socialisme - Page 2

  • Je suis candidat !

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    J'ai le plaisir de vous annoncer que, non content de rédiger des tas de notes politiques sur ce blog, je suis aussi engagé concrètement en politique.
    Ainsi, je m'engage au sein de la Jeunesse Socialiste Genevoise (JSG), dont je suis le secrétaire.
    En outre, j'ai été désigné, avec Romain de Sainte-Marie et Olga Baranova, comme candidat au Conseil National sur la liste (21) des Jeunes Socialistes.

    La Jeunesse Socialiste Genevoise représente l'aile gauche du PS, c'est à dire que bien entendue elle adhère à son programme, mais désire aller plus loin et plus rapidement en direction du socialisme. Je pense pouvoir dire (et cela ne surprendra sûrement pas ceux qui me lisent régulièrement) que je représente l'aile gauche de la JSG. D'ailleurs, la citation que j'ai adopté sur nos flyers est la suivante : « Non seulement je ne suis pas modéré, mais j'essayerai de ne jamais l'être. » (Che Guevara)

    Par ailleurs, je me suis engagé au sein du mouvement des Indignés genevois, même si malheureusement le mouvement n'est actuellement plus très actif (la coupure de l'été je suppose).
    Bien sûr, je suis membre du Réseau Objecteur de Croissance genevois, car la décroissance est un pilier de ma réflexion et de mon engagement politique.

    D'autre part, je suis le fondateur de la Gauche des collèges de Genève (rebaptisée plus tard Gauche du Post-obligatoire genevois), groupement des jeunes de gauche des collèges (puis incluant l'ECG) qui se bat pour pousser les jeunes à s'engager selon nos idéaux humanistes.

    Enfin, je terminerai cette courte présentation de mon engagement politique, en ajoutant que j'ai 20 ans et que je suis étudiant en première année de Science Politique à l'Université de Genève.

    http://jsg.blog.tdg.ch/archive/2011/09/26/l-affiche-de-la-jsg-en-3d.html#c258432
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    En tant que socialiste post-marxiste et démocrate, je ne peux qu'adhérer au programme du PS et de la JS. Il me semble d'ailleurs extrêmement nécessaire que le PS et ses alliés (Verts et extrême gauche) obtiennent une majorité à l'Assemblée fédérale. Bien que cela représenterait une première historique en Suisse, je suis convaincu que cela finira par arriver d'ici quelques années si ce n'est pas à cette élection précisément.
    Toutefois, je désire à présent proposer quelques mesures qui sortent éventuellement quelque peu du cadre des programmes actuels du PS et même de la JS, mais qui me semblent être néanmoins tout autant importantes :

    - Écart salarial maximal de 1 à 5 dans toutes les structures économiques,
    avec un salaire minimum de 4000 francs.
    Ainsi, le maximum mensuel que pourra gagner un manager sera de 20'000 francs, somme déjà fort rondelette.

    - Instauration de l'Allocation Universelle :http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/28/l-allocation-universelle.html

    - Expérimentation : Certains secteurs publics fonctionneront en autogestion (tournus des fonctions et rémunérations identiques sur la base du partage égalitaire des bénéfices).
    Cette expérience devrait se faire sur la base du volontariat.


    - Création d'un mécanisme d'expropriation automatique des zones villas lorsqu'il y a pénurie de logement et construction de logements étatiques.
    Les logements étatiques appartiennent indéfiniment à l’État (y compris les HLM ou HBM).

    - Étatisation des banques : le peuple doit pouvoir bâtir la société qu'il désire et pour cela il doit pouvoir décider du crédit à travers des banques étatisées.

    - Création d'un organe de contrôles des licenciements.

    - Réduction du temps de travail à 32h par semaine. Travailler moins pour vivre mieux!
    Travailler moins pour partager le temps de travail.

    - Expérimentation : 10% des députés devront être tirés au sort parmi la population dans tous les parlements, seuls 90% des députés seront élus. On peut imaginer changer ces 10% chaque année pour ne pas nuire à leur activités courantes. Si l'expérience est un succès, alors on pourra envisager d'augmenter ce pourcentage de députés tirés au sort.
    Cette part de démocratie athénienne permettra d'améliorer notre démocratie et de lutter contre la professionnalisation des politiciens.

    - Gratuité des Transports publics et extension de l'offre, financées par une taxation des véhicules motorisés, de l'aviation et des carburants. Il s'agit d'en finir avec la civilisation de la voiture, de développer le lien social et de renforcer la lutte écologique.

    - Interdiction de la publicité consumériste (mais pas de la promotion artistique ou culturelle, ou de la promotion anti-tabac évidemment). Il s'agit de s'attaquer au moteur du productivisme : la société de consommation, le consumérisme matérialiste et son rouage qu'est l’obsolescence programmée.

    - Création d'un Service fédéral d'échanges libres (SEL) : il s'agit d'encourager l'échange de biens et de services sur des bases non monétaires, et de créer du lien social.

    - Autosuffisance alimentaire à 100%, basée sur une agriculture biologique et agro-écologique, c'est à dire ne contenant ni pesticides, ni engrais, et ne dégradant pas les sols.
    En partant du taux actuel de 60%, il faudrait développer des jardins communaux, publics, ou associatifs, encourager la culture auto-productrice individuelle, construire des toits végétalisés, créer des potagers dans les lieux d'éducation et de formation, limiter notre consommation carnée, et simplement remplacer les structures économiques futiles (usine à Ipod par exemple) par des zones agricoles.
    Assurer notre auto-suffisance est essentiel vu le futur qui nous attend : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in-productivism.html

    Vous trouvez que les mesures que je propose risque d'augmenter les frais de l’État ?
    Voici comment multiplier ses recettes :
    - Taxe sur les transactions financières (vive l'économie réelle!)
    - Sortie du FMI (marre de participer aux plans de privatisation de l'Etat-social), donc arrêt du financement suisse de cette organisation.
    - Taux de TVA diversifiée sur les produits de luxe.
    - Progressivité de l'impôt augmentée (notamment sur l'héritage).
    - Déplafonnement de l'impôt (notamment sur l'héritage).
    - Étatisation de secteurs rentables de l'économie privée pour en étatiser les bénéfices.



