13/05/2015

Comment le libre marché sanctionne les licenciements abusifs des entreprises qui font des bénéfices


Les gens de gauche (comme de droite) ont pour habitude de sauter en l'air dès qu'ils voient une entreprise bénéficiaire licencier des salariés et pousser quantités de hauts cris tout en pestant contre les vils actionnaires parasites qui s'engraissent encore une fois sur le dos des travailleurs. Leurs piaffements d'indignation sont-ils justifiés ?

A vrai dire, il s'agit de différencier deux types de licenciement qui peuvent être effectués par une entreprise bénéficiaire.


Premièrement, on trouve le licenciement nécessaire au bon fonctionnement de l'entreprise. En effet, une entreprise doit être rentable et faire des bénéfices, sinon elle fait faillite et tous ses salariés perdent leur emploi. Il peut donc arriver que pour maintenir ses capacités de production en phase avec la demande anticipée (à la baisse) elle doive licencier des salariés. Cela n'a rien de choquant, c'est le simple résultat d'une adaptation de l'offre à la demande et rien ne sert de s'indigner devant cela car les entrepreneurs sont davantage aptes qu'un tiers (journaliste, militant, politicien, économiste, etc.) quel qu'il soit pour anticiper l'évolution de la demande dans son secteur de production.


Deuxièmement, on trouve le licenciement non nécessaire au bon fonctionnement de l'entreprise. Que se passe-t-il quand une entreprise se livre à de tels licenciements ? 
Et bien le licenciement de ses salariés implique une baisse de ses capacités de production, et cette baisse entraîne une baisse de la production. Or, sur un marché libre, si la demande est stable ou en hausse (ce qui serait le cas si le licenciement était non nécessaire), alors une réduction de la production (de l'offre) implique une augmentation des prix du marché. Cette augmentation des prix indique aux concurrents de l'entreprise licenciant qu'il est intéressant d'augmenter leur production et c'est ce qu'ils feront probablement. Résultat, l'entreprise licenciant perd des parts de marché et ses concurrents en gagnent. En outre, pour pouvoir augmenter leur production, les entreprises concurrentes doivent engager de nouveaux salariés qui seront probablement ceux qui ont été licenciés.


Ainsi, un libre marché sanctionne spontanément les entreprises qui licencient, alors qu'elles pourraient continuer à faire des bénéfices ou les augmenter, en leur retirant des parts de marché et en réduisant leurs bénéfices. La seule façon pour une entreprise réduisant ses capacités de production en licenciant ses salariés d'accroître ses bénéfices sur un marché dont la demande est en hausse consiste en effet à ... obtenir un privilège politique quelconque (subvention, limitation à la concurrence, etc.). La meilleure solution pour limiter au maximum les licenciements abusifs est donc de laisser fonctionner le marché le plus librement possible. Ce dernier sanctionnera les entreprises licenciant à tort et à travers tandis que le pouvoir politique ne pourra que faciliter ce type de licenciements.



16:06 Publié dans Licenciements | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Si c'était si simple...
Comme le relevait déjà Jeremy Rifkin il y a quinze ans avec son ouvrage sur la fin du travail, une des raisons principales qui occasionne les licenciements est bien la robotisation des tâches.
Accompagnée par le décuplement de la population en à peine 300 ans, on observe qu'une moitié travaille pour entretenir l'autre.
C'est aussi passer un peu vite sur le basculement de l'économie dite réelle vers le capitalisme financier qui permet, par exemple, aux directeurs des 25 fonds spéculatifs américains les plus généreux de gagner 25000 fois plus que le salaire moyen, soit plus d'un milliard par cadre.
Comme le relève le décodage de la Tdg de ce jour, la dernière crise n'aura servi à peu près à rien et nous continuons à faire comme si de rien n'était.

Écrit par : Pierre Jenni | 14/05/2015

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