19/05/2014

Entretien avec le militant Brice Touilloux - Deuxième partie


AF. Qu'est ce que l’État selon toi ? Quel rôle doit-il jouer dans la construction de ton idéal ? Quel est son rapport au socialisme ?

 

BT. L'Etat c'est le peuple (du moins ça devrait l'être...). L'Etat est un organe qui est constitué de toutes les personnes qui vivent en son sein, il s'agit donc de l'organe résultant de l'union de la population.

En même temps cet Etat doit être un protecteur qui prend soin des plus faibles, ceux qui ne peuvent pas travailler, ceux qui n'ont pas eu une naissance heureuse... Chacun doit bénéficier d'un minimum de protection et nombreux sont ceux qui n'en auront jamais, l'Etat doit être présent pour ces personnes là. Il doit gommer au maximum les injustices de la vie.

Dans la construction du socialisme et de la société de tous les jours, l'Etat doit assurer des fonctions de base qui sont une bonne éducation pour toutes et tous, un véritable accès aux soins équivalents pour toutes et tous et, comme je l'ai dit plus haut, une défense et une protection des plus faibles.
 

AF. Qu'est ce que la science selon toi ? Quel rôle doit-elle jouer dans la construction de ton idéal ? Quel est son rapport au socialisme ?

 

BT. La science est le domaine de la connaissance du monde qui nous entoure. Elle est fondée sur des bases logiques, avec des liens de causes à effets ou simplement de prédispositions. Peut-être que je dis ça parce que j'ai une formation de scientifique, mais pour moi la science est extrêmement importante dans la construction du socialisme. Celui-ci mettra en place une logique de partage de la connaissance scientifique : le savoir et sa maîtrise appartient à l'espèce humaine et non à quelques uns.

La science permet de mieux comprendre notre monde, et par conséquent elle nous permet de l'améliorer. C'est vrai que le développement technologique amène des problèmes, mais la réflexion scientifique permet de les cerner et de les résoudre, si le système le veut, ce qui n'est pas le cas actuellement pour les problèmes de surconsommation et de pollution.

En somme, la science fait partie inhérente du socialisme. La science médicale avec une amélioration des conditions socio-économiques a réussi à augmenter l'espérance de vie à la naissance de 35 ans au cours du 20e siècle.

 

AF. Qu'est ce que la philosophie selon toi ? Quel rôle doit-elle jouer dans la construction de ton idéal ? Quel est son rapport au socialisme ?

 

BT. Autant la science permet de comprendre le monde sur les faits, autant celle-ci peut difficilement imaginer le monde si les choses étaient différentes. C'est là que la philosophie intervient. Elle est la réflexion sur le monde actuel et passé, mais aussi sur les potentiels mondes futurs. La philosophie crée une réflexion perpétuelle sur le système. Ainsi elle l'améliore en tout temps. Comme un idéal ne doit pas être fixe, car celui-ci favoriserait les injustices et la dictature par manque d'ouverture, la philosophie est le rempart face à l'intégrisme d'un quelconque idéal. Elle est le garant de l'amélioration de cette idéal, qu'il soit socialiste ou non.

La philosophie a fondé les bases du socialisme théorique, elle le modifiera au courant des siècles à venir.

 

AF. Qu'est ce que l'art selon toi ? Quel rôle doit-il jouer dans la construction de ton idéal ? Quel est son rapport au socialisme ?

 

BT. L'art est très difficile à définir, et s'obstiner à en donner une définition a des limites, et j'y vois personnellement une négation de l'art en soi. L'art peut avoir un mission, un but, ou être inutile au premier abord. L'art existe dans la plupart des systèmes, même ceux qui tentent de le limiter. Il est lié à ce qui fait de nous notre « humanité ». Si un passage à un système socialiste devait avoir lieu, il me semble évidement qu'un grand mouvement artistique suivrait. A moins que ce mouvement ne précède l'arrivée du socialisme...

 

AF. Faut-il réformer le système éducatif ? Si oui, comment ?

 

BT. Si nous considérions notre système éducatif comme étant parfait, d'une certaine manière nous sommes perdus. Nous pouvons toujours tout améliorer, donc tout est à réformer tôt ou tard.

Notre système éducatif néglige trop les langues étrangères. Tout d'abord, nous vivons en Suisse, pays possédants 4 langues nationales. Nous parlons la deuxième, plus répandue, mais sommes mal formés à la maîtrise de la première : l'allemand (ou ses dialectes suisse-allemands). L'apprentissage de l'allemand est fait de manière trop stricte, trop réglé. Nous, les jeunes romands, sommes stressés de faire une erreur lors de toute expression en langue germanique, car il faut bien placer son datif, etc. Au final, nous ne sommes pas prêts de communiquer dans la rue avec une bonne partie des résidents suisses. Nous devrions plus apprendre à communiquer en allemand.

A cela, au niveau des sciences, il faudrait appliquer la logique de Claude Bernard (physiologiste français du 19e siècle). Tout apprentissage d'un fait devrait être réalisé en comprenant ses causes et conséquences. Le bourrage de crâne d'apprentissage par cœur est une négation de la science. Si nous comprenons les cause, alors les « sciences » telles qu'elles sont enseignées sont plus intéressantes et ouvrent mieux l'esprit.

16:15 Publié dans Entretiens avec des militants | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

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