    Voilà, si je vous ai convaincu,
    ne votez pas pour moi, mais...
    devenez militant !

    Seul un mouvement social fort changera cette société !

    Et ce mouvement social,
    c'est vous,
    c'est moi,
    c'est nous !!

  • FREE in Socialism

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    FREE in Socialism

    Ce texte se base sur ma critique du capitalisme et du productivisme.

    http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/10/01/lost-in-productivism.html

    http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/30/lost-in-capitalism.html

    Il reprend la théorie sur le socialisme que j'ai développé auparavant.

    http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/27/le-socialisme-du-xxieme-siecle.html

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    Comment dépasser le capitalisme : processus de transition vers un projet de société alternatif.

    I) Première étape pour commencer un douceur : un capitalisme social-démocrate. C'est à dire un fort interventionnisme étatique (lois, règles, taxes, impôts, services publics étendus et forts, etc.) dans un cadre capitaliste. On s'opposera alors à tout libéralisme économique. Les logiques socialistes de la social-démocratie (redistribution des richesses, justice sociale, égalité) permettent déjà d'appréciables améliorations, même si à la longue la social-démocratie se heurte à ses limites (qui sont les limites de sa dépendance au bon fonctionnement du capitalisme alors qu'elle le péjore par son interventionnisme étatique).

    II) Dans un second temps, on passera à une social-démocratie étatiste, c'est à dire qui étend les secteurs de l'économie privée sous contrôle de l’État. Attention, il ne s'agit pas simplement d'avoir des services publics développés, mais d'étatiser des entreprises rentables pour en étatiser les bénéfices. Ces bénéfices permettent ensuite de financer de nouvelles logiques socialistes. Bien entendue, le contrôle de plus grandes parts de l'économie privée permet d’améliorer les conditions de travail des travailleuses et travailleurs. Dans les secteurs étatisés on instaurera l'autogestion (démocratie directe économique).

    III) A présent, il s'agit d'étendre le contrôle étatique à toutes les grandes structures de l'économie privée. Toutefois, ce n'est nullement un dogme, nombre de structures économiques de petite taille peuvent fort bien rester privées (par exemple la paysannerie, les artisans, les indépendants, etc.)
    A ce stade, le peuple est normalement libéré de la domination d'une minorité possédante. Maître de ses choix, il peut agir sur la société dans le cadre démocratique sans subir la domination d'une dictature des plus riches qui détruisent la démocratie. L'économie étatisée dans un cadre démocratique permet donc de libérer l'individu.

    IV) Le contrôle de l'économie par la volonté populaire permet de planifier l'organisation économique. La planification (qui prend comme valeur des choses le travail) offre la possibilité de définir démocratiquement quel type de production et de consommation sont nécessaires pour combler les besoins (et non les envies) de chacun. Il s'agit de planifier la production en prenant en compte les limites des ressources naturelles et le respect de la biosphère.

    V) Dans ce cinquième temps, on aura à cœur de donner davantage de liberté aux individus en décentralisant les activités humaines. La décentralisation économique (comprenant une planification décentralisée) et politique (le pouvoir au quartier, puis à la commune, puis au canton, puis à la confédération), donne toute son autonomie à l'individu. La démocratie directe pure (sans représentation) au niveau du quartier, voire de la commune, est souhaitable. La décentralisation permet de construire une société indépendante, auto-suffisante au maximum, avec de grandes capacités auto-productrices. Construire une société à taille humaine, c'est autonomiser l'être humain.

    VI) Et nous y voilà ! Transition terminée.
    Dans ce système socialiste abouti, l'individu est véritablement libre et autonome.
    A partir de ce système, toutes les conditions seront réunies pour créer la société idéale.

    Bon, j'ai beaucoup parlé de projet de société, parce que plus grand monde n'en parle aujourd'hui. Mais pour le moment je pense avoir fait un premier tour de la question. Je reviendrai donc prochainement avec une proposition de programme politique pour un autre monde, car il y a les rêves et les utopies, mais il y a aussi la politique concrètement et les mesures qu'il faut soutenir dans l'immédiat pour entamer une transition vers une société alternative.

    « Il n'y a qu'une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d'impôts. »

    « La propriété privée nous a rendu si stupides et si bornés qu'un objet n'est nôtre que lorsque nous le possédons. »

    « Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, il s'agit maintenant de le transformer. »

    Karl Marx

     

  • LOST in Productivism

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    LOST in Productivism

    Les pics d'exploitation des ressources rares se succèdent depuis que l'être humain a vendu son âme au capitalisme productiviste.
    Petit retour en arrière de cette évolution du développement humain mis en évidence par Alain Gras.


    Pendant toute l'histoire humaine pré-productiviste, l'humanité a utilisé sa propre énergie, celle des animaux, celle de l'eau ou du vent (avec les moulins par exemple), celle du soleil, et bien entendue celle obtenue par l'utilisation du bois. Vers la fin du Moyen-Âge, la civilisation humaine est à deux doigts de s'écrouler : nous avons atteint le pic du bois, c'est à dire consommé la majeure partie des ressource forestières d'Europe (un galion espagnol nécessitait 3000 chênes tricentenaires). Pour pouvoir poursuivre son développement productiviste, l'humanité se tourne alors vers le charbon, puis vers le pétrole et le gaz.

