Entretien avec un Démocrate-Chrétien : Ivan Deiana

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AF. Ivan Deiana a attiré mon attention parce qu’il a osé braver la domination de la CUAE, le puissant syndicat estudiantin genevois d’extrême gauche postmoderniste, sur les institutions participatives universitaires, en proposant une liste alternative lors des élections internes qui se déroulaient entre hier et aujourd’hui. Apprenons-en un peu plus sur ce jeune engagé. 

 

Pourrais-tu te présenter s’il te plaît ?

J’ai 22 ans, j’habite à Meyrin, étudie la science politique à l’Université de Genève depuis maintenant 2 ans et suis membre de 2 associations universitaires : l’AIESEC (responsable des relations médiatiques) et Fréquence Banane (vice-président).

Je suis une personne relativement simple : il me suffit de me balader aux quatre coins du Canton avec de la musique dans les oreilles, d’un peu de temps pour moi pour me plonger dans un bon livre, de bonnes bières entre amis pour finir la semaine, d’un petit voyage pour me libérer l’esprit et de militer pour mes idées pour être comblé !

 

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AF. Pourquoi avoir rejoint les Jeunes Démocrates-Chrétiens plutôt que les Jeunes Libéraux-Radicaux ?

Les JDC s’axent sur une vision politique globale. Les JLR sont trop, à mon goût,  centrés sur des analyses économiques pour que je m’y sente représenté politiquement. Je pense que l’économie (comme chaque sujet) ne doit pas déborder sur les autres sujets et qu’il faut une vision propre par thème abordé.

À titre d’exemple : notre brillante députée Delphine Bachmann est co-auteure d’un projet de loi pour bannir la distribution gratuite de sacs en plastique dans les commerces. Il s’agit là d’une mesure écologique, et non pas idéologique. C’est une initiative qui, à mon sens, aurait eu du mal à prendre au sein des JLR.

Mon choix ne se limite pas à la question écologique. La position des JLR sur la révision de la loi suisse sur les armes, qui peut potentiellement casser la fiabilité que l’on prête à juste titre à notre pays, est également un autre exemple de ce qui a motivé ma décision de rejoindre les JDC.

 

AF. C’est quoi être démocrate-chrétien au XXIe siècle ?

Il y a quelques jours, j’étais en pleine réunion avec le Comité de ma section communale. Notre conseiller administratif a résumé son œuvre en disant : « Être démocrate-chrétien, c’est tendre la main à celles et ceux qui la vie a laissé sur le bord de la route ! » Je pense que cette phrase résume, à elle seule, ce pourquoi j’ai opté pour la démocratie chrétienne, et j’en profite pour remercier mes parents de m’avoir inculqué ces principes fondamentaux.

On ne peut pas résumer la démocratie chrétienne à un programme électoral. Il s’agit d’une vision globale, centrée avant tout sur l’être humain. Le démocrate-chrétien a pour but d’accroître l’effet positif des décisions politiques qu’il prend et d’en étendre les bienfaits aux strates de la société qui en ont besoin.



AF. Te considères-tu comme de centre droit ou de centre gauche ?

Ni l’un, ni l’autre. Mes amis de droite me considèrent comme étant de centre-gauche, mes amis de gauche me considèrent comme étant de centre-droit. Comme je n’aime pas être défini arbitrairement et que je sais que la vérité se trouve dans le juste milieu, je pense pouvoir affirmer que je suis bien centriste !

Plutôt que choisir un positionnement sur l’axe gauche-droite, important mais non pertinent ici, il s’agit surtout pour moi d’être clair concernant mes positions politiques : la débureaucratisation des démarches administratives dont souffrent nos petites et moyennes entreprise, la réduction du poids de la fiscalité qui pèse sur leurs épaules, ainsi qu’une hausse de la fiscalité des grands groupes, sont trois points pour lesquels je me bats, mais je refuse de tomber dans le populisme anti-riches et anti-patrons qui fait le jeu de certains, car la réalité est toute autre. Concernant les questions sociétales, je suis pour un principe de non-ingérence de l’Etat dans la vie privée des individus et pour des règles de vie commune dans l’espace public pour ne pas laisser de place au communautarisme (idéologie/politique/ethnique/religieux) dont notre Canton n’a absolument (et heureusement) pas besoin pour se structurer.

