27/08/2014

Départ de la Jeunesse Socialiste Genevoise


Compte tenu de mon évolution politique, je me retire de la Jeunesse Socialiste Genevoise (et du Parti Socialiste Genevois).

Ce furent 5 années riches en expériences et en émotions, et je souhaite bonne chance aux membres de la JSG pour ces prochaines années. J'ai confiance en leur capacité à réaliser leurs objectifs et en leurs convictions à toute épreuve dans leurs idéaux.

Je compte à présent participer à la création d'un parti libertarien en Suisse romande.

 

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25/08/2014

Pour un art indépendant


Pourquoi quelques dizaines de politiciens élus devraient-ils décider où votre argent doit-il être dépensé ? Ont-ils l'oreille des dieux pour prétendre à une telle omniscience ? Sont-ils des génies touchés par la grâce ?


La vérité c'est que les Hommes de l’État (des hommes et des femmes qui disent représenter le bien commun) se saisissent de votre argent par diverses taxes et impôts (c'est à dire par la force) et prétendent ensuite le dépenser pour votre bien.
Dans le domaine artistique, ils prétendent savoir mieux que vous ce que vous avez envie de voir, quels spectacles, quels concerts, quels festivals, doivent voir le jour, et lesquels ne doivent pas voir le jour. Fort de leur magot qu'ils vous ont dérobé, ils ne leur restent plus qu'à attendre que les artistes viennent ramper à leurs pieds pour avoir leur part du butin.

Et pourtant, pourquoi ne seriez-vous pas apte à choisir ce que vous avez envie de voir ? Pourquoi ne pourriez-vous pas décider de manière autonome quelle production artistique vous avez envie de soutenir ?
Quant aux artistes, pourquoi devraient-ils se contraindre à plaire aux politiciens au lieu de proposer directement leurs créations aux individus demandeurs ?

Tant que le magot de la taxation existera pour financer des subventions aux artistes, ces derniers dépendront (à des degrés divers) des politiciens, biaisant leur production.
Il convient donc de supprimer les subventions artistiques des Hommes de l’État et de restituer cet argent à leur propriétaire (la population taxée). Les individus décideront ensuite ce qu'ils désirent faire de cet argent (et s'ils souhaitent le dépenser en art ou pas).

De mon point de vue, en supprimant les liens de vassalité entre artistes et politiciens, on libérera l'art d'une influence néfaste et on permettra à leur production à se tourner davantage vers les goûts de la population. Avec un effort de communication appropriée, j'ai bon espoir que même des domaines artistiques complexes devraient trouver publics, sponsors, soutiens, et financements. Il est aussi possible pour les artistes de varier leurs productions entre production plus personnelle et expérimentale et production alimentaire en phase avec les goûts du grand public. Toutefois, l'offre crée la demande et il est toujours possible d'attirer le chaland, quelle que soit la production. 

Pour un art indépendant : suppression de toutes les subventions aux monde de l'art.

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24/08/2014

Le socialisme n'existe pas


Le socialisme est un spectre. Créature désincarnée, il flotte dans les méandres de l'inconscient collectif à la recherche d'une proie, d'un crâne où s'y loger pour imprimer sa marque. Mais le socialisme n'est qu'un nom qui ne désigne rien et tout en même temps. Est-il un ensemble de valeurs sympathiques ? Mais lesquelles, et pourquoi celles-ci et pas d'autres ? Comment bâtit-on autant de systèmes différents se réclamant du socialisme à partir des mêmes valeurs ?


Pendant trois ans j'ai couru après ce fantôme. J'ai poursuivi sa trace à travers des piles d'ouvrages différents dont chaque auteur murmurait son ombre. Litanie, simple dénomination, le socialisme n'a pas de squelette cohérent. Il est un nom propre que l'on accole à certains systèmes pour leur plaisance ou leur joliesse partageuse.

Il se fait tour à tour communauté utopique, marxisme, trotskisme, planisme, stalinisme, interventionnisme, étatisme, communisme, démocratie plus ou moins radicale, conseillisme. Il se présente comme enfant de l'égalité, de l'équité, de la liberté, du partage, de l'organisation, de la justice.

Le socialisme n'est pas une valeur en particulier, il n'est pas plusieurs valeurs différentes ou contradictoires. Il est ce nom que l'on appose sur un système ou un autre. Ces systèmes, eux, existent. Il y a un système trotskiste, un système planiste, un système interventionniste, etc. Mais de système socialiste, point.

Par générosité, je pourrais dire que le socialisme est la classe de tous ces systèmes, la dénomination générale à leur apposer pour les définir collectivement. Mais ce serait m'avancer par trop puisque ces systèmes n'ont pas assez en commun pour cela.

La vérité, c'est que le socialisme n'existe pas.