    Aujourd'hui, nous avons atteint le pic de production du pétrole.
    Selon le groupe de chercheurs allemands Energy Watch, le pic de production mondial du pétrole aurait été franchi en 2006. Les chercheurs prévoient une division par deux de la production pétrolière entre 2006 et 2030. Ainsi nous sommes entrés dans l’ère du pétrole cher. L'Association for the Study of Peak Oil and Gas

    prévoit un pic de production du gaz en 2020. Le pic de production du charbon devrait suivre.
    Il faut savoir que nous dépendons à 85% de ces trois ressources pour notre consommation énergétique. Alors, que notre civilisation dépend de ces trois ressources, que se passera-t-il quand elles viendront à manquer ? Car, lorsqu'une ressource a dépassé son pic d'extraction, il devient alors de plus en plus cher en énergie (et donc en coût financier de production) d'extraire les ressources, jusqu'au moment où il n'est plus intéressant d'un point de vue énergétique de chercher à les exploiter (quand il faut davantage d'énergie pour extraire ces ressources, que elles-mêmes rapporteront ensuite).


    La vie telle que nous la connaissons est donc terminée.

     

    L'augmentation croissante des prix du pétrole va provoquer une augmentation croissante des prix du transport qui provoquera en premier lieu une inflation généralisée, puis qui étranglera progressivement le commerce mondial.

    La fin du commerce mondiale signifie la fin du processus de mondialisation : nous entrerons dans une ère de relocalisation des activités humaines autour de nos besoins et non plus de nos envies (la nécessité nous y forcera). Il s'agit donc de la disparition de la société de consommation au profit d'une société de l'usage ou de la sobriété.

    Par ailleurs, la voiture, et autre carcasses motorisées, seront remplacées par le vélo et la marche. Les transports publics pourront perdurer tant que nous pourrons produire suffisamment d'électricité, ce qui sera de plus en plus difficile vu que nos sources de production énergétiques dépendent d'échanges avec l'étranger que ces mêmes échanges ne se feront plus qu'au compte goutte. En effet, l'uranium de nos centrales nucléaires provient d'Afrique, les panneaux solaires sont construits grâce à des métaux de Chine, les éoliennes nécessitent du cuivre, le gaz nous vient d'Ukraine, etc.
    Bien entendue, cela signifie aussi la fin d'une grande partie de notre production futile typique de notre système économique actuel.

    L'humanité sera donc libérée du consumérisme, du productivisme, du matérialisme, de la publicité et du mercantilisme.

    De plus, nous aurons le plein emploi. Avec la disparition des machines tous les postes mécanisés devront être repourvus. En particulier le secteur agricole qui aura besoin d'une forte main d'œuvre vu que engrais et pesticides ne seront plus disponibles.

    Évidemment la transition d'une société de consommation à une société de sobriété ne se fera pas sans heurt. Avec des taux d'autosuffisance alimentaire actuellement assez bas dans le monde (en Suisse tout de même 60 %) et une baisse de la productivité de ce secteur due à la fin de l'utilisation d'engrais et de pesticides, il y aura des famines et des conflits pour le contrôle des terres agricoles.

    D'ailleurs, en général, les conflits armés s'étendront partout dans le monde pour l'accaparement des ressources. Couplé avec les centaines de millions de réfugiés économiques ou écologiques (on en prévoit 1 milliard en 2050), les risques seront grands de voir des régimes fascistes ou éco-fascistes se mettre en place. Une ploutocratie, ou simplement une prise de contrôle armée de l'oligarchie est aussi envisageable (si celle-ci refusait par exemple de se restreindre).

    Il y a toutefois une solution d'anticipation à cette crise qui se rapproche : une sortie du capitalisme productiviste, ou autrement dit, la décroissance.
    Globalement cela consiste à créer des sociétés anti-productivistes fondées sur le partage et la sobriété heureuse avec de hauts taux d'autoproduction et d'autosuffisance dans les domaines les plus importants de l'économie (ceux servant à combler les besoins fondamentaux de l'être humain).
    Toutefois, la mise en place de telles sociétés nécessitent certainement, à mon sens, un processus de transition (néo)socialiste.

    Pour une présentation complète de la décroissance je vous renvoie à la note suivante :
    http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decroissance-un-projet-d-avenir.html

  • Le socialisme du XXIème siècle

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    Le socialisme du XXIème siècle

    Correction, reformulation et amélioration de mon texte « Pour un renouveau du socialisme »


    1)
    Démocratie

    La démocratie consiste en le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple.
    Un peuple est formé d'une collectivité d'individus politisés.
    Au contraire, les masses sont formées d'ensemble d'individus dépolitisés. Plus les masses sont nombreuses, plus il est facile de manipuler la société.
    La politisation, c'est à dire la conscience d'appartenir à une collectivité ou communauté politique, est la clef d'un juste fonctionnement de la démocratie.
    En 1789, quand la société fut capable de se penser en tant que corps social, et donc politique, elle prit le pouvoir sur ses oppresseurs et se libéra du joug monarchique.
    La modernité, au sens des Lumières, consiste en la capacité pour une société de s'autonomiser des tutelles oppressives ou aliénantes. De nos jours, le haut degré de dépolitisation menace le fonctionnement de la démocratie. Par le biais de la société de consommation, et par une production industrielle du divertissement débilitante, le capitalisme produit cette dépolitisation.
    En vidant de son sens la démocratie, le capitalisme la nie.

