26/10/2013

Thèses pour un socialisme décomplexé : de la légitimité de la jalousie



Nos adversaires nous qualifient souvent de jaloux, ou d'envieux.
Ces termes sont plutôt connotés négativement (et c'est évidemment d'ailleurs pourquoi ils nous qualifient ainsi), et je pense que beaucoup de militants ont peut-être du mal à faire la part des choses par rapport à eux.
Pourtant, la jalousie, l'envie, est légitime.

La société capitaliste, fondée sur la propriété privée des moyens de production, où une infime minorité possède des fortunes colossales tandis que la grande majorité trime au four et au moulin, est une société profondément inégalitaire.
Une société inégalitaire crée des situations évidentes où des individus de la grande majorité se retrouvent confrontés à des démonstrations de l'inégalité systémique, lorsque des représentants de l'infime minorité s'adonne à l'une ou l'autre de leurs activités de privilégiés.
Dans une telle situation, confrontés à l'expression concrète de l'inégalité sociale, les représentants de la grande majorité peuvent (pas de déterminisme ici s'il vous plaît) ressentir de la jalousie, ou de l'envie.
Quoi de plus naturel ?
Une société inégalitaire ne peut que produire de la jalousie et de l'envie à foison.

A partir de là, si la jalousie n'est que la production logique d'une société inégalitaire, de quel droit peut-on condamner la jalousie ?
Car avoir davantage qu'autrui, c'est être davantage libre qu'autrui.
La liberté n'est pas une notion abstraite, mais une notion au contenu, entre autres, positif : si je peux consommer davantage que x, alors je suis plus libre que x.
Être libre c'est, entre autres, avoir la capacité de se réaliser, et donc d'avoir la capacité de faire bien des choses.
Par conséquent, si certains sont moins libres que d'autres, et qu'ils en font l'expérience, on ne peut leur reprocher de ressentir de la jalousie.
La jalousie est donc légitime.
Mais la jalousie est une souffrance, un sentiment de peine devant une situation déplaisante, et c'est pourquoi nous devons supprimer les causes de cette souffrance, à savoir le caractère inégalitaire de la société capitaliste (ce n'est certes qu'une raison parmi tant d'autres).

L'égalité est une condition de la liberté. Mais l'égalitarisme pur n'est pas nécessaire, car il y a des écarts acceptables entre des situations différentes. En effet, tout le monde étant différent, il faut réaliser une société où « de chacun selon ses moyens, de chacun selon ses besoins ».

Enfin, oui, il faut admettre la possibilité que les riches ne vont probablement pas apprécier le fait qu'on les dépossède pour réaliser une société égalitaire. Mais l'expropriation des expropriateurs (des profiteurs), qui met fin à toute expropriation/exploitation future, n'est rien d'autre que la justice. 

21:03 Publié dans Jalousie & inégalité | Lien permanent | Commentaires (51) | |  Facebook |  Imprimer | | | | Pin it! | | | Adrien Faure |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

De la légitimité: faudra vous réveiller une fois pour toutes.
Nos ancêtres et moi avons travaillé dur.
Il n'est plus question de laisser le fruit de nos vies, jobs et travail, ne profiter qu'à.

Car nous avons consacré notre travail, nos investissements avec tenacité. moral. mental. endurance.
et cela n'est pas pour ne bénéficier qu'à salariés politiques etc

En bref: c'est le travail et les sacrifices de mes ancêtres qui ont construit la Suisse et ce confort suisse que ces nouveaux arrivés veulent obtenir.

Travail dur. Longues heures de travail. De Qualité suisse. Majeur à 18 ans (quand les français étaient majeurs à 21 ans).
Travaillant en semaines de 55h (français travaillant 32h max payés 35h, etc etc etc)

Et ça, Faudrait quand même pas l'ignorer.

Écrit par : pierre à feu | 26/10/2013

Vous parlez de jalousie : vous avez raison, les pro 1:12 sont jaloux de la réussite des autres.

