12/08/2015

Analyse libertarienne de la Critical Mass

 


S'il y a bien une chose que la plupart des gens de droite n'apprécient généralement pas c'est bien la Critical Mass, ce rassemblement en musique de cyclistes, skaters, rollers, longboarders, trottinetters, qui a lieu tous les derniers vendredis du mois dans de nombreuses cités du globe, dont Genève, pour promouvoir la mobilité douce. La balade de la Critical Mass a en effet pour conséquence de bloquer quelque peu le trafic motorisé en faisant des pauses régulières à divers carrefours. Les gens de droite ont-ils raison ? Quel regard libertarien pouvons-nous porter sur ce phénomène ?

 

1. Dans le cadre d'une société sans État, le modèle idéal pour un anarchiste libertarien, des cités privés ou des communautés peuvent décider de bannir la voiture et/ou le trafic motorisé dans son ensemble de leur territoire et y fixer les règles de circulation qu'ils désirent. Dans de tels cadres, la Critical Mass devient simplement, en quelque sorte, la norme. Bien entendu, des cités privés ou des communautés peuvent aussi fort bien décider de faire l'inverse ou d'adopter (plus probable) des modèles mixtes où trafic motorisé et mobilité douce co-existent. Dans ces contextes-ci, la Critical Mass est une violation des droits des habitants de ces cités ou de ces communautés. Toutefois, il paraît absurde qu'un phénomène comme la Critical Mass subsiste dans une société sans État. En effet, les amoureux de la mobilité douce iraient simplement vivre dans des communautés ou des cités bannissant le trafic motorisé.

 

2. Dans le contexte de la société contemporaine, la Critical Mass est un phénomène contestataire nourri par l'exaspération des adeptes de la mobilité douce qui n'ont pas d'alternative aux cités motorisés et par leur désir de se mouvoir entre eux dans des conditions optimales de conduite (c'est à dire sans tous les risques et les désagréments provoqués par le trafic motorisé). Le monopole de l’État sur les routes a en effet comme conséquence de ne pas répondre efficacement aux demandes des consommateurs en mobilité douce et de les priver d'une offre qui pourrait exister sur un marché libre des routes.

 

Ainsi, du point de vue libertarien, la Critical Mass est l'expression justifiée du mécontentement d'une partie de la population à l'encontre d'un monopole illégitime de l’État qui provoque des pénuries et ne répond pas aux attentes des consommateurs.

 

 

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17:18 Publié dans Critical Mass | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Vous écrivez:
"La balade de la Critical Mass a en effet pour conséquence de bloquer quelque peu le trafic motorisé".

Les malades des boyaux de la tête qui participent à ce défilé d'anarchistes autistes bloquent surtout des centaines de clients des TPG.

Et que dire de certains automobilistes énervés (à juste titre) qui osent se plaindre du blocage de la circulation, ils se font immédiatement entourer, provoquer et insulter par une dizaine de ces malades mentaux.

Écrit par : JMC | 13/08/2015

JMC, ayant observé la Critical Mass, j'ai pu constater que dans la mesure du possible les participants s'efforcent de laisser passer les véhicules des TPG sans les bloquer. Je ne me rappelle pas non plus avoir observé des comportements injurieux envers les automobilistes.

Écrit par : Adrien Faure | 13/08/2015

Merci d'avoir publié mon com.

Etant un usager TPG journalier, je sais de quoi je parle quand j'écris que les bus empruntant la rue et le pont du Mont Blanc sont régulièrement bloqués lors des ces défilés.
Quant aux comportement injurieux et provocateurs de certains (une minorité) de ces énergumènes, j'ai d'autres sources que vous. Sources très fiables bien entendu.

Écrit par : JMC | 13/08/2015

réflexion intéressante à poursuivre par ex sous l'angle des mouvements type slow-education, "ralentir le temps"

Écrit par : suisse & genevois déshérité | 13/08/2015

Bon ben c'est là qu'on diverge grave. Un libertarien a pour règle principale de ne pas empiéter sur la liberté d'autrui. Or dans une collectivité, ce n'est pas l'Etat qui impose arbitrairement des règles, mais la majorité des citoyens qui élisent leurs représentants pour prendre des décisions et valider les lois. Pour le moment, les allumés égoïstes qui bloquent la circulation sont largement minoritaires, voire totalement marginaux et imposent leur vision à l'immense majorité silencieuse en violation des lois en vigueur et sans risque d'être sanctionnés par des autorités municipales complaisantes. Dommage, votre combat perd sérieusement de sa légitimité et fera fuir les quelques personnes qui croient en un système où l'Etat se cantonnerait dans ses fonctions régaliennes.
Dans un système d'une société sans Etat, une critical mass est une déclaration de guerre.

Écrit par : Pierre Jenni | 17/08/2015

Pierre Jenni, en quoi les règles décidées par une majorité devrait s'imposer à une minorité aussi minoritaire soit elle selon vous ? :-)
Les anarchistes libertariens ne reconnaissent pas de légitimité à la règle majoritaire.

Écrit par : Adrien Faure | 17/08/2015

Pour des évidentes raisons de bon sens. Lorsqu'on a fait le choix de vivre dans une communauté, certaines règles s'imposent. Dans un milieu urbain les questions de mobilité sont essentielles. La dictature d'un groupuscule mécontent qui peut se payer le luxe de bloquer les flux de ceux qui travaillent, notamment pour permettre à ces glandeurs de toucher les aides sociales, doivent être sanctionnés. Il gardent la possibilité de vivre en harmonie avec leurs convictions en formant une communauté à part. Un peu comme les personnes sensibles aux ondes qui vivent dans des coins reculés.
Si les anarchistes libertariens ne reconnaissent pas de légitimité à la règle majoritaire alors qu'ils assument de vivre avec ceux qui leur ressemblent ou seuls. Sinon c'est la guerre.

Écrit par : Pierre Jenni | 18/08/2015

@Adrien Faure
"Les anarchistes libertariens ne reconnaissent pas de légitimité à la règle majoritaire."
Et en quoi les règles décidées par une minorité devraient s'imposer à la majorité?

Vous dites plus " Dans de tels cadres, la Critical Mass devient simplement, en quelque sorte, la norme."
Imaginons que cela devienne la norme, qui va sévir/punir ceux qui ne respecte pas cette norme? Cela ressemblera à un état de droit, aussi petit qu'il soit.
De plus vous vous contredirez à ce moment là: "Pierre Jenni, en quoi les règles décidées par une majorité devrait s'imposer à une minorité aussi minoritaire soit elle selon vous ? :-)"


Je vous avoue que je n'arrive jamais à lire vos articles en entier. Mais il faut tout de même se rendre compte que le nom de votre blog "utopies concrètes" est un peu exagéré. Utopies tout court va très bien.

Écrit par : OMAR | 19/08/2015

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