07/03/2016

Cinq drogues pour autant d'étapes de vie

 

 

 

Et nous accueillons sur le blog un quatrième témoignage.

Bonne lecture !


Adrien Faure

 

 

 

Acte I. CANNABIS Bonneval, juillet 2006.

Comme beaucoup je pense, ma première expérience avec la drogue se fit avec du cannabis, sous forme de résine. Habitant à l'époque dans une ville de 4500 habitants, cela vous situe la qualité du produit... Aujourd'hui, je n'ose imaginer avec quoi cette chose avait été coupée.

Par une après-midi de juillet 2006, je fêtais l'obtention de mon bac avec plusieurs amis. J'ai suivi trois d'entre eux dans une voiture, garée sur le terrain de la maison appartenant aux parents de mon meilleur ami. Fenêtres fermées, sur fond d'un rap français des plus navrants, un pétard commence à circuler, pour finalement atterrir entre mes mains. Moi qui avait toujours refusé de fumer, et ce même dans des états lamentables, je ne me suis cette fois posé aucune question. J'avais croqué dans la pomme, celle qui devait me transformer instantanément... en un double de Raoul Duke...

Aujourd'hui, je fume quasi-quotidiennement, et cela ne m'empêche pas de vivre même si je dois reconnaître que trouver un juste équilibre entre consommation et travail n'est pas toujours évident, la faute à des cycles de sommeil perturbés.

 

Acte II. COCAÏNE Paris, le 31 décembre 2007.

Mon meilleur ami, qui me vantait depuis des mois les mérites de la cocaïne, est parvenu à me convaincre d'en consommer lors du réveillon organisée chez sa soeur, dans le XVe arrondissement. Nous avons donc rendez-vous chez une proche, afin de nous procurer deux grammes d'une came de soi-disant d'excellente qualité.

La prise du premier rail - par snif - est particulièrement désagréable. On m'avait bel et bien parlé du goût immonde de la cocaïne, mais à ce point, non... Les effets ne tardent cependant pas à se manifester. Je me sens immédiatement plus énergique, plus éloquent, plus sûr de moi. J'ai fait d'excellentes rencontres et me suis beaucoup amusé ce soir-là. Après avoir consommé la moitié du sachet au cours de la soirée pour me maintenir dans cet état, je me couche finalement à 14h.

Le réveil et la journée qui ont suivi furent... "compliquées". On ne m'avait absolument pas parlé du "Blues de la descente"...

Aujourd'hui, j'en consomme très rarement (environ une fois par an). Je ne me fixe aucune limite mais la rencontre de l'occasion (rare) et de l'envie (plus rare encore) se fait très rarement.

Effets positifs : confiance en soi exacerbée, résistance à l'alcool décuplée.

Effets négatifs : descente désagréable.

 

Acte III. 3MMC Bonneval, été ou automne 2014

Je me trouve dans la maison récemment acquise par ma petite soeur, accompagné du meilleur ami de cette dernière. L'individu est un consommateur régulier et fin connaisseur de drogues synthétiques. Il me propose alors d'essayer la 3MMC, qui est présentée comme un substitut de la méphédrone. On est en plein dans le jeu sans fin du chat (l'État) et de la souris (les chimistes qui synthétisent de nouvelles molécules, légales, ayant des effets semblables à ce de molécules interdites).

Après avoir passé la nuit à vider ses stocks, je ne sens rien de particulier. Je me sens juste détendu, sans pour autant pouvoir sentir le moindre décollage. N'en ayant consommé qu'une fois, je serais incapable d'évaluer la qualité de l'échantillon en question.

Effets positifs : sentiment de détente, confiance en soi augmentée.

Effets négatifs : effets faibles, très faibles.

 

Acte IV. MDMA Paris, septembre 2015

Je suis avec ma petite amie à la Bellevilloise en soirée de clôture de la Techno Parade 2015. Après une première expérience de la MDMA mitigée en avril (la quantité consommé étant trop faible pour me faire ressentir le moindre effet), nous avons cette fois prévu de ne pas nous retrouver en situation de pénurie... J'ai avalé un premier parachute juste avant d'arriver sur la piste de danse.