Lorsque les sociétés tels que les pharmas, les grosses industries, etc... délocaliseront, que direz-vous aux personnes qui se trouveront au chômage ?

Pensez-y car le chômage j'en parle en connaissance de cause. Cela fait mal très mal, cela laisse des traces quoi qu'on en dise !

Écrit par : Lise | 26/10/2013

@Pierre à feu

Toute génération travaille.
La vôtre a travaillé, fort bien.

Je ne vois pas où vous voulez en venir avec votre commentaire.

Écrit par : Adrien Faure | 26/10/2013

Même en URSS, les ouvriers méritants étaient récompensés, dont le fameux Stakhanov... Et vous qui êtes un oisif petit bourgeois, vous ne pensez qu'à "déposséder les riches"...

Peut-être que finalement, il vous faudrait un séjour au camps de travail?

De toutes manières, intellectuellement, il n'y a rien à vous envier ni de quoi être jaloux. Votre pensée est aussi pauvre que stérile. Vous êtes un inutile, même au socialisme.

Écrit par : Frontalbard | 27/10/2013

Non, Adrien, pas en jet... Vous irez à pied, comme tous les autres. Vous voyez bien que vous êtes un petit bourgeois, vous ne pouviez pas même imaginer d'y aller autrement qu'en avion... Ahhhh Bourgeoisie, quand tu nous tiens...

Et puis, votre aversion "des riches" est particulièrement risible, compte tenu de vos origines bien suisses et de votre statut d'étudiant oisif (vraisemblablement à charge de vos parents), plus prompt à la production d'idées creuses et stériles qu'au travail...

N'importe quoi.

Écrit par : Frontal Bard | 27/10/2013

@Frontalbard, vous êtes un chouette troll :-D

Je crois que je vais aller faire un séjour en camp de travail oui, je me demandais justement quoi faire à Noël !

Je prendrai mon jet de oisif petit bourgeois ;-)

Allez, cessez de polluer mon mur maintenant, vos commentaires sont inutiles.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

@Lise, mon propos est justement de dire que la jalousie est une réaction légitime.

Le grand patronat agite l'épouvantail des délocalisations, mais ce n'est qu'un artifice de propagande pour faire peur aux citoyens. En réalité, une entreprise ne va pas quitter les conditions optimales que notre pays lui offre (infrastructures de pointe, travailleurs bien formés, qualité de vie, haut niveau d'enseignement, etc.) simplement parce que leurs managers vont être payés un peu moins. Il faut bien se rappeler que ce sont les actionnaires qui sont propriétaires des entreprises, et qu'ils ont leur mot à dire.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

Exact : ce sont aux Conseils d'administration à gérer le problème des hauts revenus et non par une loi de plus.

Les JS font fausse route : tout réglementer par des lois n'est pas la bonne solution.

La preuve sur les salaires : U1A a fait arrêter un chantier pour cause de dumping salarial, ce qui signifie que ce syndicat fait très très bien son travail et on ne peut que féliciter ses membres !

Rassurez-vous : je ne suis pas jalouse de ceux qui ont de l'argent. Ces personnes dépensent leur argent : pour leur maison, leur bien-être, vont manger dans des restaurants chics, s'habillent, etc... ce qui fournit un travail à ces employés et employées. Cela il ne faut jamais l'oublier !

En ce qui concerne la redistribution des richesses : il y aura toujours des personnes dans des pays qui s'enrichiront joyeusement en prélevant dans ce qu'il y a de plus pratique et de plus simple : l'Etat ou plus exactement continueront de détourner l'argent qui appartient au peuple et non à eux.

Écrit par : Lise | 27/10/2013

@Adrien,

Euh ... FBI, Adrien, (Fausse Bonne Idée).

Il y a 1.2 milliard d'individus dans le monde vivant sous le seuil de pauvreté absolue (avec moins de 2 dollars par jour, 730 dollars/an ).

Vous comptez les inviter à venir prendre ce qu'ils ont besoin en Suisse, y compris à vous expulser/exproprier de chez vous, par la force si nécessaire, s'ils décident de rester ?

