26/10/2013

Thèses pour un socialisme décomplexé : de la légitimité de la jalousie



Nos adversaires nous qualifient souvent de jaloux, ou d'envieux.
Ces termes sont plutôt connotés négativement (et c'est évidemment d'ailleurs pourquoi ils nous qualifient ainsi), et je pense que beaucoup de militants ont peut-être du mal à faire la part des choses par rapport à eux.
Pourtant, la jalousie, l'envie, est légitime.

La société capitaliste, fondée sur la propriété privée des moyens de production, où une infime minorité possède des fortunes colossales tandis que la grande majorité trime au four et au moulin, est une société profondément inégalitaire.
Une société inégalitaire crée des situations évidentes où des individus de la grande majorité se retrouvent confrontés à des démonstrations de l'inégalité systémique, lorsque des représentants de l'infime minorité s'adonne à l'une ou l'autre de leurs activités de privilégiés.
Dans une telle situation, confrontés à l'expression concrète de l'inégalité sociale, les représentants de la grande majorité peuvent (pas de déterminisme ici s'il vous plaît) ressentir de la jalousie, ou de l'envie.
Quoi de plus naturel ?
Une société inégalitaire ne peut que produire de la jalousie et de l'envie à foison.

A partir de là, si la jalousie n'est que la production logique d'une société inégalitaire, de quel droit peut-on condamner la jalousie ?
Car avoir davantage qu'autrui, c'est être davantage libre qu'autrui.
La liberté n'est pas une notion abstraite, mais une notion au contenu, entre autres, positif : si je peux consommer davantage que x, alors je suis plus libre que x.
Être libre c'est, entre autres, avoir la capacité de se réaliser, et donc d'avoir la capacité de faire bien des choses.
Par conséquent, si certains sont moins libres que d'autres, et qu'ils en font l'expérience, on ne peut leur reprocher de ressentir de la jalousie.
La jalousie est donc légitime.
Mais la jalousie est une souffrance, un sentiment de peine devant une situation déplaisante, et c'est pourquoi nous devons supprimer les causes de cette souffrance, à savoir le caractère inégalitaire de la société capitaliste (ce n'est certes qu'une raison parmi tant d'autres).

L'égalité est une condition de la liberté. Mais l'égalitarisme pur n'est pas nécessaire, car il y a des écarts acceptables entre des situations différentes. En effet, tout le monde étant différent, il faut réaliser une société où « de chacun selon ses moyens, de chacun selon ses besoins ».

Enfin, oui, il faut admettre la possibilité que les riches ne vont probablement pas apprécier le fait qu'on les dépossède pour réaliser une société égalitaire. Mais l'expropriation des expropriateurs (des profiteurs), qui met fin à toute expropriation/exploitation future, n'est rien d'autre que la justice. 

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22/10/2013

AVS versus deuxième pilier ?



Si nous prenons la théorie (marxienne) de la valeur, nous constatons que l'AVS est un système de solidarité entre travailleurs où les travailleurs en activité entretiennent les travailleurs qui ont cessé de travailler. Une partie des revenus des travailleurs en activité est donc versée en solidarité aux travailleurs qui ne sont plus en activité.

Si nous abordons à présent le deuxième pilier, nous constatons qu'il s'agit d'un système où chaque travailleur en activité met de côté une part de ses revenus.
Plus exactement, le deuxième pilier des travailleurs, ou autrement dit la somme issue de ses revenus qu'il met de côté individuellement à travers des caisses, est ensuite (généralement car il y a aussi des placements fonciers et immobiliers) placé en bourse.
Ce placement boursier correspond à un crédit, et le rendement du placement dépend du taux d'intérêt auquel il est effectué.

Avec le deuxième pilier, nous avons donc des travailleurs en activité qui placent (à travers leurs caisses) généralement une part de leurs revenus en bourse, en escomptant un rendement sur leurs placements financiers.
Mais d'où provient ce rendement ?
Comme le placement financier équivaut à un crédit avec un taux d'intérêt, c'est bien entendu le paiement du taux d'intérêt sur le crédit qui représente ce rendement.
Mais ce qu'il est intéressant de noter, c'est que le paiement de ce taux d'intérêt correspond à une part des bénéfices des entreprises qui ont contracté le crédit.

