15/07/2014

Le dos au mur, concessions


Il trois ans, plus ou moins depuis la création de ce charmant blog, j'ai commencé d'essayer d'établir des positions politiques fondées sur une argumentation valable et non sur une poignée de slogans ou de harangues militantes. L’exercice s'est révélé passionnant, harassant, et surprenant, bouleversant à intervalle régulier nombre de choses que je croyais certaines ou acquises, et confirmant dans le même temps des intuitions éthiques pré-existantes. Aujourd'hui, je suis parvenu à un point de mon évolution politique où je dois bien constater que j'ai fait fausse route sur certaines choses. Ce sont mes concessions à celles et ceux qui furent mes courtois adversaires ces dernières années, les brillants et persévérants anarchistes libéraux, et c'est pourquoi je leur dédie les lignes qui suivent.

Première concession : l'inévitable marché, le marché-roi.

Commençons par le commencement avec un vieux constat auquel je suis parvenu il y a déjà longtemps sur la question de la détermination de la production. Je me dois de constater que demander à quelqu'un d'autre (ou à quelque chose d'autre) que le consommateur dans son acte de consommation de déterminer ce qui doit être produit n'est pas efficace (et donc productif). Jamais un organe d’État, un conseil de quartier ou du monde, un département de la statistique, un ordinateur géant de la taille d'une planète, l'ensemble des consommateurs tentant d'imaginer de manière pré-déterminée ce qu'ils souhaitent consommer, ne saura mieux que les consommateurs consommant (soit dans leur acte de consommation) déterminer ce qui doit être produit. Seul Dieu (s'Il existe) ou tout autre être omniscient saurait déterminer ce que les individus souhaitent consommer, mais l'omniscience n'est pas encore à portée de main (humaine) et il faut donc se résoudre à faire confiance à tout-un-chacun pour déterminer ce qu'il souhaite, en toute liberté. La planification par le haut ne saurait par conséquent être considérée comme plus productive, et par conséquent comme plus souhaitable, et il convient donc de s'en remettre à l'ensemble des consommateurs (la demande) et des producteurs (l'offre), soit une planification par le bas, par une planification qui n'en est pas une puisqu'elle est spontanée. Il convient, plus simplement dit, de s'en remettre au marché pour déterminer ce qui doit être produit.

Seconde concession : le salariat n'est pas une agression.

Le salariat est un rapport social dans lequel un employeur engage un employé qu'il salarie, à qui il verse un salaire, en échange d'un certain nombre de prestations (de services) du-dit employé. (En langage proto-marxiste, on dirait que le patron engage le travailleur pour sa force de travail.) Le salarié signe donc un contrat avec le salarieur (l'employeur) qui l'engage à un certain nombre de choses en échange d'une rétribution x. Il y a dans le rapport social salarié, qui s'installe entre le salarié et le salarieur dès la signature du contrat (en tout cas dès ce moment-la), un rapport de subordination entre l'employeur et l'employé, un rapport hiérarchique donc, où l'un (l'employeur) domine l'autre (l'employé) puisqu'il a le droit de lui donner un certain nombre d'ordres (d'instructions), dont l'étendue dépend des modalités du contrat d'embauche. Le fait qu'un individu ait la possibilité de donner des ordres à un autre montre bien que nous avons à faire à un rapport hiérarchique avec le salariat, mais ceci n'implique nullement qu'il y ait un rapport d'agression inhérent au rapport hiérarchique. La hiérarchie (pas plus que la domination) n'implique nécessairement une agression. L’employeur n'est pas automatiquement un agresseur, et l'employé n'est pas automatiquement un agressé. En effet, l'employé peut à tout moment décider de quitter son travail, son emploi, si les conditions de travail ne lui conviennent pas. Longtemps, j'ai cru que le fait d'être sans emploi (en fait, sans revenu) présente un nombre élevé de problèmes (notamment des pressions sociales diverses) impliquait que le travailleur n'était pas libre de quitter son travail. Mais étant donné que la société assure à chacun de ses membres un minimum vital (l'Hospice Générale à Genève), on ne peut affirmer qu'un individu est contraint par la nécessité de survivre de rester à un poste de travail qu'il n'apprécie pas (cela est bien entendu uniquement valable dans les pays où une solidarité étatique ou privée existe et assure un minimum vital à ses habitants). Le salariat n'est donc pas une agression, et les conséquences de cette affirmation sont importantes.

Troisième concession : exercer un acte de violence contre un patron n'est pas légitime.