Même si chaque contribuable suisse payait une taxe de solidarité contre la pauvreté mondiale de 700 francs par an, il reste 1.197 milliards d'individus qui ne toucheront rien.

Bonne chance avec la distribution, n'en perdez pas trop en route.

Écrit par : Chuck Jones | 27/10/2013

@Chuck, oui il faut redistribuer les richesses entre les pays riches et les pays pauvres.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

Ah, j'oubliais, rajouter la taxe de compensation empathique contre la jalousie envers la Suisse dans le monde, 300 francs par an, pour offrir un Iphone à tous les jaloux.

Écrit par : Chuck Jones | 27/10/2013

@Adrien,

- « oui il faut redistribuer les richesses entre les pays riches et les pays pauvres. »

Encore faut-il obtenir dans chaque pays une majorité pour voter une résolution définissant ce qu'est "être riche" dans ce pays, et que tout revenu dépassant ce seuil devient la propriété de l'état.

Ca devrait effectivement encourager tous les citoyens à renoncer à toute entreprise et à tout espoir de devenir eux-mêmes un jour riche.

Ca règlera aussi le problème des religions puisq'après une telle résolution, tout le monde sera franciscain.

Écrit par : Chuck Jones | 27/10/2013

@Adrien,

- « Chuck, oui il faut redistribuer les richesses entre les pays riches et les pays pauvres. »

Après seconde réflexion, ce n'est pas ce que le capitalisme fait déjà en délocalisant le travail vers les pays pauvres et en créant des chômeurs dans les pays "dits" riches ?

Pas si simple, hein ?

Écrit par : Chuck Jones | 27/10/2013

Tant de violence et de haine dans vos propos.

Juste parler d'inégalité sans se poser la question de base : pourquoi certains ont-ils plus que d'autres, comment ont-ils fait, à quoi ont-ils renoncé pour ce résultat ?

L'introspection et l'analyse ne sont, manifestement, pas votre fort. Non, malgré votre jeune âge, vous me faites penser à quelqu'un d'aigri et d'envieux, plus prêt à prendre à autrui qu'à obtennir par lui-même...

Et qui plus est, la façon dont vos représentants de la gauche caviar (Sommaruga, Salerno, Beer, Tornare, Maury-Pasquier, Kanaan, Hodgers, Hiler, Pagani, Künzler, Alder et Cramer) "noyautent" le pouvoir pour en récolter les fruits juteux, obtenus en pressant au maximum une classe moyenne bien en peine de garder son travail et de se loger en dit long sur le décalage entre vos propos et leurs comportements....

Cela devrait vous faire réfléchir et commencer votre grand nettoyage en interne, avant de vous attaquer au monde entier.

Vous seriez sans doute beaucoup plus crédible !

Écrit par : A. Piller | 27/10/2013

Vous avez une bien étrange vision de la liberté en l’assimilant à la richesse !
Gandhi, Mandela, Bach, Marie Curie… n’étaient pas riches.
Pauvre jeunesse socialiste qui place son idéal dans la consommation en clamant « si je peux consommer davantage que x, alors je suis plus libre que x ».
On comprend la propension de la gauche à dépenser l’argent public !

Écrit par : Michèle Roullet | 27/10/2013

"Gandhi, Mandela, Bach, Marie Curie… n’étaient pas riches."

Et en quoi ces gens sont-ils des exemples de liberté ? Mandela qui a passé le plus clair de sa vie au bagne ? Maria Sklodowska et Bach qui on vécu des existences ordinaires pour leur époque ? Quel rapport avec la liberté ?

Écrit par : Plouf | 27/10/2013

Le déni dans toute sa splendeur.

Écrit par : Hahaha | 27/10/2013

@Lise

Merci pour le blabla libéral. Quelle mentalité de laquais vous avez.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

Suis-je le laquais de qui ?

Oui je suis libérale et après ? cela vous gênerait-il ?

La liberté vous en faites quoi ? rien c'est certain

Vous ne détenez nullement la vérité absolue, moi non plus d'ailleurs !