    Un nouveau socialisme aura à cœur de développer la démocratie et non de la nier.
    Pour cela, il est nécessaire de tendre au maximum en direction de la démocratie directe, celle-ci étant l'essence même de la véritable démocratie, et donc de la possibilité pour chacun de prendre réellement des décisions sur sa vie collective et politique. Toutefois, dans un espace commun étendu, il faut passer par une démocratie parlementaire semi-directe, auquel on devrait adjoindre un certain pourcentage de députés tirés au sort. Afin de tendre au maximum à la démocratie directe, un nouveau socialisme devra obligatoirement décentraliser (ou relocaliser) les activités humaines.
    En cela, le nouveau socialisme que je propose se place dans la continuité des socialistes utopistes comme Babeuf, Fourrier ou Cabet.


    2)


    Économie privée

    L'économie privée n'est pas démocratique.
    Elle appartient par essence à des propriétaires privés, et ceux forment une minorité possédante, car la concurrence amène toujours à l'accumulation de capital (les plus gros avalant les plus petits).
    Le monopole privée est donc le stade ultime du capitalisme, d'où le caractère oligarchique qu'il prend.
    L'économie privée n'est pas soumis au politique, c'est à dire qu'elle échappe au contrôle démocratique, bref le peuple ne peut influer sur cette économie. En effet, le peuple ne peut se décider collectivement que sur l'économie publique, entendez l'économie étatique.
    Ainsi, l'économie privée qui règne sur des pans immenses des activités humaines, ne dépend-t-elle pas de la volonté démocratique. Les individus doivent se soumettre à la minorité possédante et se vendre.
    L'économie privée agit, elle, directement sur la politique et influe sur les résultats démocratiques.
    La politique s'en trouve manipulée et les choix politiques ne représentent plus les intérêts de la majorité, mais ceux de la minorité possédante.

    Un nouveau socialisme devra dépasser l'économie privée en la réduisant à des entités de petites tailles collaborant avec la volonté populaire. L'intérêt de tous passe donc avant l'intérêt d'une minorité.

    3)

    Démocratie réelle

    La seule structure que la volonté populaire peut contrôler, la seule structure économique sur laquelle le peuple peut influer et décider, c'est bien entendue la structure publique, comprenez la structure étatique.
    Seul l’État est soumis à la démocratie, aux décisions politiques prises par le peuple, et à la volonté de tous. L’État est l'instrument du peuple dans la construction d'une société idéale, il est l'outil qui permet à la volonté démocratique de tailler le monde qu'il désire.
    Il n'y a nulle limite aux capacités de l’État. Seul la démocratie, la volonté populaire, décide des limites à mettre à la mise en pratique de ses capacités.
    Plus l'économie privée est sous contrôle de l’État, plus elle est étatisée, plus elle est sous contrôle du peuple, et de la démocratie. Une économie très étatisée est donc une économie très démocratique, ou démocratisée.

    4)

    Liberté

    La liberté de la société et des individus dépend de la démocratie. Plus une société est démocratisée, c'est à dire plus son économie dépend de l’État démocratique, plus les individus s'émancipent de la domination de la minorité possédante.
    En se libérant de la minorité possédante, les êtres humains acquièrent en liberté.
    Autonomes, décidant démocratiquement par eux-mêmes, de ce qu'ils veulent comme société, les citoyens vont naturellement aller vers un socialisme harmonieux ; c'est à dire vers un partage du temps de travail, un partage égalitaire des ressources, et une autogestion pertinente (autant qu'il est possible).
    Afin d'être le plus libre possible, les individus doivent ensuite décentraliser la prise de décision politique et la prise de décision économique (appelée aussi planification).
    En rapetissant les structures économiques, en les morcelant quand c'est possible, l'individu acquiert en indépendance et en possibilités d'influer sur sa réalité.
    L'indépendance ultime des individus dépendra du développement de leurs capacités à l'autoproduction et à leur penchant pour l'auto-limitation.
    Simplicité volontaire et partage sont les clefs de la liberté, de l'émancipation collective et de l'autonomie individuelle joyeuse.
    Un nouveau socialisme devrait, à ce moment-la, avoir atteint son stade final de développement et l'on pourrait considérer que les conditions sont réunies pour assurer à la société et à l'individu l'accès au bonheur.
    Car tout projet d'un nouveau socialisme ne doit avoir comme finalité que le soucis de construire une société où règne la joie de vivre !


    Les notions présentées ci-dessus ne sont pas suffisantes, j'en suis bien conscient, mais elles permettent de proposer une lecture moderne de ce que pourrait être un nouveau socialisme du XXIème siècle.
    Dans ma prochaine note, je présenterais le processus que pourrait proposer un nouveau socialisme pour accomplir le changement global que je prône.

  • NEO-SOCIALISME

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    NEO-SOCIALISME

    Le libéralisme a su se réinventer plus d'une fois, et trouver des formes de plus en plus en adéquation avec le contexte historique et culturel afin d'assurer la domination des classes les plus riches.
    Aujourd'hui, le socialisme doit répliquer, et seule une refonte idéologique permettra de faire face aux défis actuels.

    En effet, nous assistons à une crise du capitalisme qui se découpe en trois sous-crises : financière, économique et politique. Ces sous-crises s'articulent ensuite en crises-conséquences : crise sociale (la plus importante), crise écologique (qui englobe tout) et crise psychique (que l'on peut relier à toute les crises). Bien entendue, on peut aussi dire que le capitalisme est une crise en lui-même puiqu'il représente un modèle inadéquat à assurer le bonheur de la race humaine (ce qui doit être e but de tout système idéologique).
    Les crises ne tueront pas forcément le capitalisme, ce dernier pouvant fort bien muter (et a déjà commencé à muter) en une forme autoritaire, ploutocratique et malthusienne pour s'assurer la domination des classes les plus riches sur le reste de la société.

    Un néo-socialisme doit fermer la parenthèse de la social-démocratie qui aura failli tuer la gauche, et donc déclarer son opposition naturelle et fondamentale au capitalisme (et donc à tout modèle quelconque d'économie de marché), au libéralisme économique (et non au libéralisme des moeurs), et au productivisme (comprenant consumérisme et matérialisme).