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23/08/2014

L'abolition de l’État, le libre-marché, c'est la liberté positive et l'autonomie


Certains semblent penser qu'en abolissant l’État les individus seront libres, mais uniquement libres de crever de faim. Cette vision pessimiste de la nature humaine est fausse, car elle ne tient pas compte de la nature de l’État et de ce que son abolition implique. En réalité, l'abolition de l’État réalisera (maximisera) la liberté positive des individus (leur capacité à faire des choses, comme se nourrir) et pas uniquement leur liberté négative (leur possibilité de faire des choses sans en être empêché par autrui).

Premièrement, toute entreprise d’État n'étant pas soumise à la concurrence (soit qu'elle jouit d'un monopole, soit qu'elle jouit de transferts imposés de ressources de la poche des individus à la sienne), elle ne cherche pas à être la plus rentable et se montre donc moins productive et moins compétente qu'une entreprise privée. L'abolition des entreprises d’État devrait rendre tout un pan de la production plus efficace, provoquant une baisse des prix pour les consommateurs (donc pour tout le monde), une amélioration de la qualité des biens et services vendus, et un accroissement de la production. Cet accroissement de prospérité correspond à une hausse de la liberté positive des individus qui auront davantage de capacité à réaliser ce qu'ils souhaitent faire.

Deuxièmement, l'abolition de l’État implique la fin de tous les monopoles artificiels créés par la force par l’État. En effet, sans l’État pour préserver un monopole (par des régulations, des interdictions, ou des transferts à l'entreprise) tous les monopoles disparaîtront, à l'exception des monopoles naturels (c'est à dire des monopoles qui représentent des situations d'efficacité de production où les prix proposés sont les plus bas que les consommateurs peuvent espérer obtenir). Aucun monopole privé non préservé par l’État et non naturel ne peut survivre, car une nouvelle entreprise tentera toujours de s'emparer du marché en proposant des prix plus bas que le monopole, contraignant le monopole à la concurrence (et donc à l'efficacité). Les monopoles s'appuyant sur des avantages d'économie d'échelle peuvent être brisés par des entreprises débauchant les clients du monopole en leur proposant un contrat impliquant des prix équivalents au monopole pour les premiers temps (permettant à l'entreprise offensive de réaliser les économies d'échelles nécessaires pour se mettre au même niveau que le monopole) et ensuite une baisse des prix (au niveau de la rentabilité, mais en dessous des prix artificiellement hauts du monopole). Quant aux cartels, ils ne tiennent pas pour les mêmes raisons, ainsi que parce que leurs membres finissent toujours par baisser leurs prix pour débaucher certains clients de ses partenaires (ce qui, lorsque les autres membres le découvrent, met fin au cartel).
La fin des monopoles artificiels provoquera une baisse des prix pour les consommateurs, une amélioration de la qualité des biens et services vendus, et un accroissement de la production. Ici aussi donc, accroissement de la liberté positive.

Troisièmement, l'abolition de l’État permettra la suppression des frais de fonctionnement inhérents à la démocratie, et des rentes versés aux politiciens et aux hauts bureaucrates. En outre, les Hommes de l’État (politiciens et bureaucrates) pourront trouver un emploi en fonction de leurs compétences réelles (et non supposés par le vote, ou biaisées par la corruption et le copinage) et ainsi être davantage productifs. Ces éléments impliquent aussi un accroissement de prospérité général.

Quatrièmement, en situation de panarchie (de cohabitation spontanée de communautés et de sociétés fondées sur des règles ou des valeurs différentes après l'abolition de l’État) les individus sont libres de se rassembler dans la communauté de leur choix et d'y fixer les règles auxquelles ils adhèrent, sur la base de leur raison, de leur volonté, et de leur propriété, par unanimité. Dans une telle situation, il est tout à fait possible de mutualiser volontairement des biens ou des services, et d'assurer par exemple un revenu minimum décent à tous ceux qui n'en ont point. Enfin, ma vision optimiste de l'individu me pousse à voir en lui un être naturellement porté à la solidarité et au partage. Ce dernier point vient rassurer celles et ceux qui craignent que l'abolition de l’État, malgré les gains de prospérité obtenus, implique une possible baisse de la liberté positive et de l'autonomie pour les plus malchanceux.

Comme on peut donc le constater, absence d’État, libre-marché, ne rime pas avec appauvrissement, bien au contraire. Il faut en plus ajouter qu'avec tous les gains de prospérité obtenus, les individus seront tous bien plus riches et auront les moyens d'investir davantage, d'entreprendre, de créer, et ainsi de s'enrichir tout en enrichissant les autres. 

 

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22/08/2014

L'anarchisme c'est la propriété et le libre-marché


Il n'y a qu'une alternative : la tyrannie (la dictature) ou la liberté (l'anarchie). La démocratie représentative est une tyrannie de la majorité représentative (indirecte), la démocratie directe (ou semi-directe) est une tyrannie de la majorité directe (ou semi-directe), la démocratie conseilliste est une tyrannie de la majorité dans les conseils, la démocratie athénienne est une tyrannie de la majorité tirée au sort, etc.

