérescence est due selon moi à la scission entre Etat-providence (équité sociale) et libre marché (efficacité productive), dont le fonctionnement devient progressivement antinomique à mesure de l'avancement de la crise de la dette.

De cette dégénérescence économique, je pense que l'on peut établir plusieurs autres dégénérescences touchant aux domaines majeures de nos sociétés modernes.

Dégénérescence idéologique tout d'abord, avec la pauvreté actuelle du champ de proposition idéologique. Cette aridité de la superstructure idéologique est toutefois appelée à changer dans le sens opposé, de par le phénomène de polarisation sociale que la scission entre Etat-providence et libre marché a provoqué.

Dégénérescence morale des classes dominantes, dont la majorité se vautre à présent dans un consumérisme matérialiste décadent.

Dégénérescence nationaliste, avec des le renforcement du sentiment nationaliste et la progression électorale des partis nationalistes dans toute l'Europe.

Dégénérescence conservatrice, avec une remise en question des libertés, comme par exemple la volonté en Suisse des fondamentalistes chrétiens d'interdire l'avortement aux plus pauvres.

Dégénérescence moraliste des bien-pensants, et de tous ces intellectuels qui sont incapables (par leur habitude à un pragmatisme dogmatisé) de proposer des solutions socio-économiques à la dégénérescence du capitalisme, et qui par conséquent se contentent de faire une surenchère sur les questions de mœurs, notamment en proposant la légalisation de l'inceste ou en refusant toute légitimité à la violence.

Dégénérescence donc.

Mais toutes ces dégénérescences ne sont en fait que des symptômes négatifs d'une réaction à la détérioration du modèle économique capitaliste.

Des symptômes positifs sont aussi visibles, comme l'apparition d'Anonymous ou des mouvements des Indigné-e-s.

Ces symptômes positifs annoncent la formation d'une nouvelle antithèse au capitalisme.
Cette antithèse, minoritaire pour le moment, grandira et se transformera suivant la progression de la polarisation socio-idéologique.

Cette antihèse, c'est nous.



16:14 Publié dans Dégénérescence contemporaine | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dégénérescence, décadence | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg