17/11/2013

Romantisme et socialisme

Lorsque quelqu'un dit : Je suis socialiste et je dédie ma vie à la révolution.
Il ne fait en fait qu'avouer une seule chose : Je suis romantique et je dédie ma vie à la passion. 
 

Pour certains, la politique est un moyen de faire carrière, pour d'autres, c'est une manière avantageuse d'occuper son temps libre. Pour quelque uns, c'est une façon de trouver une seconde famille, ou tout simplement de combler ses besoins en terme de sociabilité. Enfin, certains y recherchent prestige ou reconnaissance sociale.

Mais pour le romantique, la politique n'est que l'extension logique du déchaînement des passions, le champ de bataille où bâtir une cathédrale au nom d'une divine exaltation.
Seul le romantique a de véritables convictions politiques, car lui seul va au bout de ses idées et est prêt à en assumer ses conséquences. Ainsi, le romantique est révolutionnaire par excellence.

L'état d'esprit du militant romantique est toutefois tiraillé par ses contradictions : entre militantisme en phase avec la population et ses propres aspirations, entre sa spontanéité et la nécessaire planification de l'action politique, entre son impatience et la lenteur des institutions, entre la réalité et son idéal, entre la nécessité de s'appuyer sur la raison et la logique, pour construire ses idées et son discours, et ses émotions.

Au lieu de donner des cours de marxisme, nous ferions donc mieux de donner des cours de romantisme.
Mais le romantisme ne s'apprend pas, il se vit.

14:34 Publié dans Romantisme | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Le romantisme néanmoins était globalement hostile au matérialisme, le socialisme en se liant à Marx a quitté son romantisme, car Marx est en réalité l'héritier des idéologues de la révolution française, qui eux-mêmes étaient les héritiers de la philosophie des Lumières. Il y a bien une part de romantisme dans le socialisme d'un Saint-Simon, ou d'un Pierre Leroux, mais Marx en réalité participait bien plus du positivisme et du scientisme que du romantisme. Quel romantique aurait admis l'idée du matérialisme historique? Victor Hugo rejetait le socialisme, il avait pourtant une forme de passion politique aussi.

Écrit par : Rémi Mogenet | 17/11/2013

@Rémi Mogenet, il existe des courants idéalistes socialistes.
Sur Marx, je pense qu'il est lui aussi traversé par ces contradictions entre romantisme et positivisme.

Écrit par : Adrien Faure | 17/11/2013

Saint-Simon a certainement quelque chose d'idéaliste; mais Marx a quand même très peu de romantisme. En tout cas selon Georges Gusdorf, auteur de plusieurs volumes sur le romantisme qui font autorité, Marx est quand même dans le courant positiviste bien plus que dans le courant romantique. Ricarda Huch, qui a écrit un ouvrage qui fait référence aussi sur le romantisme allemand, montre que le romantisme, construit contre Napoléon et son centralisme étatique, était en fait favorable globalement à une forme de fédéralisme, qu'il s'appuyait sur les cultures locales et régionales, dont il voulait qu'elles soient reconnues dans leur légitimité contre l'uniformisation désirée par Napoléon, et la prétention à l'universalisme abstrait issue de la philosophie des Lumières. A mon avis, en politique, celui qui paraît romantique, c'est plutôt Denis de Rougemont. Car si la passion des socialistes d'autrefois rappelle par son côté sentimental le romantisme, on ne peut pas dire que cela se soit accompagné d'une philosophie réellement issue des philosophes romantiques, notamment d'Allemagne. D'ailleurs Rougemont lui aussi rejetait le matérialisme, et les romantiques aussi. Selon Gusdorf en réalité ce sont plutôt les écologistes, que les socialistes, qui sont les héritiers du romantisme, qui a toujours rejeté la primauté de la civilisation industrielle. Au reste Pierre Leroux avait je crois créé une ferme communautaire et biologique dans le Limousin. Mais Marx, je suis vraiment sceptique. De Gaulle aussi à ce compte-là était romantique, il héritait de la vision de Michelet. Tous ceux qui ont de la passion en politique sont romantiques.