Toutes les formes de démocratie possibles et imaginables ne sont que des formes de tyrannies de la majorité. Et ce n'est pas l'existence d'une liste de droits fondamentaux, de constitutions, de la presse et des médias, d'une société civile active, et que sais-je encore, qui vont changer quoique ce soit à ce fait. La démocratie c'est essentiellement une majorité qui impose son bon plaisir, par la force s'il le faut, aux minorités. Améliorer ou radicaliser la démocratie ne changera pas cela.

Les anarchistes qui prônent une démocratie directe, radicale, avec mandat impératif, tirage au sort, et tutti quanti, les anarchistes qui prônent la démocratie des conseils, se contentent de demander une tyrannie allégée. Mais une tyrannie allégée n'en est pas moins une tyrannie...

Après avoir descendu la démocratie, les démocrates vous classent généralement dans la case des individus favorables à une dictature (qu'elle soit militaire, aristocratique, oligarchique, ou monarchique), alors qu'en réalité ils appartiennent eux-mêmes à ce grand ensemble des partisans de la tyrannie.

Pourtant, il existe une alternative à la démocratie et à la dictature : l'anarchie.
L'anarchie c'est la société où l'individu est libre de faire ce qu'il veut tant qu'il n'agresse pas autrui. Autrement dit, chacun étant propriétaire de soi-même et de ce qu'il acquiert par son travail, tant que nul n'attente à la propriété d'autrui chacun est libre de faire ce que bon lui semble (chacun s'autogère librement). Dans une telle société dépourvue d'agression, les rassemblements communautaires se fondent sur le volontariat et l'unanimité et non sur la contrainte, tandis que les individus commercent pacifiquement et échangent librement les produits de leur travail.

Voilà pourquoi l'anarchisme peut être résumé dans ces deux mots : propriété et libre-marché.

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21/08/2014

Qu'est ce qu'une œuvre d'art ?


Suite à ma lecture d'un ouvrage (très touffu) d'introduction à la philosophie analytique de l'art du philosophe Karlheinz Lüdeking, et suite à la lecture du constat de l'auteur que la philosophie n'est pas parvenue à définir ce qu'est une œuvre d'art, je me suis demandé s'il n'était tout de même pas possible de proposer une définition minimale (mais fonctionnelle) de l’œuvre d'art. Voilà le modeste résultat de ma tentative que je publie pour la discussion.


Tout l'intérêt (et toute la difficulté) de définir ce qu'est une œuvre d'art réside, depuis l'invention du ready-made en 1917 par Duchamp et sa fameuse Fontaine, dans la détermination de ce qui différencie une œuvre d'art de n'importe quoi d'autre. Puisque tout objet, puisque n'importe quoi, peut potentiellement servir de matériel artistique, et potentiellement devenir (= être considéré comme) une œuvre d'art, il s'agit de trouver les conditions nécessaires et suffisantes permettant de différencier l’urinoir des toilettes publiques de celui de Marcel Duchamp.

Certes, on pourrait abandonner l'idée qu'il y a une différence entre une œuvre d'art et n'importe quelle chose de notre vie courante, mais alors il semble étrange que l'on attache autant d'importance à l'art et aux artistes. Si tout est une œuvre d'art, alors tout le monde peut être considéré comme un artiste et n'importe quoi peut être exposé au hasard dans les musées.
Une autre piste possible consiste à considérer comme je le disais plus haut que toute chose est potentiellement une œuvre d'art, mais que l'artiste est celui qui sait exploiter (mettre en valeur) le potentiel artistique de chaque chose à travers son talent et sa réflexion. C'est cette piste qu'il convient de développer je pense.

On pourrait aussi imaginer qu'il convient d'envisager une définition de l’œuvre d'art par domaine artistique (une définition pour la musique, une définition pour le théâtre, une définition pour les arts plastiques, etc.). De même, on pourrait supposer qu'il y a une définition de l’œuvre d'art par époque (la définition de l’œuvre d'art serait alors contextuelle et relativiste). Ces deux possibilités sont à mon sens erronées, car il est possible d'induire une définition à partir de l'ensemble des époques et des domaines artistiques qui soit toujours valable (et donc universelle), comme nous le verrons par la suite.

Enfin, on pourrait décider de se simplifier la vie en affirmant que ce qui est une œuvre d'art est simplement ce que les experts (critiques, professeurs, institutions, musées, etc.) en art ou le public/le marché considèrent comme étant une œuvre d'art. Mais cette définition est fausse, car on peut fort bien imaginer le cas d'un faussaire ramassant une brique sur le sol et l'amenant devant un public crédule ou un expert bourré et leur faisant croire que cette brique est une œuvre d'art, sans avoir par ailleurs le moins du monde réfléchi à pourquoi cette brique pourrait être une œuvre d'art. Ce qui différencie ici la Fontaine de cette brique, c'est que Duchamp posait une interrogation, une réflexion conceptuelle, sur la nature de l’œuvre d'art, lorsqu'il souhaita exposer son urinoir. Au contraire, le faussaire n'a pas d'interrogation ou de réflexion, pas de question à proposer, pas de norme à bouleverser, pas de performance à présenter, il se contente de prendre n’importe quoi et de décréter que c'est une œuvre d'art devant des individus crédules ou mentalement dérangés. Voilà pourquoi on ne peut considérer qu'une institution (un expert) ou un public (le marché) peut déterminer ce qu'est une œuvre d'art.

Compte tenu de ce qui précède, voilà la définition de l’œuvre d'art à laquelle je suis parvenue.

X (= quelque chose) peut être considéré comme une œuvre d'art si :

Première condition : x est un artefact (= une création humaine).

Seconde condition : x est intentionnellement exposé dans un espace d'exposition quelconque.

Troisième condition : x figure intentionnellement y ; où y peut être un élément matériel ou physique, un récit, un concept, une réflexion, une conceptualisation d'émotions.


La première condition implique qu'un caillou exposé naturellement (et non par une main humaine) en haut d'une montagne ne peut être considéré comme une œuvre d'art. La troisième condition implique qu'un caillou posé en haut d'une montagne par une main humaine sans autre modalités n'est pas une oeuvre d'art. L'acte d'exposer le caillou et de justifier cette exposition d'une façon ou d'une autre, par une réflexion expliquant ce que l'acte d'exposer ce caillou en haut d'une montagne figure conceptuellement, est l'acte artistique qui transforme l'exposition du caillou de simple objet à une œuvre d'art.

La troisième condition étend le concept de figuration (de représentation). L'art conceptuel (et l'art contemporain) ne s'oppose pas à quelque chose comme l'art figuratif, car l'art conceptuel figure lui-aussi. Certes, l'art conceptuel ne figure pas des arbres, des paysages, ou des scènes mythologiques, mais il figure des concepts, des réflexions, des conceptualisations d'émotions.

La seconde condition implique que si Duchamp avait enfermé son urinoir dans une grosse malle fermée à double tours, qu'il l'avait remplie de cailloux, et enfin jetée dans les profondeurs d'un océan, alors cet urinoir n'aurait pas pu être considéré comme une oeuvre d'art. 

Je pense qu'à partir de ma définition on peut distinguer ce qu'est une œuvre d'art et ce qui ne l'est pas. C'est pourquoi je considère que ma définition est valable. En outre, elle fonctionne pour tous les domaines artistiques. Un concerto est un artefact, exposé dans une salle de concert, et figurant une conceptualisation d'émotions ou un récit ; un roman est un artefact, exposé dans une librairie, et figurant une conceptualisation d'émotions, une réflexion, et un récit ; un tableau est un artefact, exposé dans un musée, et figurant un élément physique, ou un concept ; une installation ou un happening est un artefact, exposé quelque part (musée, rue, salle de spectacle, etc.), et figurant un concept, une réflexion ; etc.

Un dernier élément à aborder réside dans les critères d'évaluation d'une œuvre d'art. Il y a en effet selon moi de bonnes et de mauvaises œuvres d'art, et toute une gamme graduelle d'évaluation entre ces bonnes et ces mauvaises œuvres d'art. Et c'est pourquoi, l'activité de critique d'art a une valeur et n'est pas qu'une activité subjective ou littéraire. Pour le moment, je me contenterais de proposer deux critères d'évaluation d'une œuvre d'art. Premièrement, le critère d'originalité et d'innovation. Deuxièmement, le critère de cohérence et de rigueur.

La Fontaine était une bonne œuvre d'art, car elle était innovante/originale (puisqu'elle remettait en question les normes en vigueur dans le monde de l'art) et car elle était fondée sur une réflexion cohérente/rigoureuse sur la nature d'une œuvre d'art. Cependant, exposer une poubelle de nos jours dans un musée est (sans apport réflexif et conceptuel supplémentaire) une mauvaise œuvre d'art, car ce n'est pas innovant ou original (le ready-made ayant été intégré par le monde de l'art). Néanmoins, la poubelle doit être considéré comme une œuvre d'art puisqu'elle respecte les critères d'artefactibilité, d'exposition, et de figuration.
Une mauvaise œuvre d'art pourrait aussi être une œuvre consistant en une crotte de chien posée sans autre au milieu d'une salle d'exposition pour représenter le capitalisme sans aucune autre explication, car cette œuvre d'art ne serait pas cohérente ou rigoureuse dans son argumentation/réflexion conceptuelle.


