05/05/2014

Pourquoi il est important et nécessaire de repenser le militantisme


Il m'apparaît que beaucoup de gens ne semblent pas comprendre les raisons pour lesquelles il s'agirait de repenser le militantisme, je vais donc, par la présente, les rendre clairement explicites.

Le problème n'est pas seulement qu'il y a un constat empirique (sur un long terme bi-séculaire) d'échec de la gauche réformiste et révolutionnaire à réaliser, de gré ou de force, le socialisme, car cela reste un problème plutôt théorique et on peut y apporter des réponses adéquates en définissant une méthodologie révolutionnaire adaptée (dans la ligne du militantisme de transition dont parlait Trotsky). Le véritable problème aujourd'hui réside dans la désillusion à laquelle doit faire face un militant sincère dans le contexte politique contemporain (et je parle en pleine connaissance de cause).
Pour paraphraser Costanzo Preve, l'essentiel aujourd'hui n'est plus tant de savoir qui est révolutionnaire et qui est réformiste, mais bien plutôt de savoir qui va rentrer à la maison après 5 ans de militantisme et qui va aller se vendre sur le marché électoral pour rentabiliser l'investissement temporel déjà effectué. Car après une certaine durée de militantisme par convictions, le militant honnête se heurte à la baffe de la non réalisation de son idéal et à l'évidente stagnation du monde européen dans le bourbier capitaliste. Face à un semblable résultat, le militant sincère ne peut qu'abandonner tout espoir de voir un jour se réaliser le socialisme, et n'a plus qu'à cesser le militantisme et rentrer chez lui se faire des cupcakes, ou bien à embrasser une carrière politique où il aura l'occasion d'obtenir éventuellement quelque argent, responsabilité, prestige, poste bureaucratique, et autre possible reconnaissance politicienne que nos institutions offrent à celles et ceux qui acceptent de jouer leur jeu.

C'est parce qu'on ne doit pas accepter que la vie politique contemporaine ne se résume à un dilemme aussi déprimant qu'il est important et nécessaire de repenser le militantisme. Nous devons briser le dilemme, et, pour ce faire, formuler une troisième voie.
Ce que j'ai essayé de faire dans mon dernier billet, mais aussi dans d'autres un peu moins récents, c'est justement de formaliser les grandes lignes de cette troisième voie, seule à même de sauver le militantisme et l'espoir de voir se réaliser un jour le socialisme.

Mon propos était de développer l'idée selon laquelle il faut considérer que le socialisme n'est pas (seulement) un système tout fait tout beau, ou un stade donné dans le développement des sociétés humaines (ou autrement dit un mode de production particulier dans l'optique de Marx), mais avant tout une attitude et une pratique individuelle fondée sur une certaine position éthique (qualifiable justement de « socialiste ») qui se traduit par la possibilité de vivre son idéal individuellement, et surtout collectivement à travers les phalanstères, ces espaces de vie alternatifs où les rapports sociaux sont d'ores et déjà modifiés (je reviendrai sur ce concept plus en détails dans un prochain billet).
Ainsi le militant peut-il dès à présent expérimenter et vivre son idéal, sans avoir à remettre à plus tard la jouissance d'une société libre, débarrassée de la hiérarchie et de la domination. Le militantisme peut alors devenir une fin en soi, un art de vivre, apportant du plaisir au militant, tandis que le militantisme traditionnel devient envisageable sur le long terme, en tant qu'activité secondaire.
Je pense aussi la philosophie et l'art comme les piliers fondamentaux de ce militantisme-art de vivre, car ces deux activités mènent toutes deux, par la recherche de la vérité par la raison et par la recherche de la beauté et/ou de la qualité esthétique par la sensibilité, à la réalisation du socialisme et à la subversion de l'ordre en place.

Voilà donc esquissées je pense les grandes lignes d'une possibilité militante alternative, et voilà le pourquoi de l'esquisse.

15:28 Publié dans Militantisme | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Il me paraît que l'échec "de la gauche réformiste et révolutionnaire à réaliser, de gré ou de force, le socialisme (...)" est au contraire un problème très concret.

