23/05/2014

Entretien avec le militant Frédéric Jollien

Je m'appelle Frédéric Jollien, j'ai 27 ans. Je suis enseignant à l'école primaire à temps partiel car je fais actuellement un master en didactique des langues étrangères avec spécialisation en allemand. Je souhaite dans le futur enseigner dans une école privée de langue étrangère et, en parallèle, tenter une aventure d'entreprise sur internet.

A côté de ma vie professionnelle j'ai une vie associative très intense. Je fais partie des Jeunes Libéraux-Radicaux du Valais, comme caissier du centre du Valais. Je suis co-président de Swiss Students for Liberty depuis 2013. C'est une association internationale d'étudiants libéraux dont nous avons étendu l'influence à la Suisse. Plus globalement, ça fait depuis maintenant 5 ans que je m'intéresse à la philosophie politique et à la pensée économique.


AF. A quel groupe social penses-tu appartenir ?

 

FJ. Je suis un individu unique qui appartient à une combinaison unique de groupes sociaux divers et variés. Chacun de ces groupes constitue mon appartenance propre et mes spécificités propres. Décrire cette combinaison serait très complexe et barbant.


AF. Qu'est ce que la politique et le militantisme pour toi ? Qu'est ce que cela représente à tes yeux ? Pourquoi faire de la politique aujourd'hui ?

 

FJ. Le militantisme est un acte délibéré de promouvoir des idées. C'est une résistance face à l'oppression que l'on voit ou que l'on croit voir. Cette oppression vient soit des autres qui souhaitent imposer des idées qui ne sont pas les nôtres, soit du système qui ne nous correspond pas. Militer signifie lutter pour un monde qui nous correspond mieux ou qui correspondrait mieux à tout le monde.


AF. Qu'est ce que le libéralisme selon toi ?


FJ. Le libéralisme est une philosophie politique visant la protection de la liberté individuelle. Le libéralisme défend la réelle minorité : l'individu. Par conséquent elle vise à réduire ou à supprimer tout acte coercitif d'individus sur d'autres individus. Si ce principe va de soit pour les faits de personnes isolées (le vol à main armée, le meurtre, etc...), il est malheureusement ignoré lorsque des actes ont été voulus par des officiels ou des majorités (guerre, taxation, inflation, ...).

Le libéralisme ne participe pas au culte de la démocratie telle qu'on la perçoit aujourd'hui. Qu'une minorité soit persécutée par un roi ou par le consentement démocratique du peuple ne fait absolument aucune différence. Pour un libéral, l'essence véritable de la démocratie est la souveraineté de l'individu sur sa vie personnelle.

 

AF. Comment réaliser ton idéal aujourd'hui ? Par quels moyens ?


FJ. Il y a mille voies différentes et je pourrais faire une liste assez importante d'entreprises envisageables pour amener à un monde plus libre. Certains refusent, par principe, de s'engager en politique, d'autres essaient de changer les idées à l'intérieur d'un parti et finalement, certains préfèrent créer un parti de toute pièce respectant parfaitement le libéralisme (UP-Schweiz). Il y a aussi beaucoup d'autres voix qui ne touchent absolument pas au jeu politique comme l'écriture, la recherche, la diffusion d'idées ou les actions spontanées.

Personnellement je suis responsable international à l'Institut Coppet. J'aide l'Institut libéral occasionnellement (traduction d'articles, marketing d'un concours d'écriture, ...). Avec Swiss Students for Liberty c'est plutôt par des actions et de l'information à l'attention des jeunes que nous espérons faire changer notre société. Je suis également actif au sein du Parti Libéral-Radical, particulièrement auprès des jeunes.

 

AF. Quels individus, vivants ou morts, inspirent ton engagement ?

 

FJ. C'est en particulier par les écrits que certains individus m'inspirent. Je pense notamment à B.Constant ou F.Bastiat qui m'ont particulièrement bousculé. J'ai aussi été inspiré par l'action de Ron Paul aux États-Unis qui a osé, au sein d'un parti néo-conservateur, s'affirmer et faire ressortir les valeurs de liberté qui fondèrent leur pays. Il osa démontrer toute la contradiction de la très large majorité des membres de son parti. C'est un acte de courage extraordinaire car on s'expose et on s'attire les foudres de toutes les personnes qui ne supportent pas de remettre en question leurs idées.



AF. Quelles sont les trois valeurs les plus importantes à tes yeux ?


FJ. Respect (non-violence), humilité et responsabilité



AF. Envie d'ajouter encore quelque chose ?

 

« Hommes de spoliation, vous qui, de force ou de ruse, au mépris des lois ou par l'intermédiaire des lois, vous engraissez de la substance des peuples ; vous qui vivez des erreurs que vous répandez, de l'ignorance que vous entretenez, des guerres que vous allumez, des entraves que vous imposez aux transactions ; vous qui taxez le travail après l'avoir stérilisé, et lui faites perdre plus de gerbes que vous ne lui arrachez d'épis ; vous qui vous faites payer pour créer des obstacles, afin d'avoir ensuite l'occasion de vous faire payer pour en lever un partie ; manifestations vivantes de l'égoïsme dans son mauvais sens, excroissances parasites de la fausse politique, préparez l'encre corrosive de votre critique : à vous seuls je ne puis faire appel, car ce livre a pour but de vous sacrifier, ou plutôt de sacrifier vos prétentions injustes.

On a beau aimer la conciliation, il est deux principes qu'on ne saurait concilier : la liberté et la contrainte »

Frédéric Bastiat (1801-1850)

 

 

 

 

 

20:51 Publié dans Entretiens avec des militants | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Les commentaires sont fermés.