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20/08/2014

Comment abolir l’État en Suisse ? - Principes généraux


Bien que je n'ignore pas que l'abolition de l’État se traduira concrètement probablement par une lutte sans relâche à tous les niveaux, je souhaite donner ici une sorte de schéma théorique de comment abolir l’État en Suisse. Mon propos est de montrer que cette abolition peut tout à fait se faire pacifiquement et progressivement.

A noter que je ne dis pas que les anarchistes qui rêvent de violence révolutionnaire et de lutte armée sont toujours dans leur tort. Au contraire, il peuvent parfois être dans leur bon droit. Mais toute action de ce type ne peut être, pour être légitime, qu'une défense proportionnée à un acte d'agression (par exemple à la répression armée des Hommes de l’État). Dans le contexte suisse actuel, une voie pacifique et progressive me semble tout indiquée.

La question de la désobéissance civile est aussi intéressante. Si une majorité d'individus cessaient de payer taxes et impôts, je me demande combien de temps la machine étatique pourrait rester en place. Mais je suppose aussi que cela pourrait se traduire par une période plutôt troublée. A creuser.


Une abolition pacifique et progressive de l’État doit se fonder sur deux principes. Premièrement, il convient de transférer tout ce qui est possible de l’État aux individus. Deuxièmement, lorsqu'il n'est pas possible de directement transférer les compétences et les fonctions de l’État aux individus (par exemple pour des raisons politiques), il faut alors les transférer à un niveau de compétence étatique inférieure pour rapprocher au maximum l’État de l'individu et le rendre plus facilement maîtrisable par ce dernier (on tend ainsi à rendre à l'individu le maximum de souveraineté possible sur lui-même).

Ci-dessous, voilà une illustration de ces deux principes.

1. Faire prévaloir le droit cantonal sur le droit fédéral.

2. Donner les compétences et les fonctions que remplit l’État fédéral aux individus ou aux États cantonaux.

3. Abolir l’État fédéral et transformer la Suisse en confédération.

4. Faire prévaloir le droit communal sur le droit cantonal.

5. Donner les compétences et les fonctions que remplit l’État cantonal aux individus ou aux États communaux.

6. Abolir les États cantonaux.

7. Donner les compétences et les fonctions que remplit l’État communal aux individus. 

8. Abolir les Etats communaux. L'Etat est ainsi aboli.

Ceci étant posé, il s'agit à présent de décrire dans le détail comment donner les compétences et les fonctions de l’État aux individus. J'y reviendrai donc prochainement.

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19/08/2014

Les classes sociales n'existent pas


Suite à mes premières concessions, certains ont trouvé mon argumentation en défaveur de l'existence des classes sociales un peu courte. C'est pourquoi je prends ici le temps de développer un peu mon point de vue sur le sujet.

La définition canonique des classes sociales est celle de Karl Marx. Il me semble que c'est d'ailleurs celle que les marxistes ont généralement reprise à leur tour jusqu'à de nos jours. Marx affirme que la classe bourgeoise/la classe capitaliste est composée des individus propriétaires des moyens de production, tandis que la classe ouvrière/la classe prolétaire est composée des individus qui ne sont pas propriétaires des moyens de production. Il ajoute que les individus composant la classe prolétaire ont tout de même une chose : leur force de travail. A noter que je ne sais si Marx accorde aux prolétaires qu'ils sont propriétaires de leur force de travail ou pas (mais je suppose que oui). En outre, Marx affine sa théorie des classes sociales en y intégrant d'autres groupes sociaux, la petite-bourgeoisie et le prolétariat en haillons (le Lumpenproletariat). Au fil du temps, les marxistes adjoindront d'autres catégories sociales à cette construction comme les ouvriers spécialisés ou les techniciens.

Toute cette habile construction intellectuelle repose sur une seule chose : la place de l'individu dans le mode de production (dans l'économie). Si l'individu est à tel endroit dans le mode de production, le voilà objectivement et de manière déterminée membre du prolétariat ou de la bourgeoisie. L'élément central repose donc dans la place que l'individu occupe par rapport aux moyens de production.
Mais qu'est ce qu'un moyen de production en fait ? Les marxistes ne savent pas trop. Ils citent les usines, la terre, les outils de production comme des marteaux, des scies, des ordinateurs, des machines, les ressources naturelles parfois. La réponse est pourtant beaucoup plus simple. Un moyen de production est tout x qui permet à un individu de produire. Or, compte tenu de la grande variété de producteurs et de production possibles et imaginables, il faut bien convenir que n'importe quoi peut servir de moyen de production. Par conséquent, même un homme nu dans le désert, dépourvu de tout bien, pourrait ramasser trois cailloux, aller devant la tête d'un bédouin et entreprendre de jongler avec pour gagner quelques sous (ou denrées) pour subvenir à ses besoins vitaux. Les trois cailloux sont devenus des biens/moyens de production.
Bien sûr, Marx considérait que seuls les ouvriers et les paysans étaient réellement des producteurs. Mais cette idée est absurde. Certes, les paysans produisent de la nourriture, ce qui est essentiel à notre survie. Mais si seuls les producteurs de choses assurant notre survie sont des producteurs, alors il faut considérer que les médecins sont aussi des producteurs. Ce que Marx ne fait pas, montrant ainsi le manque de cohérence de sa théorie.