J'agrée au principe selon lequel l'usage de la violence n'est légitime qu'en cas de défense (et je ne compte pas ici démontrer sa justesse pour le moment). J'ai cru pendant longtemps que comme le salariat était une agression envers le travailleur, ce dernier avait le droit d'employer la violence comme légitime défense (proportionnellement à la dureté de l'agression). Mais comme nous venons de le voir, le salariat n'est pas une agression, et il n'y a donc pas d'acte de violence qu'un employé soit justifié à exercer contre son employeur. Séquestrer son patron n'est donc par exemple pas justifié à mon sens. Autre conséquence, étant donné le fait que le salariat n'est pas une agression, il n'y a pas de nécessité d'apporter assistance à un agressé, et aucun militant ou individu n'est donc justifié à user de violence envers un patron.

Quatrième concession : le salariat n'implique pas nécessairement l'exploitation.

Il existe des cas où des salariés sont payés la pleine valeur de leur travail je pense (en admettant qu'il y ait une valeur objective au travail, déterminable ou pas). On ne peut donc affirmer que le salariat implique automatiquement une exploitation d'un patron sur un travailleur.

Cinquième concession : la thèse selon laquelle l'individu est propriétaire de soi-même n'est pas forcément quelque chose de faux.

A la thèse selon laquelle chaque individu est propriétaire de son propre corps, et jouit donc du droit exclusif d'en faire ce que bon lui semble, je répondais généralement que l'on est son corps. Mais à vrai dire, on peut fort bien être quelque chose et être propriétaire de ce que l'on est. Et je ne vois pas comment infirmer cela. Qui plus est, il est vrai (intuitivement) que nul ne devrait avoir le droit de faire ce qu'il souhaite de notre corps indépendamment de notre volonté, ce qui revient à dire que nous en avons le droit d'usage exclusif. Par conséquent, il me faut bien admettre que cette thèse n'est pas forcément fausse, voire qu'elle ne semble pas particulièrement infondée.

Sixième concession : l'aliénation n'existe pas.

Il n'y a pas de déterminisme unique total contraignant un individu à quelque chose, mais toujours un vaste ensemble de déterminismes plus ou moins forts. Il y a donc des influences, et non des aliénations. Chaque individu peut résister à ces influences s'il s'en donne les moyens.

Septième concession : les classes sociales n'existent pas.

Tout travailleur possède un capital quelconque, car tout est capital (moyen de production). Il n'y a donc pas de classe des travailleurs. Il n'y a que des individus.

Je vais conclure cette liste de concessions en ré-affirmant mon adhésion au projet socialiste, soit au projet de liberté impliquant (entre autres) le dépassement du salariat et la fin de la hiérarchie et de l’État. Cet idéal reste éminemment valable à mes yeux. La voie révolutionnaire doit toutefois être reformulée quelque peu comme une voie empruntable uniquement comme légitime défense, ou bien comme changement général des mentalités et des structures de la société.


Commentaires

C'était quoi déjà le slogan du congrès du SPD en 1959 à Bad Godesberg?!!

Ah oui, "so viel Markt wie möglich, so wenig Staat wie nötig."

Moi ch'uis un socio-démocrate Bad Godesbergien au pied du Mont-Pèlerin...,

Écrit par : Christoph Kohring | 17/08/2014

Monsieur Adrien Faure: "ne saura mieux que les consommateurs consommant (soit dans leur acte de consommation) déterminer ce qui doit être produit."
Bienvenue dans le monde capitaliste!
Apparemment vous n'avez jamais entendu parler de publicité, de matraquage, de conditionnement, ni de mimétisme, sans parler de manipulation des foules.

Je constate que votre nouvelle idéologie vous permet de ne pas passer mon précédent commentaire. Liberté que de choses on commet en ton nom!

Écrit par : Charles | 18/08/2014

Bonjour Charles, puisque vous insistez je le publie ;-)
Je ne l'avais pas publié car le sens que je donnais dans le billet en question au mot "communisme" (soit le sens de mise en commun de toute propriété) est celui que l'on prend généralement en philosophie politique il me semble. C'est aussi le sens originel de ce terme (cf. Gracchus Babeuf, mais aussi Karl Marx).

Oui il existe des influences diverses qui agissent sur le consommateur, je ne le nie pas (cf. le point 6 de mes concessions). Cela n'implique pas du tout que quelqu'un d'autre que le consommateur saurait lui dire ce qu'il doit consommer (et donc ce qu'il faut produire).