    Le néo-socialisme pourrait s'axer autour des points suivants :

    - Revenir à un certain marxisme, et le dépasser par la démocratie.

    Cela signifie concrètement revenir à un modèle d'économie globalement étatisé, selon le principe que l’État est la seule structure économique démocratique. Toutefois, les petites entités ne seraient pas concernés (on ne va pas étatiser le boulanger du coin!) En outre, le système de marché sera remplacé majoritairement par un système planifié. La planification a aussi un rôle de bon usage des ressources à jouer au niveau écologique.
    Attention : toute idée de dictature de classe ne me semble plus d'actualité évidemment.
    Par ailleurs, l'idée de centralisation est abandonnée au profit de la décentralisation au maximum.
    La planification se fera donc de manière décentralisée.
    Bref, c'est un retour aux socialismes utopistes (Fourrier, Babeuf, etc.) plutôt que aux socialismes scientifiques qui ont abouti au capitalisme d’État.

    - Intégrer les thèses altermondialistes.

    Concrètement ce point est fort aisé à accomplir : il consiste à cesser d'imposer un modèle dominant à l'étranger et de ne pas s'ingérer de manière impérialiste dans les affaires des pays étrangers.
    Donc, adieu FMI, OMC , BM, libre-échange, dette oppressive, dépendance à l'exportation, et autres dogmes libéraux dépassés et nuisibles. Par contre, vive le protectionnisme intelligent, l'autosuffisance, les échanges intérieurs, et l'autoproduction.

    - Incarner l'anti-productivisme.

    C'est le point le plus complexe à établir. L'anti-productivisme (aussi appelé décroissance) est une pensée d'avant-garde, dernière mutation de l'écologie politique (qui accomplit ainsi comme le socialisme son retour en avant). L'anti-productivisme consiste en de nombreux points énoncés aux points précédents (autosuffisance, autoproduction, protectionnisme intelligent, etc.), mais on peut faire ressortir comme points essentiels la nécessité de relocalisation (décentralisation) des activités humaines, la baisse du temps de travail, ou le droit à une dotation d'existence.

    Le but du néo-socialisme doit être d'émanciper l'être humain de la domination d'une minorité possédante, et d'assurer son bonheur (ou les conditions du bonheur) en se centrant sur ses besoins non seulement matériels (à ne pas confondre avec ses envies comme le fait le capitalisme), mais aussi immatériels (comme l'importance du lien social, de la culture, de l'art, etc.)

    Cette courte et imprécise présentation mérite d'être développée et détaillée.
    Je vous invite toutefois à vous référer à mes récents textes pour trouver davantage de pistes, sur le socialisme : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un-renouveau-du-socialisme.html ou sur la décroissance : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/17/la-decroissance-un-projet-d-avenir.html

    La lutte continue !

  • La fin de la démocratie – la mort des idéologies

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    La fin de la démocratie – la mort des idéologies

    Où sont passés les citoyens ? Pourquoi la politique n'est-elle pas davantage au cœur de leur vie?
    L'année passée, j'avais analysé la dépolitisation en mettant en cause la société de consommation et le consumérisme matérialiste :

    http://www.facebook.com/note.php?note_id=185170798174118

    J'énonçais donc que c'était le capitalisme productiviste qui dépolitisait en transformant le citoyen en consommateur individualiste incapable de s'engager dans un processus collectif politique.

    Mais aujourd'hui, je propose un autre axe de lecture : la mort des idéologies.

    En effet, si les citoyens se détournent du jeu politique démocratique, c'est parce qu'ils ne trouvent pas leur place dans les partis politiques.
    Pendant la majeure part du XIXème siècle et du XXème siècle, les partis ont représenté des idéologies. Les idéologies articulaient un ensemble d'idées basées sur des valeurs et une vision du monde, et le tout formait de véritables projets de société.
    Globalement on trouvait les trois grands courants suivants : libéralisme, conservatisme et socialisme.


    Aujourd'hui, l'idéologie libérale a accomplis son rêve : nous vivons tous dans le joyeux monde du capitalisme mondialisé !
    Cette idéologie ne peut plus que proposer un hyper-capitalisme (version néo-libéral) ou revenir à une version plus soft. Toutefois, son horizon reste borné par le capitalisme.
    Le conservatisme, ne proposant plus de modèle de société, s'est dissout dans les questions de mœurs.
    Enfin, le socialisme ayant été mis en application sous sa forme productiviste marxiste (capitalisme d’État), et ayant fait naufrage sous cette forme, les anciens socialistes ont adhéré à la social-démocratie qui entérine le capitalisme comme modèle dominant.

    Si tous les partis ne proposent que des nuances (nuances qui ont leur importance je ne le nie nullement) de capitalisme, alors on peut considérer que les idéologies sont mortes et que la diversité des offres politiques est faible.
    On comprend alors pourquoi la majorité des gens se désintéressent de la politique et préfèrent s'investir autrement...
    La démocratie est-t-elle condamnée ?

    Non !

    Car la renaissance s'en vient !
    A gauche, écologie politique anti-productiviste et l'altermondialisme ont été les terreaux favorable à l'épanouissement d'une nouvelle idéologie, d'un nouveau socialisme du XXIème siècle !
    Ce néo-socialisme devrait permettre de régénérer les mouvements sociaux et de mobiliser des foules pour la construction d'un nouveau modèle de société par delà le capitalisme mortifère !!

