13/04/2014

Entretien avec le militant Brice Touilloux

Brice Touilloux, 24 ans, étudiant en médecine en dernière année, est le Vice-président de la Jeunesse Socialiste Genevoise, dont il est sympathisant depuis 4 ans, et est membre du Parti Socialiste Genevois depuis 2 ans. Sur le plan associatif, il est membre de l'association des étudiants en médecine de Genève, dont il a été secrétaire des affaires facultaires et responsable des affaires politiques.
Professionnellement, il aspire à exercer en tant que pneumologue et épidémiologiste. Son signe astrologique est capricorne, il n'a pas de couleur préférée, et considère que le chat est l'animal suprême.
 


AF. A quel groupe social penses-tu appartenir ?

 

BT. Vu mon parcours, mes études et mon proche métier, je pense faire partie de la classe moyenne en étant issu de la classe populaire.

C'est ma formation de médecin et ma future profession de médecin (avec le bon salaire qui va avec) qui permet de me définir dans cette catégorie. Mais mes origines modestes, passées à compter s'il m'était possible de boire une bière durant la soirée dans un bar avec des amis ou de pouvoir prendre un café, me font appartenir en même temps à la classe populaire. J'ai eu la chance que mes facultés intéressent le monde actuelle, chance dont très peu de personne bénéficient.

 

AF. Qu'est ce que la politique et le militantisme pour toi ? Qu'est ce que cela représente à tes yeux ? Pourquoi faire de la politique aujourd'hui ?

 

BT. La politique est le mécanisme, l'organe qui aujourd’hui peut modifier l'environnement social (mais aussi écologique) dans lequel nous vivons. L’organisation de notre société est le résultat de nombreuses petites choses qui ajoutées les unes aux autres forment un gros bloc : notre société. La politique est un moyen de changer cette société en changeant ces petits détails. Et pour donner des moyens à notre vision politique, le militantisme est une arme.

Aujourd'hui nous sommes dans une période particulière. Une grande partie de la jeunesse (dont je fais partie) n'a connu qu'un monde dit unipolaire, avec une superpuissance que personne ne semble pouvoir contrer : les États-Unis, et surtout leur système financier. En même temps, ce monde avec un seul modèle économique (et un seul modèle de vie) est dit en crise en Europe. Le peuple, qui est celui qui encaisse toujours les erreurs des dirigeants et de la finance, cherche une sortie à sa souffrance et à la progressive diminution de sa qualité de vie. Faire de la politique aujourd'hui c'est proposer des solutions concrètes pour améliorer cette qualité de vie mais aussi mettre en avant la difficile réalité de tous les jours de la population.

 

AF. Qu'est ce que le socialisme selon toi ?

 

BT. Pour moi, il s'agit d'un système où le travailleur possède son moyen de production, soit directement soit en étant membre d'une coopérative. Ainsi toute augmentation de sa production a une répercussion directe sur son revenu, ce qui est bien plus valorisant que le système actuel.

En même temps ce système tend à éliminer la concurrence entre les travailleurs, et un organe tel que l'Etat protège les plus faibles et ceux qui ne peuvent pas travailler. Le socialisme apportera aussi plus de décisions de la part du peuple pour qu'il soit vraiment le dirigeant de son avenir.

En attendant, le socialisme à Genève en 2014 c'est la défense de la classe populaire et de la classe moyenne, face à une minorité dominante (bénéficiant de forfaits et boucliers fiscaux...). Ceci passe par une revalorisation du travail, une véritable égalité des chances et une diminution des privilèges de naissance ou acquis.

 

AF. Comment réaliser ton idéal aujourd'hui ? Par quels moyens ?

 

BT. Aujourd'hui, en 2014, pour réaliser l'idéal que j'ai décrit au dessus il faut des majorité de gauche dans les parlements et dans les exécutifs, à tous les niveaux. Avec des parlements fort de gauche, nous pourrons réformer la société actuelle pour al rendre plus juste. En attendant, des initiatives de gauche peuvent préparer le terrain. Nous devons donc nous montrer prêt à diriger le pays face à la population, pour la convaincre puis l'aider et surtout lui permettre de s'aider.

L'ambiance n'est pas à la révolution, alors travaillons avec force à réformer.

 

AF. Quels individus, vivants ou morts, inspirent ton engagement ?

 

BT. Parmi les morts, il y a Salvador Allende (président chilien de 1970 à 1973). J'admire sa volonté absolue de réformer la société chilienne pour la rendre plus juste et plus égalitaire. Ceci en conservant la démocratie, la transparence et la liberté d'expression même durant les périodes de manifestations de droites qui voulaient reprendre le pouvoir (ce qu'elles ont finalement réussi...).

J'aime beaucoup aussi le duo Léon Nicole – Charles Rosselet (leader du PS Genevois dans les années 1920 et 30), l'un bouillonnant tribun d'apparence révolutionnaire, héros de la classe ouvrière, agressif, dépassant parfois les limites du respect mais aimé pour cela. L'autre, le placide Charles, qui avec de belles tirades d'apparence calme détruit la rhétorique bourgeoise et arrive à convaincre bien au delà de la classe populaire, ce qui renforce l'ensemble socialisme. Malgré quelques divergences, ils étaient unis. J'aimerais vraiment que le PS retrouve cette dualité et cette union : classe populaire et classe moyenne.

Dans les vivants, je suis admiratif de la ténacité et du courage de Pierre-Yves Maillard de tenter de résoudre un problème aussi important que la mainmise des assureurs et des boites pharmaceutiques sur la santé en Suisse. J'admire tout particulièrement ses réussites, car il a 2 ogres en face de lui.

Dans la médecine, je citerais Dr James Curran, épidémiologiste du CDC d'Atlanta qui avait clairement mis en évidence les moyens de transmissions du VIH et que le SIDA était du à un virus... Ceci sans laboratoire, juste par réflexion épidémiologique !

 

AF. Quelles sont les trois valeurs les plus importantes à tes yeux ?

 

BT. L'intégrité, le sérieux dans son travail et l'humour, car une vie sans humour est une vie... chiante. Il faut le dire !
 

AF. Envie d'ajouter encore quelque chose ?

 

BT. Léon Nicole dirait « Tout pour le peuple, tout par le peuple », je serais d'accord avec lui. Mélenchon ajouterait « Durant des décennies, vous avez trouvé des ouvriers moins chers. Eh bien nous trouverons des patrons moins cher. », je le soutiendrais aussi.

Et parce que j'aime la science, je citerais Claude Bernard (Physiologiste français du 19e siècle) : « L'admission d'un fait sans cause, c'est à dire indéterminé dans ses conditions d'existence, n'est ni plus ni moins que la négation de la science. ». Comprendre les causes et le mécanismes est plus importants que de connaître les faits.

21:23 Publié dans Entretiens avec des militants | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

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