Dans une société socialiste, le deuxième pilier ne poserait pas les mêmes problèmes. Mais en société capitaliste, la part des bénéfices qui vient payé le taux d'intérêt du crédit contracté provient fort majoritairement de l'expropriation de la valeur du travail des travailleurs.

On voit donc que le système du deuxième pilier est fort étrange puisqu'il s'agit de travailleurs qui épargnent pour leurs vieux jours en se ponctionnant eux-mêmes. D'une main il gagne sur les rendements de ses placements boursiers, et de l'autre il perd sur les revenus de son travail même.

Bien entendu, tout cela n'est pas si simple, puisque le taux d'intérêt d'un crédit provenant du deuxième pilier peut aussi être payé (et donc prélevé sur) des travailleurs étrangers si ce sont des entreprises étrangères qui ont contracté le-dit crédit. Dans ce cas ce sont les travailleurs suisses qui ponctionnent la valeur du travail de travailleurs étrangers. Attention, l'inverse est aussi possible.

On me dira que le crédit est nécessaire, et que le deuxième pilier permet de donner aux entreprises l'argent dont elles ont besoin pour tourner ou pour se développer.
Certes, mais ce n'est pas le but premier d'un système de retraite, la question du crédit doit être traitée séparément, en outre, en société capitaliste on voit bien les limites de ce système, et c'est pourquoi il faut lui préférer l'AVS 
comme le soutiennent les partis de gauche.

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21/10/2013

Une synthèse théorique pour un XXIème siècle révolutionnaire : le marxisme libertaire



Après avoir beaucoup pesé le marxisme et l'anarchisme, j'en étais venu d'abord à me dire que le socialisme se suffisait à lui-même, et ce constat me paraît toujours extrêmement vrai. Si je viens à présent avec un nouvel ensemble théorique, c'est en tant qu'ensemble théorique inclus dans la grande catégorie générale qu'est le socialisme, donc en tant que sous-catégorie et non en tant que catégorie équivalente.

Dans un second temps, j'avais ressenti la forte attirance que le marxisme exerce aujourd'hui sur l'ensemble des jeunes militants radicalisés, retour aux sources permettant probablement la formation d'une nouvelle génération de socialistes révolutionnaires. 

Tenant compte de ce deuxième point, je considère que la synthèse socialiste entre marxisme et anarchisme se trouve dans ce que j'ai envie de nommer le marxisme libertaire. A noter que j'emprunte volontairement et consciemment ce terme à Daniel Guérin, car s'il a eu son utilité pour son époque, il en trouvera une nouvelle à nos côtés.
Par « marxisme libertaire », j'entends prendre le meilleur (l'essentiel) du marxisme et lui adjoindre des éléments importants de l'anarchisme. Je considère que, loin d'être une déformation du marxisme ou de l'anarchisme, cette synthèse permet au marxisme et à l'anarchisme d'agréablement se compléter en une théorie efficace et critique à l'usage du mouvement socialiste.

Du marxisme, je pense que nous devons retenir ses meilleurs outils, soit la sociologie marxiste et l'économie marxiste.
La sociologie marxiste (théorie de la société) peut être divisée fondamentalement en une théorie des classes et de la lutte des classes, en une théorie de l’État, et en une théorie de l'aliénation. La théorie des classes et de la lutte des classes ne saurait évidemment se passer de l'économie marxiste pour être complète. La théorie de l’État, centrée sur une analyse entre infrastructure et superstructure, peut selon moi être abordée à partir de Gramsci (pas de primauté à l'infrastructure ou la superstructure). La théorie de l'aliénation fait référence aussi aux travaux de Gramsci, mais aussi d'Althusser, de Foucault, etc.
Par économie marxiste, j'entends l'ensemble des travaux économiques de Marx, les 3 livres du Capital évidemment, mais aussi l'ensemble de la production économique des marxistes qui l'ont suivi (on y retrouve l'analyse de l'antagonisme capital/travail, la théorie de la valeur, de la monnaie, etc.)

Du marxisme, j'abandonne par contre cette étrange philosophie qu'est le matérialisme dialectique, au profit de positions déterministes, objectivistes, et physicalistes. S'il faut vraiment une dialectique, alors je préfère la dialectique socratique.
Du marxisme, j'abandonne aussi cette philosophie de l'histoire téléologique qu'est le matérialisme historique, et je lui préfère la philosophie socialiste universaliste castoriadienne.

De l'anarchisme, j'aimerais adjoindre aux outils d'analyse du marxisme une éthique, une méthode, et une organisation, conseilliste et libertaire.
Par éthique libertaire, j'entends placer au centre du socialisme la liberté. Liberté de ne pas être exploité ou dominé, mais aussi liberté de ne pas être entravé dans ses actions par autrui, et liberté de pouvoir se réaliser.
Par méthode libertaire et organisation libertaire, je veux dire que notre militantisme doit être fondé sur nos principes éthiques et se traduire par une organisation autogestionnaire de nos structures politiques. Et à la place de la dictature de l’État prolétarien centralisateur, je préfère la démocratie des conseils, et le fédéralisme.

Voilà en quelques traits très généraux ma synthèse théorique critique du socialisme de demain. 

21:05 Publié dans Marxisme libertaire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

20/10/2013

Quel individu politique le formatage scolaire produit-il ?


Le système éducatif n'est pas neutre.
Certes rien ne l'est, mais le système éducatif ne cherche même pas à tendre vers une certaine neutralité.
Le régime actuel cherche en effet à se maintenir en place, et c'est pourquoi son système scolaire a une fonction : la transmission des valeurs dominantes (celles qui ne remettent pas en question l'organisation économique, politique, et sociale, en place).

L'individu politique que produit le formatage scolaire n'est pas opposé au capitalisme (qu'il confond de toute façon, nous l'avons vu, bien souvent avec l'économie de marché), mais, plein de bons sentiments pour le genre humain et la veuve et l'orphelin, il lui adjoint un État-providence (dont la taille peut varier selon l'humanité de l'individu en question, sa propre situation matérielle, et son expérience personnelle).
C'est là une sorte de synthèse magique aux multiples noms : social-libéralisme, capitalisme à visage humain, capitalisme social, libéralisme humaniste, capitalisme moral (toutes dénominations aussi stériles les unes que les autres pour tenter de différencier différentes teintes d'une seule et même couleur).

En sus de ces éléments fondamentaux de la propagande scolaire, on trouve l’inculcation d'un amour inconditionnel pour le consensus, maître mot de toute la vie politique suisse, chef d’œuvre de l'évolution de l'espèce humaine, divinisé par tout bon politicien et respecté par tout bon citoyen sous peine d'accusation de déviance morale grave à sanctionner par tous les moyens.

Enfin, à cette glorieuse orfèvrerie, il faut encore ajouter l'amour de la paix du travail, qui, présente depuis l'aube des temps, serait l'essence la plus pure et la plus sacrée de notre réussite. Tous êtres humains, tous égaux, patrons, gueux, ouvriers, top-managers, riches, pauvres, gros actionnaires, rentiers AVS, main dans la main, marchons au pas de la sainte Confédération (qui n'en est plus une) et produisons les richesses dans la conciliation et la sérénité pour ne pas risquer de briser les cours de la Bourse (de Dieu).

L'individu social-libéral n'est pas subversif.
Mais le formatage scolaire ça peut se dépasser !

18:19 Publié dans Formatage scolaire anti-socialiste | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Le formatage scolaire contre le mouvement socialiste


Jusqu'à l'université (et encore...) le système éducatif obligatoire et post-obligatoire fait gober aux élèves une définition très simpliste et manichéenne des modèles économiques, politiques, et sociaux, qui se résume à :

1. Capitalisme = économie de marché + démocratie

2. Communisme/socialisme = économie planifiée + dictature

Répétez cette opposition pendant 20 ans, et regardez le résultat, je suppose que peu de gens seront très ouverts à étudier toute alternative au capitalisme...

Bien entendu, cette définition est complètement fausse.
Le capitalisme peut être considéré comme étant l'opposé de toute véritable démocratie, en outre, le capitalisme n'est pas forcément une véritable économie de marché, tant la détermination de la production peut être soumis à des impératifs (État, monopoles, concentration, multinationales, etc.) qui n'ont plus rien à voir avec ceux définissant la concurrence d'une économie de marché.
Le communisme/socialisme n'est pas forcément une économie planifiée (notons que jamais les professeurs ne sont capables d'expliquer ce qu'est vraiment une économie planifiée et comment elle fonctionne...) puisque des modèles de socialisme de marché sont envisageables, et évidemment il n'est pas une dictature, mais une démocratie radicale. Présenter l'URSS comme étant équivalent au communisme/socialisme est une bonne manière de tuer toute idée de modèle alternatif, mais c'est contraire à toute démarche intellectuelle sérieuse.