Car en dépit de tous leurs discours bien pensants et leurs bonnes intentions, aucune ses gauches n'a réussi à imposer (démocratiquement ou non) son modèle de société "plus juste, plus égalitaire, plus équitable". Bien au contraire.

A cette approche collectiviste (le bien du plus grand nombre) s'oppose l'approche de libération des individus par eux-mêmes. Vous l'affirmez vous-même dans dans votre précédent billet où vous dites que "l'émancipation de l'individu commence par l'individu, pas par le parti ou l’État" - au risque de passer pour un dangereux déviationniste car, selon la doxa, l'individualisme est l'essence même du déviationnisme.

Tout ça pour dire qu'à force de vous triturer les méninges pour justifier l'existence même du socialisme tel que vous le concevez, vous arriverez sans doute aucun à la seule conclusion qui s'impose: l'inévitabilité de la disparition du socialisme comme doctrine et l'émergence de la primauté de la liberté individuelle choisie sur la liberté collective et socialiste (c'est à dire imposée). Car ce n'est qu'avec des individus libres, notamment de penser en dehors de tout cadre "théorique" que la société pourra s'apaiser et se développer de manière harmonieuse.

Écrit par : Déblogueur | 05/05/2014

Le constat de base sur lequel tu te bases est celui d'un enfant capricieux. Tu as constaté que tu n'avais pas réalisé le socialisme après 5 ans de militantisme à temps partiel, et pour cette raison tu donne au militantisme une place secondaire?
Moi j'appelle ça se décourager, renoncer. Tu y as passé à peine une fraction de ta jeunesse, alors que d'autres y passent leur vie entière. Certes, le changement est extrêmement lent, mais si cela ne te convient pas, la politique ne peux non plus te convenir de manière générale.
Tu oses parler de "constat empirique de l'échec la gauche réformiste"? C'est à nouveau le constat bâclé et erroné d'une personne qui veut tout tout de suite. D'innombrables victoires socialistes ont été remportées depuis au moins cent ans. Tu ne peux les renier, et tu ne peux décidément pas le ignorer; ce serait cracher sur l'oeuvre de ceux qui, eux, ne se sont pas découragés au tout début de leur lutte.
Non, vraiment, venant de toi, ces propos sont décevants. Tu ne sers pas la cause socialiste en te retirant dans ton ermitage-phalanstère. Par contre, tu te sers toi-même. Ah, certainement, tu te sers toi-même. Ce serait la vie idéale! Tu n'aurais plus besoin de te soucier des autres, juste de ton propre plaisir. Tu pourrais cultiver les arts, la philosophie et toutes les belles choses de ce genre. Le dimanche, tu pourrais aller militer pendant une heure ou deux. Et tant pis pour le reste de la population qui n'a pas les moyens de vivre d'amour et d'eau fraîche. Après tout, eux aussi n'ont qu'à devenir riches et bourgeois.

Écrit par : Eugène de Beauharnais | 05/05/2014

Eugène

A vrai dire non, je donne à une certaine forme de militantisme, celui que je qualifie de "traditionnel" une place secondaire, mais justement pas au militantisme en tant que tel. Maintenant, c'est moins sur mon expérience personnel que sur l'observation de l'histoire du mouvement socialiste que je me base pour postuler l'échec du militantisme traditionnel.

Je ne nie pas la valeur des réformes et des conquêtes obtenues, mais mon propos ici est de m'interroger sur la réalisation du socialisme, et non sur l'obtention de nouveaux acquis sociaux par des réformes, car c'est là un autre débat.

Enfin, il est faux de dire que je me suis retiré dans mon ermitage-phalanstère. Au contraire, j'ai multiplié les activités militantes ces derniers temps.

Il y a de manière générale incompréhension du but du texte et de la démarche (malgré ma volonté de rendre ce but explicite) et incompréhension de mon activité militante il me semble.

Écrit par : Adrien Faure | 05/05/2014

Je le redis donc : le but de cette réflexion est de permettre (sauver) le militantisme traditionnel, et non le condamner. Si ce n'est pas clair c'est dommage, car c'est quand même un des buts principaux de cette réflexion, même si mon propos est aussi d'élargir et d'enrichir la notion de "militantisme".