Écrit par : Adrien Faure | 18/08/2014

Monsieur Adrien Faure: il vous semble à tort en ce qui concerne Marx. Je ne peux que vous donnez le conseil de le lire plutôt que de répercuter les propos de ceux qui s'opposent a ses analyses. "Le communisme n'enlève à personne le pouvoir de s'approprier des produits sociaux; il n'ôte que le pouvoir d'asservir à l'aide de cette appropriation le travail d'autrui." Expliquez-nous comment je peux exploiter autrui avec MA brosse à dent? Il est question de rapport de pouvoir fondé sur la propriété privée.

Quant à votre point 6, il ne suffit pas d'affirmer péremptoirement qu'une chose n'existe pas pour que cela soit vrai. Savez-vous seulement ce qu'est une "aliénation"? Aliénation par le travail, par la religion, par la technique, par la publicité? Croire qu'un libre-arbitre total existe est une vue de l'esprit. L'homme est un animal social et il ne choisit pas toutes ses "influences", ni ses déterminismes.

Écrit par : Charles | 18/08/2014

Charles, je veux bien admettre que Karl Marx concédait certaines formes de propriété. Un point pour vous :-)

Oh mais je suis déterministe. Je ne crois pas au libre-arbitre. Mais la publicité n'est qu'un parmi les nombreux déterminismes, parmi une multitude d'influences.

Écrit par : Adrien Faure | 18/08/2014

Monsieur Adrien Faure: "Oh mais je suis déterministe. Je ne crois pas au libre-arbitre." Comment peut-on croire à la liberté en étant déterministe? Encore un effort et vous rejoindrez Nietzsche qui lui aussi vomissait le libre-arbitre et le principe de non contradiction.

Écrit par : Charles | 19/08/2014

Charles, chaque mot que j'écris, je suis déterminé à l'écrire. Chaque pas que je fais je suis déterminé à le faire. Chacun de mes actes est déterminé par un ensemble très élevé de déterminismes. Mais, je ne suis pas omniscient. Comment puis-je savoir ce que je peux ou ne pas faire ? Ce que je suis déterminé à faire ? Ne le sachant pas, j'agis dans le but de créer une société libre (et ceci que je sois ou pas déterminé à contribuer à sa réalisation).

Écrit par : Adrien Faure | 19/08/2014

Monsieur Adrien Faure, je ne comprends pas que vous ne compreniez pas qu'une société soumise au déterminisme, dont les membres sont soumis eux-mêmes au déterminisme, ne peut en aucun cas être libre, ni elle ni ses membres. Votre "action" n'a aucun sens. Vous vous enfermez dans une contradiction insoluble.

On pourrait supposer que de connaître tous les déterminismes permettrait dans l'idéal d'agir sur eux, mais cela supposerait le libre-arbitre que vous récusez a priori. Et comme vous admettez n'être pas omniscient cette supposition tombe d'elle-même.

Écrit par : Charles | 20/08/2014

Charles, le déterminisme dont nous parlons est une conception métaphysique des choses. Vous pouvez dire que je n'ai pas de liberté métaphysiquement parlant, mais concrètement et pratiquement je n'ai pas à en tenir compte. Oui quelqu'un d'omniscient serait métaphysiquement libre.

Mon action est déterminée certes. Mais... et alors ? Peut-être que je suis déterminé à réussir à crée rune société libre, et dans ce cas tant mieux. Sinon, tant pis. Je ne peux le savoir a priori.

Écrit par : Adrien Faure | 20/08/2014

Bonsoir M.Faure.

M'étant rendu compte que vous aviez d'idéologie j'ai donc regarder les premiers articles,dont celui-ci. En préambule je tien à dire que c'est beaucoup mieux. Cependant vous êtes encore tirallé par le socialisme (libertaire cette fois mais cela ne change pas grand chose). Cela se voit quand vous parlez de l'exploitation. Je vous cite:

"Quatrième concession : le salariat n'implique pas nécessairement l'exploitation.

Il existe des cas où des salariés sont payés la pleine valeur de leur travail je pense (en admettant qu'il y ait une valeur objective au travail, déterminable ou pas). On ne peut donc affirmer que le salariat implique automatiquement une exploitation d'un patron sur un travailleur. "

On voit bien que vous n'avez pas complètement saisi la philosphie libérale. Je vais donc essayer de prouver que le rapport patronat/salariat n'est absolument pas (et pas "pas nécessairement) de l'aliénation/du vol ect. Je répond également à Charles.