Le lavage de cerveau de la propagande scolaire est donc une arme efficace des classes dominantes, qu'il nous convient d'affronter comme nous le pouvons, en commençant par dénoncer ce formatage misérable.

16:33 Publié dans Formatage scolaire anti-socialiste | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Intoxication linguistique : du mauvais usage du mot « emploi »



Dans la lutte culturelle et idéologique que nous livrons à la droite, nous avons clairement perdu pied sur bon nombre de points. Il est toutefois nécessaire de remettre sur ses deux jambes ce qui peut l'être, et cela passe nécessairement par une transformation de notre vocabulaire, car c'est ce dernier qui détermine les limites de nos propositions politiques.


Lorsque nous mettons dans nos programmes une catégorie thématique se dénommant « emploi » ce n'est pas anodin. Comme par « emploi », les auteurs de cette catégorie veulent signifier « travail », ils établissent en effet une équivalence entre ces deux notions.
Mais cette équivalence est fausse et je la réfute totalement.
Certes, un emploi est toujours un travail, et employer c'est bel et bien acheter la force de travail (manuelle ou intellectuelle) d'autrui. Cependant, le travail peut fort bien ne rien avoir à faire avec l'emploi. Je peux en effet travailler sans être employé par quiconque, comme c'est le cas pour les travailleurs-coopérateurs ou pour les travailleurs dans une société socialiste.

Utiliser le mot « emploi » pour désigner la catégorie « travail » (englobant la catégorie des « conditions de travail ») c'est nous lier les mains, et nous contraindre à débattre dans un cadre défini par nos adversaires (où le travail ne saurait qu'être travail salarié). Et c'est donc la catégorie « travail » qui doit remplacer celle de « l'emploi » dans l'ensemble de notre propagande et de nos travaux théoriques.

Abdiquer devant l'usage dominant des mots, c'est abdiquer devant nos adversaires, et cela, nous devons catégoriquement nous y refuser.



12:59 Publié dans Travail versus emploi | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

17/10/2013

Initiative 1:12 : Une solution éthiquement valable et économiquement intelligente



L'initiative 1:12, initiative fédérale lancée par la Jeunesse Socialiste Suisse sur laquelle nous voterons le 24 novembre 2013, demande l'instauration d'un écart salarial maximal de 1 pour 12. Autrement dit, un manager (un patron) d'une entreprise ne pourrait pas gagner plus de 12 fois le plus bas salaire de cette même entreprise. Symboliquement, cela revient à dire qu'un manager ne pourrait pas gagner en un mois plus d'un an du plus bas salaire de l'entreprise dans laquelle il travaille.

Cette initiative est une réponse au niveau très élevé qu'ont atteint les inégalités dans la répartition des revenus et des richesses produites, ainsi qu'un moyen de lutter contre les bas salaires qui ne permettent pas de vivre dignement.
Elle concerne 1% des entreprises suisses, soit les très grandes entreprises, qui sont aussi de gros employeurs (autour des 1/3 des salariés de Suisse). Elle a donc un impact positif non négligeable.

En instaurant un écart salarial maximal de 1 pour 12, l'initiative 1:12 crée une forte incitation pour les managers à augmenter les plus bas salaires de l'entreprise. En effet, pour pouvoir augmenter leur propre salaire, les managers sont contraints d'augmenter les plus bas salaires de manière quasi-automatique.
Concernant l'application de l'initiative et ses modalités, le conseiller national Jean Christophe Schwaab a traité la question ici.

Par rapport à d'éventuelles craintes concernant les rentrées fiscales ou les cotisations AVS, une étude a prouvé le contraire.
En effet, en distribuant la masse salariale plus équitablement, cette-dernière n'est nullement réduite, et continue par conséquent d'être ponctionnée.
Qui plus est, en redistribuant une part des revenus des plus hauts salaires aux plus bas salaires, on augmente le niveau général de consommation, puisque les plus bas salaires dépensent davantage (ils ont davantage de besoins non comblés que les plus hauts salaires) que les plus hauts salaires (comme ils ont moins de besoins à combler). Cela implique une hausse des recettes de la TVA, et une hausse de la croissance, et donc un rééquilibrage de l'offre en fonction de cette hausse de la demande, et par conséquent une création d'emplois.