De nos jours, certains marxistes particulièrement rusés redéfinissent les classes sociales différemment. Ils affirment que la classe prolétaire se fonde sur le simple partage de valeurs et de buts (la réalisation du socialisme). Malheureusement (pour eux), cela signifie simplement que des individus favorables au socialisme peuvent être appelés socialistes, et non point que ces individus seraient particulièrement davantage des prolétaires que qui que ce soit.

Il y a des individus qui touchent un revenu grâce à un travail salarié, d'autres (beaucoup moins) qui touchent un revenu grâce à un investissement habile de leur argent. Les investisseurs ne font pas rien. Ils prennent des risques en prêtant leur argent à des gens qui promettent d'en faire un usage fructueux. Le crédit (c'est à dire l'investissement) est essentiel au bon fonctionnement de toute économie. L'activité de faire crédit n'est pas une activité oisive. Même lorsqu'un individu demande à quelqu'un de placer son argent pour lui, il prend un risque. S'il choisit bien, si les placements sont bons, si les bonnes affaires sont lancées, alors il en tirera un profit, tout comme les consommateurs (donc tout le monde) qui profiteront de la création des nouveaux biens et services permis grâce à l'investissement, et comme les individus désireux d'obtenir un travail salarié ou associé. Investir, faire crédit, vivre d'une rente issu de son capital placé, implique une compétence que tous n'ont pas. C'est d'ailleurs pourquoi de grandes fortunes héritées peuvent disparaître. L'incompréhension de tout cela est à la base de la croyance marxiste en l'existence de classes sociales.

Il existe deux autres définitions possibles des classes sociales.
Murray Rothbard oppose une classe de fonctionnaires vivant aux frais des producteurs par l'agression étatique (les Hommes de l’État ponctionnant de force les individus) et une classe de producteurs vivant sans toucher un sou de cette extorsion.
Cette définition est fausse car tout le monde touche d'une manière ou d'une autre, plus ou moins directement, de l'argent ou quelque chose de l’État (il suffit de marcher sur les routes de l’État). Rien ne sert donc d'opposer par trop nécessairement ceux qui touchent plus d'argent de l’État que ceux qui en touchent moins. David Friedman a bien montré (cf. Vers une société sans État) que même les dirigeants de l’État (qu'on supposerait les plus avantagés par l'existence de l’État) ont intérêt à le voir disparaître.

L'ultime définition est celle que nombre de sociologues et d'économistes emploient. Il s'agit de parler de riches et de pauvres, et parfois de classe moyenne. Cette définition n'en est pas une. Bien sûr, il y a des gens qui ont plus ou moins d'argent, mais nul n'est capable de dire à partir de quand on est riche ou on est pauvre. Ainsi, il s'agit juste d'usages langagiers pour désigner un état matériel relatif à une époque donnée.

Je crois donc avoir montré que les classes sociales n'existent pas.

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18/08/2014

Mise au point sur mes positions politiques – Du cheminement vers la liberté



Compte tenu de mes concessions, je pense qu'une petite mise au point sur mes positions politiques s'impose.

A 15 ans j'ai réellement commencé à me poser des questions sur la politique, la société, et sur la marche du monde. La gauche m'a tout de suite attiré, car je la percevais comme une défense des individus peu aisés, élément essentiel selon moi compte tenu de ma situation personnelle. A 18 ans, j'ai commencé à militer à la Gauche des collèges, puis à la Jeunesse Socialiste. J'avais alors des positions qui étaient celles d'un étatiste modéré (d'un social-libéral). A 20 ans, j'ai créé ce blog pour chercher des réponses à la crise économique dont les conséquences m'indignaient. Progressivement, j'ai essayé de fonder mes positions politiques sur une argumentation rigoureuse. Pendant 3 ans, j'ai lu, j'ai débattu, j'ai écrit, j'ai encore débattu, j'ai de nouveau lu, et ce fut passionnant. J'ai traversé beaucoup de courants, de théories, et d'idées. Dans mes études j'ai quitté les sciences politiques pour la philosophie et l'histoire, y trouvant davantage de réponses à mes interrogations.