Voici une phrase de John Locke qui résume un peu près la conception libérale de la propriété:

"tout homme possède une proriété sur sur sa propre personne. A cela,personne n'a aucun Droit que lui-même. Le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains, nous pouvons dire qu'ils lui appartiennent en propre. Tout ce qu'il tire de l'état ou la nature l'avait mis, il y a mêlé son travail et ajouté quelque chose qui lui est propre; ce qui en fait par là même sa propriété"

Je pense que l'on peut tous tomber d'accord sur cette définition. A patir de là je propose un petit exemple:

Imaginons un individu A décide d'avoir un champs de tomate pour son usage personnel. Il associe donc à la terre son esprit et sa force de travail. D'après notre définition ci-dessus A est propriétaire de cette terre. Imaginons maintenant que deux mois plus tard il décide de faire appel à une autre personne,nommé B. A et B signe un contrat. Il y a t'il partage des droits de propriété? Non puisque A, le légitime possésseur du champs de tomate, ne l'a pas mentionné dans son contrat. Par conséquent le salariat n'est jamais une agression et un vol.

Concernant la valeur je signale qu'il n'y a pas de valeur objective. La valeur d'un bien est subjective comme l'a démontré l'école autrichienne d'économie. La valeur travail des marxistes est donc à rejeter.

Concernant l'argument de Charles sur la publicité il est invalidé par le travail d'Assar Lindbeck (L’Économie selon la nouvelle gauche)qui note qu’une proportion très importante des produits lancés sur le marché à grand renfort de publicité ne se vendent pas.

Adrien Faure je me demande pourquoi vous vous réclamez du socialisme libertaire alors que cette pensée veut supprimer le marché et l'argent pour la remplacer par une planification "ultra-démocratique".

Écrit par : Nicolas | 20/08/2014

"Anarchiste libéraux"? Libéraux au sens de néo capitalisme sauvage? Il y avait déjà des gens qui se disaient "anarchiste de droite". Maintenant ça! En politique il n'y a d'anarchiste que des anarchistes. Ce mouvement politique ne souffre aucun adjectif qualificatif. Alors il n'a plus rien à voir avec l'idée qui fait son but.

vos derniers textes, qui montrent une volte-face politique -dont nous ne contestons pas "le droit"- qui permet a tout lecteur critique de se poser la question de savoir ce qui vous différencie des ultra-libéraux, et donc de s'attendre au changement de votre "bandeau de blog". Socialiste-libertaire sont des termes déjà contradictoires, mais vos "concessions" au capitalisme libéral est à son idéologie vous éloigne totalement de cette contradiction même.
Nous irons plus loin dans la critique de vos derniers billets si nous voyons que ce commentaire est publié (et il ne s'agit pas d'une affaire d'égo, mais de perte de temps, Anes nous-mêmes, nous ne disons pas deux fois la messe). Sinon, nous nous contenterons de savoir que tel HL*, vous trouvez que la simple contradiction tient du domaine de l'insulte.

*qui au vu de vos "concessions" serait un coach efficace :-), au niveau de la reddition des idées et de la (possible ici, certaine chez lui) "modération" de blog!

Écrit par : Trio-Octet Infernal | 21/08/2014

Bonjour Nicolas,

Certes le salariat n'est pas une agression. Néanmoins je me réclame du socialisme libertaire car je suis favorable à vivre dans une société sans hiérarchie, y compris sans salariat qui est selon moi un rapport hiérarchique. Mais je pourrais aussi bien me réclamer de l'anarchisme libéral de gauche à vrai dire, vu que je suis favorable au libre-marché et à la propriété.

Écrit par : Adrien Faure | 21/08/2014

Trio-Octet Infernal,

Je ne considère évidemment pas la contradiction comme une insulte.

Pour vous répondre, voilà ce que j'ai écrit dans mon texte de mise au point :

A présent, je suis convaincu qu'il convient d'abolir l’État (instrument fondé sur l'agression), la hiérarchie, le salariat (qui est une forme de hiérarchie), et qu'il faut lutter contre toute forme de domination (racisme, sexisme, homophobie, etc.) Si on considère que le capitalisme n'est que le salariat, alors je suis pour en finir avec le capitalisme. J'attache en outre énormément d'importance à la solidarité et au partage.
Ces éléments font probablement de moi un socialiste libertaire je pense. Je me considère aussi proche des socialistes utopistes et de leur désir de créer des phalanstères et des utopies dès maintenant.

