08/12/2016

Portrait d'un libéralisme économique en faveur des plus pauvres

 

 

Voilà bien, je crains, un terme extrêmement négativement connoté que celui de libéralisme économique. En général, on entend certains dire qu'il faut distinguer le libéralisme comme philosophie, le libéralisme politique, le libéralisme en matière de mœurs, et le vil, très méchant, très vilain, libéralisme économique, que l'on qualifiera ensuite bien souvent de ultra ou néo ou turbo libéralisme (histoire de bien mettre l'accent sur sa spécificité diabolique par rapport aux autres possibles usages du mot libéralisme). Et pourquoi cela ? Car le libéralisme économique est associé à l'idée de « moins d'impôts pour les riches ». Et c'est vrai, baisser les impôts des plus riches est effectivement partie prenante du libéralisme économique. Les conséquences d'une telle politique ont en outre des conséquences positives pour l'ensemble de la société, y compris les plus pauvres.

Toutefois, je dirais que l'on peut proposer un libéralisme économique qui vise en priorité à améliorer les conditions de vie des plus pauvres et des classes moyennes plutôt que d'améliorer en priorité celles des plus riches (même si, in fine, à moyen terme, toute politique libérale finit par profiter à l'ensemble des membres de la société). Nous pouvons donc constater ici le fameux clivage sur les priorités que l'on se donne en tant que libéraux et qui est particulièrement flagrant en matière de politique économique et donc du type de libéralisme économique que l'on défendra.

Je souhaite à présent énoncer un ensemble de mesures politiques qui forment un possible début de programme d'un libéralisme économique en faveur des plus pauvres (et des classes moyennes). Cette liste est évidemment non exhaustive, ce ne sont là que quelques éléments auxquels je peux penser sur le vif. J'y mets plutôt des mesures cantonales (axées sur Genève), mais j'y adjoins aussi quelques mesures fédérales et municipales (axées sur la Ville de Genève). Voyez plutôt :

- Supprimer (ou réduire) la TVA.

- Supprimer (ou réduire) l'imposition minimale des plus pauvres.
Objectif de ces deux mesures : Accroître le pouvoir d'achat des plus pauvres et des classes moyennes .

- Supprimer (ou réduire) la taxe militaire.
Objectif : Comme cette taxe concerne les jeunes, qui ont en général statistiquement un revenu plus bas que le reste de la population, la supprimer améliorera le niveau de vie de catégories de la population peu aisées.

- Supprimer la taxe Billag et privatiser les médias étatiques (publics).
Objectif : Accroître le pouvoir d'achat des plus pauvres et des classes moyennes. On notera que les jeunes, catégorie à bas revenus, sont aussi la catégorie qui consomment le moins les médias étatiques et qui créent le plus de médias fondés sur des nouveaux modèles de financement (comme Tipeee sur Youtube).

 

- Déréguler le marché immobilier : supprimer les zones agricole et villas en permettant aux propriétaires de ces biens fonciers immobiliers de vendre aux constructeurs de logements (et bureaux), mais aussi supprimer les limitations à la construction à la vertical (à la sur-élévation des immeubles et autres constructions).
Objectif : accroître l'offre de logements et faire baisser les prix pour les consommateurs.

 

- Déréglementer l'accès aux métiers et aux professions protégées par la loi et l’État (quelques exemples plutôt classiques dans ce débat : les taxis, les avocats, les juristes, les médecins, les enseignants, les instituteurs, les notaires, etc.).
Objectif : ouvrir le marché à davantage de gens et faire baisser les prix de ces services pour les consommateurs (c'est à dire supprimer les rentes). En passant, cela implique de légaliser Uber.

- Étendre les horaires d'ouverture légales des boîtes, des bars, des cafés et des restaurants.
Objectif : Accroître l'offre, créer des emplois, répondre à la demande, créer un cadre attractif en termes de loisirs (et oui le marché des loisirs fait partie des conditions-cadres permettant d'attirer des talents).

- Supprimer l'obligation d'avoir une patente pour les boîtes, les bars, les cafés et les restaurant.
Objectif : Réduire les coûts sur ces marchés, et donc réduire par la concurrence les prix pour les consommateurs et favoriser la création de nouvelles entreprises sur ces marchés.

- Supprimer l'interdiction de vendre de l'alcool après 21h.
Objectif : Permettre aux consommateurs de se fournir plus facilement, fluidifier la distribution de la demande dans le temps.

 

- Légaliser le fait de fumer la shisha dans les bars à shisha (les parlementaires sont probablement si vieux qu'ils ne connaissaient pas l'existence de bars à shisha lorsqu'ils ont voté l'interdiction généralisée de fumer dans les bars).
Objectif : Permettre aux patrons des bars à shisha d'accueillir leurs clients à l'intérieur lorsqu'il fait froid ou lorsqu'il pleut, augmenter leur chiffre d'affaire et embaucher des collaborateurs. Un patron genevois d'un bar à shisha me disait qu'avec la loi il avait dû licencier ses deux employés et réduire ses horaires d'ouverture... Bien joué le parlement !