Ce que je constate en tout cas, c'est qu'il y a une réelle cohérence dans mon évolution politique. Au commencement, lorsque j'ai cherché une solution à la crise économique, je me suis tout naturellement (parce que c'est ainsi que l'on nous conditionne aujourd'hui) tourné vers un étatisme et un planisme total. Mais par la suite, je n'ai eu de cesse de me rapprocher de la liberté. Je suis passé successivement de mon ultra-étatisme totalisant au marxisme, puis à Marx, puis à Castoriadis, pour finir avec le socialisme libertaire. Pendant ces trois ans de cheminement politique, j'ai été confronté à énormément de contradicteurs, d'opposants, de débatteurs. Les plus convaincants (ceux qui avaient les meilleurs arguments) étaient des anarchistes.

A présent, je suis convaincu qu'il convient d'abolir l’État (instrument fondé sur l'agression), la hiérarchie, le salariat (qui est une forme de hiérarchie), et qu'il faut lutter contre toute forme de domination (racisme, sexisme, homophobie, etc.) Si on considère que le capitalisme n'est que le salariat, alors je suis pour en finir avec le capitalisme. J'attache en outre énormément d'importance à la solidarité et au partage.
Ces éléments font probablement de moi un socialiste libertaire je pense. Je me considère aussi proche des socialistes utopistes et de leur désir de créer des phalanstères et des utopies dès maintenant.

Toutefois, je ne considère pas que le salariat soit une agression, je suis favorable au libre-marché (aucun politicien ou bureaucrate ne peut savoir mieux que vous où votre argent doit être dépensé), et je pense que la propriété (sur notre propre corps et notre esprit, et sur ce que nous acquérons en les employant) est un élément essentiel de toute société (actuellement elle nous préserve (partiellement) des volontés des majorités démocratiques et des politiciens élus). Ce qui me rapproche considérablement des anarchistes libéraux et des libertariens, et fait probablement de moi ce qu'on appelle parfois un libertarien de gauche (ou un anarchiste libéral de gauche).

Par conséquent, je considère que la meilleure stratégie actuelle consiste à une union entre socialistes libertaires favorables au libre-marché et anarchistes libéraux & libertariens. Sur la base de cette union, nous pourrons marcher ensemble jusqu'à l'abolition de l’État. Lorsque l’État sera aboli, les individus s'établiront spontanément en communautés partageant un certain nombre d'éléments en commun (il s'agira d'une situation panarchique). Personnellement, j'irai vivre dans une société (communauté) où nous mettrons volontairement un certain nombre de choses en commun (les routes par exemple), où le salariat n'existera plus (il y aura des coopératives et des entrepreneurs indépendants), et où un revenu minimum décent sera garanti à tous. Les individus conservateurs iront sûrement vivre entre eux, tout comme les individus désireux de vivre dans une société où le salariat existe.

Concrètement, je suis donc favorable à la création d'un parti libertarien en Suisse romande. 

 

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17/08/2014

Ni réforme, ni coup de fusil éclairé, le socialisme est la liberté


Monsieur Réformiste était content, son parti avait enfin obtenu une majorité au parlement de son pays et le pouvoir était enfin entre de bonnes mains. Nommé ministre de la transition socialiste (un long cycle de réformes devant amener pas à pas le peuple à l'illumination socialiste), il pénétra dans une usine et, grimpant sur un atelier, annonça aux ouvriers présents que le gouvernement avait racheté leur usine et que l’État faisait de chacun d'eux un propriétaire à part égale de l'entreprise, les libérant du joug patronal. Il ne leur restait plus qu'à se mettre d'accord sur les détails de l'organisation future et du partage des bénéfices.
Six mois plus tard, Monsieur Réformiste visita l'usine à nouveau. Les ouvriers avaient maintenu en place l'ancien patron et rien n'avait changé. Mécontent devant tant de mauvaise volonté, Monsieur Réformiste se hâta d'en référer à son parti. Le mois suivant, un membre du parti vint remplacer le patron de l'usine pour apprendre aux ouvriers à oublier la hiérarchie.

Lénine Junior pénétra avec son fusil dans l'usine. Derrière lui des volutes de fumée voletaient doucement tandis que les derniers tanks de l'ancien pouvoir des porcs capitalistes finissaient de se consumer sous les flammes de la révolution-populaire-guidée-par-le-parti-socialiste-léniniste. Il se hissa rapidement sur un atelier et clama aux ouvriers qu'ils étaient à présent des hommes libres grâce au sacrifice du peuple et de son avant-garde léniniste éclairée. Joignant le geste à la parole il abattit d'un coup de fusil le porc capitaliste qui s'était caché dans son bureau.
Six mois plus tard, Lénine Junior revint à l'usine. Les ouvriers avaient choisi le contre-maître comme patron et rien n'avait changé. Mécontent de tant de mauvaise volonté, Lénine Junior abattit le contre-maître, incarnation de la traîtrise petite-bourgeoise, et alla en référer au parti. Le mois suivant, un membre du parti vint remplacer le contre-maître abattu pour apprendre aux ouvriers à oublier la hiérarchie.

