25/07/2015

Le libertarianisme de gauche : une démarche

 


1. Rechercher, établir et mettre en évidence de manière systématique les avantages d'un marché plus libre (ou totalement libre) pour les plus pauvres et les salariés et les effets pervers des interventions de l’État pour ces-derniers.

- Dans cette optique, il s'agit de dénoncer et mettre en lumière les conséquences des régulations, réglementations, contrôles, monopoles, limitations à la concurrence, subventions, et autres interventions de l’État, favorables à certains acteurs (riches, patrons, politiciens, bureaucrates, etc.) au détriment, en premier lieu, des plus pauvres et des salariés.

 

2. Défendre et promouvoir des modèles d'organisation volontaires différents des modèles hiérarchiques et autoritaires contemporains, notamment le coopérativisme, le mutuellisme, l'agorisme, le socialisme ou le communisme utopistes, et l'autogestion.

- L'étude des utopies, des phalanstères, des expérimentations communautaires et hippies, des kibboutzs, et de toutes ces formes de vie alternatives permet d'illustrer et de montrer l'intérêt pour des modes de vie libérés de la hiérarchie et de l'autoritarisme.


3. Militer contre les discriminations agressives visant à nuire aux individus et pour un changement des mentalités dans le sens d'une plus grande tolérance et d'un plus grand respect envers les différences et l'Autre.

- Une société plus libre ne peut se passer d'une évolution des mentalités vers une plus grande ouverture envers des modèles culturels et des mœurs qui diffèrent des normes dominantes. 

 

 

14:06 Publié dans Libertarianismes de gauche | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Je souscris en partie à ces propos, mais je ne crois plus à l'autogestion, etc, tout en restant très méfiant à l'égard de la manière dont l'autorité a été pratiquée trop longtemps. Je préconise une nouvelle hiérarchie intelligente, éthique, sage, aux pouvoirs clairement délimités (ce qu'elle aurait dû toujours être), et l'ouverture vers plus de possibilités de créer sa propre entreprise.

Écrit par : hommelibre | 25/07/2015

"L'étude des utopies, (...) permet d'illustrer et de montrer l'intérêt pour des modes de vie libérés de la hiérarchie et de l'autoritarisme."
Contre-sens absolu. Dans toutes ces tentatives de supprimer la hiérarchie, celle-ci réapparaît de façon incontrôlée. Des leaders émergent et ce sont ceux-ci qui baisent toutes les femelles du troupeau. De plus, kibboutz = société sans hiérarchie ? Lisez ou relisez "la Tour d'Ezra" d'Arthur Koestler. cela se passe en 1936 et c'est très éclairant...

Écrit par : Géo | 25/07/2015

C'est marrant, vous faites le chemin du socialisme vers le libéralisme et j'engage l'inverse. Au final on dit vraisemblablement la même chose sans trouver les mots dans le lexique politique.
http://posttenebraslux.blog.tdg.ch/archive/2015/07/24/tisa-ttip-la-gauche-tient-son-os-268951.html

Écrit par : Pierre Jenni | 25/07/2015

Les libertariens ne sont-ils pas censé être ni de gauche ni de droite? C'est en tout me semble-il ce que l'on entend souvent de leur part sur les commentaires sur facebook.

D.J

Écrit par : D.J | 25/07/2015

1. ce point est un laisser-passer à stés de profits globalisés hors-sol type Uber, favorise 1 économie parallèle ou clandestine, sans obligation à impôt mais dont les travailleurs-outils en seraient les exclaves, sans stabilité d'emploi ni assurance ni retraite ni recours

2. ce point vient en soutien à 1.

3. ce point ne parle pas de mécanismes de contrôles anti-corruption / clientélisme y inclus dans l'obtention de diplômes, ni de sauvegardes environnementales, sanitaires, sociales etc

à stagnez à ce point dans l'ombre du marxisme du 19e siècle: hormis un tel mépris du lecteur, quelle fatigue neuronale !