    NB : Dans ma prochaine note, je synthétiserai quelques éléments fondateurs d'une refondation d'un socialisme, sur la base de mon précédent article : http://adrienfaure.blog.tdg.ch/archive/2011/09/18/pour-un-renouveau-du-socialisme.html

  • La social-démocratie : un paradoxe perdu

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    La social-démocratie : un paradoxe perdu

    Il y a encore quelques mois, je me montrais convaincu de la nécessité de combattre le libéralisme (et non pas uniquement ses formes les plus extrêmes que sont le néo-libéralisme ou l'ultra-libéralisme). Toutefois, je me positionnais encore comme social-démocrate (position qui avait été la mienne depuis ma politisation à mes 15 ans), et par conséquent comme pro-capitaliste par fatalisme idéologique. C'est en assistant à la politique d'austérité néo-libérale menée par des gouvernements social-démocrates en Grèce, en Espagne et au Portugal que je compris avec dépit l'échec de cette idéologie. Les barrières de la sociale-démocratie sont trop grandes pour lui permettre d'être réellement efficaces. Comment pourrait-t-elle mener sa politique de libération des individus par l'extension des sphères hors logique capitaliste, alors qu'elle dépend du bon fonctionnement du capitalisme lui-même pour mettre en place ses politiques ?

    Sa dépendance à la bonne santé du capitalisme la condamne à se trahir fatalement et à n'être qu'une illusion pour bonnes âmes...

    Poussé par cet évidence, je ne peux qu'embrasser la cause du socialisme véritable !

    NB : Je ne réfute nullement l'apport positif de la social-démocratie, ou sa capacité à court terme à clairement améliorer la situation des classes précarisées ou moyennes. Je constate simplement son incapacité à mener une politique émancipatrice sur le long terme, du fait de sa dépendance totale à la bonne santé du capitalisme, alors qu'il est certain que les logiques des politiques social-démocrates sont majoritairement anti-capitalistes et ne peuvent que péjorer le bon fonctionnement de ce système, puisque son bon fonctionnement dépend de la création d'inégalités et de misère.

    La social-démocratie est enfermée dans ce paradoxe de vouloir bien faire dans un cadre dont elle dépend pour pouvoir bien faire, mais qui se péjore lorsqu'elle agit dans la direction humaniste !

  • Approfondissement de l'analyse gorzienne

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    Approfondissement de l'analyse gorzienne

    Dans mon article « Socialisme, Écologie politique et Anti-productivisme » est mise en évidence la différence entre système et logique du socialisme.

    Toutefois l'un et l'autre sont complémentaires, et on ne peut les séparer que de manière académique.

    Une logique socialiste peut être considérée comme un mouvement, ou un processus de transition systémique (socio-économique, politique, culturelle et sociétale).

    [A noter que tout changement socio-économique ou politique entraîne un changement culturel (c'est à dire une évolution des mentalités) et sociétal (au niveau des actions de la collectivité).]

    Une logique socialiste doit se comprendre essentiellement comme un mouvement, un déplacement amenant la société (comprise comme un tout) d'un point A à un point B.

    Il est important de noter que l'on peut traduire le socialisme comme une opposition pure et simple au capitalisme, que ce soit en tant que logique ou

     

    en tant que système. Cependant, tout anti-capitalisme n'est pas forcément du socialisme (par exemple certaines formes de sociétés conservatrices).

    Un système socialiste proprement dit doit être l'aboutissement de ce mouvement, de cet logique du socialisme. Un système socialiste aura donc libéré l'être humain de toute aliénation, et pour cela, il aura éliminé au maximum toute logique de rentabilité, et surtout toute logique de maximisation des profits, de concurrence, de compétition, de marchandisation, de matérialisme, de productivisme, de consumérisme, etc.

    Un système socialiste est donc un aboutissement d'un processus libératoire basé sur des valeurs humanistes.

    On ne peut considérer l'interventionnisme étatique ou l'étatisme (l'extension des sphères de la société sous contrôle étatique) que comme des outils dans la construction du socialisme en tant que système.

    Un système d'économie étatisée comme l'URSS peut être défini selon Gorz comme du capitalisme d’État, car la majorité des logiques qui s'y déployaient étaient d'ordre capitaliste (notamment les conditions de travail dans certains secteurs de travailleurs ou les logiques productivistes mises en pratique dans la planification).

    Il est évident que le dépassement du capitalisme par le socialisme ne peut se faire aisément que par une étatisation de l'économie. L’État étant la seule structure démocratique on peut d'ailleurs y voir une démocratisation totale de la société, puisque l'ensemble des activités humaines seraient soumises au contrôle de la démocratie (donc du peuple).

    Mais une étatisation de l'économie n'est pas une fin en soi, mais une étape. L'étape suivant étant la planification décentralisatrice. La planification représente l'abandon d'une partie du fonctionnement du système capitaliste, mais il faut garder à l'esprit que des logiques capitalistes peuvent subsister dans un système étatisé et planifié. A nouveau il faut rappeler que la planification, comme l'étatisation, ne sont que des étapes vers un système véritablement socialiste. Un système étatisé et planifié n'est qu'un socialisme en voie de développement, ou un capitalisme en voie d'abandon ; c'est un processus en cours.

    Car un système socialiste abouti n'a plus besoin d’État, pas plus qu'il n'a besoin de démocratie parlementaire.

     

    Un système socialiste est un système centré sur les besoins réels de chacune et de chacun (par une planification démocratique) et par le développement d'un niveau élevé (au maximum) d'auto-production, et donc l'adoption de l'auto-limitation. Un système socialiste abouti fonctionne par la démocratie directe et donc l'auto-gestion.

     

    Faut-il faire une différence entre socialisme et communisme? Historiquement (au niveau de son emploi) je me contenterais de dire que l'un prône plus souvent le réformisme et l'autre la révolution. Mais les nouvelles formes révolutionnaires non violentes tendent à réconcilier ces deux méthodes. On notera par ailleurs la définition de Serge Latouche de sa révolution citoyenne pro-décroissance qui passe par une décolonisation des imaginaires permettant de faire de chaque être humain un citoyen avant d'être un consommateur (politisation citoyenne + changement des mentalités = révolution).

