24/11/2015

L'esprit de révolte

 


Le libertarianisme s'est diffusé massivement aux États-Unis grâce aux romans de Ayn Rand. Ce constat est important car il nous indique à quoi sont sensibles les individus et ce dont le mouvement libertarien européen a besoin. Les individus ne sont en effet généralement que fort peu sensibles aux démonstrations de philosophie analytique ou aux études de science économique, mais ils le sont bien davantage aux romans randiens qui mettent en scène des exemples romantiques et héroïques d'individus en lutte pour affirmer leur personnalité et défendre leur liberté envers et contre tout. La sensibilité des gens les poussent à rechercher des modèles à incarner, à suivre, dans leur vie quotidienne. Ce qui les intéresse n'est pas la philosophie politique, mais qu'on leur offre sur un beau plateau (par exemple à travers des médiums artistiques comme le roman ou le cinéma) une éthique, un ensemble de modes d'être, à vivre dès demain.

L'époque n'est plus à la révolution socialiste, la gauche n'est plus qu'un ramassis d'ingénieurs sociaux carriéristes, et il n'y a plus rien de subversif chez elle tant elle s'est greffée à l’État et au pouvoir. Ce qui signifie qu'il y a un rôle à jouer, une place à prendre, en tant que force contestatrice du pouvoir. En proposant une éthique individualiste, de l'individu créateur, indépendant, passionné, défendant ses idéaux, à rebours des conformismes ambiants, amoureux de la liberté, nous pouvons jeter les bases d'une communauté mondiale d'esprits libres, aptes à porter un projet de transformation sociale. Contre le gouvernement et ses amis, contre la bureaucratie, contre le pouvoir, nous devons insuffler au monde ce dont il a besoin : un esprit de révolte.

 

 

 

15:09 Publié dans éthique individualiste | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Je suis d'accord Adrien!

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/11/2015

Oui, le romantisme randien fait rêver.
Mais il s'agit de se remettre dans le contexte des trente glorieuses et la culmination de l'ère industrielle avec le développement spectaculaire des chemins de fer et de l'architecture.
C'était l'époque bénie de l'économie réelle où le capital permettait les réalisations.
Aujourd'hui le capitalisme financier à complètement perverti le système économique en favorisant les rentes de situation et la rémunération de l'argent.
Du coup l'Etat reprend du sens. Ou du moins le ferait s'il en avait les moyens. Seulement voilà, le régulateur régalien s'est laissé phagocyter par les puissants. Les lobbys font dorénavant les lois.
Si nous voulons rendre le pouvoir au souverain, il faut le libérer de son besoin de travailler. Le revenu de base inconditionnel (RBI) sur lequel les Suisses auront le privilège de voter prochainement est une piste sérieuse.
Sauf que... les Suisses ne sont pas connus pour leur audace.

Écrit par : PIerre Jenni | 25/11/2015

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