Écrit par : Lise | 27/10/2013

@Chuck, mais oui c'est très simple, au lieu de déplacer les problèmes fondamentaux avec des questions auxiliaires, il faut s'attaquer à l'essence du problème et abolir la propriété.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

@A. Piller, vous seriez plus crédible si vous n'étiez pas libéral (ou en tout cas méritocrate). Dans le cadre du capitalisme les riches sont dans la grande majorité des cas des exploiteurs.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

@Michèle Roullet, la liberté n'est pas que liberté positive et capacité à réaliser des choses (donc partiellement à avoir de quoi effectivement). Mais oui, la liberté, ne vous en déplaise, c'est aussi ça.

On est jamais libre quand notre porte-monnaie est libre, disait Lech Walesa il me semble. Mais peut-être que votre porte-monnaie est trop rempli pour que cette vérité vous touche ?

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

@Hahaha, votre commentaire, seul, n'a pas de sens.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

@Frontalbard

"Non, Adrien, pas en jet... Vous irez à pied, comme tous les autres. Vous voyez bien que vous êtes un petit bourgeois, vous ne pouviez pas même imaginer d'y aller autrement qu'en avion... Ahhhh Bourgeoisie, quand tu nous tiens..."

L'ironie vous connaissez ?

"Et puis, votre aversion "des riches" est particulièrement risible, compte tenu de vos origines bien suisses et de votre statut d'étudiant oisif (vraisemblablement à charge de vos parents), plus prompt à la production d'idées creuses et stériles qu'au travail..."

Que savez-vous de mes origines petit prétentieux arrogant ?

"N'importe quoi."

Allez vous acheter un cerveau.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

Le socialisme a perdu de son essence, depuis que ses adeptes en font une religion. Et, tout dogme amène à une impasse, à un repli sur soi-même et à une impossibilité de grandir en sagesse, et d'exploiter toutes les richesses...humaines

Écrit par : Noëlle Ribordy | 27/10/2013

@Noëlle Ribordy, bien que votre prénom me soit sympathique, je suis navré de vous décevoir : non il n'y a pas de socialiste qui voit dans le socialisme une religion. Bien au contraire. Vous vous trompez d'époque. Alors sortez des poncifs.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

"Dans le cadre du capitalisme les riches sont dans la grande majorité des cas des exploiteurs".

Quand on en arrive à de telles affirmations au lieu de répondre point par point le débat perd toute signification.

Votre haine, votre mépris par rapport aux arguments de personnes d'un autre avis que vous ne méritent qu'une attitude : la reconnaissance pour votre la capacité de nuisance à gauche.

Par contre, ce qui serait ennuyeux, c'est que vous savonniez la planche de Mme Emery Torracinta et que vous héritiez de MM. Stauffer ou Poggia.

Continuez de la sorte et vous verrez que cela va finir par arriver !

Écrit par : A. Piller | 27/10/2013

@A. Pillet, de toute façon je suis favorable à ce que la gauche entre dans l'opposition. Qu'allons-nous faire dans ce Conseil d'Etat dominé par la droite ?!

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

Adrien Faure, je n'essaie même pas de vous convaincre, je donne juste mon opinion:
Les socialistes qui ne voient pas dans le socialisme une religion ont des oeillères. Et leur politique idéologique mène les pays à la catstrophe. Les socialistes ont remplacé Dieu par l'Etat. L'Etat providentiel, l'Etat Tout-Puisssant qui réunit sous son aile tous ses ouailles socialistes et qui demande au peuple toujours et encore de subvenir à ses besoins.

"Les collectivités publiques prélèvent partout où c'est possible. En quelques années la charge fiscale globale a augmenté sans que l'on sache vraiment où va l'argent. Ce dont on est sûr, c'est que les frais de fonctionnement continuent de s'accroître: cela veut dire plus de fonctionnaires ou d'agents intermédiaires mandatés par l'Etat.
Les arcanes de perception n'obéissent plus aux règles liées par l'accomplissement des tâches régaliennes de l'Etat: législation, police, justice, éducation, protection sociale.
Parfois cette socialisation à froid échoue fort heureusement. Rappelez-vous l'obligation de détenir un diplôme pour garder des enfants alors qu'une mère de famille expérimentée en était écartée. Le ridicule n'était pas loin.