     

    Peut-on se passer d'étatisation ou de la planification pour créer la société que nous appelons de nos vœux (société qui correspond à la vision gorzienne du socialisme)?

    Peut-être, mais c'est un système qu'il reste à créer et à développer. Je tenterai prochainement de présenter une alternative pouvant faire lieu d'étape entre le socialisme (en tant que système abouti) et le capitalisme.

     

    L'aboutissement de la décroissance (en tant qu'idéologie politique) est le même système (disons très proche) que le socialisme, mais elle emprunte un chemin différent, peut-être plus novateur. C'est dans cette direction que le socialisme en tant que mouvement politique (proposant un modèle de société) doit se tourner, car c'est dans la construction de l'étape intermédiaire permettant la création d'une société socialiste que réside toute la difficulté.

    L'étatisation et la planification sont majoritairement mal perçues dans la population suisse (ou européenne). Il peut donc s'avérer nécessaire de proposer une évolution très en douceur, purement social-démocrate dans un premier temps par exemple. Ou bien alors adopter les nouvelles théories anti-productivistes de la décroissance. Les deux voies sont possibles et sont même fusionnables.

     

    Une société libérée est une société ayant atteint un haut niveau (disons le niveau le plus élevé possible) d'auto-production collective et individuelle. Certes, il y aura toujours des échanges matériels, car ceux-ci peuvent encore se révéler nécessaires. On peut donc (évidemment) tendre vers une auto-production relative plutôt qu'absolue.

    L'auto-production nécessite une sortie de la société de consommation, vers une société de l'usage centrée sur ses besoins. La liberté est donc dépendante de la capacité d'auto-limitation collective et individuelle.

    Une société de ce type pourrait être mise en place via une planification décentralisatrice (une des erreurs de l'URSS est justement d'avoir choisi la planification centralisatrice).

     

    Pour conclure, afin de rappeler l'enjeu de ma démarche, j'ajouterais que la recherche idéologique est nécessaire si l'on veut renverser la tendance dominante actuelle de la gauche centriste à la compromission avec le libéralisme. Cette lutte doit se garder de tout dogmatisme, mais doit se montrer intransigeante quant à ses fondamentaux, notamment l'exigence de refuser capitalisme, libéralisme, et productivisme !

  • Socialisme, Écologie politique et Anti-productivisme

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    Socialisme, Écologie politique et Anti-productivisme

    Dans son livre Capitalisme, Socialisme, Écologie André Gorz définit le socialisme comme un mouvement idéologique en opposition avec le capitalisme et tentant de le dépasser en proposant un autre modèle de société. Le socialisme scientifique se théorisait sous la forme d'un système centralisé, André Gorz se désintéresse du système pour parler en termes de logique anti-capitaliste.

    Si on définit le capitalisme comme une logique de rentabilité, sous-entendant maximisation des profits, (et par conséquent baisse des coûts de production), le socialisme consisterait alors à établir des zones d'activité humaine échappant à cette logique. Gorz met en évidence le fait que dans un système d'économie étatisée, centralisée et planifiée, des pans de l'activité humaine se retrouvent quand même astreints à la logique capitaliste de rentabilité.

     

     

    ''Les systèmes économiques sont et demeurent capitalistes aussi longtemps que la logique de la rentabilisation maximale d'un maximum de capital (fixe et circulant) détermine les conditions de travail, les investissements, le modèle de consommation et donc le mode de vie, la culture et l'échelle de valeurs.''

     

     

    Comment différencier le socialisme et la social-démocratie ? Car à première vue, du moment qu'on ne s'intéresse plus à ces idéologies en tant que système, mais en tant que logique il ne semble plus y avoir de différence entre ces deux modèles. La réponse est claire : la social-démocratie entérinant le système capitaliste comme fin en soi ne peut prétendre à le dépasser et ne peut donc pas accomplir l'objectif du socialisme, à savoir l'émancipation de l'être humain.

    Un système dit socialiste est donc bien entendu nécessaire pour sortir du capitalisme, même si à l’intérieur de ce système des logiques capitalistes de rentabilité et de maximisation des profits subsistent. Celles-ci sont nécessaires pour financer l'extension des zones de non rentabilité des activités humaines, du moins dans une première étape, qui est l'étape de libération de la domination du capital.

    Dans un second temps, pour accomplir son objectif d'émancipation de l'être humain, le socialisme doit se dissiper en tant que système via un processus de décentralisation socio-économique et politique, c'est à dire de relocalisation des activités humaines. Ce processus devrait amener l'être humain à l'auto-production et à l'auto-gestion par l'adoption d'une logique d'auto-limitation.

    Le socialisme accomplit ainsi la révolution anti-productiviste qui est la finalité de la véritable écologie politique. On voit ainsi que l'écologie politique (et non l'écologisme vendu au capital) rejoint le même rêve d'émancipation humaine que le socialisme. L'auto-limitation étant une nécessité pour l'établissement d'une société relocalisée non dépendante du processus de mondialisation.

     

    ''L'écologie politique ne se borne pas à vouloir diminuer l'impact sur l'environnement du système de production existant. Il conteste les raisons pour lesquelles un certain nombre de techniques, de productions et de consommation ont été développées en premier lieu. Ces raisons sont contenues dans la logique de l'accumulation capitaliste : il faut que des quantités croissantes de capital puissent être investies avec profit, ce qui exige la consommation d'un flux croissant de marchandises et de services marchands. Il faut donc amener la population à satisfaire ses besoins par un maximum de consommation et susciter un maximum de besoins de consommation.''