Après 30 minutes d'un relatif ennui, je commence à ressentir un bien-être profond. La musique devient douce, je parviens à distinguer la complexité de morceaux a priori simples et ressent une satisfaction immense à chaque note. J'éprouve un sentiment de bienveillance envers tous ceux qui m'entourent, comme si je me retrouvais connecté à autrui par une force supérieure. Rien de divin ici, je ne parle que d'empathie, du sentiment de ne faire qu'un avec l'autre... Nécessairement, un tel état de bien-être n'est pas sans conséquence. J'ai dansé toute la nuit contre ma douce, enchaînant les déclarations d'amour enflammées. Je n'ai pas ressenti le moindre besoin de consommer de l'alcool au cours de cette soirée - ce qui ne doit d'ailleurs pas manquer de soulever certaines questions auprès des tenanciers de discothèques... et n'ai bu que de l'eau fraîche.

Malheureusement, aucune drogue n'ayant que des effets positifs, la descente fut assez difficile, similaire à celle de la cocaïne.

Aujourd'hui, j'en consomme rarement, en me fixant une limite d'une consommation par mois.

Effets positifs : sentiment de bien-être immense, sens décuplés, soirée au rapport qualité/prix imbattable.

Effets négatifs : descente difficile mais pas insurmontable.

 

Acte V. LSD Paris, 31 décembre 2015

Toujours avec ma petite amie, je fête le réveillon au Glazart pour une soirée psytance/goa. Bien entendu, ce genre de musique ne s'apprécie pas pleinement sans être sous l'emprise de drogues. Nous avons donc consommé de la MDMA toute la soirée, pour rentrer chez nous à 9 heures du matin. Sachant que je devais gérer les réseaux sociaux pour le compte d'un client deux heures plus tard, je décide de ne pas me coucher. Ma petite amie me propose donc de consommer le LSD qu'elle avait acheté avec la MDMA, sous prétexte qu'elle n'avait aucune idée de la stabilité de la molécule, et donc du temps de vie du produit. Sans réfléchir*, je me saisis du cachet et l'avale avec un fond d'eau...

Quelques minutes plus tard, je sens clairement une modification de ma perception sensorielle. Je vois les fameuses couleurs vives du LSD, bien que mes yeux soient fermés. Je commence à avoir des hallucinations visuelles, auxquelles je réagis bien dans la mesure où je comprends rapidement qu'elles sont l'oeuvre d'un cerveau désoeuvré.

À 11 heures, c'est dans un état professionnellement inacceptable que je prends la main sur les comptes de mon client de mon lit, tout de même... et l'heure d'animation fut des plus laborieuses. Je ne pense pas avoir expérimenté le LSD dans les meilleures conditions, mais cette expérience m'a permis de me faire une petite idée...

Effets positifs : un voyage sensoriel.

Effets négatifs : des hallucinations visuelles qui peuvent être mal vécues par certains.

Pour résumer, je dirais que la consommation de drogues fait partie de mon chemin de vie. Elles m'ont tantôt aidé à me faire accepter plus facilement au sein d'un groupe, tantôt permis d'exprimer des émotions que je garde parfois en moi, par pudeur. J'y vois également une forme de rebellion contre l'oppression d'une société que je n'ai choisi à aucun moment mais qui s'arroge le droit de décider à ma place de ce qui est bon pour moi.

Bien qu'étant un fervent abolitionniste, j'ai un rapport relativement nuancé avec les drogues. J'estime que la liberté de consommer des drogues ne peut être décorrelée des responsabilités individuelles qu'elles impliquent. Un esprit sain - jamais lors des périodes de faiblesse émotionnelles propre à la nature humaine et une approche parcimonieuse font les piliers d'une consommation récréative et responsable.

 

Guillaume (27 ans)

 

* En fait, si... Sur le moment, je me suis dit que ce serait drôle de dire à mes petits-enfants que papy a bossé sous LSD.

 

 

 

18:24 Publié dans Drogues | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

pas très honnête, le reportage.......si le LSD peut être une merveilleuse expérience, plus d'un jeune a fait un "bad trip" qui a aussi modifié sa vision de la vie, et pas dans le bon sens.....

J'ai fumé des bangs et me suis extasié sur les images pop que générait mon cerveau( oh, c'était tellement beau, un arc-en-ciel qui partait dans ma tête au rythme de la musique)j'ai pris du LSD, un peu de psylocibine (que je faisais pousser dans des boîtes en sagex dans ma chambre, les vaporisant régulièrement....) et finalement, tout laissé, et rien ne me manque.......RIEN...

Écrit par : gg | 07/03/2016

Je suis outrée de lire ce genre d'articles surtout pour les adolescents influançables qui vous lisent.

Écrit par : Fatima | 30/03/2016

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