- Décriminaliser le commerce de drogues, en commençant par les plus populaires, le cannabis et l'ecstasy. Objectif : Une production de produits dont la consommation n'est pas dangereuse pour les consommateurs, des conditions de travail décentes pour les producteurs et les distributeurs, des conditions d'achat adéquates pour les consommateurs avec une vraie concurrence informée entre producteurs, la fin des mafias sur ce marché, la fin de la vente de produits à haut risque sanitaire, la suppression des coûts de répression assumées par la police (et donc au final par la société), la mise en place d'une activité commerciale innovante et concurrentielle créatrice d'emplois.

- Supprimer toute mesure protectionniste en place.
Objectif : Réduire les prix des biens et services pour les consommateurs.

- Supprimer les limitations légales à l'import de produits étrangers par les consommateurs.
Objectif : Réduire les prix des biens pour les consommateurs.

- Supprimer le Service du Commerce.
Objectif : Empêcher l’État de réprimer et de criminaliser des activités commerciales. Baisser les coûts des activités commerciales et de l'entrepreneuriat. Accroître l'offre et les emplois.

- Étendre les horaires d'ouverture légales des commerces.
Objectif : Accroître l'offre, créer des emplois, répondre à la demande.

- Baisser les impôts des bas et moyens revenus.
Cette baisse peut se financer de la façon suivante :
- Suppression des rentes à vie pour des politiciens ayant été élus par le passé.
- Baisse des salaires des élus dans les exécutifs.
- Baisse des salaires des élus dans les législatifs.
- Suppression (ou réduction) des subventions aux partis politiques.
- Suppression des subventions aux entreprises, associations ou ONG dont des élus sont collaborateurs, actionnaires ou membres.
- Réduction des dépenses militaires.
- Privatisation du stade de Genève (avec redistribution des recettes de la vente aux citoyens).
- Réduction des subventions aux sports et aux associations sportives.
- Réduction des subventions aux paysans et à l'agriculture.
- Réduction des subventions à la culture, aux arts et aux artistes.
- Privatisation du Grand Théâtre (avec redistribution des recettes de la vente aux citoyens).
- Privatisation de musées (avec redistribution des recettes de la vente aux citoyens).
- Refus de payer la péréquation en faveur des autres cantons (la péréquation est une prime à l'inefficacité et à la mauvaise gestion).
- Réduction de l'aide étatique aux médias et à la presse.
Objectif de toutes ces mesures : Accroître le pouvoir d'achat des plus pauvres et des classes moyennes .

- Suppression de la Banque Nationale Suisse et création d'un marché libre des monnaies en concurrence.
Objectif : Stabilité monétaire et suppression de l'inflation artificiellement créée pour des raisons politiques.

- Réduire la durée minimale légale des études pour devenir instituteur.
Objectif : Gain de temps et réduction des coûts pour les étudiants et la société.

- Réduire la durée du collège d'une année.
Objectif : Permettre aux élèves de finir le collège à 18 ans au lieu de 19 ans. Gain de temps dans leur vie. Gains pour la société.

- Rendre l'étude de certaines matières entièrement ou partiellement facultative au collège.
Objectif : Gain de temps pour les collégiens qui peuvent l'utiliser pour se former dans d'autres domaines. Gains pour la société.

- Proposer au collège une option apprentissage des langues séparée de l'apprentissage de la littérature.
Objectif : Permettre une spécialisation technique dans les langues plutôt qu'une connaissance technique et littéraire pour les élèves qui le souhaitent.

Notez enfin que : augmenter les revenus des plus pauvres et des classes moyennes c'est accroître leur consommation, leur indépendance économique et leur capacité à créer, épargner et investir. Il s'agit donc une vaste politique de création de richesses, d'augmentation des emplois, de réduction de la pauvreté, de croissance de l'offre, de réduction de prix et d'augmentation de l'entrepreneuriat. 

Et voilà. Rien qu'en réfléchissant un peu je trouve déjà pas mal de mesures. Elles dessinent les contours d'un libéralisme économique en faveur des plus pauvres et des classes moyennes. Vous voulez en savoir plus ? Je vous invite à lire et écouter l'économiste ricardien Jean-Marc Daniel. Vous trouverez plein de bonnes vidéos avec lui sur Youtube et vous pouvez lire ses derniers ouvrages, dont l'excellent « Socialisme de l'excellence ». Concluons sur quelques mots :

La liberté c'est la prospérité.
La liberté c'est la suppression des privilèges.
La liberté est révolutionnaire.

Adrien Faure

 

01:48 Publié dans Libéralisme économique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.