29/02/2016

Pourquoi je différencie les drogues végétales des drogues chimiques


Aujourd'hui, nous accueillons sur ce blog un second témoignage d'expérience individuelle avec les drogues. Bonne lecture !

Adrien Faure



Bonjour, Adrien m’a demandé d’écrire quelques lignes à propos de mon expérience vis-à-vis des drogues. Pour commencer, dans « drogues » j’incorpore tout : sucres, alcools, cannabis,… sachant que les deux premières drogues sont celles qui tuent le plus dans le monde. Et que l’alcool est l’un des plus puissants neuro-toxiques mutagènes en vente libre. C’est dire la culture de l’empoisonnement dans nos sociétés.



Bref, j’ai testé un paquet de drogues autres : les champignons hallucinogènes, la salvia divinorum (sauge divine), l’esctasy-speed, la MDMA, et encore d’autres. La « salvia » et les champignons étant le top du top avec le mélange alcool-cannabis. Le reste étant plus difficile à encaisser au niveau de l’élimination des toxines. Je ne parlerai pas du sucre, ce n’est rien d’autre qu’une forme de cocaïne, c’est du vent, et c’est hyper-addictif. Cela engendre plus de coûts que de plaisirs. Pour l’alcool ou le cannabis, les effets sont connus. Il s’agit de psychotropes. L’alcool détruit tous les tissus vivants. Son effet est particulièrement destructeur sur le long terme, même avec de petites quantités, très puissant à court terme, l’ivresse qu’il procure inhibant notre sensibilité nous rend plus « open ». Le cannabis, quant à lui, est tellement meilleur quand on l’ingère par rapport à le fumer. La montée est douce et profonde, longue, et franchement hilarante. On reste conscient, mais « zenifié ».



Pour les champignons ou la salvia divinorum, c’est autre chose. Non seulement la descente est agréable et légère, mais les effets secondaires sont quasi nuls à quantité modérée. L’effet, par contre, est superbe. Jamais je n’ai ressenti mon corps et son fonctionnement aussi bien, la conscience du sang qui circule, les impulsions du cœur comme si on l’entendait, le corps entier relaxé et ouvert à l’environnement. La musique, peu importe le style, nous pénètre jusqu’à nous rendre asocial. Et pourtant, dès que l’on communique avec autrui, la communication est simple, limpide, juste et compréhensive. Ceux qui sont sobres hallucinent sur la capacité du drogué à être en symbiose, ceux qui sont drogués en parfaite harmonie avec les autres drogués. Je n’ai jamais vu de tensions, et pourtant les personnes n’étaient pas les meilleures amies du monde.



Concernant les autres drogues, celles travaillées chimiquement, c’est différent. Malgré l’empathie qu’elles procurent, elles sont agressives et violentes. Tant au niveau de la montée que l’on devrait nommer « poussées » que des descentes que l’on devrait appeler « plongeons ». Elles se rapprochent de l’alcool à bien des égards. Elles nous désinhibent et ce faisant, elles nous détachent de notre corps contrairement aux drogues issues de plantes. Je crois que l’effet positif des drogues issues de plantes est plus adapté à notre corps que les autres, plus modernes (si on excepte l’alcool). Elles sont plus digestes, elles se diffusent de manière moins poussives, elles nous permettent de mieux appréhender la modification physiologique qu’engendre les drogues. L’ivresse surclasse celle des autres drogues. Enfin, jamais elles ne remplaceront l’ivresse de la poésie.



Benjamin F.

(31 ans)




 

12:27 Publié dans Drogues | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Là on descend d'un cran. On sent la jeunesse enthousiaste.
Il faudrait balancer avec l'expérience sur le long terme.
Et surtout ne jamais oublier que, quelles qu'elles soient, les drogues ont forcément des effets pervers. Le premier étant l'addiction.
Comme tout ce qui est bon, on a tendance à en abuser. Il faut soit une forte personnalité et donc de l'auto-discipline, soit un guide pour faire certaines expériences. Celui qui est capable de consommer à titre récréatif et donc épisodique va certainement élargir son potentiel. En tous les cas, il saura de quoi il parle, contrairement à la plupart qui s'expriment sur le sujet sans avoir touché au moindre produit qui modifie la conscience.

Écrit par : Pierre Jenni | 01/03/2016

Faire croire qu'il y a une chimie verte, propre et innocente et une sale chimie, l'autre dont on doit tout rejeter c'est puéril et probablement tentant ! Mais à dire vrai il n'y a qu'une chimie. D'ailleurs tout est chimie, de la vie à l'inerte !

Écrit par : uranus2011 | 02/03/2016

Pas tout à fait vrai: si effectivement les gens qui produisent des drogues chimiques ne sont généralement pas scrupuleux en ce qui concerne la pureté de leurs produits et/ou la nocivité d'éventuels produits de coupe; c'est un raccourci faux et dangereux que d'établir une dichotomie chimique/naturelle qui sous-entend dangereux/pas-dangereux!

Un exemple tout simple: Le LSD et l'Atropine: Tout le monde sait que le LSD est la transformation de l'acide lysergique contenu dans l'ergot de seigle en diethylamide d'acide lysergique (LSD); il s'agit donc d'une drogue transformée chimiquement et pourtant: Une overdose mortelle de LSD n'a jamais été documentée, tout comme une éventuelle action neuro-toxique! Si quelqu'un peut effectivement "se foutre par la fenêtre" durant un mauvais trip, la substance en elle-même n'a pas la moindre action toxique sur le cerveau ou le système nerveux (contrairement à l'alcool ou au MDMA par exemple).

L'atropine quant à elle est une hallucinogène de type délirogène (on a pas conscience d'être en train d'halluciner) mortel en cas de surdosage qui se trouve dans n'importe quelle fleure/tige/feuille/graine de datura/belladone/jusquiame que l'on trouve partout dans les jardins et les ronds-points de nos régions.
Non seulement cette substance naturelle est accessible et dangereuse, mais il est impossible de la doser, car la répartition en alcaloïdes à l'intérieur de la plante est complètement aléatoire... Un tout petit bout peut être suffisamment concentré pour tuer plusieurs personnes alors que la feuille d'à côté ne provoquera aucun effet.

Puisque tu sembles t'intéresser à l'univers passionnant du psychédélisme je ne peux que t'inviter, si tu lis l'anglais, à acquérir Pihkal et Tihkal, deux excellent ouvrages de feu Alexander Shulgin qui parlent d'un nombre incroyable de phénéthylamines et tryptamines plus ou moins psychédélique de la synthèse jusqu'au descriptif des effets!

Écrit par : Nom/Prénom | 03/03/2016

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