Toutes les sensibilités de gauche se jettent depuis quelques années dans la brèche du *faire payer les autres"....
Alors comment faire pour stopper des dérapages confiscatoires? La première mesure est d'obliger les auteurs d'une initiative ou d'une nouvelle loi à en définir le coût et les effets secondaires pour la bonne marche de l'Etat et de l'économie et surtout qui paie.(article Adolphe Ribordy)

Écrit par : Noëlle Ribordy | 27/10/2013

@Noëlle Ribordy, vous ne comprenez rien du socialisme si vous l'associez à l'Etat.
Le socialisme peut fort bien se passer de tout Etat.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

@Adrien en réponse à la vôtre pour Noëlle Ribordy ,c'est normal que le socialisme puisse remplacer l'Etat puisque à lui seul il représente une dérive de la NSA/rire
allez toute belle soirée pour vous mais n'oubliez pas de temps à autres de poser votre cerveau sur une table et de reconnecter les neurones dans l'ordre exact du monde libre et non dogmatisé comme celui des Socialistes qui eux vivent du cent à l'heure dans le monde de l'irrationnel

Écrit par : lovsmeralda | 27/10/2013

@Adrien

- « mais oui c'est très simple, au lieu de déplacer les problèmes fondamentaux avec des questions auxiliaires, il faut s'attaquer à l'essence du problème et abolir la propriété. »

Vous comprenez que abolir la propriété, c'est nier la notion même de l'individu ?

Que lorsque les ressources manquent, faute de stocks, c'est le recours au cannibalisme ?

Écrit par : Chuck Jones | 27/10/2013

@Lise

Lorsque vous défendez l'inégalité de notre société vous servez les intérêts des privilégiés de notre société voyez-vous.
Et vous les défendez pour des mauvaises raisons, l'argumentaire libéral est erroné. Si nous redistribuons les richesses la consommation s'accroît, car les plus pauvres ont davantage de besoins non comblés que les plus riches. Donc ce que nous perdons en consommation du riche, nous le multiplions avec la consommation des plus pauvres.

Le projet que je défends est le projet de la liberté.
Ce qu'il faut essayer de faire c'est de tendre à la vérité, d'où la nécessité d'un débat fondé sur la logique et des affirmations vraies.

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

@Chuck

Il n'y a que pour vous et le reste de la famille libérale que l'individu est réductible à ce qu'il possède.

Que venez-vous me sortir avec ce mot "cannibalisme" ? :-D

Écrit par : Adrien Faure | 27/10/2013

@Adrien,

- « mais oui c'est très simple, au lieu de déplacer les problèmes fondamentaux avec des questions auxiliaires, il faut s'attaquer à l'essence du problème et abolir la propriété. »

Vous comprenez que abolir la propriété signifie nier la notion même d'individu ?

Que lorsque toutes les ressources sont épuisées, en l'absence de stocks, ls survie *temporaire* des êtres vivants suggère le cannibalisme ?

Acessoirement, Marx n'appelle pas à l'abolition de la propriété privée, mais à l'abolition de la propriété privée des moyens de production et des stocks de la grande industrie (Idéologie allemande, p.159).

Écrit par : Chuck Jones | 28/10/2013

@Adrien

Désolé pour le dernier message, l'ignorer si possible.
Je reprends...

- « Il n'y a que pour vous et le reste de la famille libérale que l'individu est réductible à ce qu'il possède. »

Ce qu'il possède, c'est ce qui lui permis de passer son temps à autre chose que de chercher à se nourrir.

- « Que venez-vous me sortir avec ce mot "cannibalisme" ? »

Abolir la propriété privée c'est interdire la protection dee stocks privés, avec pour conséquence que. par facilité, tout le monde se sert dans les stocks avant qu'ils ne soient constitués. Dans l'impossibilité de constituer des stocks, lorsque les ressources de nourritures sont épuisées, ou l'approvisionnement est interrompu, la première priorité des gens devient se nourrir.