Écrit par : Adrien Faure | 21/08/2014

Bonjour Adrien,
Alors nous allons débattre :-)

Nous avions lu la série de billet sur le thème, ce qui se sent dans notre commentaire, qui aurait pu être placé plus loin et donc blog oblige plus proche dans le temps.
Faisant foin de ce que nous pensons sur le texte ci-dessus, nous allons le brouter (ce foin), et aller donc argumenter là ou vos faites votre mise au point.
A tout de suite

Écrit par : Trio-Octet Infernal | 22/08/2014

Monsieur Adrien Faure: on ne peut pas être en même temps pour la propriété et contre toute hiérarchie. La propriété crée par elle-même des hiérarchies entre ceux qui sont propriétaires et ceux qui ne le sont pas. Si je suis propriétaire d'une route, je n'ai plus besoin de travailler, puisqu'il me suffira au nom du libre marché de créer un péage sur cette route. La propriété privée est à la base du capitalisme. Vous avez effectivement tourné casaque. Dommage que vous n'ayez pas compris le sens du mot utopie. Vous êtes en dehors de la réalité et des rapports de pouvoir.

Écrit par : Charles | 23/08/2014

Charles, votre route ne crée pas de hiérarchie. Niez-vous d'être propriétaire de votre corps et de votre esprit ? Et pourtant cela ne crée pas de hiérarchie ;-)

Écrit par : Adrien Faure | 23/08/2014

Monsieur Adrien Faure: votre réponse, je ne sais pas si c'est du cynisme, de la naïveté ou de la stupidité. Je ne sais pas non plus quels ouvrages sur l'anarchisme vous avez lu. A mon humble avis aucun. Ni Stirner, ni Proudhon, ni Bakounine.

Le libre-marché est une fiction. Et n'a jamais été défendu par aucun anarchiste, bien au contraire.

Bien sûr que le capital (la route dans mon exemple) crée une hiérarchie par son appropriation par quelques uns et l'exclusion de beaucoup d'autres qui doivent se soumettre aux conditions du capitaliste.

Et je ne suis pas entièrement propriétaire de mon corps et de mon esprit puisqu'ils sont captifs d'un milieu social et déterminés notamment par mes besoins.

Écrit par : Charles | 23/08/2014

Bon, le truc de la route, c'est justement très "Libertarien", ces dangereux crétins. Ils veulent privatiser les trottoirs, et dès lors le propriétaire pourra demander une taxe de passage, à toute personne tout citoyen! Çà c'est une utopie que voilà!

Problème, QUI dira qui est propriétaire? AH!AH! Hin.hiiin, Hi-han!
Pardon, il suffira comme au Monopoly d'acheter la rue? Et ceux qui n'ont pas de fric pour ça? Ben il payerons la taxe! Et s'il ne peuvent même plus la payer? Ben Ils resteront sur place, ou seront abattu, tué, et autres joyeusetés réservées aux pauvres depuis l'invention de la propriété privée, que ce soit des moyens de productions industrielles, et l'ancienne -principale, mais celle-ci à permis l'autre- propriété privée, celle de la terre! Aucune des deux n'a de droit réel, si ce n'est "de droit divin"!
Le reste, n'est que pouvoir, oppression, et histoire sanglante de la lutte entre propriétaires et prolétaires!

Voilà donc ce qu'est une utopie, pour qui n'a pas compris le marché de dupe qui gouverne depuis des siècles, voire des millénaires!
Une utopie moderne, libérale qui se réalise et pousse de nombreuses personnes vers l'idée en vogue et en augmentation dans la populace ou sa réalisation, le suicide!

Écrit par : Trio-Octet Infernal | 24/08/2014

Pour conclure:
Le salariat n'est pas une agression, c'est une oppression*! Essayez d'y échapper, pour voir! Et c'est sur l'oppression qu'est basée TOUTE la société et ses "échanges, de longue date certes, mais avec de plus en plus de "raffinement"! Démonstration?
Vous prétendez que le salarié peut fixer en tant que "propriétaire de son corps" sa valeur marchande! Ce qui est déjà contradictoire: A partir du moment ou un individu à, ou "se donne" une valeur marchande il n'est plus "propriétaire de son corps" mais une simple marchandise! Qui fixe le prix de la marchandise? Vous prétendez que ce serait la marchandise! Faux!
Le prolétariat, définition que Marx -selon nous mais pas seulement- reprends à dessein de la société romaine, ne possède rien! Il est donc OBLIGE de "vendre" sa force de travail, ou mourir de faim! Ou mourir de faim s'il ne le peut pas!