     

     

    Quant à la planification, elle est l'outil idéal pour mettre sur pieds une société centrée sur ses besoins et non plus sur ses envies. On voit ainsi comment socialisme et écologie politique sont liés, que ce soit dans les moyens ou dans les buts.

     

    ''La restructuration écologique (...) a donc nécessairement un sens anti-capitaliste et socialiste. L'investissement ne peut plus y avoir pour but croissance de l'économie, mais seulement sa décroissance, au profit de l'expansion des activités qui ne sont pas régies pas l'évaluation et la recherche du rendement et du gain.''

     

     

    L'écologie politique ne doit pas disparaître sous les coups des penseurs libéraux qui ont théorisé un capitalisme vert (oxymore) sous le nom de développement durable. Le camps social-démocrate doit reconnaître que la social-démocratie ne peut ni résoudre la crise écologique, ni la crise sociale (on l'a vu avec la politique d'austérité mise en place en Espagne, en Grèce et au Portugal). Il est donc grand temps de revenir à un véritable socialisme émancipateur démocratique !

  • Pour un renouveau du socialisme !

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    Socialisme

    I - NOTIONS

     

    1)

     

    Démocratie

     

    - Un peuple = collectivité politisée des individus

    AU CONTRAIRE des masses = ensemble d'individus dépolitisés

     

    - Politisation = conscience d'appartenir à une collectivité/communauté politique

    Capitalisme (société de consommation/consumérisme) = processus de dépolitisation

     

    - démocratie directe ˃ démocratie parlementaire

    - démocratie parlementaire + démocratie directe

    = compromis nécessaire dans un espace commun ETENDU

     

    2)

    Économie privée

    - L'économie privée = non démocratique

    CAR non soumis au politique

    DONC non soumis au peuple

    CAR soumis à une minorité possédante

    DONC minorité possédante gouverne l'économie privée

     

    => économie privée influe sur politique => politique devient non démocratique

     

     

    3)

     

    ce sont les rapports de force économiques qui créent les rapports de force politiques

    => l'économique > politique

     

    But du socialisme = politique > économique

    = bien commun > intérêt privé

    = liberté de tous > liberté de certains

    = bonheur de tous > bonheur de certains

     

    4)

     

    Le socialisme = la démocratie réelle

    - L’État = outil de la construction collective

    = de la gestion de la vie en collectivité.

     

    - L’État est soumis au politique

    le politique = le peuple

    l’État est la structure la plus démocratique

     

    - L’État peut tout = le politique peut tout = le citoyen peut tout

     

    - L'extension des activités humaines sous contrôle de l'Etat = démocratisation de la société

     

     

    5)

     

    - Liberté = non domination de l'être humain = non aliénation = égalité

     

    DONC liberté = autonomie de chacun = indépendance de tous

     

    SYSTEME SOCIALISTE (abouti)

    = Autoproduction + auto-limitation + autogestion + démocratie directe + planification décentralisée

     

    II – PROCESSUS

    Il est essentiel que durant tout le processus on procède à l'accomplissement de la justice sociale et de l'égalité par toutes les politiques de redistribution possibles.

    L'égalité, l'émancipation de l'être humain et l'accès au bonheur sont les buts mêmes du socialisme.

    1) capitalisme (plus ou moins libéral)

     

    => Domination d'une minorité possédante – compétition entre tous – inégalités – destruction inévitable de la biosphère – aliénation de l'individu ...

     

    2) capitalisme social-démocrate = interventionnisme étatique (lois, règles, taxes, impôts, etc.)

    => Préparation psychologique du peuple aux logiques socialistes

     

    3) social-démocratie étatiste = dépassement de la social-démocratie = étatisation de secteurs économiques rentables afin de financer davantage de logiques socialistes

     

    => Démonstration des capacités d'émancipation des logiques socialistes = épanouissement social

     

    4) étatisme = étatisation de l'économie privée = prise de contrôle par les citoyens des activités humaines

     

    => Nécessité probable de préserver la propriété privée dans certains domaines exceptionnelles.

     

    => Il ne s'agit pas ici d'un dogme, mais d'une mesure nécessaire pour libérer l'individu et la société de la dictature d'une minorité possédante.

     

    => Prise de contrôle du peuple de lui-même = indépendantisation des individus vis à vis de la dictature du capital = Démocratisation de l'économie

     

    5) étatisme planifié = planification de l'économie privée selon les besoins

     

    => De l'importance de bien comprendre le sens du mot BESOIN (qui n'a rien à voir avec une envie)

    => De l'importance d'une logique du bon usage des choses (opposée au mésusage)

     

    6) étatisme planifié décentralisateur = planification décentralisatrice des activités humaines économiques et politiques

     

    => construction d'une société à taille humaine = autonomisation maximale de l'être humain

     

    7) système socialiste abouti = démocratie directe (sans démocratie parlementaire), auto-production (au maximum), auto-limitation, auto-gestion.

     

    - démocratie directe est possible grâce à la décentralisation (relocalisation)

     

    - auto-production, relative et non absolue

    => nécessite et induit auto-limitation

     

    - échanges doivent êtres basées sur planification des besoins

    + planification doit se faire au niveau le plus proche de l'individu

     

    - auto-gestion = principe général d'autonomie envers communauté politique

     

    - organisation étatique est préservée MAIS uniquement au sens administratif ET public du terme

     

    => services publics et administration sont préservés

     

    - le système socialiste = aboutissement des idéologies anarchistes et écologistes (au sens anti-productiviste du terme)

    => la lutte à gauche forme un tout unifié

     

    - minorité possédante trouvera aussi le bonheur dans un système socialiste, car elle aussi est aliénée par les logiques capitalistes