En résumé : un bon centriste !



AF. Quel est ton rapport au libéralisme et au conservatisme ?

Je défends le libéralisme dans son apport juridique : Etat de droit, égalité face aux lois/droits/devoirs, respect des libertés de chacun et construction d’institutions indépendantes. Concernant son aspect économique, ce même libéralisme qui a fait le succès de notre Canton doit pouvoir être critiqué quand nos entreprises locales peinent à en tirer profit. Autrement dit : simplifions là où nous devons simplifier, et mettons l’accent sur le local que nous avons trop tendance à oublier !

Le conservatisme est une idéologie bien vaste qui, de mon point de vue, nous a tous façonnés à un moment. Personne n’est intégralement progressiste, tout le monde à une vision conservatrice (ou de statu quo) sur au moins une question. Je vois le conservatisme comme un contre-pouvoir permettant d’ouvrir des débats avant de prendre une décision catégorique. Je ne me définis pas comme conservateur et ne pense pas l’être, mais il ne faut de loin pas censurer celles et ceux qui s’en revendiquent.



AF. Un penseur qui t’inspire ?

L’Espagnol Miguel de Unamuno. L’une de ses phrases, prononcée face à des franquistes lors de la guerre civile espagnole, me met toujours la larme à l’œil lorsque je la lis :

« Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat. Il me semble inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai dit... »

 

AF. Faut-il que l’Entente s’allie avec l’UDC en Ville de Genève lors des élections municipales de l’exécutif ? 

Non. Le PDC doit pouvoir démontrer qu’il est capable d’existe en Ville de Genève au-delà des bénéfices qu’il a tiré de l’ « effet Barazzone ». Nos candidates, Alia Chaker Mangeat et Marie Barbey-Chappuis, touchent des publics vastes et complémentaires, elles ont toutes les qualités pour redorer le blason du PDC. Le candidat PLR Simon Brandt est également bien présent médiatiquement sur bon nombre de sujets.

Dans ces conditions, le PDC et le PLR n’ont pas vocation à s’allier à l’UDC qui serait la seule gagnante dans un scénario comme celui-ci, car nous lui offririons une vitrine trop généreuse par rapport à son poids. Et, qui plus est, je me vois mal défendre une alliance avec l’UDC, et je ne pense pas être le seul.



AF. Envie d’ajouter quelque chose ?

Ne laissez pas les autres décider pour vous, lorsque vous en avez l’occasion : votez !

 

Commentaires

  • Séduisant mais dommage cette chute avec un pragmatisme de politique politicienne qui réduit le message à néant. L'UDC genevoise est une formation centriste qui est diabolisée alors qu'elle est la seule, contre tous, à parler vrai sans se soucier de flirter avec le quorum et de disparaitre.
    Et même si mon smartvote me donne six PDC sur dix dans mon top ten, je ne voterai pas pour un candidat qui se prête au jeu de dénigrer ce qu'il considère comme son adversaire. Ce d'autant plus que ce serait le meilleur allié sur les programmes. C'est la différence entre ceux qui se focalisent sur l'image au détriment du fond.

  • Il est vrai que l'UDC ne pèse pas beaucoup à Genève. Comme me l'a expliqué un des fondateurs du groupe UDC-Genève, le PAI qui a engendré l'UDC (Parti des Artisans et Industriels) n'avait aucune présence sur le canton, et l'unique parti conservateur était alors Vigilance (avec, notamment, M. Bertinat, aujourd'hui à l'UDC et président du Conseil municipal de la Ville de Genève).

    L'UDC nouvellement établie à Genève devait d'ailleurs faire face à des attaques de ses stands, qui finissaient brisés sur les voies de tram, et de ses militants qui étaient physiquement attaqués de même par des groupuscules issus de la nébuleuse 68arde. Sur celle-ci, un pasteur de l'EPG alors réfugié d'URSS m'a témoigné la façon dont les mouvements de jeunesse (scoutisme, associations traditionnelles, sociétés d'étudiants) ont été saccagés par une déferlante pseudo-maoïste.

    On peut présumer que les politiques publiques désastreuses de la génération baby boom n'y sont pas étrangères, de ceux étant restés dans la ligne orthodoxe du gauchisme postmoderne, à ceux qui se sont recyclés dans le néolibéralisme libertaire !

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