25/05/2015

Entretien avec des libertariens – Jean Level



Jean Level, 24 ans, est lillois depuis toujours, élevé au Welsh et perfectionné à la bière. Il est coordinateur local d'European Students For Liberty pour le Nord de la France et poursuit des études de médecine. Sa couleur préférée est le noir et il est un danseur de rock amateur mais passionné.

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AF. Comment définirais-tu le libertarianisme ?

 

C'est très compliqué de trouver une et une seule définition, mais actuellement j'ai un faible pour « laisser chacun faire ce qu'il veut avec ce qu'il a ». Ce qui rend nécessaire de définir « ce qu'il a ». Pour moi ça serait : « son corps ainsi que ce qu'il a obtenu par son travail ou via un échange volontaire ».


AF. De quel courant du libertarianisme te sens-tu le plus proche
et pourquoi ?

 

Sans que ça soit réellement un courant en tant que tel, je suis clairement anarchiste. En fait, je suis intimement persuadé que tout monopole sera avant tout influencé par ceux qui en ont les moyens afin d'en tirer avantage, qu'il ne peut pas être au service des faibles. Cela dit, si demain on me proposerait de connaître, de mon vivant, un pays réellement minarchiste, je signerais tout de suite.


AF. Selon toi, le libertarianisme est-il un projet politique ou une éthique de vie ? Ou les deux ?

 

Le respect de la personne et de la propriété d'autrui est une éthique de vie. Cette éthique, si elle partagé par suffisamment de gens, deviendra quelque chose de rentable électoralement parlant. C'est ce jour là qu'elle deviendra un vrai projet politique.


AF. Comment es-tu devenu libertarien ? As-tu toujours été libertarien ? Si non, quelles étaient tes positions politiques antérieures ?

 

J'ai toujours eu une conscience politique, centrée sur la question : « Que faire pour les plus fragiles, les plus pauvres ? ». Je suis passé par de nombreuses versions de l'étatisme, y compris le communisme, mais mes premières opinions sérieuses et argumentées étaient sarkozistes, pendant son mandat. Avec le même problème à chaque fois : toute réglementation semblait avoir des conséquences néfastes, et légiférer pour y remédier créait de nouveaux ennuis. J'ai trouvé que Sarko partait sérieusement en cacahuète en fin de mandat, particulièrement pendant sa deuxième campagne. J'ai alors pris ma carte à l'Union des Démocrates et des Indépendants (UDI), sans grand enthousiasme, presque par dépit, sans trouver la solution, les lois miracles, qui permettraient de sortir du cercle vicieux.

Et puis est arrivé le mouvement des « Médecins Pigeons », dans lequel je me suis engagé corps et âme, avant que mon enthousiasme ne retombe progressivement quand j'ai compris que contrairement à ce que je pensais, nos revendications corporatistes étaient nuisibles aux patients, en particuliers les plus pauvres. C'est à ce moment-la que sur le mur Facebook de ce mouvement je suis tombé sur un article de Contrepoints, site que j'ai ensuite dévoré pendant des journées et des nuits complètes. C'était une révélation : si de nouvelles lois sont toujours sources de problèmes, alors en supprimer des anciennes devrait permettre d'en résoudre un paquet. Depuis c'est un leitmotiv.


AF. Quels individus, vivants ou morts, inspirent ton engagement ?

 

Je suis un grand admirateur de Martin Luther King, tant pour ses convictions que pour sa manière brillante de les défendre. En parallèle, je regarde tous les entrepreneurs comme autant de leçons de vie et de courage, des porteurs d'un projet pacifique basé sur les intérêts convergents ; s'ils ne vont pas à la course aux subventions évidemment.

Globalement, je considère aussi comme une source d'inspiration toute personne qui arrive à vivre de sa passion, tant que ces moyens de subsistance ne sont pas issus de la coercition.

AF. Quelles sont les 3 valeurs les plus importantes à tes yeux ?

 

La Liberté, bien sûr. La tolérance aussi : savoir ne pas aimer certaines opinions, savoir le dire, savoir militer contre elles, mais sans jamais chercher à les faire interdire. Et puis enfin, l'intégrité, la reconnaissance que la fin ne justifie pas les moyens, mais qu'au contraire les moyens influencent, voire peuvent pervertir la fin.


AF. Ton livre libertarien préféré ?


''Le libéralisme raconté pour que nos enfants vivent libres'', de Jean-Marc Paturle, préfacé par Pascal Salin. Sa puissance naît de sa simplicité, de sa légèreté. Un livre à mettre en toutes les mains, tant qu'elles sont commandées par un esprit ouvert.


AF. Ta citation libertarienne préférée ?


« Quand l’achat et la vente sont contrôlés par la législation, les premières choses qui s’achètent et se vendent sont les législateurs. »

PJ O'Rourke

Elle parle d'elle-même.


AF. En tant que libertarien, quelle est ton analyse sur la situation socio-économique et politique en France et en Europe ?

La France va dans le mur, et elle y va joyeusement. Plus elle s'en approche, plus elle accélère, car pour les Français tout problème doit être résolu par plus d’État. Je suis assez optimiste quant à la capacités des libertariens à convaincre de plus en plus de monde, mais beaucoup plus mesuré quant à notre capacité à le faire assez vite pour inverser le mouvement.

L'Europe, prise en tant que supra-Etat, cherche à devenir une super-France, un monstre bureaucratique qui sera d'autant plus nuisible qu'il sera éloigné des populations. Les raisons d'espérer résident dans des pays comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne, dont j'espère qu'ils sauront la faire exploser à temps, sans pour autant entraver d'avantage la libre-circulation.

J'espère également de tout cœur que les Suisses sauront résister aux volontés politiques d'accroître le pouvoir de l’État chez eux.


AF. Le mouvement libertarien est-il bien implanté en France ?


Le mouvement libertarien fait ce qu'il peut en France. Il grandit, et vite, mais il part de peu de choses, malgré le travail formidable de ceux qui ont réussi à le faire survivre à une époque où c'était encore plus difficile qu'aujourd'hui. J'ai l'impression que ma génération a une vraie carte à jouer, mais je suis loin d'être objectif !


AF. Envie d’ajouter quelque chose ?

 

Oui, une annonce :

Tu es étudiant (ou tu le seras l'an prochain), passionné de Liberté, et tu veux te battre pour elle tout en rencontrant des gens fabuleux et en développant des compétences qui te seront toujours utiles ? Rejoins la grande tente European Students For Liberty, rejoins des jeunes de toute l'Europe, brillants et animés par la même flamme que toi !
Pour tout renseignement n'hésite pas à demander mes coordonnées à l'auteur du blog ! 

 

 

15:28 Publié dans Entretien avec des libertariens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

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