21/10/2017

Cinq petites réflexions pour un libéralisme éclairé

 



1. La philosophie libérale ne doit pas être qu'un ensemble d'abstractions a priori. Elle ne doit pas s'enfermer dans la phraséologie des Droits Naturels, qu'il suffirait d'assener un nombre suffisamment élevé de fois, et avec suffisamment de conviction, pour démontrer la validité d'une proposition. Elle ne doit pas non plus se réduire au Principe de Non Agression, comme s'il était toujours suffisant pour résoudre tous les problèmes. Mikaël Mugneret proposait d'ailleurs, de manière alternative, un principe, plus souple, de moindre agression.



2. Pour éviter de s'enfermer dans des abstractions a priori, une bonne méthode en philosophie politique consiste à tenir compte des conséquences des politiques publiques défendues. Il faut accepter la complexité de la réalité sociale. De manière complémentaire, il me paraît aussi souhaitable de prendre en considération les recherches empiriques, et notamment les résultats de la recherche en science économique et en histoire.



3. La liberté de mouvement est une liberté importante du libéralisme. Ni la fermeture des frontières, ni l'expulsion des non nationaux, ne sont compatibles avec la philosophie libérale.



4. La philosophie libérale ne doit pas être axiologiquement neutre. Elle doit être humaniste, altruiste, libertaire et progressiste. Elle doit incarner une philosophie du progrès humain, de l'expansion de la liberté, et soutenir un projet d'émancipation et d'autonomie. Le conservatisme, le nationalisme, l'oligarchisme, le monarchisme, l'autoritarisme, le fascisme, sont les ennemis du projet libéral.



5. Ce qui compte n'est pas d'abolir l’État. Ce qui compte c'est de réduire graduellement l'intervention de l’État. Il n'est pas toujours souhaitable de supprimer toute intervention de l’État immédiatement. Certaines interventions de l’État doivent être maintenues tant que les circonstances l'exigent. C'est notamment le cas en ce qui concerne la protection des membres les plus précaires de la société et la lutte contre le réchauffement climatique et la chute de la biodiversité. Il y a des priorités dans l'ordre des politiques libérales à mener, et un ordre moralement justifié pour libéraliser la société.

 

 

 

 

15:44 Publié dans Libéralisme | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Bonjour Adrien.
J'ai plaisir à suivre votre parcours.
L'eau dans le vin de vos convictions pour arrondir les angles et concrétiser l'utopie est une belle réalisation précoce.
Je pense que les outils numériques nous permettront dorénavant de monitorer tous les évènements de manière factuelle en les débarrassant des scories idéologiques qui teintent l'Histoire.
Pour ne prendre que l'exemple des conséquences des politiques publiques, nous ne disposons pas d'informations suffisamment inclusives qui tiennent compte des effets collatéraux à plus ou moins long terme. Les statistiques sont devenues les armes des partis pour illustrer de manière ciblée et évidemment partielle un aspect de l'impact des mesures.
Dorénavant, il est déjà possible d'enregistrer toutes ces informations et en faire une synthèse purement factuelle avec l'analyse des documents par des algorithmes dont la fiabilité est mesurable.
Le monde que vous visualisez va s'imposer de lui-même sans effort. En fait, c'est même le contraire. Comme la loi des fluides, ce sera le chemin le plus naturel et incontournable qui se profilera comme allant de soi.
Et s'il devait y avoir lutte, alors il faudra revoir la copie pour que le consensus s'impose.

Écrit par : Pierre Jenni | 21/10/2017

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