Le grand patronat agite l'épouvantail des délocalisations, mais ce n'est qu'un artifice de propagande pour faire peur aux citoyens. En réalité, une entreprise ne va pas quitter les conditions optimales que notre pays lui offre (infrastructures de pointe, travailleurs bien formés, qualité de vie, haut niveau d'enseignement, etc.) simplement parce que leurs managers vont être payés un peu moins. Il faut bien se rappeler que ce sont les actionnaires qui sont propriétaires des entreprises, et qu'ils ont leur mot à dire.

Quant aux managers les plus cupides, il est possible que certains s'en aillent effectivement. Mais nous nous ferons une joie de les remplacer par d'autres managers moins avides, et prêts à travailler avec des conditions de rémunération équitable.

Enfin, le patron de Victorinox a bien mis en avant le grand bienfait que représente un écart salarial réduit. Selon lui, cela crée un climat de confiance et de convivialité dans l'entreprise, ce qui améliore la coopération, et in fine, la productivité.
L'initiative 1:12 a donc aussi pour conséquence d'augmenter la productivité des entreprises, et les rend ainsi plus compétitives.

On voit donc bien que l'initiative 1:12 est une réponse non seulement éthiquement valable, mais aussi parfaitement économiquement intelligente.

C'est pourquoi, le 24 novembre, votons OUI à l'initiative 1:12 !!

19:46 Publié dans Initiative 1:12 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

14/10/2013

Tentative de reformulation de la théorie (marxienne) de la valeur



Avertissement : Il ne s'agit point du tout ici de présenter une nouvelle théorie de la valeur ou d'améliorer la théorie de la valeur de Karl Marx, mais uniquement de proposer une présentation (reformulation) de la théorie (marxienne) de la valeur.

1. Marx adopte une position humaniste consistant à mettre l'être humain au centre de toutes les préoccupations (prémisse éthique).
Ce qui compte c'est l'être humain, et tout ce qui n'est pas humain ne compte d'abord que par rapport à l'être humain.
L'intérêt de Marx se porte donc sur l'action humaine, car la vie peut être réduite à une somme d'actions humaines (étant entendu que nous donnons un sens très large au mot « action humaine »).
L'intérêt pour la vie des êtres humains (et donc pour leurs actions) découle que sans la vie (sans l'existence), il ne saurait y avoir d'être humain, ce qui n'est pas acceptable pour Marx, puisque sa prémisse éthique est humaniste.

2. Il découle de 1. que nous devons évaluer le monde (la valeur du monde) en fonction de l'action humaine (puisque l'action humaine est le critère de valeur déterminant).

3. L'action humaine a une quantité et une qualité.
La quantité d'une action humaine est sa durée (temps).
La qualité d'une action humaine est individuelle (effort investi dans l'action, conditions de santé individuelles permettant la réalisation de l'action, humeur influant sur l'état d'esprit dans lequel est réalisée l'action humaine, etc.) et en même temps collective ou sociale (culture, niveau de développement économique, environnement, type de société, etc.).

4. L'action humaine a une valeur. Cette valeur est objectivement déterminable.
La valeur d'une action humaine est déterminée par sa quantité et sa qualité.
La valeur d'une action humaine est donc théoriquement quantifiable, mais seul un être omniscient pourrait quantifier cette valeur de manière totalement juste. Il découle de cela que pratiquement, on ne peut que tendre à une approximation de la valeur d'une action humaine (objectivité théorique versus calcul approximatif pratique). La valeur de cette approximation dépend de la connaissance que l'on a des facteurs déterminants la valeur de l'action humaine étudiée (et cette connaissance découle de notre propre degré de compétence à appréhender ces facteurs).

5. Le produit de l'action humaine a une valeur. La valeur du produit de l'action humaine est subjective et objective.
La valeur objective du produit de l'action humaine est déterminée par la quantité d'action humaine nécessaire à la production de ce produit et par la qualité de cette action humaine.
La valeur subjective du produit de l'action humaine est valeur d'usage, ou autrement dit la valeur subjective que l'on donne à ce produit est déterminée par l'utilité qu'il a pour nous à réaliser quelque chose.
La valeur subjective du produit de l'action humaine est aussi valeur d'échange, ou autrement dit la valeur subjective que l'on donne à ce produit détermine le prix que l'on est prêt à payer pour le donner à autrui (et vice-versa en sens inverse).