Écrit par : Rémi Mogenet | 17/11/2013

@Rémi Mogenet, je vous accorde bien volontiers que Marx est davantage positiviste que romantique, très clairement. C'est Maximilien Rubel qui a défendu la thèse d'un certain romantisme chez Marx (peut-être davantage le jeune Marx que le vieux), entres autres dans "Pages de Karl Marx, pour une éthique socialiste".

Écrit par : Adrien Faure | 17/11/2013

« En banlieue, c'est surtout par les tramways que la vie vous arrive le matin. Il en passait des pleins paquets avec des pleines bordées d'ahuris brinquebalant, dès le petit jour, par le boulevard Minotaure, qui descendait vers le boulot.

Les jeunes semblaient même comme contents de s’y rendre au boulot. Ils accéléraient le trafic, se cramponnaient aux marchepieds, ces mignons, en rigolant. Faut voir ça. Mais quand on connaît depuis vingt ans la cabine téléphonique du bistrot, par exemple, si sale qu'on la prend toujours pour les chiottes, l’envie vous passe de plaisanter avec les choses sérieuses et avec Rancy en particulier. On se rend alors compte où qu'on vous a mis. Les maisons vous possèdent, toutes pisseuses qu’elles sont, plates façades, leur cœur est au propriétaire. Lui on le voit jamais. Il n'oserait pas se montrer. Il envoie son gérant, la vache. On dit pourtant dans le quartier qu’il est bien aimable le proprio quand on le rencontre. Ça n'engage à rien.

La lumière du ciel à Rancy, c'est la même qu'à Détroit, du jus de fumée qui trempe la plaine depuis Levallois. Un rebut de bâtisses tenues par des gadoues noires au sol. Les cheminées, des petites et des hautes, ça fait pareille de loin qu’au bord de la mer les gros piquets dans la vase. Là-dedans, c'est nous . »

Écrit par : Chuck Jones | 17/11/2013

Adrien, vous devenez pathétique !!

Ou vous l'êtes depuis longtemps ?

Écrit par : Corto | 18/11/2013

@Corto, vous devenez insultant. Ou vous l'êtes depuis longtemps ?

Écrit par : Adrien Faure | 18/11/2013

Corto est simplement un branquignol. Et vu son état de décrépitude, faut croire, depuis bien, bien longtemps.

Écrit par : Kasperle | 18/11/2013

De plus en plus pathétique !!

Écrit par : Corto | 18/11/2013

A la quête de la soumission, un brin de romantisme décadent ne gêne nullement, quant à Kaspard, ça doit être par manque de shublig !

Écrit par : Corto | 18/11/2013

Adrien, vous ne vous rendez même plus compte de vos paroles, mais si c'est par romantisme que vous hurlez à la corruption soumise du socialisme, alors je comprends !!

Écrit par : Corto | 18/11/2013

Quand un Chaschperli qualifie son prochain de branquignol, la boucle est bouclée !

Écrit par : Corto | 18/11/2013

Et voilà que le bien décrépi branquignol vient confirmer mes propos. Exactement comme je l'avais prévu.

Écrit par : Kasperle | 18/11/2013

et les Pluriels:, de passage sur le Faure en thème , j'observe que le cher Adrien utilise de manière abusive le singulier , que cela concerne Marx et "les marxistes" le Romantisme et les" romantiques"
cela d'autant plus que pas mal de cadavres sont cachés dans l'Armoire historique du fait de la pluralité et non de la singularité.
Ce sera tout pour ce soir, j'écoute de façon abusive une musique postromantique qualifiée de décadente interdite en Israël et composée sous le lavaux vaudois à Montreux .Richard Strauss.four last songs.

Écrit par : briand | 18/11/2013

Mais comme les discours prenant racines dans les popotes de gauche ressemble à s'y tromper aux discours les plus populistes, rien n'a changé depuis l'avènement du maréchal, réunissant tous les syndicats et la gauche de France.

Écrit par : Corto | 19/11/2013

Heureusement que les islamistes cultivent encore en 2013 le culte de la révolution !

D'ailleurs on les reconnait les commentateurs dégoulinants sur le blog de ramadan !

Écrit par : Corto | 19/11/2013

Deux peuples, deux états avec comme capitale : Paris !!!

Écrit par : Corto | 23/11/2013

Les commentaires sont fermés.