Acessoirement, Marx n'appelle pas à l'abolition de la propriété privée, mais à l'abolition de la propriété privée des moyens de production et des stocks de la grande industrie (Idéologie allemande, p.159).

Si je peux me permettre, pour vous permettre de gagner du temps,

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=6398

et

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=6399

Écrit par : Chuck Jones | 28/10/2013

@Chuck

Une société sans propriété ne signifie pas une société où l'individu n'a la jouissance de rien, mais une société où l'individu a l'usage, la gestion, et la jouissance de bien des choses.

On peut constituer des stocks sans qu'il ne soit question de propriété.

Je ne suis pas certain de votre affirmation sur Marx. Je vais vérifier.
Dans tous les cas ça ne me gêne pas d'aller plus loin que lui.

Écrit par : Adrien Faure | 28/10/2013

@Adrien

- « On peut constituer des stocks sans qu'il ne soit question de propriété. »

Pouvez-vous élaborer, s'il vous plaît ?

Écrit par : Chuck Jones | 28/10/2013

Où commence la propriété ?
C'est bien évidemment le corps, le véhicule qui porte notre esprit.
Si je ne suis plus le détenteur de ce véhicule, je n'en ai plus non plus la responsabilité.
Je ne sais pas trop qui me l'aurait prêté pour ce bref passage sur Terre, et j'imagine que celui qui a faim se fera un plaisir de le déguster puisque c'est un bien commun.

Écrit par : Pierre Jenni | 28/10/2013

@Adrien

- « ... l'abolition de la propriété privée des moyens de production et des stocks de la grande industrie (Idéologie allemande, p.159). »

... ce que Marx appelle "la propriété bourgeoise".

Écrit par : Chuck Jones | 28/10/2013

@Adrien

Un dernier détail, ne pas oublier de replacer l'interprétation dans le contexte du milieu de l'Europe du XIXème quand la propriété d'un ouvrier d'une ville industrielle se résumait aux vêtements qu'il porte, une paillasse de foin, quelques couvertures, quelques bougies et allumettes, du bois de chauffage, quelques couverts, et la nourriture qu'il achetait au jour le jour faute de pouvoir la conserver.

Écrit par : Chuck Jones | 28/10/2013

@Pierre Jenni

L'absence de propriété ne signifie pas la propriété commune car la propriété commune n'est qu'une autre forme de propriété que la propriété privée.

Vous ne pouvez pas posséder ce que vous êtes, et que sommes-nous sinon notre corps ?

Si cela peut vous rassurer, je pense qu'on peut dire que l'on a un droit usage exclusif sur son propre corps.

Écrit par : Adrien Faure | 28/10/2013

@Chuck

Une communauté humaine peut décider de stocker un certain nombre de ressources. Ces ressources ne lui appartiendront pas (car rien n'appartiendra plus à personne), mais je ne vois en quoi cela impliquerait qu'elle ne puisse pas les stocker ?

Bien entendu, pour savoir qui aura le droit de stocker quoi il faudra définir des droits d'usage et de gestion. C'est là affaire de démocratie.

Je crois que Marx va plus loin. Mon ami Laurent Galley a creusé ce type de questions sur son blog si jamais.

La situation historique a évolué, mais certains fondements de notre société (les piliers du capitalisme) sont restés les mêmes.

Écrit par : Adrien Faure | 28/10/2013

@Adrien

- « Une communauté humaine peut décider de stocker un certain nombre de ressources. Ces ressources ne lui appartiendront pas (car rien n'appartiendra plus à personne), mais je ne vois en quoi cela impliquerait qu'elle ne puisse pas les stocker ? »

Si le stock n'appartient à personne, qui décide de:
- qui peut se servir,
- quand peut-on se servir,
- de combien peut-on se servir,

Si le stock n'appartient à personne, qui s'opposera à ceux qui veulent se servir sans y être autorisés ?