12:24 Publié dans Théorie de la valeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

13/10/2013

Du cancer carriériste


Il règne, je trouve, bien trop de tolérance dans nos organisations politiques envers les comportements carriéristes de certains de nos militants. Le carriérisme semble non seulement être considéré comme un comportement normal (qui entre dans la norme), mais il est de plus souvent encouragé, voire pire, félicité lorsqu'il atteint ses buts !
Pourtant, le carriérisme, ou autrement dit, la volonté de faire carrière en politique, est incompatible avec la réalisation du projet de société que nous prônons.

Le militant carriériste n'est pas un militant, c'est un politicien.
Son objectif, faire carrière en politique, détermine l'ensemble de ses choix, de ses prises de position, de son discours. Le militant carriériste est donc ce militant qui respecte toujours le politiquement correct, suit la ligne dominante, montre du respect envers toute représentation du pouvoir (de son camp), ne prend pas position lorsqu'il y a le moindre risque que cela puisse se retourner contre lui.
Le militant carriériste est donc un spécialiste en tactique égoïste, ou en comment faire de la politique sans oser dépasser les bornes des conventions des puissants.

Mais le militant carriériste c'est aussi ce militant dont on ne connaît jamais le fond de la pensée. C'est ce militant qui ne dévoile sa position qu'après que l'autorité du parti ait donné son sacro-saint avis. C'est ce militant qui refuse d'apparaître à côté d'un autrui qui pourrait être quelque peu par trop sulfureux ou indocile.
Le militant carriériste a-t-il des convictions ?
Ce qui est certain c'est que le débat d'idées n'est pas son dada, et encore moins tout ce qui pourrait se rapprocher d'un débat philosophique. La philosophie c'est vieux, poussiéreux, ennuyeux, mais surtout, c'est dangereusement subversif. Et la subversion n'est clairement pas au programme du carriériste.
Le militant carriériste affirme que dans le consensus réside le succès, que la paix du travail est la clef de réussite de ce pays, que les puissants sont puissants parce qu'ils le méritent, et que tout ce qui remet 
en question l'ordre du monde est archaïque.


Camarades, nous ne pouvons plus longtemps tolérer ce type de comportements dans nos organisations. Il faut que les mentalités changent.
Comme première mesure, je demande donc que toute personne exerçant une charge politique soit interdite d'exercer une autre charge politique. Cela réduira déjà un peu la marge de manœuvre des carriéristes.

La politique n'est pas un métier, c'est un engagement en faveur de la Cité. 

21:42 Publié dans Carriérisme | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

02/10/2013

Avons-nous besoin du marxisme en 2013 ?



Il me semble que cette question est extrêmement pertinente aujourd'hui.
J'aimerais pouvoir dire que le socialisme non marxiste pourrait tout aussi bien faire l'affaire, mais ce n'est pas possible. Le socialisme non marxiste existe certes, Castoriadis en est la preuve, mais il n'est pas représenté par un courant suffisamment développé (qu'on me dise si je fais erreur) pour représenter une véritable alternative.
Qui plus est, c'est justement parce qu'ils ont abandonner le marxisme que les partis social-démocrates ont fini par abandonné le socialisme tout court pour embrasser le social-libéralisme et le micro-réformisme minimaliste...

Alors on me dira qu'il y a certes l'anarchisme (le socialisme et le communisme libertaire), mais malheureusement ces courants sont pour le moment assez mal organisés (pas d'organisation politique sur Genève par exemple), et en sus de cela traversés par des tendances quelque peu sectaires ou coupés de la lutte des classes (pas de présence dans les syndicats, ni de formation de syndicats révolutionnaires, obsession autour de questions auxiliaires).

Et puis, il faut savoir saisir le sens de l'histoire.
La quasi-totalité de la jeunesse militante contemporaine radicalisée s'est tournée vers le marxisme, non vers une autre forme de socialisme. Aujourd'hui, c'est Marx et Engels que l'on lit et que l'on redécouvre. Et ce retour aux sources est sûrement nécessaire pour reconstruire les fondements théoriques, culturelles, et in fine politiques, de nos mouvements.

Nous n'avons pas forcément besoin d'être marxistes. Mais nous avons besoin du marxisme. Et d'un marxisme critique qui plus est.

« Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire »
disait l'autre.

23:13 Publié dans Marxisme | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg