17/11/2013

Le marché n'existe pas



On dit souvent que le marché n'est qu'une fiction pour représenter l'ensemble des consommateurs et des producteurs (de la même façon que les marchés financiers ne sont que la représentation des investisseurs). Mais ce qu'on ne dit pas, c'est que le marché est aussi une fiction d'une spontanéité qui n'en est pas une. Ce qu'on appelle le marché, ou l'économie de marché, n'existe pas.

Mon ami Jérémy D., auteur du très bon texte sur l'économie planifiée décentralisée et démocratique Codename Utopia, disait en effet il y a peu sur les réseaux que jamais la production (l'offre) n'est déterminée toute seule par la magie d'une Main invisible. Il n'y a pas de demande qui déterminerait de manière naturelle l'offre, toute demande en biens et services de consommation est une demande sociale qui implique une offre sociale. Autrement dit, il y a des hommes et des femmes qui à un moment ou à un autre doivent déterminer ce qu'il faut produire, comment, combien, et pour qui.

Dans ce qu'on appelle l'économie de marché, ce sont les entrepreneurs (dans leur rôle de gestionnaire d'entreprise) qui déterminent la production en fonction de la consommation (l'offre en fonction de la demande) en anticipant la demande pour les biens et les services qu'ils produisent. Il y a nécessité pour eux de prévoir ce qu'ils vont vendre pour pouvoir décider que produire, et donc ils doivent anticiper la demande (la consommation) pour leur production.

Cela semble ce qu'il y a de plus simple en économie politique, et pourtant, cela signifie que l'économie est toujours planifiée, et que le marché n'est rien d'autre qu'une planification par les entrepreneurs de la production. 

13:47 Publié dans Socialisme & économie planifiée | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Il y a les marchés financiers et les comptes à numéros suisses des nomenclatures des pays socialistes ou ex-socialistes, la seule différence, c'est que les seconds investissent leur argent dans l'économie, alors il est vrai que la gauche préfère les voleurs et les pilleurs privilégiant les comptes à numéros !

Écrit par : Corto | 17/11/2013

Et c'est comme ca que les magasins vendent de vêtements d'été en hiver, et vice-versa.

Et si le client se rebiffe et boude une saison, il suffit de lui planifier un petite rupture d'approvisionnement à un moment bien senti pour lui rappeller que c'est le producteur qui décide de ce que le client veut, et à quel moment, pour avoir les meilleurs prix, et que c'est au client de faire ses réserves le reste de l'année, ou acheter des denrées hors-saison en surplus (donc à coût proche de zéro) importées de l'hémisphère sud, puis vendues à 4 fois le prix du kérosène, pour que le distributeur fasse un bénéfice équivalent au prix du transport.

Écrit par : Chuck Jones | 17/11/2013

Vous voyez comment un gouvernement socialiste fait monter les marchés financiers malgré les crises les plus féroces pour la production interne !

Écrit par : Corto | 19/11/2013

" Il n'y a pas de demande qui déterminerait de manière naturelle l'offre ",

" ce sont les entrepreneurs (dans leur rôle de gestionnaire d'entreprise) qui déterminent la production en fonction de la consommation (l'offre en fonction de la demande) "

C'est totalement faux comme analyse. C'est l'offre qui créent la demande et pas l'inverse. Vous ne pouvez en aucun vous baser sur une demande avec une nouveauté qui va être mis sur la marché pour la première fois. Il n'avait pas de demande d'achat de smartphone avant que celle-ci ait été inventée et lancé sur la marché.

L'économie de marché fonctionne pour l'essentiel grâce à l'innovation. Le but des investisseurs et des entrepreneurs est de créer de nouveaux marchés qui n'existent pas encore grâce aux nouveautés et aux nouvelles technologies.

D.J

Écrit par : D.J | 23/11/2013

" Il y a nécessité pour eux de prévoir ce qu'ils vont vendre pour pouvoir décider que produire, et donc ils doivent anticiper la demande (la consommation) pour leur production.

Cela semble ce qu'il y a de plus simple en économie politique, et pourtant, cela signifie que l'économie est toujours planifiée "

Ce qui est déjà plus juste tel pour le commerce de détail qui doivent faire des études de marché. Mais il n'y a rien de planificateur. Tout reste sur des incertitudes et une prise de risque. ça peut marché comme cela peut tourner à la faillite. D'où justement innover pour créer de nouvelles demandes par l'offre.

