14/05/2014

Démission de la présidence de la Jeunesse Socialiste Genevoise


Hier, lors de l'Assemblée Générale de la Jeunesse Socialiste Genevoise, j'ai présenté ma démission de la présidence du parti.

Voici quelques mots que j'ai prononcés à cette occasion :



« Chères et chers camarades,

Permettez-moi de vous présenter ma démission de la présidence du parti, avec effet immédiat.
Si vous voulez bien, et comme le veut la tradition de notre parti, j'aimerais dire quelques mots pour accompagner et justifier cette démission.

Tout d'abord, je tiens à dire que je ne démissionne pas de manière inconséquente et futile, mais après un temps certain de réflexion et de maturation, ainsi qu'après avoir reçu l'assurance que Tristan et Brice sont prêts à reprendre ma fonction, si vous le désirez, ce qui fait que la présidence ne connaîtra pas d'absence.

Ensuite, concernant les raisons de ma démission, je considère qu'après plus de 3 ans au comité de ce parti et plus de 2 ans à sa présidence, j'ai fait mon temps. Je n'ai en effet ni le temps, ni la disponibilité, ni l'énergie, ni la motivation, pour exercer cette fonction, qui nécessite pour le bien du parti quelqu'un de plus motivé et de plus investi.

Qui plus est, mon rapprochement avec les idées libertaires me met de plus en plus en porte à faux avec les idées trotskistes et réformistes auxquelles adhèrent majoritairement les membres de notre section, ce qui affaiblit clairement ma représentativité, et, je le sens bien, provoque une certaine irritation chez certains d'entre vous.

Par ailleurs, j'ai bien l'impression que certains JS genevois souhaiteraient avoir un président qui assure davantage un rôle de direction du parti, voire carrément d'autorité.
Ayant toujours cherché à supprimer toute hiérarchie au sein de parti, je me sens fort peu en phase avec pareille vision.

Si je devais tirer un bilan de mes 4 dernières années de militantisme au sein de la Jeunesse Socialiste Genevoise, il serait bien évidemment extrêmement positif, tant mon expérience au sein de ce parti m'a apporté et m'apporte toujours à tous les niveaux.

Ma fin de présidence a été, comme toutes les fins de présidence je crains, plutôt laborieuse, car il me manquait temps, énergie, motivation, et disponibilité... Et c'est pourquoi je vous présente mes excuses pour cette fin de présidence quelque peu poussive.

Quant à ma présidence, elle a été, je suppose, à mon image, avec les qualités et les défauts évidents qui me sont propres.

Ce qui m'a en tout cas toujours importé lors de ma présidence a été de préserver et de développer la démocratie, l'horizontalité, et la convivialité, au sein de notre parti, notamment en évitant au maximum la séparation entre comité et membres.
En outre, je crois que nous avons réussi à mettre au cœur de notre activité militante l'idéal que nous poursuivons, le socialisme, en tant que projet de société réel, et c'est là quelque chose qui a de l'importance à mes yeux.

Je remercie chacune et chacun d'entre vous pour ce qu'il m'a été donné de vivre à vos côtés.
Notre parti est composé d'individu honnêtes, avec de vrais idéaux, et je crois que nous pouvons nous en féliciter, tant cela est rare et précieux aujourd'hui.

Je reste membre de la Jeunesse Socialiste Genevoise et je continuerai de participer aux activités de ce parti.

Merci de m'avoir écouté. »



Une phase de mon militantisme et de mon engagement politique se termine, mais ce n'était bien entendu qu'un début.



14:34 Publié dans Jeunesse Socialiste Genevoise, Qui suis-je? | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

L'expérience du MLF sans présidence à proprement parler à (...) mais femmes extrêmement motivées s'est anémiée à la longue par moindre motivation, ennui, lassitude, autres centres d'intérêts des personnes concernées créant ainsi des brèches par lesquelles s'infiltraient personnes pas à proprement parler MLF. Par quel moyen: celui d'exécuter travaux divers à la place des personnes du MLF.

Il y a un temps pour tout et il est sage, et honnête, de savoir se retirer à temps.


Bonne route, Adrien.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 14/05/2014

Bonjour et au revoir.

Quelle absence de surprise dans votre parcours "de gauche."

Conseiller fédéral, c'est pour quand ? ("De gauche", naturellement !)

Écrit par : Trop de skis | 14/05/2014

@Trop de Ski: ce qui peut sembler surprenant pour un non-initié c'est que le camarade Adrien se barre seul des responsabilités pour vivre sa vie sans embarquer avec lui dans son train , une tendance de quoi occuper un Wagon et s'arrêter dans une gare pour faire une assemblée constitutive.
signé ;Laine -in.

Écrit par : briand | 14/05/2014

Honnête et cohérent. Même si je ne partage pas vos opinions politiques je trouve que votre constat est lucide et franc.
Vous vous retirez avec un certain panache et surtout en jouant cartes sur table. Bravo.
Bonne continuation et tous mes voeux

AP

Écrit par : A. Piller | 14/05/2014

A l'image de votre parti, pathétique....

Écrit par : davide | 15/05/2014

Désolé pour mon post précédant, mais je suis chômeur en fin de droits et suis profondément frustré.

Écrit par : davide | 15/05/2014

Le nouveau Fritz Brupbacher?
Ah non, le camarade Fritz n'a jamais eu le cul entre deux chaises, on ne l'aurait pas vu faire campagne sur Léman Bleu pour les apparatchiks du PS tout en se déclarant "libertaire" sur son blog (d'ailleurs, il n'y avait pas de blog à l'époque de Brupbacher).
Joindre la parole aux actes n'est décidémment pas donné à tous ;)

Écrit par : Polnareff | 15/05/2014

Ce que l'on peut retenir des activités de la JSG ces trois dernières années? C'est l'apparition d'une espèce d'intelligentsia (assez confuse idéologiquement, que ce soit dans ses déclinaisons crypto-trotskyste ou citoyenne-libertaire) à Genève. La JSG a semble-t-il des prétentions critiques et, pour certains de ses membres, des velléités de révolte. Ce qui est particulièrement cocasse, c'est que la JSG s'est toujours voulue la conseillère éclairée des pouvoirs, et voilà que vous découvrez d'un coup avec effroi le néant des princes et les méfaits des puissants.
Il n'est donc pas étonnant qu'en désespoir de cause, vous vous mettiez maintenant à plaider pour "l'horizontalité" et la "démocratie" dans votre déclaration d'adieu. Fini le parti, place au "citoyen", "cette chose publique qui a remplacé l'homme" (Georges Darien). Quelles seront vos perspectives hors de la JSG? A la lecture des autres articles récents de votre blog, on serait tenté de dire que vous essayerez de fonder de nouveaux "instruments de résistance", c'est-à-dire de donner le vernis "libertaire" qui manquait à la régulation du chaos du capitalisme démocratique.

Écrit par : Polnareff | 15/05/2014

Je ne comprends pas où vous voulez en venir: les JS trop ou pas assez à gauche? Elles sont déjà rouge vif...

Écrit par : QueFaire | 15/05/2014

@QueFaire, un pinailleur pourrait souhaiter davantage de noir dans le rouge :-)

Écrit par : Adrien Faure | 15/05/2014

Les commentaires sont fermés.