Il y a aussi une mécompréhension de l'impact de la philosophie et de l'art sur la société. Ce sont des outils d'une puissance immense je pense, et dont l'influence peut se faire sentir pendant des décennies. Il ne faut donc pas je pense mal les juger ou en amoindrir la force.

Écrit par : Adrien Faure | 05/05/2014

Par contre, je ne le nie pas, cette réflexion accompagne ma propre activité, et je tire des conclusions de mes propres théories, c'est évident (et heureux il me semble). Mais justement, je n'implique nullement de cette reformulation du militantisme un arrêt de mon militantisme traditionnel, au contraire, je considère que je le renforce sur le plan théorique.

Écrit par : Adrien Faure | 05/05/2014

J'ajouterais encore que c'est moins la politique tout court, qu'une certaine interprétation de la politique qui me dérange et me pose problème.
Enfin bref, je trouve que tu émets des jugements un peu à l'emporte-pièce.

Écrit par : Adrien Faure | 05/05/2014

Bon, soit.
Admettons alors que ton socialisme-miracle ne t'éloigne pas du militantisme - malgré le fait que tu le relègues à une place secondaire; et soit, admettons que tu aies multiplié les activités militantes.
Si l'on met cela de côté - ce que l'on ne devrait jamais faire -, nous faisons néanmoins face à un problème: à aucun moment tu ne parles du lien de cause à effet entre le "constat de l'échec du militantisme" et ton mode de vie. Je comprends seulement que tu t'es découragé du militantisme traditionnel et que tu as à présent l'intention de vivre d'une manière un peu poète-bohémienne. Or, rien n'explique en quoi les bases du mode de vie que tu établis ont un lien avec le socialisme. Il ne s'agira jamais que de ton idée d'une vie (tranquille), et je crains que tu ne te sois forcé à la lier au socialisme, tant bien même que les préceptes socialistes n'impliquent en aucun cas des "espaces de vie alternatifs", des phalanstères, une recherche artistique ou même une absence de hiérarchie.
Tu as juste trouvé ton idéal de vie et l'a appelé socialisme. Et si tu n'es pas d'accord, prouve-moi donc que le mode de vie que tu proposes est socialiste.

Écrit par : Eugène de Beauharnais | 05/05/2014

Ne faudrait-il pas renoncer aux étiquettes: révolutionnaire, réformiste, militant...

n^y a-t-il pas confusion entre moyen et but`?

Cultiver les arts, la philosophie, écrit l'un de vos correspondants.

L'amitié, la solidarité, l'écoute, cette fois, sans affiches, étiquetages divers.

On reprochait au christianisme son terme charité "chrétienne"!

Ou la nécessité toujours de faire savoir que telle bonne action, initiative était "chrétienne"!

On réalise qu'en ce moment la finance l'emporte sur la politique. Résultat? Guignols en tous genres sur la TV oû l'on se fiche des ministres, députés voire... président désormais dits dérisoires pantins.

Allons au-delà.

Il y a un chant allemand qui dit à peu prés que "Nous construisons une route si haute, si haute qu'au fond nous ne savons pas... Cette route de l'idéal, de l'élévation d'esprit, de l'amitié, du partage ne serait-elle pas la bonne?!

Écrit par : Solange | 05/05/2014

Eugène, allons-y point par point si tu veux bien.
D'abord, c'est dans mes précédents textes (dont celui que je t'ai fait suivre par MP) que j'ai défini plus clairement et plus en détails le socialisme. Je pense donc notamment à ce texte sur les fondements éthiques et ontologiques du socialisme. Beaucoup de choses y sont et je risque de me répéter désolé.

Les phalanstères, ces espaces de vie alternatifs, sont une invention géniale de Fourier, un grand ancêtre du socialisme. Il y a donc une filiation historico-philosophique éminemment socialiste entre mon utilisation de ce concept et sa formulation.