Un matin de leur choix, les ouvriers quittèrent leur usine et leur patron pour ne jamais y remettre les pieds. Ils fondèrent dans la semaine leur propre entreprise avec leurs propres fonds et formèrent une grande assemblée générale où d'un commun accord ils décidèrent d'un tournus de certaines fonctions et d'une répartition équitable des bénéfices entre eux. Par la suite des assemblées régulières déterminèrent l'orientation et l'évolution de l'entreprise, sans que jamais aucun travailleur
ne reçoive le droit ou la possibilité de donner un ordre à un autre.
Six mois plus tard, tout avait changé.

Nous ne pouvons que tenter de convaincre les individus. Nous ne pouvons les contraindre à être libres. Le socialisme doit être un choix, ou ne pas être.


Article paru dans la Cuite Finale n°10,
Journal de propagande de la Jeunesse Socialiste Genevoise

18:01 Publié dans Socialisme | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

16/08/2014

Nouvelles concessions


De retour d'un séjour à l'étranger la hotte pleine de nouvelles réflexions, je me dois de me remettre à publier en commençant par mettre à plat et à soupeser quelques nouvelles concessions qui se sont imposées à moi ces derniers temps.
Je souhaite aussi remercier celles et ceux qui ont pris la peine de m'écrire pour discuter de mes concessions précédentes et, bien souvent, tenter de les critiquer. Si leurs arguments ne m'ont pas convaincu, ils m'ont du moins fait réfléchir et cogiter.
La rigueur et la cohérence intellectuelle m'imposent de ne pas écarter une position sans qu'elle n'ait été infirmée par des arguments valables. Mais lorsqu'une position est infirmée, réfutée, lorsque l'argumentation qui la soutient est brisée, alors il est souhaitable de l'admettre pour ne pas se condamner à la stagnation.

 

1. Des faiblesses de la démocratie

Je n'en reviens pas d'avoir si longtemps cru dans la perfection de la démocratie. Même sous une forme intéressante et poussée, par exemple celle de la démocratie directe (et non de la démocratie semi-directe actuelle) ou celle de la délégation soumise au mandat impératif, même en y adjoignant des critères comme celui de la transparence ou du tirage au sort (partielle), la démocratie implique toujours nécessairement la tyrannie de majorités sur des minorités. Comment une majorité d'individus saurait-elle ce qui est bon ou bien ? Comment n'élirait-elle pas parfois des Hitler ou autre individu du même acabit ? Pourquoi 51% des individus ayant le droit et l'envie de voter infligeraient-ils leurs volontés à 49% d'autres individus ?
J'ai décidément perdu foi dans la démocratie.
Quant au conseillisme, à cette théorie des conseils décidant de tout à tous les niveaux de la société, cela n'est-il pas une terrible chose que d'imposer aux individus des majorités qui décident de leur vie à leur place à tout moment et en tout lieu ? On décidera de qui aura droit à un nouveau logement, de qui aura droit à de nouvelles vacances, de qui aura droit d'utiliser la brosse à dent, etc.
Certes, je caricature quelque peu, mais l'idée démocratique, quelque soit sa forme, me semble viciée. La seule démocratie acceptable me paraît être celle fondée sur une règle d'unanimité. Mais je conçois fort bien (rappelons-nous l'expérience des Indignés genevois) les difficultés d'une telle règle en pratique.

2. De l'importance de la propriété

Défendre une mise en commun de toute chose, défendre le communisme donc, revient à nous mettre sous la coupe de tyrannies majoritaires qui décideront de qui aura la brosse à dent, de qui aura droit à un usage sur une chose ou une autre. Peut-on appeler cela liberté ? Je rejette une société sans propriété, aussi bien que je rejette une société avec salariat ou hiérarchie. Il me semble important que toute société soit fondée sur certaines prémisses incluant la propriété (notamment de soi).

3. Abolir l’État c'est rendre privé

Il n'y a que deux formes de propriété, la propriété individuelle/privée et la propriété étatique. Lorsque nous aurons aboli l’État, il est évident que tout ce qui est sa propriété (en fait la propriété illégitime des politiciens élus à sa tête) reviendra aux individus. Avec un peu de sens logique, il faut donc bien se rendre à l'évidence que l'abolition de l’État implique de rendre privé tout ce qui était sous contrôle des représentants de l’État.

4. L'interventionnisme étatique est un diktat

Lorsque l’État choisit d'investir de l'argent de telle ou telle manière, que fait-il ? Il décide avec de l'argent qu'il vous a pris de comment il devrait être dépensé. Les politiciens élus seraient-ils particulièrement plus capables que vous de savoir où votre argent doit-il être dépensé ? Quelle compétence magique les rend-elle apte à décider de cela ? Comme vous pouvez le constater, il n'y a pas de justification valable à l'interventionnisme étatique.