03/01/2016

La sensibilité libertarienne en un poème

 

Ce poème est un extrait de la deuxième partie du livre du philosophe et économiste David Friedman, Vers une société sans Etat, que je vous recommande chaudement. 

 

 

Paranoia

 

« This man I never saw before

At 3 a.m. breaks down the door

To tell me my aspirin is LSD.

"It says right there on the bottle,

Acetylsalicylic Acid."

I tell you doctor, honestly,

It seems like someone's after me.

 

I don't think fighting is what I'm made for

But this lottery ticket I never paid for

Sold by a pusher known as Sam

Has won me a ticket to Vietnam,

A twelve months, expenses paid, tropical vacation

With a funeral, free, from a grateful nation.

But the doctor says I need therapy

For thinking someone is after me.

 

And then there are things I just can't ignore

Like the little man in our bedroom door

Says we'll be in jail by the end of the night

Unless we turn over and do it right.

 

Doctor, Doctor, come and see

There's really someone after me.

 

Then he asks, as he rips off the sheet,

For our marriage license and tax receipt ;

Says "you need a license to shoot at a duck

How come you think that it's free to ... "

Who so blind as will not see ;

The state, the state, is after me1. »

 

David Friedman, 1973

 


 

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1 « Cet homme que je n’ai jamais vu avant

A démoli ma porte à 3 heures du matin

Pour me dire que mon aspirine, c’est du LSD.

« C’est marqué là, sur la bouteille,

Acide acétylsalicylique. »

Vous savez, docteur, franchement,

J’ai l’impression qu’il y a quelqu’un après moi.

 

Je ne pense pas être fait pour le combat,

Mais ce billet de loterie que je n’ai jamais payé,

Refilé par un revendeur du nom de Sam,

Ça m’a valu un billet pour le Vietnam,

Un an de vacances sous les tropiques, tous frais payés,

Avec enterrement gratuit, offert par une patrie reconnaissante.

Mais le docteur dit que j’ai besoin de me faire soigner

Parce que je pense qu’il y a quelqu’un après moi.

 

Et puis, il y a des choses que j’peux tout simplement pas ignorer d’avoir,

Comme ce petit homme à la porte de la chambrée.

Il dit qu’on s’ra en tôle d’ici la fin de la nuit,

A moi de changer de côté et de faire les choses comme il faut.

 

Docteur, docteur, v’nez voir,

Il y a vraiment quelqu’un après moi.

 

Alors il a demandé, en déchirant la feuille,

Notre dispense de bans pour le mariage et notre quittance d’impôts ;

Il dit : « Vous avez besoin d’un permis pour aller tirer le canard

Comment pouvez-vous penser que ça ne coûte rien de… »

Qui est assez aveugle pour ne pas le voir ;

C’est l’Etat, oui, l’Etat, qui est après moi. »

 

 

 

 

15:52 Publié dans Libertarianisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

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