L'absence de hiérarchie est une manière de dire socialisme. Le projet socialiste est l'absence de hiérarchie, comme l'absence de domination, d'exploitation, etc.
C'est lié au fait que le socialisme se fonde sur certaines valeurs, partage, solidarité, liberté, égalité, qui sont opposés à toute idée de hiérarchie. Cela est présent dans toute l'histoire des idées et des mouvements socialistes cela.

La recherche artistique et le socialisme ont des liens historiques et philosophiques, à nouveau. Pensons seulement à toutes ces avant-gardes artistiques qui ont sans cesse subverti les dogmes de l'ordre établi pour mieux se rapprocher de leur idéal. Marx et Trotksy ont aussi écrit sur les liens entre socialisme et art si tu veux te convaincre avec de meilleures plumes que moi (et que tu trouveras peut-être plus légitime). Je peux bien sûr encore développer ce point.

Mais pour revenir sur le point central, le socialisme est donc bel et bien une éthique individuel d'abord. C'est la question de la crédibilité, de la cohérence, d'être en accord avec ses idées par ses actes. On ne peut pas être un gros salaud exploiteur dans sa vie professionnelle et se revendiquer du socialisme. C'est incohérent. Donc voilà, il y a un lien important entre l'éthique individuelle, le comportement individuel, et le projet socialiste collectif, qui n'est que l'application de ces principes à une échelle plus élevée.

Écrit par : Adrien Faure | 05/05/2014

Pour reformuler plus clairement mon propos : le mode de vie que je défends est cohérent avec les valeurs socialistes. Autrement dit, le socialisme se fonde sur des positions éthiques (comme tout projet politique), et je définis (ce qui n'a rien de si sorcier) un mode de vie en adéquation avec ces valeurs.

Écrit par : Adrien Faure | 05/05/2014

Adrien, vous véhiculez de nombreuses notions qui demandent à être définies et précisées. Malheureusement ces notions comme "l'idéal" ne sont pas des objets qu'on peut prendre entre ses deux mains et les scruter. L'idéal est d'abord une forme de processus.
Ensuite, la mépréhension de l'idée-même de la "révolution" comme un évènement qui annonce son sa manifestation ou son apparition qui va capter notre attention. La révolution, si on l'observe sur une longue période -plusieurs décennies - est une marche silencieuse très liée à l'évolution d'une société et des hommes: une marche qui comporte assimilation de certaines choses et rejet d'autres, mais dans l'ensemble, ce sont les résolutions abouties qui font la différences. Ces différences ne peuvent donc se juger que sur le nombre dans le temps ou l'importance.

Le socialisme.
Comme le communisme, j'ai beaucoup de peine à le définir. Ce dont je suis capable d'apprécier est le Comment vit on le socialisme. Pour cela, l'histoire ancienne et récente nous apporte un volume incroyable de faits, d'essais théoriques, des critiques sur sa doctrine et le vécu de gens qui se sont réclamés de lui.
Il y a le socialisme de cœur dont on ne connait pas vraiment sa figure, son visage. C'est une idée qu'on se fait de vivre en société, dans le brassage des classes économiques, sociales et culturelles. Ceci pour dire qu'on va rompre leur hiérarchie respective et effacer leurs frontières. Ainsi, on pense favoriser le contact entre toutes les catégories pour les amener à partager une place commune, un marché social commun. Faire ressortir les préoccupations communes donc les problèmes communs comme par exemple: la santé, la force du travail, son renouvellement, son adaptation et son amélioration pour satisfaire les besoins collectifs et privés.
Ici, je fais une parenthèse: Le privé s'est tellement sur-développé et tellement dynamique qu'il accapare quasiment toutes les ressources, laissant à ceux qui les produisent dans une position de faiblesse(C'est une évidence). La force avec laquelle le peuple et les travailleurs essaient d'en retenir une partie, fait naître un mouvement qu'on dit de lutte, car il faut bien l'organiser (actuellement l'affrontement entre la droite latifondière fascisante du Venzuela et les populations pauvres qui soutiennent son gouvernement protecteur, illustre ce mouvement).
La "révolution" ou renversement des rapports de forces dans la faim, dans le déni, dans l'injustice, mérite de remporter la victoire.