Oppression et ALIENATION! Aliénation de ce que vous prétendez actuellement être "la propriété de son corps"! Pauvres pauvres! Ils sont aliénés de cette notion de base! Oppression et aliénation encore, la société pour ce prémunir de la révolte contre cette condition, après bien des massacres, décide sous la pression des réformiste -et dans un sens c'est tant mieux**- d'instaurer l'Etat social! Un non-salarié, qui de plus rarement le décide mais est exclu de cette partie de l'aliénation, y trouve un "minimum vital" -au niveau décrété par qui? Bonne question- qui lui permets de rester surtout un CONSOMMATEUR MINIMAL! Aliénation et oppression déguisée en charité, mais bien ordonnée, qui commence par le "soi-même" social, c.à.d le propriétaire!
Que le loyer soit payé, que les services soient payés, la bouffe, et quelques objets de consommation culturelles! Nous noterons que Tous ceci est entre les mêmes mains, de quelques propriétaires d'un peu plus (sic) que leur corps! Tellement plus, même qu'ils peuvent servir au moins à ça: Définir la richesse, et la psychopathologie qui va avec, cette maladie de la possession monopolistique, qui va jusqu'à faire tuer qui s'oppose au droit de propriété!

Bon! Ca nous casse vraiment les sabots de devoir reprendre de telle banalités de base! Nous allons stopper là. Tout ceci à déjà été écrit, développé, remis sur le tapis! C'est fatiguant! Comme nous vous l'avons écrit, vous avez le droit dans les choix voulu par l'aliénation et l'oppression de choisir la votre. Nous et bien d'autres à qui on ferme et ferma la gueule (ou quand L'OPRESSION DEVIENT REPRESSION, avec plus ou moins de brutalitéS) décidons de ne rien choisir à cet étal!

Bonne Chance!
*Permettez nous cette critique, mais vous semblez souvent confondre les deux termes.
** Tant mieux uniquement qu'il y a moins de souffrance APPARENTE, mais ce soulagement, comme TOUT en ce qui concerne la société capitaliste/bureaucratique/libérale, se paie ailleurs!

Écrit par : Trio-Octet Infernal | 24/08/2014

Charles, le libre-marché est défendu par celles et ceux qui envisagent réellement l'abolition de l'Etat et non par ceux qui ne font qu'en parler avec de jolies et grandes phrases.

Le fait que x soit propriétaire d'une route crée une exclusion possible/potentielle de cette route pour celles et ceux que le propriétaire ne souhaite pas voir sur sa route. Et alors ? Vous ne voulez pas que je me couche dans votre lit sans votre consentement non ?

Si vous n'êtes pas propriétaire de votre corps, alors ai-je le droit de vous prendre un organe ?

Écrit par : Adrien Faure | 24/08/2014

Monsieur Trio-Octet Infernal: entièrement d'accord avec vous jusqu'à votre conclusion sur l'inutilité de poursuivre un dialogue vidé de tout sens.

Monsieur Adrien Faure: "Vous ne voulez pas que je me couche dans votre lit sans votre consentement non ?" Il semblerait que vous ne vous rendiez pas compte de la stupidité de votre "argument". Voilà ce qui arrive quand on sanctifie la propriété et quand on n'est plus capable de faire la différence entre propriété individuelle non susceptible d'exercer une contrainte sur autrui, et propriété privée des moyens de production. La route est un moyen de production, permettant l'exploitation d'autrui en cas de privatisation. Mon lit, ma brosse à dent non.

Vous défendez des positions libertariennes, ce qui n'a rien à voir avec des positions libertaires. Pas d'Etat, pas de service public. Ceux qui n'ont pas les moyens de se faire opérer ou même de se faire soigner peuvent crever. Il n'y a plus que l'intérêt individuel qui compte. C'est le loup au milieu du poulailler.

"Si vous n'êtes pas propriétaire de votre corps, alors ai-je le droit de vous prendre un organe ?"

Vous rendez-vous compte de l'énormité que vous proférez? Qui démontre que vous n'avez pas compris ce que j'ai écrit. Il y a là un sérieux problème d'intelligence dans notre échange.

Devant la pauvreté de votre raisonnement et de vos propos (notamment: "Mais qu'est ce qu'un moyen de production en fait ? Les marxistes ne savent pas trop." - vraiment? Vous vous ridiculisez.), j'en resterai pour ma part là.

Écrit par : Charles | 24/08/2014

Charles, vous ne savez pas non plus comment définir un moyen de production hein ? Avouez ;-)

Écrit par : Adrien Faure | 24/08/2014

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