26/07/2015

Comment peut-on être planiste ?



Les lecteurs les plus anciens de ce blog se rappelleront probablement qu'à l'origine j'étais très favorable à une économie planifiée (c'est à dire à une économie où la production de biens et services est déterminée politiquement et non économiquement). Compte tenu de cette expérience passée, je pense qu'il n'est pas inintéressant d'essayer de mettre en évidence les idées ou les intuitions qui sous-tendent une telle position et quelques arguments qui permettent peut-être de les dissiper. 

L'idée clef qui sous-tend la position planiste (qualifiée de constructiviste par Hayek) est celle que les entrepreneurs ne servent à rien et que tout ce qu'ils font peut être réalisé par n'importe qui (par exemple par des fonctionnaires selon l'idée que cela présente une plus-value démocratique par rapport à un acteur privé). Cette idée provient probablement d'une vision du monde statique selon laquelle il existe un certain nombre de biens et services produits d'une certaine façon et qu'il suffit de les reproduire ad eternum identiquement pour parvenir à contenter la demande. Il s'agit d'une incompréhension des différents rôles majeurs que joue l'entrepreneur (et cette incompréhension m'a fait autrefois dire bien des bêtises lorsque j'étais socialiste).

Schumpeter a bien mis en évidence ces différents rôles (ou fonctions) : 1. innover au niveau de l'offre en introduisant de nouveaux biens ou services sur le marché (ce qui permet aux consommateurs d'accroître son choix), 2. innover au niveau des méthodes de production (ce qui induit une baisse des prix pour les consommateurs), 3. ouvrir de nouveaux marchés et trouver de nouveaux débouchés (c'est à dire chercher à offrir davantage de choix à davantage de consommateurs), 4. innover dans le choix des matières premières (ce qui rend l'économie plus flexible et réduit le temps 
d'adaptation nécessaire à des changements d’approvisionnement).


Personnellement, je préfère insister sur un rôle majeur, formulé de manière plus simple : celui de répondre à la demande de la manière la plus efficace possible et moins imparfaitement que ce que pourrait faire un État et son armée de fonctionnaires (autrement dit, le marché est imparfait, mais l’État est encore plus imparfait que le marché). Grâce au système de prix, les entrepreneurs sont amenés à répondre à la demande des consommateurs de manière bien plus efficace (en proposant des prix bien plus bas et une offre bien plus variée) que ce que pourrait faire une bureaucratie et des experts gouvernementaux.

Je pense enfin qu'une étude sérieuse des expériences passées d'économie planifiée devrait montrer à tout planiste que les conséquences d'une telle économie ne sont pas favorables, ni aux plus pauvres, ni aux salariés, ni à aucune catégorie de la population (même les hauts bureaucrates doivent se contenter d'une production de qualité inférieure et en quantité inférieure que s'ils travaillaient au sein d'une économie de marché). 
Le planiste devrait toujours se demander : comment des experts ou des fonctionnaires pourraient-ils savoir mieux que des millions d'entrepreneurs ce que les gens veulent ? L'entrepreneur prend des risques et s'enrichit, mais seulement tant qu'il parvient à répondre le mieux possible à la demande des gens. Lorsque l'enrichissement dépend de la capacité de chacun à proposer à autrui ce qu'il veut, n'est-ce pas un système vertueux ? 

 


 

 

 

15:21 Publié dans Socialisme & économie planifiée | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

25/07/2015

Le libertarianisme de gauche : une démarche

 


1. Rechercher, établir et mettre en évidence de manière systématique les avantages d'un marché plus libre (ou totalement libre) pour les plus pauvres et les salariés et les effets pervers des interventions de l’État pour ces-derniers.

- Dans cette optique, il s'agit de dénoncer et mettre en lumière les conséquences des régulations, réglementations, contrôles, monopoles, limitations à la concurrence, subventions, et autres interventions de l’État, favorables à certains acteurs (riches, patrons, politiciens, bureaucrates, etc.) au détriment, en premier lieu, des plus pauvres et des salariés.

 

2. Défendre et promouvoir des modèles d'organisation volontaires différents des modèles hiérarchiques et autoritaires contemporains, notamment le coopérativisme, le mutuellisme, l'agorisme, le socialisme ou le communisme utopistes, et l'autogestion.

- L'étude des utopies, des phalanstères, des expérimentations communautaires et hippies, des kibboutzs, et de toutes ces formes de vie alternatives permet d'illustrer et de montrer l'intérêt pour des modes de vie libérés de la hiérarchie et de l'autoritarisme.


3. Militer contre les discriminations agressives visant à nuire aux individus et pour un changement des mentalités dans le sens d'une plus grande tolérance et d'un plus grand respect envers les différences et l'Autre.

- Une société plus libre ne peut se passer d'une évolution des mentalités vers une plus grande ouverture envers des modèles culturels et des mœurs qui diffèrent des normes dominantes. 

 

 

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