C'est le modèle de lutte et le projet économique qu'on lui donne qui se qualifie comme socialiste ou communiste parce qu'il prend la défense de la majorité du peuple, fournisseur de biens.
Donc, Adrien, le socialisme est d'abord une dynamique du cœur qui doit s'exprimer et prendre forme concrètement.
Les manières et les projets sont tellement différents d'un autoproclamé socialiste à un autre qu'en fait, on ignore encore aujourd'hui à quoi doit ressembler le socialisme. Par contre il a été donné à connaître comment il a été vécu et c'est ce vécu qui est critiqué et critiquable.

Sous ce lien, vous avez l'exemple du socialisme décrié dont le chef de l'état français, ancien secrétaire du parti socialiste est considéré comme un imposteur. Pas seulement par rapport aux promesses qu'il avait faites pendant sa campagne présidentielle mais aussi par rapport au socialisme idéalisé, par rapport aux attentes d'une grande majorité du peuple.

http://la-sociale.viabloga.com/news/l-effondrement-de-la-gauche-un-tournant-historique

Personnellement, je m'intéresse à la politique comme un archéologue s'intéresse à des vestiges ensevelis ou à un corps à autopsier. C'est peut-être le recul suffisant qui fait que je n'ai plus besoin de me sentir impliquée pour apporter et non imposer ma contribution. Je ressens nul besoin de militer pour avoir le goût de la recherche des solutions.

Pour en finir provisoirement, le socialisme ou autre idéologie, par sa forme par ses statuts, ses mécanismes par les instances, ses exigences pour son tropisme ou prosélytisme, ses hiérarchies et son emprise sur l'assemblée, son impact dans la société, est devenu système.
Peut-on concevoir qu'un agenda quel qu'il soit aboutisse sans pé-concevoir un système pour le mettre en place? Comme on met en place un chantier de construction on y met ensuite la construction elle-même?
Il faut reconnaître que toute idée qui doit se réaliser recourt à la mise en place d'un système. C'est précisément sur lui qu'il faut apporter son attention. La qualité du système est la réponse à l'aboutissement du projet.
La question est la suivante: Est-ce que la qualité du système confère au projet des qualités? Pas évident. Faut-il penser un système pour chaque étape?
En tout cas, il faut de la qualité d'homme pour conférer des qualités au système.

Dernières observations: la recherche de la vérité n'est pas par la raison mais par le rationnel. Le raison n'est pas toujours objective, elle peut parfois masquer la vérité, étant elle-même la justification de quelque chose, pas forcément la vérité.

La hiérarchie.
Dans le sens technique du terme et non pas théologique, la hiérarchie est nécessaire pour répartir les pouvoirs (habilités et compétences) et pour les coordonner ensuite. Le contraire. L'anarchie ne permet pas à l'action ciblée de se réaliser ni de dégager une idée maitresse ou initiale.
Si on abuse de la hiérarchie, on peut perdre des adhésions jusqu'à perdre sa légitimité et son efficacité, parce que les gens ne s'y reconnaissent plus et qu'ils n'y trouve plus leur place.

Quand la politique n'est qu'une esthétique de vie, elle ne sert que son égo. Méfiez-vous. La politique du militant peut aussi lui faire perdre le sens de la beauté et lui ôter l'art qui l'habite. Elle a appauvri l'âme de tant de personnes.

Écrit par : Beatrix | 05/05/2014

OK. Gros lien historico-philosophique entre le socialisme et ton projet de société donc.
À la lumière de ces puissants arguments, il est donc fort hardi de conclure par "Le socialisme est donc bel et bien une éthique individuelle".
Tu sais, tu m'aurais décrit ton truc comme un simple art de vie, je t'aurais complètement approuvé et même soutenu.
Mais cesse de le définir comme socialiste, si tu parviens aussi mal à en démontrer le lien.