Écrit par : genevois déshérité | 25/07/2015

Je suis assez d'accord avec vos idées.
Juste 2 remarques.
1) Dans toute organisation il faut un chef, celui qui a suffisamment de charisme pour savoir piloter le bateau. Tout le problème est donc celui de sa capacité à diriger et de son honnêteté vis à vis de ses collègues et de la société. Sa capacité à écouter et à reconnaître les autres. Et c'est ça qui manque le plus dans la plupart de nos entreprises et dans les organismes d'Etat.
2) J'ai vécu moi-même dans un kibboutz. Tout marchait comme sur des roulettes pour 2 taisons principales. La 1ère était que la plupart de ses habitants avaient vécu le drame de la Shoah et qu'ils avaient créé eux-mêmes ce kibboutz. La seconde est tout simplement le fait qu'un système communiste ne peut marcher que dans une petite communauté de gens qui se respectent et qui ont les mêmes aspirations. Vouloir généraliser un tel système à un pays devient donc une pure vue de l'esprit.

Écrit par : Lambert | 26/07/2015

Ah, vous ne publiez pas les commentaires critiques ?

Écrit par : Géo | 26/07/2015

@Géo, je publie les commentaires critiques oui :-)
Mais je ne suis pas toujours sur mon ordinateur pour modérer les commentaires, navré :p

Il y a des exemples contraires aux échecs que vous mentionnez. Des exemples où la hiérarchie n'est pas ré-apparue.

Écrit par : Adrien Faure | 26/07/2015

@Lambert, la nécessité (probable) d'un leadership ne se confond pas forcément avec la nécessité d'une hiérarchie. Je pense qu'il est possible de distinguer les deux.

Je suis favorable à une panarchie où une multitude de modèles de communautés de petite taille co-existeraient les unes à côté des autres et se feraient concurrence (éliminant ainsi les modèles les moins attractifs au profit des plus attirants). Donc loin de moi l'idée d'imposer un quelconque modèle à qui que ce soit :-)
Vivre et laissez vivre ;-)

Écrit par : Adrien Faure | 26/07/2015

@D.J

Vous avez bien entendu raison.
Mais au sein du libertarianisme il existe une tendance de gauche et une tendance de droite. Ce sont des délimitations au sein du libertarianisme je le répète. Un libertarien de droite ou de gauche milite au sein du mouvement libertarien, mais il a une sensibilité différente (la sensibilité de gauche est celle que j'exprime plus haut).

Écrit par : Adrien Faure | 26/07/2015

Pierre Jenni, socialisme volontaire et libertarianisme ne sont pas incompatibles justement :-)
Pourquoi ne pas vous joindre au mouvement libertarien et au parti libertarien que nous avons fondé à Genève ?

Écrit par : Adrien Faure | 26/07/2015

@ Adrien Favre
"la nécessité (probable) d'un leadership ne se confond pas forcément avec la nécessité d'une hiérarchie. Je pense qu'il est possible de distinguer les deux."
Ah ? Je serais heureux de savoir comment distinguer les deux.

Leadership implique l'existence d'un meneur donc d'un chef et donc automatiquement d'une hiérarchie. Tout le problème est de savoir si ce chef est à l'écoute (de ses proches ET de sa base) ou s'il dirige de manière autoritaire. De plus, un chef n'est pas forcément un meneur. Il est là pour ses compétences et le meneur (s'il y en a un) peut être l'un de ses proches ou un simple employé qui a la confiance de la base.
En résumé, dans tout groupe (humain ou animal) il y a un chef qui peut être à la foi meneur et compétent ou simplement compétent ou simplement meneur. Mais dans ces deux cas, ce chef devra s'entourer des compétences qu'il n'a pas.

Écrit par : Lambert | 26/07/2015

@Lambert

Et bien la différence entre un leader et un chef réside dans le fait que le leader ne donne pas d'ordre mais des conseils (qui sont généralement suivis) tandis que le chef donne des ordres (qui ne sont pas forcément suivis) et non des conseils.

Écrit par : Adrien Faure | 26/07/2015

Que la tactique du saucissonage continue ...

"@D.J
Vous avez bien entendu raison.
Mais au sein du libertarianisme il existe une tendance de gauche et une tendance de droite. Ce sont des délimitations au sein du libertarianisme je le répète. Un libertarien de droite ou de gauche milite au sein du mouvement libertarien, mais il a une sensibilité différente (la sensibilité de gauche est celle que j'exprime plus haut).
Écrit par : Adrien Faure | 26/07/2015"

Vous en voulez combien de tranches ... ?