Écrit par : Chuck Jones | 28/10/2013

@Adrien

Désolé, j'ai oublié de donner une réponse directe à votre question pour faire avancer le schmilblick (j'ai la tête dans le coton avec cdvent chaud).

Pourquoi des stocks ne pourraient pas être constitués ?

- épuisement des ressources avant constitution des stocks,
- prélèvements dans les stocks avant qu'ils ne soient constitués,
- qui paie/construit l'entreposage ?

Écrit par : Chuck Jones | 28/10/2013

@Chuck

Votre question sur la gestion du stock trouve sa réponse dans la démocratie (plus précisément la démocratie des conseils) :

De manière générale en appliquant partout où c'est possible le principe de l'autogestion. Sur le lieu de travail, dans l'entreprise, gestion directe de la production et de son organisation par les travailleurs, dans les lieux de formation, dans les écoles ou les universités, gestion directe de la formation et de son organisation par les élèves et les professeurs, dans les espaces de vie communs, dans les lieux publics, gestion directe des usagers de l'organisation de ces espaces, dans les logements, gestion directe par les habitants de leurs lieux de vie, dans les quartiers, gestion directe par les citoyens, etc.
Ce principe d'autogestion (de démocratie directe) forme le fondement du socialisme et de la liberté. Dans la société socialiste aboutie, il remplace le principe de propriété (car sans propriétaire, plus d'interférence entre le monde et ses usagers).

Écrit par : Adrien Faure | 28/10/2013

@Adrien

- « Ce principe d'autogestion (de démocratie directe) forme le fondement du socialisme ... »

Le grand saut de la foi ...

Il n'en demeure pas moins de sacrés problèmes pratiques relevés lors d'expériences d'application d'autogestion, et qui affectent douloureusement la performance économique, quand la production n'est pas elle-même à risque.

Pour ne citer que les plus récurrents:

- Facteurs culturels:

- - Trop forte hétérogénéité du groupe entraînant des divergences idéologiques;
- - Inversément, trop forte homogénéité du groupe entraînant des difficultés d’intégration et l'exclusion des « déviants »;
- - Milieu complexe et contraignant, de l'aspect socio-culturel, économique, institutionnel, politique, juridique;


- Facteurs psycho-sociologiques:

- - Milieu très révélateur d'inégalités des compétences politiques et communicationnelles entre les personnes; timidité, complexes, obstination, personnalités conflictuelles;

- - Place centrale attribuée aux anciens (fondateurs), compétents, charismatiques et hyper‐investis institutionnalisant une hiérarchisation;

- - Risques accrûs d'une implication totale menant à des sacrifices en temps, en peine et en rémunération s’apparentant à une forme d’auto‐exploitation, et favorisant un climat de stress et une compétition de résistance pour gagner du pouvoir;

- - Une conception trop rationnelle et pragmatique des phénomènes organisationnels et d’innovation sociale, exerçant une forte contrainte sur l'évolution et le développement naturels de la personnalité;


- Facteurs organisationnels:

- - Une effectif dépassant les 20 personnes entraînant « réunionite », lenteur décisionnelle, lourdeur et complexification organisationnelle;

- - Eclatement du collectif et problèmes de coordination, bureaucratisation outrancière;

- - Sous‐estimation des effets contre‐productifs et anti‐autogestionnaires causés par une perte de maîtrise dans l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication, menant à l'oubli des objectifs initiaux de gains de productivité et sa finalité;

- - L’absence de documentation et de formation des autogestionnaires sur les pratiques autogestionnaires et la loi dégénérative de l'auto-critique qui les affecte;

- - Spécialisation, cloisonnement et transformation de domaines clé en domaines de pouvoir;

- - Salaire égalitaire perçu comme inéquitable et souvent trop bas;

Écrit par : Chuck Jones | 29/10/2013

tout ça c'est de la connerie. en france, on appelle "socialisme" un système
où les plus jaloux deviennent fonctionnaires, pour emmerder ceux qui pourraient
être autonomes en leur infligeant taxes, normes, contrôles, et tout harcèlement
permettant de les dégoûter d'avoir voulu s'affranchir de la tutelle de l'état.

le résultat: un pays de haine, responsable de 2 guerres mondiales, de guerres
coloniales apocalyptiques (vietnam, cambodge) et qui va probablement faire couler
le système économique européen lorsque son économie totalement détruite par
le "socialisme UPMS" sera définitivement considérée comme irrécupérable.

la suisse devrait éviter de ressembler à cette france là.

Écrit par : bonnet rouge | 04/11/2013

"Mais la jalousie est une souffrance, un sentiment de peine devant une situation déplaisante, et c'est pourquoi nous devons supprimer les causes de cette souffrance, à savoir le caractère inégalitaire de la société capitaliste (ce n'est certes qu'une raison parmi tant d'autres)."

Il ne s'agit pas de considérer le monde et les hommes tels qu'ils devraient être mais tels qu'ils sont. La jalousie et la convoitise sont liées à la condition même d'homme; tout comme l'avarice. Il est impossible de changer la nature même de l'homme. Eradiquer les inégalités de richesse est donc impossible dans un régime démocratique libéral du fait de la nature même de l'homme et du type de régime. Cela est en revanche possible dans un régime autoritaire ou totalitaire.

Un Etat démocratique libéral peut néanmoins limiter les inégalités de richesse. Des mesures telles que les aides sociales, les allocations familiales, les aides aux personnes atteintes d'un handicap, les bourses scolaires, les prêts à taux O, mais également l'impôt sur la fortune, la progressivité de l'impôt sur le revenu et les taxes sur la succession sont des exemples de moyens d'action de l'Etat limitant les inégalités de richesse.

Souhaitez-vous un régime totalitaire ou autoritaire, Adrien ou préférez-vous un régime démocratique libéral assurant une certaine répartition des richesses tout en respectant la liberté des individus?

Écrit par : Jasmine Pares | 04/12/2013

"Souhaitez-vous un régime totalitaire ou autoritaire, Adrien ou préférez-vous un régime démocratique libéral assurant une certaine répartition des richesses tout en respectant la liberté des individus?"

Faux choix. Les socialistes demandent non seulement la démocratie politique, mais aussi la démocratie économique. Or actuellement nous ne sommes pas sous un régime démocratique, mais oligarchique et ploutocratique.

Il suffit de voir l'impuissance totale et complices des dirigeants de la planète face au monde de la finance et de l'industrie ou des services.


"La jalousie et la convoitise sont liées à la condition même d'homme; tout comme l'avarice. Il est impossible de changer la nature même de l'homme."

Encore qqn qui prétend connaître la nature de l'homme... Tout l'humanité n'est pas faite à votre image.

Écrit par : Johann | 04/12/2013

@Johann:
Je suis d'accord avec vous sur l'impuissance du politique face aux mondes économique et financier et sur le pouvoir à redonner au politique et à son corollaire en démocratie, le peuple.

Quelle est votre définition d'une démocratie économique?
Les socialistes ne demandent-ils pas plutôt l'avénement d'une égalité économique entre les individus et non pas une "démocratie économique"?
Que signifie donner le pouvoir économique au peuple?

"Encore qqn qui prétend connaître la nature de l'homme...": jalouisie, convoitise et avarice sont trois des sept péchés capitaux. Je n'estime pas que "Tout l'humanité n'est pas faite à votre image." mais cite les "péchés" humains tels que décrit dans le livre le plus lu durant les cinquante dernières années et certainement à travers les siècles (http://bibliobs.nouvelobs.com/web-side-stories/20121123.OBS0354/quels-sont-les-10-livres-les-plus-lus-dans-le-monde.html). Qu'on soit chrétien ou non, pratiquant ou non, que l'on croit ou non dans la notion de péché, il me semble qu'il est encore intéressant d'avoir lu la Bible et de l'avoir pour référence.

Écrit par : Jasmine Pares | 04/12/2013

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