Écrit par : Eugène de Beauharnais | 05/05/2014

OK. Gros lien historico-philosophique entre le socialisme et ton projet de société donc.
À la lumière de ces puissants arguments, il est donc fort hardi de conclure par "Le socialisme est donc bel et bien une éthique individuelle".
Tu sais, tu m'aurais décrit ton truc comme un simple art de vie, je t'aurais complètement approuvé et même soutenu.
Mais cesse de le définir comme socialiste, si tu parviens aussi mal à en démontrer le lien.

Écrit par : Eugène de Beauharnais | 05/05/2014

Eugène, et bien oui, il y a un gros lien historico-philosophique je pense.
C'est du projet de société socialiste que j'implique cette question d'un art de vie. D'où mon propos.

Écrit par : Adrien Faure | 05/05/2014

Vous dites "On ne peut pas être un gros salaud exploiteur dans sa vie professionnelle et se revendiquer du socialisme"...

Peut-être serait-il intéressant de demander aux élu(e)s socialistes comment ils se situent par rapport à cette belle affirmation. Si je ne m'abuse, une socialiste éminente a été maire de la bonne ville de Genève et siège encore au sien de son exécutif...

Écrit par : Déblogueur | 06/05/2014

@ Adrien Faure

Les valeurs éthiques sur lesquelles vous vous fondez ne sont-elles pas celles tout d'abord enseignées par les philosophes, le bouddhisme, les Evangiles conscience compassion partage: l'ensemble de ce qui en découle

A partir de ces trois mots: Conscience Compassion Partage: ?

Une société où il ferait bon vivre?

Lorsque nous entrons dans une boulangerie, humons, sentons l'odeur du bon pain... pour "apprécier" faut-il que nous connaissions le nom précis de chaque pain cuit?

Écrit par : Solange | 06/05/2014

@ Eugène:

"Tu ne sers pas la cause socialiste en te retirant dans ton ermitage-phalanstère. Par contre, tu te sers toi-même. Ah, certainement, tu te sers toi-même. Ce serait la vie idéale! Tu n'aurais plus besoin de te soucier des autres, juste de ton propre plaisir."

Penser aux autres et même s'en soucier est une bonne chose quand les autres le demandent. Le faire par volontarisme idéologique alors qu'ils ne l'auraient pas demandé n'est pas une bonne chose. Une forme éminente de respect des autres et d'attention portée à eux est de les considérer libres, de les laisser aller aussi loin que possible par eux-mêmes, sans les diriger ni anticiper (ce qui est souvent une autre manière de les diriger). L'Histoire est pleine de gens qui, en voulant faire le bien des autres, ont provoqué des bains de sang et sont devenus eux-mêmes ce qu'ils reprochaient aux autres - et ce qu'ils étaient probablement au fond: des tyrans. Sans un travail personnel sur sa propre relation au pouvoir, toute évolution ne fera que reproduire le même système mental et social.


@ Déblogueur:

d'accord avec vous:

"l'émergence de la primauté de la liberté individuelle choisie sur la liberté collective et socialiste (c'est à dire imposée). Car ce n'est qu'avec des individus libres, notamment de penser en dehors de tout cadre "théorique" que la société pourra s'apaiser et se développer de manière harmonieuse."

A la différence cependant que je pense qu'il y a des limites nécessaires à la liberté individuelle, mais qui sont difficiles à formuler dans le détail.


@ Solange:

D'accord avec vous. Les voies dites spirituelles ont pour but de permettre ce travail individuel sur sa propre relation au monde.


@ Adrien:

Nous nous rapprochons ici, sur le fait que le lieu de l'action est soi-même d'abord.

Écrit par : hommelibre | 06/05/2014

Adrien, j'admire votre aincérité, votre persévérance, votre courage mais je veux re présenter ma question/suggestion en vous citant: valeurs "socialistes"! Adrien, pourquoi pas "valeurs" (non les seules "sonnantes et trèbuchantes!) tout court? soin à chacun qui vous entend de chercher en lui ce que sont les "valeurs"! Notre société n'est-elle pas en train de se dessécher à force d'oublier, ou d'avoir oublié ou de jeter par-dessus bord les... "valeurs"?!

Écrit par : Solange | 08/05/2014

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