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 26/07/2015

Bonjour Victor, ce "saucissonnage" a deux fonctions.
1. Une fonction philosophique (heuristique) : afin d'enrichir la philosophie libertarienne et en même temps de la rendre plus claire (la taxinomie devrait idéalement servir un tel objectif de clarté).
2. Une fonction stratégique (politique) : afin de favoriser le recrutement de militants de droite et de gauche nous nous divisons le travail spontanément entre libertariens de sensibilité de droite ou de gauche.

Écrit par : Adrien Faure | 26/07/2015

Merci Adrien de bien vouloir reconnaitre ce saucissonage.

"Bonjour Victor, ce "saucissonnage" a deux fonctions.
Écrit par : Adrien Faure | 26/07/2015"

Inutile de continuer un quelconque débat stérile, à partir de ce moment.
La liberté existe ou pas, point.
Indivisible.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 27/07/2015

Comme Lambert je pense que la non-hiérarchie peut fonctionner dans des petits groupes, qui se connaissent, mais pas dans un grand groupe.

Je ne vous conterai pas mes contestations des hiérarchies, mais après ces mises en questions je vois autrement. Par exemple je ne peux partager ce point de vue:

"la différence entre un leader et un chef réside dans le fait que le leader ne donne pas d'ordre mais des conseils (qui sont généralement suivis) tandis que le chef donne des ordres (qui ne sont pas forcément suivis) et non des conseils."

Il révèle une crainte probable – que j'ai connue – des autorités abusives, mais aussi le besoin d'essayer par moi-même et de me faire confiance. Cela a été possible en tant qu'indépendant. Mais dans une entreprise un "conseil" est forcément une injonction, un ordre. Le problème éventuel est le suivant:

Un décideur décide parce qu'il a, en principe, la vision assez complète des choses pour décider à bon escient. L'employé qui applique la décision, par exemple un électricien qui doit passer un fil dans un mur, ne décide pas de l'ensemble de la planification. Il applique parce qu'il en reçoit la consigne (ou la feuille de route, ou l'ordre). Après, tout dépend de comment une hiérarchie fonctionne, la culture de l'entreprise, le caractère du décideur. En principe une hiérarchie est une fonction, pas une glorification, même si quand on félicite un chef d'entreprise on félicite aussi tous les employés, forcément.


Quelques idées:

1. l'employé qui passe le fil électrique dans le mur est aussi important que le décideur; sans lui le travail sur le terrain ne se ferait pas;

2. on ne devrait pas sous-stimer ni réduire la valeur humaine et professionnelle de l'employé sur le terrain; il a droit à la considération normale que tout humain peut attendre quand il fait de bonnes choses; la représentation sociale et médiatique des hiérarchies survalorise le décideur au détriment de la personne sur le terrain, je le regrette; mais tout le système est ainsi: pour une Beyoncé connue, combien de petite mains qui oeuvrent dans l'ombre et qu'on ne connaît jamais? Et combien de fans qui paient et la paient en allant l'écouter, fans qui sont la vie du show mais dont on ne parle jamais et qui eux-mêmes se voient comme des vermisseaux devant leur étoile? C'est la représentation psychologique et sociale qui est en cause;

3. l'employé sur le terrain voit de près les difficultés et améliorations que l'on pourrait apporter au travail: il doit être entendu et écouté;

4. la séparation trop tranchée entre décideur et employé fait que ce dernier n'a pas de vision globale du travail; il ne voit pas sa place et sa valeur; je suis pour que les entreprises rappellent aux employés la finalité de leur travail et leur importance dans l'entreprise.


J'appelle plus à une évolution psychologique qu'à l'abolition des hiérarchies (pour autant qu'elles soient "sages" comme je l'écris plus haut).

A part cela, oui on peut laisser se côtoyer plusieurs systèmes et modèles, et voir à la longue ce qui est performant et comment cela s'articule ensemble.

Écrit par : hommelibre | 27/07/2015

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