La bourgeoisie a un visage

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Je dis souvent qu'il n'y a pas de déterminisme socio-économique absolu, et qu'un riche peut fort bien rejoindre nos rangs par humanisme ou carrément par adhésion au socialisme. Je le dis d'ailleurs d'autant plus lorsque je pense aux jeunes dont j'aime penser l'esprit non tant influencé par leurs parents (au sens large du terme).

Mon esprit catholique peu matérialiste me pousse en sus de cela à voir dans les riches des victimes de leur argent et à voir dans la réalisation du socialisme un bon moyen de leur venir en aide.

Mais voilà, ayant dit cela, je dois bien admettre que dans la réalité à laquelle je suis confronté tout n'est pas aussi simple.
La jeunesse dorée peut se montrer progressiste en matière de moeurs, cachée derrière une poignée d'idéalistes anarchistes libéraux elle peut même sembler aimable, mais proposer lui de partager son or, et vous verrez le dragon refermer ses griffes sur son magot.
Nous sommes les partageux, ils sont l'aristocratie à la tête de la pyramide capitaliste.
La jeunesse dorée tient à ses privilèges et affiche ouvertement son mépris de classe envers les gueux. Ayant foi dans le mérite de leurs idoles patronales, ils enrobent derrière leurs principes de libre entreprise et de patron méritant la misère qu'ils offrent au reste de la société.

Nous avons des adversaires, ils ont un visage et des noms. Ils ont l'or, nous avons les principes. Ils ont le pouvoir, nous avons la flamme. Ils ont, nous sommes. 

Commentaires

  • La jeunesse dorée, c'est vous.

  • C’est entendu je hais le règne des bourgeois
    Le règne des flics et des prêtres
    Mais je hais plus encore l’homme qui ne le hait pas
    Comme moi
    De toutes ses forces.
    Eluard

    Salut Adrienpour contrer les Beaufs réacs qui se soulagent dans ton blog , je souhaite apporter ma contribution , cette phrase m'a hanté pendant des années.

  • Et des effluves de muguet sous un soleil hardi de mai me revinrent à l'esprit.

    Il est curieux de constater comment la génération sociale (tous les 10-15 ans) suivant la mienne ait vendu sa dignité et laissé tomber la bannière rouge, et qu'il ait fallu attendre la génération naturelle (tous les 25-30 ans) pour la voir flotter de nouveau.

  • Géniale citation Briand ! Merci !

  • @Frontal Bard, et bien justement... non :-)
    C'est de ma confrontation avec la jeunesse dorée, et avec leur mépris de classe, qu'a émergé ma prise de conscience que le monde ne tournait pas rond.

  • Heureux de voir que vous partagez mes espérances dans ma génération Chuck :-)

  • @ Adrien: le mépris et l'arrogance ne sont pas une affaire de classe. En d'autres termes, la connerie humaine n'est pas attachée à une classe ou une autre.

    Et s'agisant du mépris, la gauche n'a rien à envier à personne.

  • @Frontal Bard, il y a le mépris tout court, et il y a une sous-catégorie de mépris : le mépris de classe.

  • Votre foi dans le socialisme est touchante. Comme celle d'un enfant envers ses parents.
    Or vous avez un bel exemple sous les yeux, la France. Sa dette créée initialement par Mitterrand puis par Jospin sous Chirac, augmentée par Sarkozy (il y était bien forcé) puis gonflée par Hollande, sa dette atteint des sommets. Malgré les impôts et la récupération du secret bancaire qui en fait n'a livré que des pinuts.
    Et vous oubliez une chose. Si une personne crée sa propre entreprise, ce n'est pas pour en faire profiter le monde.
    Il n'y a qu'un point où je pourrais être d'accord avec vous, c'est lorsque l'argent s'investit pour créer de l'argent.

  • @Lambert,

    - « Votre foi dans le socialisme est touchante. »

    Alors, si la foi vient s'en mêler ...

    Ben, avouez qu'il est facile de vous retourner la remarque.

    Parce que à l'évidence, le capitalisme fonctionne partout dans le monde, pour tous ? à tous les coups ?

    Vous auriez pas un, ou deux, allez, même 3 exemples de pays où le capitalisme ne fonctionne pas pour tout le monde ? On entends, qui contribue à la richesse de chacun sans empiéter sur la richesse ou l'avenir d'autres, y compris les générations futures ?

  • @Lambert, dans votre commentaire il me semble que vous confondez socialisme et partis se nommant "socialiste".

  • "il n'y a pas de déterminisme socio-économique absolu, et qu'un riche peut fort bien rejoindre nos rangs par humanisme ou carrément par adhésion au socialisme."
    Je suis d'accord avec vous mais cela va dans les deux sens.
    Il y a également des classes populaires et des pauvres qui n'adhèrent pas au socialisme.

  • Quelle est votre définition de la jeunesse dorée?

    Pensez-vous que toute la jeune bourgeoisie appartient à la jeunesse dorée?

  • "Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu." dit Jésus à ses disciples dans l'Evangile selon Saint-Marc (X 17-30). Effectivement, la richesse peut être une entrave au royaume de Dieu pour les riches.

    Puisque vous réclamez d'un esprit catholique, je vous conseille de lire ce que le cathéchisme de l'Eglise catholique (vous pouvez en trouver une copie au lien suivant: http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_INDEX.HTM) dit sur les riches. Tout d'abord, le terme riche est abordé sous toutes ses dimensions et non uniquement la fortune. Je vous invite également à méditer les paragraphes 1941, 2407, 1936, 2544, 2545, 2547, et 2552.

  • La justification des inégalités de richesse par Catherine de Sienne est bien que surprenante, intéressante (paragraphe 1936). Elle met en valeur la vertu clé dans le catholicisme qu’est la charité.

    Devant les problèmes socio-économiques et les inégalités, toutes les formes de solidarité sont importantes: celle “des pauvres entre eux, des riches et des pauvres, des travailleurs entre eux, des employeurs et des employés dans l’entreprise” mais aussi celle “entre les nations et entre les peuples”. (paragraphe 1941).

    Par rapport aux richesses matérielles, le catholique doit, en plus d’user de solidarité, “pratiquer la vertu de tempérence" (paragraphe 2407) et de “justice, pour préserver les biens du prochain et accorder ce qui lui est dû” (ibidem).

  • Vous écrivez: "Mon esprit catholique peu matérialiste me pousse en sus de cela à voir dans les riches des victimes de leur argent et à voir dans la réalisation du socialisme un bon moyen de leur venir en aide."

    J'emet des doutes quant à la capacité de cette méthode à préserver les "biens du prochain" (paragraphe 2407) cité dans le paragraphe précédent.

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