D.J

Écrit par : D.J | 23/11/2013

@DJ
- « C'est totalement faux comme analyse. C'est l'offre qui créent la demande et pas l'inverse. Vous ne pouvez en aucun vous baser sur une demande avec une nouveauté qui va être mis sur la marché pour la première fois. »

Qui vous parle de "nouveauté" ?

- « Il n'avait pas de demande d'achat de smartphone avant que celle-ci ait été inventée et lancé sur la marché. »

*** Blanc ... (de pensée) ***
***** Gros blanc ... (de pensée) *****

Sur le cul!
Si, si. Soufflé, je suis.
Emporté par la puissance de l'EVIDENCE PHILOSOPHALE !!!

D'abord, miniaturisation et intégration sont des caractéristiques vérifiées et encore actuelles de l'évolution de l'électronique depuis 70 ans.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Electronic_Numerical_Integrator_Analyser_and_Computer

http://www.seas.upenn.edu/~jan/eniacproj.html

http://www.historicsimulations.com/eniac.html

J'argumenterai juste que s'il n'y avait pas de demande pour des "smartphones", il y avait, et il y a encore aujourd'hui, de la demande pour les divers produits individuels qu'il intègre dans un même boîtier, et des offres spécifiques y répondant, entre autres:
- le téléphone portable,
- la console de jeu portable,
- le walkman/lecteur mp3,
- l'appareil photo,
- la caméra vidéo,
- l'écran vidéo,
- l'ordinateur portable/client internet (WWW, ftp, telnet)
- le gps/système embarqué de navigation


- « L'économie de marché fonctionne pour l'essentiel grâce à l'innovation. »

Effectivement, sans innovation le carbu se bouche.
Faut alors ouvrir le clapet de répartition sur riche, péter un grand coup dans le court-circuit de distribution et pousser pour que ca reparte.
Ca ne veut absolument rien dire mais ca fait du bien de l'écrire, pas vrai DJ ?


Par contre, ce qui a plus de sens c'est que, si l'un des fournisseurs a un ou plusieurs avantages décisifs exclusifs, et la capacité de répondre à toute la demande, dans ce cas ce n'est plus de l'économie de marché, mais de *** l'économie de luxe ***, gouvernant un *** marché de luxe *** si les acheteurs ne ressentent aucun besoin ou obligation d'étudier des produits concurrents, même si ceux ci coûtent 2 fois moins chers que le premier choix.

Je ne crois pas qu'Adrien Faure pensait aux "marchés de luxe" lorsqu'il évoquait "Le Marché".


- « Le but des investisseurs et des entrepreneurs est de créer de nouveaux marchés qui n'existent pas encore grâce aux nouveautés et aux nouvelles technologies. »

Ce qui caractérise un "nouveau" marché, c'est d'abord l'existence de gens qui ont de l'argent à dépenser pour des biens de consommation existants déjà aujourd'hui, mais auxquels ils n'ont pas accès.

En quoi est-ce que "nouveautés" et "nouvelles technologies" leur offriront un accès facilité ?


- « Ce qui est déjà plus juste tel pour le commerce de détail qui doivent faire des études de marché. »

Doivent ?
Même quand c'est inutile après qu'un certain DJ ait affirmé:

"C'est totalement faux comme analyse. C'est l'offre qui créent la demande et pas l'inverse." ?

A moins, ... à moins que..., si l'offre offre, et créé la demande pour acheter ce qu'elle offre, est-ce qu'il donne des sous à la demande pour que la demande puisse achèter ce que l'offre offre ?

Eh ben non, DJ est affirmatif:

"Vous ne pouvez en aucun vous baser sur une demande avec une nouveauté qui va être mis sur la marché pour la première fois."

Voila qui l'est clair.

- « Mais il n'y a rien de planificateur. Tout reste sur des incertitudes et une prise de risque. ça peut marché comme cela peut tourner à la faillite. »

En décrypté, ca ressemble à quelque chose comme:

"Dis à ton banquier qu'il ferait mieux de jouer au casino le prêt que tu étais venu lui demander."


- « D'où justement innover pour créer de nouvelles demandes par l'offre. »

Ah ! La boucle est bouclée! Bravo !

« Pour aller quelque part, en général, le plus simple est de partir de là où on veut aller. » (vieux proverbe Shadok)

Écrit par : Chuck Jones | 24/11/2013

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